‹ Application De La Micrographie Électronique À L'Étude De Certains Aspects De La Surface Des Cristaux Et De La Nature Des Joints Intergranulaires Dans Le Cas De L'AluminiumChapitre 32 sur 39 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA CORROSION INVERSÉE AUX JOINTS DE GRAINS DITE CORROSION EN «NIDS D’ABEILLES »

En 1948, G. CHaAuproN, P. LAcoMBE et N. YANNAQUIS [9], [10], [11], avaient signalé un nouveau type de corrosion de l’aluminium. Leurs échantillons d'aluminium très pur avaient été traités de la façon suivante, afin de provoquer la fusion des joints de grains : l’éprouvette était placée sur une sole horizontale dans un four permettant d'obtenir un gradient de température de 109 d’une extrémité à l’autre de l’éprouvette. De cette façon, en réglant le four de telle sorte que dans sa région la plus chaude l'extrémité de l’éprouvette commence à fondre, l’autre extrémité reste solide, et la région intermédiaire subit une fusion localisée aux seuls joints de grains. Ils avaient constaté que, sur ces éprouvettes soumises à la corrosion, l’acide chlorhydrique détruisait la masse des cristaux, mais respectait un mince liséré de métal le long des joints de grains. L'aspect des cellules polygonales cloisonnées de fines parois avait fait donner à ce phénomène le nom de corrosion en « nids d’abeilles ».

Récemment, HATwELL [12], au laboratoire de Vitry, a montré le même phénomène sur les aciers austénitiques nickel-chrome 18-8 par attaque électrolytique dans une solution d'acide oxalique.

L'aluminium que nous avons utilisé pour des expériences analogues est un aluminium pur préparé par la méthode de décomposition thermique du chlorure (1). Son titre est au moins égal à 99,9 %,; il ne contient que deux impuretés principales : le fer et le manganèse et un peu de gallium. Par contre, il est comparable, d'après la spectrographie, aux aluminiums les plus purs quant aux teneurs en cuivre, en silicium, en magnésium et en zinc. Nous avons préparé avec cet aluminium quelques échantillons à gros cristaux. [ls ont été soumis aux différents traitements thermiques essayés pour la corrosion intercristalline. Dans tous les cas, et malgré les différents traitements thermiques, nous avons constaté un seul mode de corrosion, caractérisé par l'attaque progressive du centre des cristaux, cependant que les joints restent en relief. Les figures 44, 45, 46, 47 et 48 montrent la progression de l'attaque.

La figure 49 montre le résultat de l'attaque du métal par l’eau régale fluorée au point de jonction de trois cristaux : la surface des grains est attaquée profondément alors que la zone proche des joints de grains reste lisse. Il faut remarquer que pour un

(1) Nous devons cet aluminium à l'obligeance de M, P, Morizr.

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— Même aluminium

État de l'attaque par FCI au bout de deux jours,

grossissement 10

au

aluminium

quatre jours

Même

État de l'attaque par HCI au bout de

grossissement 10

Fig. 47. — Même aluminium État de l'attaque au bout de six jours. Aspect des «nids d’abeilles »

Fig. 48. — Autre plage. Même durée d'attaque

Fig. 49, — Aluminium thermique Attaque de quelques secondes à l’eau régale fluorée

Fig. 50. — Aspect de l'attaque à fort grossissement Corrosion trois jours dans FCI. Grossissement 600

seul des joints le liséré poli est symétrique; pour les deux autres le liséré n’existe que d’un seul côté du joint. Cet effet est analogue à celui que nous avons signalé à propos de la corrosion intergranulaire; il se traduit ici par la position et la largeur du liséré inattaqué.

Nous avons également examiné au microscope à fort grossissement les joints préservés de la corrosion et, en suivant leurs contours, nous avons constaté que la largeur de la zone polie est fonction de l'orientation du joint par rapport aux deux réseaux. [1 semble que la corrosion ait progressé par strates, faisant un angle plus ou moins grand avec le joint de grain. Dans le cas de la figure 50, les orientations sont

Fig. 51. — Mêmes conditions que figure 50, mais orientation relative différente des cristaux

symétriques de part et d’autre du joint de grain, et donnent au liséré non attaqué la forme d’une barbe de plume; l'effet est analogue sur le joint de gauche de la figure 49. Sur la figure 51, au contraire, l’un des grains montre des strates parallèles au joint : dans ce cas, le liséré est très large; sur l’autre grain, les strates sont presque perpendiculaires au joint et le liséré est déchiqueté et étroit. A la limite, il disparaît d’un côté : c’est le cas des joints de droite sur la figure 49.

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