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une dixième goutte et le liquide qui surnage est légèrement ambré ; le but est dépassé et l'urine renferme plus de 18 grammes (voir la table). On prend la moyenne entre 18 et 20 qui est 19, et ce nombre représente, à moins de 1 gramme près, la quantité de sucre contenue dans l'urine.
Mais il peut se faire que cet écart soit beaucoup plus considérable, car on voit par l'examen de la table que l'écart entre deux gouttes consécutives est d'autant plus grand qu'on a employé un plus petit nombre dégouttes. Exemple: une urine donne 2 i gouttes au centimètre cube; après la 2me goutte la teinte bleue est encore très-manifeste, donc elle renferme moins de 120 grammes de sucre (voir la table) ; on ajoute une 3me goutte et le liquide qui surnage le précipité prend une teinte ambrée assez prononcée; le but est dépassé et l'urine contient plus de 80 grammes de sucre (voir la table) ; la moyenne entre 120 et 80 étant 100, ce nombre représente seulement à 20 grammes près le résultat de l'analyse. Cette approximation est tout à fait insuffisante, et, dans les cas de ce genre, il est indispensable d'étendre l'urine avec de l'eau distillée et de recommencer l'analyse.
La présence continue du sucre dans les urines appartient à la glycosurie; mais parfois le sucre n'apparaît que temporairement ou bien d'une manière intermittente. Dans ce dernier cas, il faut veiller à l'alimentation qui est peut-être trop riche en sucre et en matières amylacées ; il faut également rechercher s'il n'y aurait pas quelques troubles dans les centres nerveux.
Sang. Nous n'avons pas à nous occuper ici des cas dans lesquels le sang se trouve dans l'urine avec ses éléments constituants, car il est facile de reconnaître ces derniers soit à l'œil nu, soit avec l'aide du microscope. Nous devons concentrer notre attention sur les cas spéciaux où l'urine, colorée en rouge ou en brun, ne renferme pas de globules, mais seulement le principe colorant du sang. Ce principe, comme nous l'avons vu, est l'hématoglobuline ou l'hémoglobine. Pour s'assurer que la coloration est bien due à ce principe, on fait bouillir une partie de l'urine avec de la soude caustique : il se dépose des phosphates terreux, l'hémoglobine et la méthémoglobine se changent en hématine qui donne à la liqueur une couleur brune avec des reflets verts à la lumière.
Les urines colorées par l'hémoglobine en dissolution se rencontrent dans le scorbut, dans les fièvres pernicieuses, dans toutes les maladies avec altération profonde du sang. L'hémoglobine, en effet, ne peut provenir que d'une destruction des globules.
Sédiments urinaires. — Les substances que nous venons d'analyser, normales ou anormales, font partie intégrante de l'urine. Celles qui vont nous occuper font également partie de l'urine, mais à l'état de dépôt. Ces dépôts sont de nature organique ou de nature inorganique.
1° Dépôts de matière organique. Ces dépôts sont constitués par du mucus, par des épithéliums pouvant provenir de toutes les parties de l'appareil urinaire, et revêtir alors des formes particulières ; par du pus, par de la matière cancéreuse et tuberculeuse, par des cylindres et des tubes urinifères, par des infusoires, des champignons, et enfin par des spermatozoïdes. La chimie n'a pas à intervenir dans l'examen de ces dépôts qui ressort entièrement du sens de la vue , seul ou aidé du microscope.
2° Dépôts de matières inorganiques. Ces dépôts ou sédiments sont formés tantôt par de l'acide urique et des urates, tantôt par des phosphates terreux, tantôt par de l'oxalate de chaux, de la cystine, de la xanthine, de la tyrosine. Tous ces sédiments ont des formes cristallines parfaitement déterminées qu'il est très-facile de saisir avec le microscope. Par conséquent, l'analyse chimique est ici inutile.
Analyse des calculs urinaires. — Il est très-important pour le médecin de procéder à l'analyse chimique des calculs urinaires, parce que la nature des éléments qui les composent peut le mettre sur la voie de leur provenance et lui inspirer l'emploi des moyens les plus propres à prévenir leur reproduction. Mais cette analyse, rarement nécessaire quand les calculs se présentent à l'examen des hommes qui en ont souvent sous les yeux, est du domaine de la chimie pure et les praticiens n'ont ni le temps ni les moyens de s'adonner aux travaux du laboratoire. Nous devons donc nous borner à enregistrer cette nouvelle application de la chimie à la médecine.
