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CONSTITUTION GÉOLOGIQUE

Les éléments que l'on doit considérer dans la détermination d'un climat sont très-nombreux : la composition et la disposition géologique, l'altitude, la latitude, la longitude, les eaux, l'air, etc., etc. La chimie revendique dans cette détermination la composition minéralogique et la constitution atmosphérique.

Hippocrate, comme nous l'avons constaté en analysant son traité De l'air, des eaux et des lieux, avait quelque idée de l'influence de la composition minéralogique sur la santé; mais ses appréciations sur ce point étaient évidemment trop générales. Aujourd'hui on est en mesure de préciser un peu plus et un peu mieux; nous devons avouer cependant que, vu les difficultés du sujet, cette branche de nos connaissances laisse beaucoup à désirer.

La géologie hygiénique, dit M. Bouchardat, est pour ainsi dire a créer (1).

Voici néanmoins, d'après M. Bouchardat lui-même, ce que nous devons aux travaux modernes touchant cette question :

Les terrains granitiques renferment des sources peu abondantes, mais les eaux sont pures, salubres; la végétation des céréales y est faible. La race est petite, mais bien constituée.

(1) Bouchardat, Rapport sur les progrès de l'hygiène, p. Zti.

Les maladies à effluves (choléra, fièvres intermittentes) y sont rares et le plus souvent légères.

Les terrains calcaires des groupes jurassiques et tertiaires, formés par les eaux douces, sont plus favorisés au point de vue de l'hygiène : les récoltes sont plus abondantes ; la taille des individus est plus élevée ; les fièvres intermittentes ne se montrent qu'exceptionnellement; les maladies contagieuses (fièvre typhoïde, choléra) s'y montrent épidémiquement.

Les terrains wétacés et les sables qui se rencontrent en couches épaisses dans les terrains secondaires et tertiaires constituent des sols peu fertiles ; mais ils sont sains par suite de leur perméabilité. Les fièvres intermittentes y sont à peu près inconnues.

Le calcaire dolomitique, qui se rencontre en couches limitées appartenant à la deuxième ou à la troisième formation, est caractérisé par la présence de la dolomie, du gypse, du sel marin et des argiles. C'est sur ce terrain qu'on observe, à l'état endémique, le goitre et, dans les vallées encaissées, le crétinisme (1).

Le terrain subapennin est le dernier groupe de la formation tertiaire, et il est constitué par des dépôts lacustres formés par les mers géologiques les plus nouvelles. Bien qu'il n'existe pas de marais, on trouve cependant sur ce terrain des maladies paludéennes. Cela tient à ce qu'en beaucoup d'endroits la terre repose sur l'argile à une profondeur de 10 à 50 centimètres (2).

Disons enfin que la mer, considérée comme terrain spécial sur lequel vivent plus ou moins passagèrement un certain nombre d'hommes, a été l'objet d'études approfondies au point de vue qui nous occupe (3).

Parmi les auteurs qui se sont occupés de l'hygiène géologique, nous mentionnerons : Boudin {Traité de géographie, de statistique médicales, et des maladies endémiques, 2 vol.in-8°, 1857);

(1) J. Grange, Mémoires sur l'étiologie du goitre et du crétinisme (Archiv. des Missions scientifiques, t. I, p. G57).

(2) Paul Salvi, Co)isidcratio)is sur l'insalubrité de rair da?is les Maremtnes (Ann. de chim. et de phys., 3e série, t. III).

(3) Rochard, De l'influence de la navigation sur la marche de la phthisie pulmonaire i in Mémoires de lAcad. de médecine, t. XX).

Garnier, De l'influence de rair marin sur la phthisie.

Becquerel père (Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés, Paris, 1853, in-8°); A. Fourcault (Conditions géologiques et hydrographiques qui favorisent le développement et la marche du choléra asiatique. Documents statistiques sur le choléra de 1854).

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