ESSAIS SUR LES ALLIAGES SYNTHÉTIQUES
Nous avons essayé d'analyser l'élément qui entre dans la phase résistante à la corrosion; pour cela, nous avons activé le manganèse par exposition à la pile. L’autoradiographie a montré une répartition homogène du manganèse. Dans les conditions actuelles, le fer et le gallium ne sont pas activables facilement; aussi, nous n’avons pas pu étudier leur répartition de la même manière.
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Fig. 53. — Aluminium à 0,06 % de fer, avant subi la fusion aux joints de grains. Attaque un jour dans HCI
Nous avons donc préparé des alliages à très faible teneur en partant d'aluminium pur et en rajoutant successivement chacun des éléments que nous pensions responsables de l’inversion de la corrosion. Nous avons essayé le gallium et le manganèse sans modifier la corrosion intercristalline habituelle; seul, le fer a donné des résultats.
Nous avons préparé au préalable un alliage mère à 1 °, de fer par la méthode suivante : dans un creuset d’alumine contenant de l'aluminium raffiné en fusion, nous avons introduit par petites fractions du chlorure ferreux pur enveloppé dans du papier d'aluminium. Chaque paquet de chlorure ferreux était maintenu au-dessous du niveau du métal, pendant que se produisait une réaction vive d’aluminothermie. Quand la réaction était terminée, on continuait à agiter le liquide avec une baguette de Kkaolin jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de fumées de chlorure d'aluminium. Le rendement de la réaction est d’environ 60 %. L’analyse de l’alliage mère est effectuée par gravimétrie et par colorimétrie. Nous avons dilué cet alliage mère pour faire trois alliages ttranpwrespecuivement#10,05%%10;,06%%-et0;1%/#7derfer.
Nous avons soumis ces alliages à la corrosion avec les résultats suivants :
— l’alliage à 0,03 °, de fer donne une corrosion intercristalline, avec attaque de la surface, ce qui prouve que malgré les précautions prises, cet aluminium a été enrichi en impuretés autres que le fer;
— les alhages à 0,06 et 0,1 °, donnent lieu à une attaque assez rapide sur toute la surface qui va jusqu’à la dissolution complète en quelques jours. Cependant, lorsqu'on arrête l'attaque en cours, on peut constater un effet analogue à celui observé pour l'aluminium thermique. Mais, comme le montre la figure 52, il en diffère en ce que la région voisine du joint ne résiste pas indéfiniment, mais se dissout également avec un certain retard par rapport au centre du grain.
Il semble bien que ce soit le fer qui joue le rôle prépondérant dans l'inversion de l'attaque. Le phénomène est difficile à saisir, car le métal préparé synthétiquement s'attaque très rapidement.
Après une expérience de fusion de joint de grain sur lalliage 0,06 °, de fer, nous avons constaté que l'attaque chlorhydrique fait apparaître un « nid d’abeilles » extrêmement grossier (fig. 53) mais net cependant.
Cette dernière expérience se rapprochant de celle décrite par CHAUDRON, LACOMBE et YANNAQUIS, on peut penser que le métal pur qu'ils avaient utilisé avait subi au cours du traitement de fusion des joints de grains, un enrichissement fortuit en fer. Ceci est appuyé par le fait que la diffusion des impuretés est particulièrement active dans la zone fondue, comme l’ont montré MONTARIOL, ALBERT et CHAUDRON [13], [141].
Quant au mécanisme de la corrosion, il est vraisemblable que la phase séparée le long des joints de grains doit former une région cathodique par rapport au reste du cristal qui est anodique, comme le montre sa dissolution.
CHaPirRE II
EXAMEN AU MICROSCOPE ÉLECTRONIQUE DES JOINTS DE GRAINS DANS L'ALUMINIUM ET DANS LES ALLIAGES ALUMINIUM-CUIVRE
Nous avons rassemblé dans ce chapitre toutes les observations relatives aux micrographies ordinaires et électroniques que nous avons réalisées sur les joints de
grains.
On a l'habitude, en métallurgie, d'appliquer le terme de Joint de grain à la surface de contact de deux cristaux d'orientations différentes. Par extension, 1l est courant de considérer sous le même terme les lignes polygonales obtenues par section d'un agreégat polvcristallin par le plan d'observation micrographique.
Le rôle joué par les joints de grains est considérable, mais leur nature est encore bien controversée à l'heure actuelle, Nous ne considérons ici que le problème du joint entre des cristaux de même composition, ce qui est le cas pour les métaux purs et pour les solutions solides que nous avons examinés.