‹ Application des sciences à la médecineChapitre 5 sur 69 · DE 360 AVANT J.-C. A 150 APRÈS J.-C · texte numérisé non relu

DE 360 AVANT J.-C. A 150 APRÈS J.-C

Les successeurs immédiats d'Hippocrate (Socrate, Polybe, Platon , Aristote , Praxagoras , etc. ) n'ajoutèrent rien aux connaissances anatomiques et physiologiques du Père de la médecine. La dissection des cadavres humains était interdite, et, de plus, cette période fut troublée par les conquêtes d'Alexandre.

La fondation de l'école d'Alexandrie, l'affluence des Grecs à cette école, et la protection que Ptolémée Soter accorda aux savants de tous les pays, exercèrent la plus heureuse influence sur le développement de l'anatomie. On peut même dire que la véritable anatomie commence à cette époque, c'est-à-dire à partir du moment où la dissection des cadavres fut autorisée par Ptolémée Soter.

Érasistrate (305-280 av. J.-C.) , né à Téos , fut un des hommes les plus distingués de cette école ; il disséqua beaucoup de cadavres humains ; il disséqua même , au dire de Celse , des criminels vivants qu'Antiochus Soter fit tirer des prisons pour lui être remis.

Erasistrate a découvert les vaisseaux lactés du mésentère ; il les a vus pleins et dans leur état de vacuité; mais il pensait que ces vaisseaux se remplissent d'air avant de se remplir de chyle. Il a donné du cerveau, en général, une description assez complète, et il a dit que les nerfs du mouvement et du sentimen viennent de l'encéphale, qui est, selon lui, le principe de tout ce qui se fait dans le corps. Les valvules sigmoïdes et tricuspides lui doivent leur nom. Sur la circulation et la respiration, il suivait les erreurs d'Hippocrate, en professant que les artères renferment de l'air, et les veines û\\ sang; en disant

que la respiration n'a d'autre but que de porter l'air aux poumons où le cœur vient l'aspirer. Le premier, il a émis l'idée que l'estomac agit sur les aliments par broiement, de telle sorte que ce premier temps de la digestion serait mécanique et non un phénomène de coction (chimique), comme le prétendait Hippocrate.

Les travaux d'Érasistrate ne nous sont connus que par Cœlius Aurelianus et par Galien.

Hérophile, né à Carthage, vécut à Alexandrie en même temps qu'Erasistrate. Il s'adonna particulièrement à l'étude du système nerveux et plaça le siège del'àme dans les ventricules. Les dénominations qui suivent, et qui donnent une idée de ses travaux, sont de son invention : duodénum, — la rétine, — l'arachnoïde , — la choroïde , — la prostate , — le pressoir d' Hérophile , — veine artérieuse, — calamus scriptorius. — Ses connaissances sur le pouls, qu'il tenait de son maître Praxagore, étaient très-étendues ; il comparait les successions du battement artériel au rhythme musical.

Les travaux d'Hérophile ont été perdus comme ceux d'Érasistrate.

Pendant la période de quatre cents ans qui sépare Erasistratc et Hérophile de Galien, l'anatomie ne paraît pas avoir fait de grands progrès. Gelse, qui résume la science de son temps, dans les premières années de l'ère chrétienne, Galien, un peu plus tard , attribuent tous les progrès de l'anatomie et de la physiologie, accomplis jusqu'à eux, à l'école d'Alexandrie, représentée principalement par les deux anatomistes dont nous avons parlé. Les seules particularités que nous ayons à signaler, c'est que Rufus d'Ephèse, qui naquit en 97 après'J.-G., décrit les conduits qu'on a désignés plus tard sous le nom de trompes de Fallo/je et qu'il parle de la découverte nouvelle des nerfs récurrents.

L'anatomie de cette époque, d'après la description de Celse (livre IV), est réduite aux proportions d'une simple énumération, avec l'indication, plus ou moins approximative, de la situation des parties. Quant à la physiologie, elle était si peu connue, et les explications qui en tenaient la place étaient si ridicules, que Celse préférait s'en passer, n'en tenir aucun compte dans sa pratique ayant d'ailleurs la conviction qu'on ne parviendrait jamais à expliquer le mécanisme des actions naturelles

{Traité de la médecine, livre Ier, page 14). On peut donc dire que la véritable physiologie existait à peine à l'état de devenir.

DE L'ANATOMIE ET DE LA PHYSIOLOGIE A LA MÉDECINE

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