SS
M. Trouvé a supprimé ces points défectueux en réduisant cette pile à sa plus simple expression, en rendant les éléments mobiles, comme on le voit dans la figure ci-après.
La cage de cette pile est formée simplement par trois plaques de caoutchouc durci, dont l'une sert de base et les deux
Fig. 67. — Appareils pour chauffer le galvano-cautère.
NX. plaques de caoutchouc durci formant, avec la base, la cage; A, poignée de la pile; R R' R". contacts mobiles; E E', tige des contacts où s'adaptent les réophores ; T, tube insuffiateur dont on peut se dispenser en ayant soin de promener de temps eu temps la pile dans le liquide.
autres forment les montants. Ils sont maintenus à la partie supérieure par la poignée môme.
L'écartement des éléments (zinc et charbons) est obtenu très-simplement au moyen de jarretières de caoutchouc élastique que l'on place en haut et en bas des charbons.
Ces jarretières, obtenues en sectionnant un tube de caoutchouc souple, servent encore de coussins, en cas de choc violent, et évitent dans bien des cas la rupture des charbons.
Cette disposition permet :
1° De grouper les éléments dans l'ordre que l'on désire pour faire varier le courant en quantité et en tension;
2° D'amalgamer les zincs aussi souvent qu'il est nécessaire ce qui rend la pile beaucoup plus constante dans ses effets ;
3° De séparer les contacts de la pile quand on n'en fait pas usage pour les mettre à l'abri de l'oxydation et vérifier facilement leur état;
i° De réduire l'épaisseur des zincs de manière à se les procurer partout et à pouvoir les remplacer soi-même.
Cette réduction des zincs, tout en diminuant le poids de la pile, permet encore de grouper sous le même volume de la pile Grenet un nombre double d'éléments ; comme conséquence, à volume égal, la pile Trouvé donne des effets beaucoup plus considérables.
Les cautères de la batterie de M. Trouvé présentent également, dans leur disposition, des avantages marqués sur ceux que l'on fait habituellement.
Les deux tiges conductrices sont concentriques et isolées entre elles par de la porcelaine en fusion qui fait corps avec elles, et leur permet de résister à toutes les températures, sans subir de détérioration comme les cautères à deux conducteurs séparés et isolés par des matières telles que le caoutchouc ou l'ivoire.
Cette figure représente d'une part la tige conductrice armée de l'anse en platine dont les deux bouts s'enroulent sur le treuil; d'autre part, on voit les cautères les plus en usage : le couteau L, qui peut, suivant le cas, être remplacé par l'aiguille 0, ou le cautère poncteur P. Rien de plus simple et de plus commode a manipuler après qu'on a vu une seule fois expérimenter avec ces divers appareils.
Pour pratiquer les opérations avec le galvano-cautère, on ne
Fig. 68. — Cautères de M. Trouvé.
doit pas dépasser le degré de la chaleur rouge, c'est-à-dire 600 degrés (Broca). Mais il peut arriver que, pendant l'opération, l'anse coupante dont on se sert pour sectionner les tumeurs, diminue de longueur, et que, par le fait de cette diminution, la température du fil s'élève jusqu'à la chaleur blanche, et môme jusqu'à la fusion. L'inconvénient qui résulte de cette surélévation est grave, car dans ces conditions les tissus sont divisés comme ils le seraient avec un bistouri, et on a à redouter les hémorrhagies. Pour obvier à cet inconvénient, M. Middeldorpf se sert d'un commutateur avec lequel il modifie à un moment donné la tension de sa pile.
M. Broca obtient le même résultat soit en faisant diminuer, puis suspendre l'insufflation, soit en faisant soulever quelque peu la pile au-dessus du niveau du liquidedans lequel elle plonge. En se servant de la pile de M. Trouvé, on emploie un procédé analogue.
3° Appareils volta-faradiques ou appareils d'induction. — Ces appareils sont construits d'après ce principe, découvert par Faraday en 1832 , à savoir qu'un fil parcouru par un courant électrique, et approché brusquement d'un autre fil à l'état naturel, développe dans ce dernier un courant instantané d'électricité.
Comme leur nom l'indique, les appareils volta-faradiques reposent sur l'association des principes de Volta et de Faraday. Ils sont essentiellement constitués par une pile qui fournit un courant inducteur, et par un fil enroulé autour d'une bobine sur lequel se développe un courant par influence qu'on désigne, pour ce motif, sous le nom de courant induit.
Les courants inducteur et induit se développent dans deux fils de cuivre de diamètres et de longueurs variables qu'on enroule autour d'une bobine, au centre de laquelle on place des cylindres de fer doux destinés à renforcer,, par leur influence, l'intensité du courant. Le fil qui reçoit directement le courant de a pile (le courant inducteur) peut être le siège d'un courant spécial qu'on désigne sous le nom d' 'extra-courant. Celui-ci se développe dans le fil toutes les fois qu'il y a interruption du courant de la pile .
