‹ Application des sciences à la médecineChapitre 10 sur 69 · ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES DEPUIS GALIEN JUSQU'A VÉSALE · texte numérisé non relu

ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES DEPUIS GALIEN JUSQU'A VÉSALE

DU Ier SIÈCLE AU XIVme SIÈCLE.

Dans la longue période de 1300 ans qui s'écoula depuis Galien jusqu'à Vésale, l'anatomie et la physiologie restèrent ce qu'elles furent du temps de Galien. Cependant Oribase (360 ans ap. J.-C), appelé le singe de Galien, décrivit le premier les glandes salivaires. L'évêque Némésius (379 ans ap. J.-C.) devina l'influence de la bile sur la digestion et eut quelque idée de la circulation du sang. Léonide d'Alexandrie découvre le Drag ormeau.

Protospatarius, appelé aussi Théophile (800 ans ap. J.-C), découvrit que le nerf olfactif s'épanouit sur la pituitaire et qu'il est l'organe de l'odorat ; il découvrit encore le ligament intervertébral et la nature vasculaire des testicules.

Lanfranc, de Milan (1,300 ans ap. J.-C), observa le premier que, dans les blessures d'artères, le sang sort par jets. Le bilan anatomique et physiologique de cette période est bientôt fait. La raison en est que les dissections n'étaient pas autorisées, et que les travaux de Galien furent considérés comme un code bien suffisant.

Mondinus, de Milan (1315), fut le vrai restaurateur de l'anatomie dans le courant de XIVe siècle; mais, si ses descriptions anatomiques sont plus précises que celles de Galien, il fit peu en définitive pour les progrès de cette science.

DE L'ANATOMIE ET DE LA PHYSIOLOGIE A LA MÉDECINE

Les successeurs de Galien modifièrent peu l'œuvre du maître soit en anatomie, soit en pathologie, et si la médecine entre leurs mains fit encore quelques progrès, ce ne fut que dans quelques détails de la pratique. Oribase, Aétius, Alexandre de Treilles, Paul d'Égine, ne furent que des compilateurs.

Cependant nous trouvons dans la Chirurgie de ce dernier (traduction de M. René Briau) des faits qui ne manquent pas d'originalité et que nous ne pouvons passer sous silence. Voici ce que dit Paul d'Egine à propos de la ligature des artères :

Nous soulevons, dit-il, le vaisseau avec des éiïgnes ot nous le dénudons par la dissection; puis nous le tenons élevé et isolé de toutes parts. S'il est petit, nous le tirons et le tordons avec un crochet mousse et nous le coupons entièrement, de manière à en enlever une portion. Mais, s'il est gros, on passe dessous une aiguille enfilée d'un lacet double, ou d'un fil de lin ou de quelqu'autrc fil fort, et, lorsque le vaisseau, d'abord coupé droit avec le phlébotome, aura donné une suffisante quantité de sang, nous lierons la partie dénudée à ses deux extrémités; puis nous enlèverons la partie intermédiaire, soit tout de suite, soit à l'époque de la résolution. (De l'Amjiotomie, ch. v. p. 03.)

Paul d'Égine appliquait ces préceptes quand il pratiquait Yhypcrpathisme (chap. vi), opération qui consiste à inciser la peau du front jusqu'à l'os, dans le hut d'empêcher les humeurs de se porter vers les yeux. Il remarquait, dans cette circonstance, que le sang artériel sort par saccades à la manière du pouls.

Il ressort d'un autre passage (de la Lithotomie, p. 257) que Paul d'Égine pratiquait ce que nous appelons aujourd'hui les opérations sous-cutanées. Il s'agit de pratiquer une incision au

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