‹ Application de la Méthode Biochimique à une nouvelle étude des Préparations galéniques de la Racine de GentianeChapitre 5 sur 46 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique. — Composition chimique de la racine fraiche de Gentiane.

La racine de Gentiane officinale est fournie par la Gentiane jaune, Gentiana lutea L., de la famille des Gentianacées. C'est une plante herbacée vivace, à feuilles glabres,opposées,poussant, en France, dans la Côte-d'Or, les Vosges, le Jura, l'Auvergne, les Pyrénées, principalement sur les flancs des montagnes, à partir d’une certaine altitude.

L'emploi en thérapeutique de la racine de Gentiane remonte à de longues années. LémerY, dans son Dictionnaire ou Traité universel des drogues simples (1), en parle en ces termes :

« La racine de Gentiane est atténuante, apéritive, alexipharmaque ; c'est un bon remède contre les morsures da chien en-

(1) 4° édition, Paris, 1727, p. 236.

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ragé et des autres bêtes venimeuses, pour exciter la sueur, pour résister au venin, pour tuer les vers, pour provoquer l'urine etles mois aux femmes ; pour chasser les fièvres intermittentes, pour déterger les plaies, pour résister à la gangrène; on l’emploie intérieurement et extérieurement. »

Au commencement du xix° siècle, elle jouit d’une grande réputation, surtout comme amer; et, à l'heure actuelle, c'est encore un remède populaire très employé.

Les premières recherches dans le but d'établir la composition de la racine de Gentiane datent du début du siècle dernier.

Le premier travail sur ce sujet est dû à Henry en 1819 (1). Cet auteur y a décelé :

1° une matière qui ressemble à de la glu ;

2° une matière de nature résineuse, unie à un peu d'huile qui donne son odeur à la Gentiane ;

3° une substance extractive qui paraît être la partie active et « qui est à la Gentiane ce que l'émétine est à l’Ipéca » ;

4° une gomme unie à une matière colorante ;

5° un sel à base de chaux, présentant les caractères des phosphates ;

6° Henry n’y a trouvé ni amidon, ni inuline, ni matière analogue aux alcalis.

À la mème époque, parut également le travail de GuiLLEmIN et Fœcquemin (2). D'après ces auteurs, la racine de Gentiane renferme de la gomme, du sucre, de la résine, et une substance résino-oléagineuse particulière.

Les cendres renferment les acides carbonique, chlorhydrique, sulfurique unies à la chaux, l’alumine et la magnésie ; on trouve également dans la racine du fer et de la silice.

En 1821, Henry et Cavenrou cherchèrent à en isoler le principe amer (3). Ces deux savants s'adressèrent à la racine sèche des pharmacies et ne parvinrent à isoler aucun principe à l’état pur.

(1) Examen de la racine de Gentiane (Journ. de Pharm. el de Chim., (2), V, p. 97, 1819).

(2) Essai d'analyse chimique de la racine de Gentiane. (Journ. de Pharm. el de Chim. (2) V, p. 110, 1819)

(3) Sur le principe qui cause l’amertume dans la racine de Gentiane (Genliana lutea). (Journ. de Pharm. et de Chim. 2) VIL, p. 173, 1821).

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