Les courants induits, désignés aussi sous le nom de courants de premier ordre, se développent dans le second fil à chaque rupture du courant inducteur.
Pour obtenir les interruptions dont nous venons de parler, on se sert d'un trembleur qui, en rapport d'un côté avec le pôle négatif de la pile, vient se mettre périodiquement en contact avec le fer doux qui se trouve au centre de la bobine inductrice. Celui-ci, sous l'influence du passage du courant, s'aimante ; il attire par conséquent le trembleur jusqu'au contact : ce contact ayant pour effet d'ouvrir le circuit, le fer doux perd
Fig. 69. — Appareil voltarfaradîque ou appareil d'induction du Dr Tripier.
son aimantation, le trembleur revient à sa place, et, le courant étant de nouveau fermé, le fer doux s'aimante et attire de nouveau le trembleur.
A côté de ces interruptions automatiques, on trouve généralement, dans les appareils d'induction, une disposition qui permet, au moyen d'une manivelle, d'obtenir des interruptions aussi prolongées qu'on les désire.
L'extra-courant et les courants induits ayant des propriétés physiologiques différentes qu'ils empruntent à leur degré de tension différent, on s'est préoccupé, dans la construction des
appareils médicaux, de rendre possible l'emploi isolé 'de ces deux courants.
Le premier de ces appareils fut construit par Masson. Puis sont venus les appareils de Duchenne (de Boulogne) au bisulfate de mercure, celui de Ruhmkorff, celui de M. Gaiffe au chlorure d'argent, etc., etc.
Nous donnerons ici comme type l'appareil électro-médical du Dr Tripier construit par M. Gaiffe.
Conduit par ses expériences àconsidérer comme indifférentes, au point de vue thérapeutique, la constance ou l'alternance de direction des courants d'induction, et attachant une grande importance à la facilité de graduation, entre les limites les plus étendues de l'intensité des courants de tensions variées, M. Tripier fit construire par M. Gaiffe un appareil renfermant un jeu de bobines de résistances variées.
La machine d'induction, la pile et les accessoires sont renfermés dans une boîte rectangulaire divisée par deux cloisons longitudinales en trois compartiments. Celui du milieu loge la machine d'induction, celui de gauche la pile, celui de droite les accessoires.
Une forte traverse A sépare du talon des deux compartiments de gauche un espace étroit destiné à loger le mécanisme interrupteur I, réglé par un levier articulé p qui peut s'incliner jusqu'en //.
En p', il fait vibrer le marteau trembleur et détermine , par conséquent, des intermittences rapides. Dans la position p, la communication est rompue ; c'est celle qu'on doit donner au levier lorsqu'on ne se sert pas de l'appareil. Dans la position j», le levier sert encore à donner des intermittences espacées, lorsqu'on exerce avec le doigt, sur sa tête d'ivoire, des pressions qui le mettent en communication momentanée avec la petite vis 0. Enfin en EE' peuvent s'attacher les conducteurs d'une pédale extérieure qu'on manœuvre avec le pied lorsque, les deux mains étant occupées, on ne peut agir sur le levier p.
Le circuit inducteur B, rencontrant un barreau de fer doux, est fixé dans la traverse A. Les courants qui s'y développent peuvent être recueillis enPN. Lorsqu'on en fait usage dans des applications délicates, un tube à eau compris dans les accessoires sert à les graduer. Bien que l'économie générale de l'ap-
pareil ait surtout en vue d'arriver à se passer des extra-courants, on a laissé subsister les moyens de les utiliser.
Quant aux hélices induites H H, elles sont au nombre de deux enroulées sur un môme cylindre, des deux côtés d'un billot G sur lequel on peut recueillir les courants qui s'y produisent. Soutenu à sa partie moyenne et à ses extrémités par des cadres de bois, ce cylindre glisse sur le plancher de la boîte, d'où il peut être retiré et où il peut s'engager par l'une ou l'autre de ses extrémités, suivant qu'on se propose de soumettre à l'induction l'un ou l'autre des circuits, celui à fil fin ou celui à fil gros.
Les lettres PI et NI, P!2, N2 (positif et négatif), imprimées sur la traverse G intermédiaire aux deux hélices, indiquent où doivent être attachés les réophores pour obtenir une orientation donnée des courants de rupture dont l'action prédominante représente l'orientation effective du système. PI, NI, livrent le courant de l'hélice induite à fil gros et court; P2 et N2 livrent le courant de l'hélice à fil fin. Pour chaque hélice une troisième pièce marquée 0 permet de prendre un tiers ou deux tiers du courant. Les cordons placés en NO prennent un tiers et PO les deux tiers du courant de l'hélice avec laquelle ils communiquent.
On engage par une de leurs extrémités les cordons conducteurs dans celles des pièces qui donnent le courant que l'on veut employer. L'autre extrémité des cordons entre dans les manches isolants sur lesquels se vissent les excitateurs ou dans la tête des excitateurs spéciaux fabriqués en vue des applications auxquelles la construction de cet appareil doit satisfaire.
