RARES
Leur gentianin est une masse cristalline, poisseuse et de consistance molle, jaune, amère, insoluble dans l’eau. On doit le regarder, non comme une substance pure, mais comme un extrait éthéré de Gentiane.
En 1837, Leconte (1) reprit l'étude du gentianin et en isola un principe cristallisé, jaune, dépourvu d'amertume, qu'il proposa d'appeler gentisin.
Un peu avant la publication de Leconte, avait paru un travail de Trommsrorrr sur le même sujet (2). De même que Leconre, Trommsporrr constata que la matière cristallisée que l’on trouve dans le gentianin d'Henry et Cavenrou n’est pas le principe amer de la Gentiane. Les propriétés attribuées par Trommsporrr à ce corps cristallisé diffèrent de celles que Leconre lui a reconnues. D’après le premier, il se sublime sans résidu à une chaleur modérée, et il décompose les carbonates de leurs combinaisons. Leconte, au contraire, prétend que le gentisin ne peut se sublimer sans que la plus grande partie ne se décompose, et que l'acide carbonique le déplace des combinaisons alcalines, en le précipitant sous la forme pulvérulente.
L'étude chimique du gentisin fut reprise, par la suite, par BaumeRrr (3), puis par Hcasiwerz et HABERMANN, et plus récemment par Kosranecxi et ses collaborateurs (4).
En 1838, Duck (5) chercha à séparer le principe amer ; il ne put obtenir qu'un produit amorphe, très amer, soluble dans l’eau en toutes proportions.
C'est en 1862 que Kromayer (6) parvint à préparer à l’état
(1) Faits pour servir à l’histoire chimique de la racine de Gentiane.
Thèse présentée et soutenue à l'Ecole de Pharmacie de Paris le 29 août 1837. (Journ. de Pharm. et de Chim. (2) XXIIT, p. 465, 1837).
(2) Ueber den crystallinischen Bestandtheil der Enzianwurzel. (Liebig Annalen, XXI, p. 134, 1837).
(3) Ueber die Zusammensetzung des Gentianins. (Liebig Annalen, LXII, p. 106. 1847).
(4) Pour la bibliographie complète de cette question qui sort du cadre de notre travail, voir la conférence faite à la Société chimique de France le 2 mai 1903, p. 3 et.
(5) Ueber den Wirksamen Bestandtheil der Gentiana. (Arch.d. Pharm. (2) XV, p. 255, 1838).
(6) Ueber das Enzianbitter. (Arch. d. Pharm. (2) OX, p. 27, 1862).