CONNAISSANCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES
Le foie est une chair particulière qu'Erasistrate désignait sous le nom de parenchyme ; il est le principal organe de la sanguification, et, à cet effet, il reçoit par sa face concave les veines du mésentère dont la réunion forme la veine-porte.
La rate est lâche et fongueuse ; son tissu diffère de celui du foie, et elle communique avec ce dernier par l'entremise de la veine-porte et avec le cœur par ses artères.
Les reins, dont la situation est bien décrite, reçoivent une artère et une veine au moyen desquelles ils attirent l'humidité du sang. Cette humidité est conduite dans la vessie par les uretères.
La vessie, entourée par le péritoine, possède une enveloppe propre et un sphincter.
2° Organes de la reproduction. — Galien donne une assez bonne description des organes génitaux. Il a reconnu la nature musculaire de l'utérus, ses artères, ses veines; il connaissait aussi les ovaires. 11 avait suivi avec soin le développement du fœtus et décrit particulièrement les cotylédons, les vaisseaux ombilicaux, le chorion, Vallantoide, Youraque, Yamnios. Il a considéré enfin le diaphragme comme un muscle qui reçoit ses nerfs de la moelle du cou.
3° Thorax. — Les rapports du cœur et des poumons sont bien établis. Le cœur est le principe des artères et du pouls; c'est un muscle creux séparé en deux cavités par une cloison, et surmonté des oreillettes qui reçoivent la veine cave et Yartère veineuse. Le cœur a ses nerfs qui se distribuent sur le péricarde.
Les poumons, constitués par un tissu spongieux, reçoivent une veine, deux artères et les trachées qui servent à porter l'air au cœur; ils sont entourés d'une membrane (succingentem) sur laquelle il a trouvé deux petits nerfs, qui viennent de la sixième paire du cerveau.
La trachée-artère, dont le sommet est appelé larynx, est composée de cartilages annulaires qui ont la forme d'un C.
Le larynx possède trois cartilages : le thyroïde, le cricoïde, les aryténoïdes. Galien parle ensuite des muscles laryngiens, qu'il prétend avoir décrits le premier, et il dit qu'ils reçoivent des nerfs désignés par lui sous le nom de récurrents. Il paraît cependant que ces nerfs avaient été découverts avant lui, puisque Rufus d'Éphèse en avait parlé. Galien complète cette des-
cription très-satisfaisante par l'indication des glandes laryngiennes, destinées à lubrifier les parties.
•i° Tête. — Galien constate que le cerveau est entouré de deux membranes : l'une dure, épaisse ; l'autre mince. 11 décrit d'une manière générale les principales parties du cerveau : le corps calleux, les plexus choroïdes, la voûte à trois piliers , \econarium, les éminences appelées nales, le corps verrai '/ "orme. Il connaissait les quatre ventricules et prétendait qu'ils communiquent entre eux. 11 décrit enfin le cervelet dont la substance, dit-il, est plus dure que celle du cerveau. Dans le cerveau, il avait distingué la substance grise de la substance blanche. Les nerfs encéphaliques, d'après Galien, sont au nombre de sept : nerfs optiques, lre paire; nerfs moteurs oculaires, 2e paire; nerfs gustatifs, 3e paire; nerfs palatins, -4e paire; nerfs acoustiques, 5e paire; nerfs viscéraux, 6° paire; pneumogastriques, nerfs moteurs de la langue, 7e paire.
Les nerfs de l'épine sortent par paires , c'est-à-dire un de chaque côté de la moelle.
Outre le grand traité d'anatomie dont nous venons de donner une courte analyse, Galien a laissé des traités particuliers sur des sujets spéciaux. Le Traité des os est très-complet. Galien divise les os en os longs, possédant un canal médullaire, et en os plats n'en possédant pas ; il distingue les apophyses et les épiphyses, et nomme le corps des os longs diaphyses.
Dans le traité de Motu musculorum, Galien se montre supérieur à tous ses devanciers par l'isolement des masses musculaires les unes des autres, et par la découverte d'un grand nombre de muscles, entre autres les interosseux et les lombricaux.
Le traité Venarum art eriar unique laisse beaucoup à désirer, mais il est utile à connaître , car il donne la raison des impossibilités que rencontrait la médecine à cette époque. La méconnaissance de la circulation devait évidemment exercer une influence de premier ordre sur la pratique de la médecine.
La physiologie de Galien, disséminée un peu partout dans ses écrits, est plus particulièrement renfermée dans les quinze chapitres de son traité de Usu partiurn .