Lorsqu'on fait fonctionner l'appareil avec une pile indépendante, les électrodes de celles-ci s'insèrent au point DD' de la paroi gauche de la boîte. Cette manière de procéder est la plus commode et la plus économique quand l'appareil est destiné à fonctionner à demeure.
Mais lorsqu'on se déplace, c'est la pile de l'appareil qui sera employée. Elle se compose de deux couples au chlorure d'argent enfermés dans des boîtes cylindriques en caoutchouc durci LL. Les pôles sortent du couvercle de manière à venir se fixer à des contacts placés aux extrémités des cloisons où ils viennent se loger.
4° Appareils magnéto-faradiques. — Tous ces appareils
se composent d'une armature en fer doux, tournant devant les pôles d'un aimant en fer à cheval, et d'une paire de bobines ou hélices de fils de cuivre isolés, placés dans le premier de ces appareils sur l'armature, dans les deux autres sur l'aimant lui-même.
Dans le premier cas, l'armature, en passant devant les pôles
Fig. 70. — Appareil magnéto-t'araclique de M. Gaiffe.
de l'aimant, se magnétise par influence, et, ens"éloignantr fait naître un courant dans les hélices qu'elle porte. Dans le second cas, c'est l'état magnétique de l'aimant, changé par le passage de l'armature, qu'on utilise.
En combinant ces deux systèmes, c'est-à-dire en plaçant des hélices sur l'armature et sur l'aimant, de manière à profiter du changement d'état magnétique de ces deux pièces, M. Gaiffe a introduit dans l'appareil de Clarke une très-heureuse inodi-
fication qui réduit singulièrement le volume des appareils tout en leur conservant leurs qualités.
Dans ces nouveaux appareils, les courants sont toujours dirigés dans le môme sens et l'interrupteur peut servir en même temps de graduateur. C'est par le déplacement du moment de l'interruption que s'effectue la graduation. On recueille ainsi les courants dans des conditions variées de tension qui entraînent, en présence d'une résistance donnée qu'ils ont à vaincre, des différences correspondantes d'intensité.
Une boîte en acajou D, fermant à serrure, contient l'appareil dont aucune pièce ne fait saillie.
L'appareil se compose :
1° D'un aimant en fer à cheval ABB';
2° D'une armature mobile de fer doux tournant devant les branches de l'aimant et portant deux hélices dont une seule est visible en H ;
3° D'une roue dentée R qui commande la rotation de l'armature de fer doux en engrenant sur un pignon que porte son axe. Une manivelle M met en action cette roue dentée ;
4° D'un graduateur G articulé en 0, qu'on incline plus ou moins vers B ou B', suivant qu'on veut avoir des courants forts ou faibles.
Deux platines en laiton, reliées entre elles par des piliers, portent tout l'appareil.
On trouve enfin dans les axes CG les accessoires et excita^ tettrs suivants :
Une paire de réophores, une paire de manches isolants, une paire de porte-éponges, un excitateur olivaire et une brosse ou pinceau métallique. Le bloc percé M' reçoit la manivelle M démontée lorsque l'appareil n'est pas en action.
Pour faire fonctionner l'appareil, on visse la manivelle sur l'extrémité de l'arbre de la roue R qu'on voit au fond d'une ouverture pratiquée dans la paroi postérieure de la boîte; on amène en B' le commutateur graduateur G ; on fixe sur lui les réophores.
Comme la figure l'indique, à l'autre extrémité des réophores on attache les manches isolants et on visse sur eux les excitateurs dont on a besoin; enfin, le circuit fermé, on tourne la manivelle et les courants se produisent.
Lorsque le graduateur est en B'; les commotions sont trèsfaibles, surtout si l'on tourne lentement la manivelle; mais, à
mesure que Ton l'ait marcher le graduateur vers B et que Ton accélère la vitesse de rotation, elles deviennent de plus en plus fortes et sont tout à fait intolérables lorsqu'on est arrivé en B.
Des lettres P (positif), N (négatif), gravées sur les deux faces extérieures du graduateur, près des points où s'insèrent les cordons, indiquent la direction des courants.
L'appareil ne demande d'autre soin que d'être maintenu dans un lieu sec. Il est important de ne pas placer dans la boîte des éponges ou autres excitateurs mouillés.
La thérapeutique chirurgicale a emprunté à l'électricité deux procédés qui, chacun de leur côté, ont rendu de réels services a la pratique. Nous voulons parler de la galvano-eaustique thermique et de la galvano-eaustique chimique ou électrolyse.