Liquides séreux. — Les cavités naturelles peuvent, sous l'influence morbide, se remplir d'un liquide séreux plus ou moins consistant, plus ou moins coloré, et former ce que nous
appelons un épanchement. D'autres cavités peuvent se former, se développer dans des organes qui naturellement n'en ont pas et se remplir, elles aussi, d'un liquide plus ou moins coloré, plus ou moins consistant. Tous ces liquides, désignés sous le nom de liquides séreux, sont fondamentalement constitués par des substances variables qui impriment à chacun d'eux un caractère spécial ; ce sont ces substances qui vont nous occuper.
Métalbumine. La métalbumine est une substance albuminoïde qui se présente sous la forme de paillettes brillantes et que l'on trouve dans beaucoup de liquides séreux : hydrocèle, ascite, hygroma et certains kystes ovariques. On obtient ce corps en précipitant la matière albumineuse des liquides précités au moyen de l'alcool. On recueille le précipité qu'on lave à l'alcool; on laisse évaporer celui-ci et le résidu se redissout dans l'eau. Celle-ci prend l'aspect oléagineux du liquide primitif et laisse la métalbumine en paillettes après son entière évaporisation à 45°.
La métalbumine jouit des propriétés de l'albumine, mais elle s'en distingue en ce que son coagulum se redissout dans l'eau ; elle se distingue de la caséine et de la mucine en ce qu'elle n'est pas précipitée par l'acide acétique.
Hydropisine. L'hydropisine se trouve également dans l'ascite, dans le liquide pleural, dans les kystes ovariques. On l'obtient en ajoutant à ces liquides du sulfate de magnésie. Le précipité est ensuite desséché à une basse température, lavé rapidement dans de l'eau distillée, et abandonné dans de l'eau pure où il se dissout lentement. Cette solution est oléagineuse, non filante et entièrement coagulalbe par la chaleur, l'alcool, l'acide azotique. Ce qui la distingue de la précédente, c'est que son précipité alcoolique ne se redissout pas dans l'eau.
Paralbumine des kystes de l'ovaire. La paralbumine est cette substance qui donne au liquide de certains kystes de l'ovaire la consistance visqueuse si remarquable qu'ils présentent. Ce liquide, en effet, se laisse étirer en filaments de plusieurs pieds quand on vient à le prendre avec une baguette de verre.
Lorsqu'on filtre le liquide qui renferme la paralbumine, celle-ci reste sur le filtre et peut se redissoudre dans l'eau. L'alcool précipite la paralbumine de cette solution, mais le précipité renferme toujours de la métalbumine.
Les trois corps albumineux dont nous venons de parler ont cela de commun, que l'acide acétique ne les précipite pas, tandis que l'albumine est toujours précipitée par cet acide. Ces substances, jointes à l'albumine et à la fibrine, constituent les parties fondamentales de tous les liquides séreux. On trouve également dans ces derniers des éléments minéraux (7 à 9 gr. par 1,000 grammes), de la matière colorante jaune, analogue à la matière colorante de la bile, car elle verdit par addition d'acide azotique.
Quelquefois ces liquides sont rendus opaques par du sang décomposé et réduit à sa matière colorante plus ou moins altérée. Les colorations chocolat, café, qu'on trouve dans certains kystes, sont dues à la matière colorante du sang.
Les liquides séreux sont toujours alcalins; ils renferment une proportion très-variable de matières solides. (de 1 gramme à 50 grammes par 1,000) et en particulier de matières organiques. La fibrine, par exemple, est en si grande abondance dans le liquide de la plèvre qu'elle se coagule spontanément lorsqu'on abandonne le liquide à lui-même. M. Méhu, à qui nous avons emprunté la plupart des notions qui précèdent, a remarqué que les kystes ovariques simplement albumineux, très-peu chargés de matières organiques, guérissent par une simple ponction suivie d'une injection iodée. Au contraire il n'a jamais vu les kystes à liquide filant, chargé de paralburaine, donner lieu à une guérison durable par cette méthode.