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On voit qu'ici l'hydrolyse a duré seulement 18 jours au lieu de 47, dans l'essai portant sur un extrait renfermant la totalité des principes de la plante. Il est possible qu'après l’hydrolyse de la gentiopicrine, la gentiogénine formée ait une action retardatrice assez marquée sur les hydrolyses produites ultérieurement par l'émulsine. Cette hypothèse expliquerait pourquoi le même ferment a besoin d'un laps de temps double pour hydrolyser la même quantité de gentiobiose, suivant la présence ou l'absence de gentiogénine dans les liquides où se produit la réaction.
Le tableau III montre que le glucoside que l’on hydrolyse dans ces essais est uniquement de la gentiopicrine, étant donnés les indices que l’on obtient, dont le plus éloigné diffère à peine de l'indice théorique (113 au lieu de 111). La gentiopicrine existe en proportions notables pendant toute la végéta= tion ; les différences que l'on observe sont tout à fait minimes, la plus faible proportion étant de i gr. 959, la plus forte de 2 gr. 376 et la moyenne de 2 gr. 140.
On peut dire, toutefois, que la gentiopicrine existe en proportion plus forte pendant les mois de juin et de juillet.
En résumé, la composition de la racine de Gentiane subit, pendant une végétation annuelle, des variations assez fortes, surtout si on envisage les hydrates de carbone hydrolysables par l’invertine.
Pour ce qui est de la gentiopicrine, en effet, les variations sont beaucoup moindres et l’on peut dire que la racine de Gentiane renferme toujours au moins 2 ?/, de ce glucoside.
La proportion pour 100 des hydrates de carbone hydrolysables par l’invertine varie de 2 gr. 213 au début de la végétation, à 7 gr. 826 à la fin de la végétation. Le gentianose existe toujours dans une proportion de 3 à 5 ?/,, sauf pendant les mois de mai et de juin, pendant lesquels la racine de Gentiane renferme du gentiobiose. C’est pendant les mois d’août et de septembre qu'il y a le plus de gentianose, et il faut noter que c'est justement à cette époque que MM. Bourqueror et NaRDiN ont traité la racine de Gentiane pour avoir ce sucre.
C'est donc le saccharose qui subit les plus grandes variations: il s’'accumule dans la racine à la fin de la végétation, et
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Composition de la racine sèche. — On a vu plus haut qu’à chaque envoi de racine de Gentiane, un lot de 300 gr. était mis à sécher au grenier. La dessiccation a demandé de 1 à 2 mois, suivant l’époque à laquelle elle a eu lieu. Chaque lot a été pesé après dessiccation : on a déterminé le poids de matière sèche pour 100. On a pulvérisé ensuite les racines et on a obtenu, à chaque opération, un produit faiblement coloré, en tous points semblable à celui dont il a été question au Chapitre II (page 30).
On a pesé, alors, un poids de poudre correspondant à 300 gr. de racines fraîches.
À 900 cm* d'alcool à 85e, on a ajouté une certaine quantité d'eau qui, pour chaque essai, représentait le poids de l'eau perdue par la plante pendant la dessiccation. On a porté ce mélange à l'ébullition et on y a fait tomber la poudre préalablement pesée. On a fait bouillir à reflux pendant 20 minutes et on a laissé refroidir ; après quoi, on a décanté le liquide et on a traité la poudre par 750 cm° d'alcool à 85c, à l’ébullition. On a continué l'opération comme il est dit pour la racine fraiche (page 39), ce qui a donné finalement les trois séries d’essais À, B. et C.
Ici, 100 cm* de liquide ainsi obtenu ne correspondaient pas à 100 gr. de poudre, mais au poids de poudre représentant 100 gr. de racines fraîches.
De la sorte, les résultats consignés dans les trois tableaux suivants sont en tous points comparables avec ceux que l’on trouve dans les trois tableaux précédents.
Le tableau IV résume les résultats obtenus dans l'essai À, essai fait d’après la méthode ordinaire à l’invertine et à l’émulsine.
On voit d'abord, en examinant ce tableau, que la proportion de matière sèche varie avec les époques de la végétation, puisqu'on en trouve 18,46 °/, au mois de juin et 30,37 °/, au mois de septembre. En somme, au début de la végétation, la racine de Gentiane renferme environ 80 ?/, d'eau, et à la fin de la végétation, elle n’en contient plus qu'environ 70 °/,.
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