1° Galvano-eaustique thermique. — Ce procédé correspond à la cautérisation actuelle; il consiste, en effet, à porter à la température rouge, au moyen d'un courant continu d'une grande intensité, un fil de platine que l'on applique ensuite sur les tissus. L'idée de cette application a été attribuée tour à tour à Fabré- Palaprat, à Récamier, à Pravaz. Quoi qu'il en soit, Heidcr, de Vienne, appliqua ce procédé à la destruction de la pulpe dentaire en 18 45. Crussell de Saint-Pétersbourg, Hilton de Londres, Sédillot, Marshall, Nélaton s'en servirent à peu près à la même époque; Amussat, en 1853, publiait le résultat de nombreuses opérations pratiquées avec le galvano-cautère. Ce n'est qu'en 185-4 que Middeldorpf [die Galvanocaustik, Bres-lau, 1854) publiait son mémoire sur la question et lui donnait une notoriété très-grande. Middeldorpf, en définitive, n'a eu que le mérite d'ajouter quelques opérations à celles qui avaient été pratiquées avant lui.
A partir de cette époque, le rapport de M. Broca devant la Société de chirurgie sur les travaux de M. Middeldorpf, et les recherches personnelles de cet éminent chirurgien, touchant le galvano-eaustique, vulgarisèrent en Franre cette méthode d'opérer.
Dans les opérations avec le galvano-cautère, il faut porter l'anse de platine à une température de 600 degrés seulement
(rouge). A ce degré, la chaleur est hémostatique; à 1000 et 1500 degrés, les vaisseaux des tissus coupés resteraient béants. Partout où le galvano-cautère peut être facilement porté, il peut remplacer le bistouri : amputations, tumeurs, trachéotomie (1), etc. Le seul inconvénient qui privera la généralité des praticiens de l'emploi de ce procédé, c'est la complication de l'instrumentation. Beaucoup de chirurgiens trouvent plus simple de n'avoir à se prémunir que d'une lame de bistouri et, au besoin, d'un bon couteau.
2° Galvano-caustique chimique ou êlectrolyse. — Lorsqu'un corps parfaitement conducteur, se trouvant d'ailleurs dans des conditions de cohésion qui facilitent sa décomposition, est placé dans le circuit d'une pile d'un pouvoir électro-moteur suffisant, ce corps est décomposé : 1° l'acide se porte sur l'électrode positive, l'alcali sur l'électrode négative (2). Ainsi mis en liberté, les acides et les alcalis agissent sur les tissus à la manière des caustiques acides et alcalins, les premiers en coagulants, les seconds en fluidifiants. Si le galvano-cautère thermique représente les cautères actuels, le galvano-cautère chimique représente les cautères potentiels.
L'idée d'appliquer à la chirurgie ce nouveau pouvoir de l'électricité appartient à L. Ciniselli qui, dès le début, a parfaitement formulé les conditions de l'opération et ses résultats. (Ciniselli, Dell' azione chiuiicu âeiï elettrico sopra la terapeutica, Cremona, 1862.; Nélâton, Pravaz, Tripier, Mallez ont appliqué depuis la galvano-caustique chimique à la destruction des tissus avec des résultats plus ou moins satisfaisants.
Nous donnerons ici, comme exemple d'électrolyse, le procédé de MM. Tripier et Mallez pour la destruction des rétré cissements de l'urèthre.
Disons d'abord que M. Tripier avait déjà démontré, le premier, que, clans les cautérisations potentielles, les cautérisalions alcalines diffèrent des cautérisations acides, non-seulement par les caractères physiques des eschares, — ce qui était connu, — mais par ceux des cicatrices, ce qui n'avait pas été remarqué. Tandis que les cicatrices de la cautérisation
I) Amuss.vt tils. Mémoire sur ht galvano-caustique thermique. 1S7G. Voir également Duplomb, De lu galvano-caustique > du couteau galvanique île Vanse coupante graduée de M. de yeré. 18(32. (2; Tripier, loc. cit., [>. 75.
acide sont fermes et rétractiles, celles de la cautérisation alcaline restent molles et peu ou pas rétractiles.
D'après M. Tripier, les insuccès de la cautérisation potentielle appliquée aux rétrécissements uréthraux proviendraient de ce cme, chez nous au moins, elle avait toujours été faite avec des caustiques acides. En Angleterre, où l'on avait essayé de cautériser avec de la potasse, des résultats remarquables avaient été obtenus. Malgré cela, la cautérisation était tombée en désuétude à cause des difficultés de l'opération. Or, ces difficultés n'existent plus avec l'emploi du galvano-cautère chimique, et c'est pourquoi MM. Tripier et Mallez eurent l'idée de l'appliquer dans les mêmes conditions que celles où l'on employait la potasse.
L'électrode négative est une sonde isolée jusqu'à -2 centimètres environ de son extrémité voir fig. 71). L'électrode positive est un large bouton de charbon recouvert de peau mouillée, qu'on applique sur la face interne de la cuisse gauche en le séparant de la peau par une couche d'agaric tenu constamment mouillé. On emploie un courant dont l'intensité moyenne est d'un centimètre d'unité de l'Association britannique. L'opération dure, suivant la nature et l'étendue du rétrécissement, de cinq à vingt minutes. Elle peut se faire en plusieurs temps, à dix jours d'intervalle, ce qui est préférable quelquefois dans les cas de rétrécissements longs et multiples. L'eschare se détache du cinquième au septième jour; mais la mixtion est rendue immédiatement facile.
