MÉTHODES POUR METTRE EN PERSPECTIVE DES ARCADES ET DES VOUTES
Nous allons appliquer à des objets circulaires étendus sur des plans verticaux, tels que les arcades, les voûtes, etc., les moyens que nous avons donnés dans le chapitre précédent , pour mettre un cercle en perspective sans qu’il soit nécessaire d’en décrire la figure géométrale.
Les anciens Grecs n’employaient ni arcades ni voûtes dans leurs édifices: celles que l’on voit aujourd’hui en Grèce ont été construites du temps d’Adrien ; toutes les ouvertures de portes et de fenêtres que l’on trouve dans les ruines des édifices bâtis avant cette époque , sont terminées en plate bande ; les temples alors n’étaient pas couverts de voûtes, mais de soffites que nous appelons plafonds; ces soffites étaient ornées de caissons carrés , qu’ils appelaient lacunaria ou laquearia. On en voit encore des fragmens dans les ruines d’Athènes et d’Eleusis.
Ainsi , ni les arcs ni les voûtes ne doivent figurer dans un tableau , lorsqu’il représente quelque sujet de l’histoire grecque, qui a précédé la conquête de ce pays par les Pvomains, ce serait un anachronisme; et si l’on en voit de tels dans les tableaux des plus grands maîtres, c’est qu’ils étaient privés des secours que nous avons aujourd’hui. Des voyageurs nous ont fait connaître un 'grand nombre
,v) CHAPITRE SEPTIÈME.
de monumens et d’édifices de l'Egypte et de la Grèce, et la gravure les présente à tous les yeux.
Mais, eu Italie, dans les édifices des Etrusques (i) et dans ceux de l’ancienne Rome, on trouve des arcs et des voûtes construits dès les premiers siècles de sa splendeur, telle est la voûte de la Cloaca maxima , qui fut, dit-on, bâtie sous le premier des Tarquins, et celle de X Emissaire du lac d’Albane, qui le fut pendant
le siège de Veies.
On fit ensuite des voûtes différentes, dont la forme varie selon celle des édifices quelles couvrent, ou selon le goût des architectes qui les construisirent; nous désignerons, entre ces voûtes, celles que l’on représente le plus souvent en peinture , sans rien préjuger sur leur antiquité plus ou moins reculée.
La voûte d’arète qui est composée de deux berceaux, qui se croisent et forment quatre angles saillans que l’on appelle arêtes; telle est la voûte qui couvre la grande salle des Thermes de Dioclétien, et celle qui couvrait l’édifice connu sous le nom du temple de la Paix à Rome, celles des Thermes de Julien à Paris, etc.
La voûte, dite en arc de cloître, qui est composée de quatre portions du cercle réunies au sommet, et formant quatre angles rentrans ; on en voit dans les thermes, à Rome, et dans la Villa- Adriana , a Tivoli.
La voûte sphérique, que l’on appelle coupole; telle est celle du Panthéon à Rome, et celles que couvrent les dômes de plusieurs églises.
La voûte annulaire qui tourne autour d’une colonne ou noyau circulaire: on voit des ruines de cette espèce de voûte dans la campagne de Rome.
Les arcs et les voûtes en plein cintre caractérisent particulièrement les édifices tle Rome antique: on peut donc les employer avec succès dans les fonds d’un tableau qui représente quelque sujet de 1 histoire romaine.
La voûte cylindrique et la voûte d’arête produisent un bel effet en peinture; aussi les grands maîtres les ont souvent admises dans leurs ouvrages.
Nous allons donner des exemples de quelques-unes de ces voûtes, et employer les moyens les plus simples pour les mettre en perspective.
PREMIÈRE PROPOSITION
Planche 3o. — Figure i. — Mettre en perspective des voûtes cylindriques, dites voûtes en berceau, qui couvrent des galeries fuyantes perpendiculaires au tableau.
Pratique.
i° En faisant la dégradation des piliers qui soutiennent les voûtes , vous obtiendrez les diamètres CD, EF, ab, etc.
{ i On voit dos arcs et des voûtes à Volterre, à Falérie, etc.