MÉTÉOROLOGIE
La météorologie médicale est, de toutes les applications de la physique à la médecine, la plus ancienne et celle qui a fait le moins de progrès. Cette infériorité tient à une double cause : 1° à la constitution de la météorologie comme science exacte; "2° aux variabilités de la nomenclature médicale.
Expliquons-nous :
1° De tout temps, on a fait de la météorologie; on a étudié la direction des vents, la température de l'air, etc. Mais ces études, ces observations n'offraient pas la rigueur voulue qu'on doit apporter aux observations de cette nature ; de plus, elles étaient trop isolées pour servir à formuler des lois. Ce n'est que dans les premières années de ce siècle que l'on a réuni dans un programme tous les éléments qui doivent servir à fonder la météorologie, et que l'on a cherché à multiplier les centres d'observations de manière à pouvoir établir des comparaisons utiles. D'après le programme publié par la Société météorologique de France, tout observatoire météorologique, pour être complet, doit être muni des instruments suivants :
Thermomètres pour déterminer la température de l'air; le rayonnement nocturne; l'intensité de la chaleur solaire; la température du sol à la surface et à diverses profondeurs ; la température des caves, des puits, des sources, des eaux de pluie, de neige ;
o70 APPLICATIONS DE LA PHYSIQUE A LA MEDECINE.
Thermomètre à boule mouillée pour déterminer l'humidité de l'air :
Hygromètre condensateur de M. Regnault:
Appareils pour déterminer directement le poids de la vapeur d'eau contenue dans l'air;
Hygromètre à cheveu :
Baromètre ;
Sympiézomètre :
Thermomètre hypsométrique :
Pluviomètres h diverses hauteurs:
Appareils à recueillir la neige et à évaluer la rosée:
Bassin d'évaporation :
Girouette ;
Anémomètre ;
Appareils pour déterminer la direction, la vitesse et la hauteur des nuages;
Êiectromètre ;
Ozonomètre;
Cyanomètre, ou tout autre appareil destiné à déterminer la quantité de lumière émise par tout le ciel, ou son degré de pureté :
Polariscopr ■
Appareils propres à constater les mouvements de la croûte terrestre et les tremblements de terre;
Appareils pour recueillir et analyser l'air et les eaux de pluie, bruine, brouillard, rosée, neige, grêle, givre:
Appareils m ignétîques;
Appareils mécaniques, électriques ou photographiques, enregistrant d'une manière continue tous les phénomènes météorologiques :
Lunette;
Pendules . chronomètres . dipléidoscope ou autre procédé d'avoir l'heure exacte dans l'observation des tremblements de terre, des étoiles tilantes, des météores lumineux, etc.
Comme on le voit, d'après ces instructions, la météorologie repose sur des opérations de natures très-variées ; mais, — et c'est là une des plus grandes difficultés de cette science, — les erreurs provenant de l'imperfection, de la discordance des instruments, et celles qui doivent être attribuées aux observateurs sont excessivement nombreuses : de sorte que les moyen-
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nés que Ton obtient sur une série d'observations sont souvent erronées. Cependant, le perfectionnement des appareils, l'application des enregistreurs automatiques, rendent tous les jours ces causes d'erreurs moins nombreuses, et l'on peut espérer que bientôt la météorologie, complètement constituée, fournira au médecin un ensemble de renseignements suffisamment exacts pour qu'il puisse en utiliser l'application aux choses de la médecine.
2° La météorologie médicale ne peut bien se faire que dans les grands centres, là où l'on peut mettre tous les jours, en regard des renseignements fournis par la météorologie, un ensemble imposant d'observations médicales qui reflètent un caractère particulier et capable d'être rattaché plus ou moins aux conditions météorologiques. Cette condition est réalisable. Depuis plusieurs années, M. E. Besnier, médecin des hôpitaux, recueille avec un soin tout particulier, et jour par jour, tous les éléments nécessaires à la connaissance des causes des maladies qui se développent et qui conduisent les malades dans les hôpitaux ; en même temps il prend note des renseignements météorologiques que lui fournit le Bulletin de l'Observatoire.
En divers lieux, d'autres observateurs agissent de la même façon. Mais il y aura toujours dans le recueil de ces observations médicales une cause d'erreurs que nous signalait M. Besnier, et qui ne disparaîtra qu'en faisant pour la médecine ce qu'on a fait pour la météorologie elle-même. Nous voulons parler de la nomenclature médicale si diversement interprétée dans toutes les contrées. 11 est évident que si les observations doivent être recueillies dans tous les pays, il faut que tous les observateurs parlent le même langage médical et s'entendent sur la valeur des dénominations des maladies. Or on est loin de s'entendre sur ce point. Cependant la précision qui entre de plus en plus dans le diagnostic, — et cela, grâce aux applications scientifiques, — permet d'espérer que bientôt il se produira à cet endroit de salutaires réformes.
Pour le moment, nous devons avouer que la météorologie médicale n'a pas encore formulé un grand nombre de notions immédiatement applicables. Mais c'est une consolation de penser que, dans un avenir prochain, elle pourra donner quelques bons résultats. L'impulsion est donnée, le but ne peut manquer d'être atteint.