Coagulation du sang dans les tumeurs anévrysmales. — Pravaz, ayant vu un caillot se former à l'électrode positive pendant qu'il faisait passer un courant continu dans un peu de sang, eut l'idée qu'on pouvait, par ce moyen, coaguler le sang dans les tumeurs anévrysmales ; mais il n'appliqua pas son idée. Ce furent d'abord Girard et Liston 1838 . puis Pétréquin (1845), puis enfin Ciniselli, Socatelli, Zdeckauer (1846) qui essayèrent de réaliser cette idée sur le vivant. On a obtenu, par ce moyen, quelques bons résultats, mais pas mal d'insuccès et quelques accidents. Aussi Ciniselli. qui de tous s'est le plus occupé de ces sortes
Fia-. 71.
d'opérations, déclare-t-il dans son dernier travail que la supériorité de la compression indirecte de Vanzetti a fait justement exclure la galvano-puncture du traitement des anévrysmes externes. Quant aux anévrysmes internes, en particulier ceux de l'aorte thoracique, il leur réserve l'application du galvano-cautère chimique.
Applications au diagnostic. — Conduit par des considérations anatomo - physiologiques à diviser les paralysies du mouvement en cérébrales et en spinales, Marshall Hall avait en même temps fourni un caractère différentiel de ces deux classes de paralysies, en constatant que la contractilitè musculaire, conservée dans les premières, disparaît dans les secondes. Ces conclusions de recherches faites avec les courants des appareils d'induction ont rendu de grands services au diagnostic des paralysies du mouvement et elles sont généralement acceptées aujourd'hui. Cependant la loi de Marshall Hall a paru comporter des exceptions depuis qu'on l'a vérifiée, non plus seulement avec les courants d'induction, mais avec les divers procédés d'élcctrisation variable. M. Tripier, en ayant repris l'étude dans ces conditions, a été conduit à en modifier la formule de la façon suivante : Les aptitudes motrices, musculaires et nerveuses, conservées dans les paralysies cérébrales, y sont mises en évidence par les variations des courants de tension, tandis que le degré de persistance des aptitudes musculaires dans /es paralysies spinales est surtout révélé par les variations des côtoyants de quantité. Les explorations, dont le plan découle de ces conclusions, permettent d'arriver, d'après M. Tripier, à établir dans un grand nombre de cas quelle est la marche progressive ou régressive d'une paralysie donnée.
Les travaux de M. Duchenne, de Boulogne, sur cette même question, ont porté pas mal d'éléments nouveaux au diagnostic, mais surtout dans les détails. Nous signalerons, en particulier, son diagnostic de la paralysie saturnine. Si la contractilitè électrique, dit-il, est complètement abolie, on doit supposer une paralysie saturnine; si elle est abolie ou seulement diminuée, on a affaire à une paralysie de la moelle ou à une lésion des nerfs qui en émanent, ou bien à une atrophie musculaire. C'est encore M. Duchenne (de Boulogne) qui a observé, le premier, que, dans certains cas, la contractilitè électrique peut être abolie au niveau des muscles qui, après avoir été paralysés.
ont recouvré le mouvement volontaire. Ce fait n'est pas expliqué, mais il a cela de commun avec beaucoup d'autres concernant les applications de l'électricité à la médecine.
Explorateur électrique des plaies de M. Trouvé. — 11 arrive souvent qu'un corps métallique, — le plus souvent une balle, — a pénétré dans les tissus et que l'on se trouve embarrassé pour dire si le corps étranger est resté ou non dans l'organisme. Divers moyens ont été employés pour enlever toute hésitation sur ce point, et tout le monde se rappelle que Nélaton, consulté pour un fait de ce genre par Garibaldi, trouva une balle au fond d'une plaie profonde au moyen d'une sonde terminée par une boule de porcelaine dépolie.
M. Trouvé a eu l'idée d'appliquer l'électricité à des recher-
CAOUTCHOl/C
*™'UWt[ .HAUTEUR: IDU LIQUIDE-»-
"i,liiH-lii|i|i'!iJ:i];|l!lïi/,:i'(vV,:i
Fis'. 72. — Pile à renversement de M. Trouvi
ches de ce genre. Son appareil est basé sur la grande conductibilité électrique des métaux, comparée à celle des différentes parties du corps humain, et des liquides. Il comprend quatre parties distinctes : 1° une pile; 2° une sonde exploratrice; 3° un appareil révélateur; i° un extracteur; on peut y ajouter une cinquième partie composée d'une boussole asiatique très-sensible.
La pile, représentée en grandeur naturelle dans la figure cidessus, est formée d'un couple zinc-charbon renfermé dans un étui de caoutchouc durci fermé hermétiquement. Le zinc et le charbon n'occupent que la partie supérieure de l'étui, l'autre moitié est occupée par le liquide excitateur (bisulfate de mercure). Tant que l'étui conserve cette position, le couple ne plonge pas dans le liquide, il n'y a pas production d'électricité, ni dépense par conséquent. Mais, dès que l'étui est renversé ou placé horizontalement, l'immersion du zinc et
du charbon dans le liquide en résulte, et le courant se produit immédiatement pour cesser aussitôt qu'on redresse l'étui. La sonde exploratrice est une canule, rigide ou souple, qui sert à faire l'exploration préalable de la plaie et facilite l'introduction des appareils explorateurs.
L'appareil révélateur est semblable à une petite montre formée de deux glaces transparentes. Il contient un électro-aimant très-petit, disposé pour fonctionner en trembleur, et construit de manière à résister à tous les chocs. A l'extérieur, deux petits anneaux servent à attacher, au moyen de mousquetons spéciaux, les réophores de la pile.
Le stylet, qui s'ajoute à frottement au révélateur et le complète, est formé de deux tiges métalliques très-isolées l'une de l'autre, renfermées dans un tube protecteur commun, et terminées par des pointes aiguës qui font une saillie de quelques millimètres en dehors de leurs enveloppes. Les deux tiges du stylet font partie du circuit électrique de la pile et de l'électro-aimant; il suffit qu'un corps conducteur soit en contact avec les pointes pour que ce circuit soit complet et que le courant passe en faisant vibrer le trembleur.
Emploi de l'appareil. — Yoici comment on procède avec l'instrument : on introduit, pour commencer, dans la plaie, la sonde exploratrice composée d'une canule et d'un mandrin mousse.
Ce dernier, glissant librement dans la canule, et soustrait à toute pression latérale des tissus, donne une sensation plus nette que la canule seule ne pourrait le faire. Quand on a rencontré le corps solide étranger, il peut arriver que le choc du bout du mandrin suffise à faire discerner qu'on est en présence d'un métal et la besogne est bien avancée. Mais souvent il arrive que le projectile est enveloppé dans des tissus ou
Fig. 73.
Fig. 1. Stylet et révélateur.
Fig1. 2. Sonde exploratrice.
dans des morceaux d'étoffe qui ont pénétré avec le projectile ; c'est alors que la seconde opération devient nécessaire. Elle consiste à introduire dans la canule, à la place du mandrin mousse, le stylet terminé par l'appareil révélateur. Les deux pointes du stylet traversent l'étoffe qui enveloppe le projectile , ' et, si elles rencontrent un métal, le circuit électrique est fermé et le trembleur fonctionne : on le voit, on l'entend, on le sent, car il frémit entre les doigts.
Il s'agit de démêler ensuite à quel métal on a affaire, et sur le champ de bataille on ne peut guère hésiter qu'entre le plomb, le cuivre et le fer.
Si c'est du plomb et qu'on fasse balancer le stylet, ses deux pointes, pénétrant dans le métal, ferment le courant dans toutes les positions.
Le contraire a lieu avec le fer ou le cuivre ; quand ils sont au bout du stylet et qu'on l'incline dans différents sens, il arrive que l'une des pointes cesse de toucher le métal et par conséquent la marche du trembleur est discontinue.
Pour distinguer le fer du cuivre,' il faut employer la petite aiguille aimantée dont nous avons parlé; on la présente au voisinage de la plaie : si le corps étranger est du fer, de l'acier ou de la fonte, l'aiguille est dirigée et montre sa place; si l'aiguille reste indifférente, on sait que le corps métallique annoncé par le révélateur est en cuivre ou en bronze.
Quand la pla<e est fermée, on commence l'exploration avec le signe-douleur pour guide; puis, à travers les tissus, on introduit deux longues aiguilles à acupuncture qui jouent le rôle des pointes du stylet et vont toucher le projectile oublié, depuis plusieurs années peut-être, dans le corps du patient.
Nous avons expliqué le secours qu'on tirait de l'électricité quand le corps est un métal ; quand le révélateur reste muet, on doit conclure que l'objet de la recherche est un os ou une esquille, un morceau de bois ou de pierre. Avant de songer à l'extraire, il sera souvent intéressant de déterminer sa nature; M. Trouvé a disposé pour cela une petite tarière à l'aide de laquelle, par un mouvement de rotation, on détache et ramène, si la substance est friable, quelques petits éclats emprisonnés dans le pas de vis et très-suffisants pour renseigner le chirurgien. Si d'ailleurs la tarière ne pénètre pas et ne ramène rien, on est fondé à conclure qu'elle a rencontré un silex.
o70 APPLICATIONS DE LA PHYSIQUE A LA MÉDECINE.
Extraction. — Dans bien des cas, la tarière servira à extraire le projectile; pour le plomb, notamment, on fera pencher la tarière comme un tire-bouchon dans du liège et on ramènera la balle.
Mais si la tarière ne pénètre pas, on emploiera une longue
Fig. 74. — Extracteur et tarière.
pince dont les deux branches sont isolées électriquement l'une de l'autre et reliées, par des conducteurs souples, au révélateur; avec cet appareil, on est sûr que l'objet saisi est métallique ; on n'est pas exposé à saisir un organe voisin, un os par exemple; on est même prévenu si on pince à la fois le projectile
et un muscle ou toute autre partie du corps; en un mût, toute méprise est impossible.
En résumé, grâce à cet ensemble d'appareils si simples et si ingénieusement combinés, on voit que le chirurgien arrive d'abord à savoir la nature du projectile, métal ou corps non crmducteur: si c'est un métal, il distingue le plomb par son caractère mou, le fer par sa dureté et ses qualités magnétiques, le cuivre parce qu'il est dur et non magnétique; si c'est un corps non conducteur, il distingue les corps durs parce qu'ils résistent à sa tarière, et arrive à détacher des autres corps un petit éclat qu'il peut examiner commodément et reconnaître de la manière la plus complète.
Applications à la thérapeutique. — A une époque qui n'est pas encore éloignée de nous, on n'avait pas des données bien certaines sur la manière dont il fallait appliquer l'électricité dans le traitement des maladies.
L'empirisme le plus vulgaire a présidé d'abord à ces applications : le bain électrique, la décharge de la bouteille de Leyde, tels étaient les moyens. L'éleelro-puncture a été le premier progrès effectué dans une voie meilleure. Sarlandière, l'Inventeur de ce procédé, désirant localiser l'action de l'électricité sur les parties malades, eut l'idée de porter des aiguilles à travers la peau sur ces parties, de manière à concentrer sur elles l'influence des courants (1).
Sans contredit, l'emploi de cette méthode a été suivi de bons résultats ; Magendie lui donna l'appui de son talent et de son autorité; mais les inconvénients qu'elle présentait ne compensaient pas les avantages.
Une autre manière d'appliquer l'électricité d'induction consistait à faire tenir dans les mains des malades les excitateurs qui terminent les réophores, ou à les promener en divers points de l'organisme. Leroy d'Étiolles appliquait un des pôles dans la bouche et l'autre à l'anus (2).
Ces pratiques, inspirées par des vues théoriques, étaient loin de représenter des lois, des principes méthodiques capables de diriger les applications générales de l'électricité.
1 Sari.axdikre, Mémoire sur l'électro-pimcture. 1825. ■1 Leroy (d'Étiolles), Mémoire sur le traitement de l'iléus et des étranglements intestinaux. 182P>.
C'est à Duehenne de Boulogne que revient l'honneur d'avoir formulé, sous le nom d'électrisation localisée, les règles qui doivent présider à l'application de l'électricité dans un but thérapeutique.
Ces règles, d'après M. Duehenne de Boulogne), reposent sur les faits suivants :
1° Si la peau et les réophores métalliques sont parfaitement secs et L'êpiderme d'une grande épaisseur, comme cela s'observe chez certains sujets exposés souvent par leur profession au contact de l'air, le courant se recompose à la surface de l'êpiderme, sans traverser le derme, en produisant des étincelles et une crépitation particulière, et sans donner lieu à aucun phénomène physiologique.
2° Met-on ensuite sur deux points de la peau l'un des réophores humide et l'autre sec, le sujet soumis à l'expérience accuse, dans le point où et' dernier réophore n'avait développé que des effets physiques, une sensation superficielle, évidemment cutanée.
Les électricités contraires, dans ce cas, sont recomposées dans le point de l'êpiderme sec, mais après avoir traversé le derme à l'aide du réophore humide.
3° Môuille-t-on très-légèrement la peau, dans une région dont l'êpiderme offre une très-grande épaisseur, il se produit, dans les points où sont placés les réophores métalliques secs, une sensation superficielle, comparativement plus forte que la précédente, sans étincelle ni crépitation. Ici la recomposition électrique a lieu dans l'épaisseur de la peau.
i° Enfin la peau et les réophores sont-ils très-humides, on n'observe ni crépitation ni sensation de brûlures: mais on produit des phénomènes de contractilité ou de sensibilité très-variables, suivant qu'on agit sur un muscle ou sur un faisceau musculaire, sur un nerf ou une surface osseuse. Dans ce dernier cas. on détermine une douleur vraie, d'un caractère tout particulier : aussi doit-on éviter avec soin de placer les réophores humides sur les surfaces osseuses.
Il ressort de ces expériences que, par la faradisation, on arrête à volonté la puissance électrique dans la peau ; que, sans incision ni piqûre, on peut la traverser et limiter l'action du courant, dan^ les organes qu'elle recouvre, c'est-à-dire dans les nerfs, dans les muscles et même dans les os (I).
A partir du moment où les sources de l'électricité furent mieux appropriées aux usages médicaux: à partir du moment surtout où le mode opératoire reposa sur les faits que nous venons de mentionner, les applications de l'électricité se sont
1 Duchenne de Boulogne . De Vélectrisation localisée, p. 39.
multipliées et ont reçu un cachet scientifique qu'elles n'avaient pas eu jusque-là.
Il n'entre pas dans le cadre de ce travail de suivre pas à pas chacune de ces applications; mais nous devons indiquer d'une manière générale les résultats obtenus dans cette voie.
Troubles de la motilité. — Partant de cette donnée, reconnue généralement vraie, que les troubles de la contraction musculaire (paralysie, parésie, contracture, ataxie) sont dus à une lésion du système nerveux, on a soumis le traitement de ces états au contrôle de l'expérimentation physiologique. Or l'expérimentation nous enseigne que la paralysie qui dépend d'une lésion nerveuse persiste et ne saurait être guérie avant la réparation de la lésion nerveuse. De là une indication précieuse pour le traitement : n'appliquer la stimulation électrique qu'à une époque où il est permis de supposer que le processus morbide de la substance nerveuse a produit tous ses effets et est entré dans la voie de la réparation.
La stimulation électrique, appliquée dans ces conditions, est très-souvent suivie de la réintégration de la fonction musculaire : paralysies cérébrales et spinales, atrophie musculaire progressive, paralysies diphthéritiques, saturnines, etc., etc.
Dans toutes ces circonstances, c'est la faradisation que l'on emploie de préférence.
Troubles de la sensibilité. — Les troubles innombrables de la sensibilité peuvent parfois être heureusement modifiés par les applications électriques.
Les troubles de la sensibilité qui résultent d'une lésion nerveuse et qui accompagnent souvent les troubles de la motilité doivent être traités selon les principes que nous avons formulés pour ces derniers, quant à l'opportunité du moment de l'intervention.
Mais, pour obtenir le résultat désiré, il faudra se servir d'excitateurs secs de manière à irriter vivement les extrémités nerveuses sensitives de la peau.
Dans les névralgies, la stimulation électrique peut être employée comme agent révulsif et aussi comme modificateur des circulations locales, qui, on le sait, sont très-souvent la cause de certains états névralgiques. D'après M. Tripier, Tactil m prétendue hyposthénisante, engourdissante de l'électricité repose sur un fait vrai, mais mal interprété.
On n'engourdit rien, dit M. Tripier, mais on donne à transmettre au nerf une impression autre que l'impression douloureuse causée par l'opération; — lorsqu'un nerf a à transmettre simultanément deux impressions, celle qui l'affecte le plus près du centre est transmise à l'exclusion de l'autre; ainsi se trouve expliquée l'anesthésie apparente (1).
Depuis quelques années, et surtout depuis les travaux de Hemak, les phénomènes douloureux et les phénomènes convulsifs sont traités de préférence par les courants continus : douleurs de l'ataxie locomotrice, tremblement paralytique, convulsions hystériques, etc.
Dans cette application, il faut tenir compte de la direction des courants et de l'action différente de l'excitateur positif et de l'excitateur négatif sur les tissus.
MM. Legros et Onimus conseillent, avec Reniak, Namias, Becquerel, d'appliquer aux affections paralytiques le courant inverse ou ascendant et aux affections douloureuses le courant direct ou descendant (2 .
Remak, Benedikt, Matteucci, Niemeyer, préoccupés de l'action hyposthênisante du pôle positif, placent toujours ce pôle sur le point douloureux.
Troubles viscéraux. — Dans tous les appareils organiques, nous trouvons des organes de motilité et de sensibilité qui peuvent être lésés et que l'on traite absolument comme les troubles qui viennent de nous occuper : hystérie, épilepsie, dyspepsies, anaphrodisies, spermatorrhée. incontinence d'urine, toux convulsives, etc. Mais, à côté de ces troubles bien définis, il est un ordre d'affections très-considérable, dont le point de départ est un trouble circulatoire : la congestion, l'inflammation* l'hypertrophie, l'anémie, la stase sanguine.
Or, depuis que les expériences physiologiques ont précisé le rôle du système nerveux dans les circulations locales, il s'est trouvé que l'agent électrique avait une prise évidente, non sur l'affection elle-même, mais sur l'un de ses éléments les plus importants. C'est en cherchant à tirer parti de cette action possible et de celle, tout aussi probable, des réactions chimi-
I Tripier, De lu Médication révulsive et de la révulsion électrique Courrier médical. 187U .
J Onimus et Legros, Electricité médicale, \>. 275;
météorologie: 075
qucs engendrées par les courants, que les électriciens sont parvenus à prendre pied dans le traitement des lésions organiques des viscères.
Disons enfin en terminant que, depuis Volta, on a appliqué la stimulation électrique au traitement de l'asphyxie ; aujourd'hui on a étendu cette application à la syncope, aux cas de mort apparente de nouveau-nés, aux troubles qui accompagnent la chloroformisation (Abeille). Dans toutes ces circonstances, on emploie les courants induits ou les courants continus. A cet effet, on stimule les nerfs phréniques en appliquant les excitateurs sur les côtés du cou entre le scalène antérieur et le côté externe du sterno-cléido-mastoïdien, ou bien on se borne à électriser la région précordiale.