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CONNAISSANCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

Les trois premiers chapitres sont consacrés aux principes de la physiologie. Galien s'y montre adversaire indigné de la philosophie épicurienne. Rien n'est dû au hasard. 11 y a un ouvrier suprême. L'homme a une âme, et' c'est pour son service qu'ont été créées toutes les parties du corps. Les animaux ont aussi une âme, mais différente, comme le prouve la différence de leurs organes. La preuve que les organes ont été créés pour le service de l'âme se trouve dans cette considération que, chez tout animal, les parties du corps sont en rapport avec ses mœurs.

Après avoir développé son idée par une excursion dans la série animale, Galien s'arrête à l'homme qui est le seul animal sage et le seul divin. C'est en vue de ce caractère auguste que l'ouvrier suprême a doué l'homme d'un instrument spécial, qui est la main. Supprimez la main : l'homme n'existe plus. Galien s'appuie sur ce caractère avec un véritable enthousiame, au service duquel il met toutes les ressources de son éloquence et de son talent. Répondant aux arguments qu'Helvétius reproduira plus tard au dix-huitième siècle, il dit que la main est la caractéristique physique de l'homme, tandis que l'intelligence en est la caractéristique morale. Il dit encore que ce n'est pas la main qui est la cause de l'intelligence, pas plus que la lyre n'est la cause du musicien.

Galien étudie ensuite les mouvements du carpe, de l'avantbras et du bras en vrai mécanicien. L'étude du membre inférieur, auquel le troisième chapitre est consacré, est non moins belle que celle du membre supérieur. Tout cela est de la vraie physiologie appuyée sur des considérations générales, touchant les causes finales, qui montrent h la fois la noblesse, l'élévation des idées de Galien et son talent incomparable pour la description anatomique.

La physiologie de la digestion est moins bien traitée que celle de la main et du pied, et cela se conçoit; pour celleci, l'observation et quelques notions de mécanique suffisent; pour la première, il fallait des connaissances physico-chimiques et physiologiques qu'on ne possédait pas à cette époque. Galien remplace ces connaissances absentes par des forces : la faculté attractive, qui, avertie par le besoin de réparation, provoque l'arrivée des aliments dans l'estomac ; la force rètentrice, qui retient les aliments dans le ventricule jusqu'à ce que la fa-

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culte atiératrtce les ait transformés en chyme; enfin, la faculté expultrice, qui fait passer le chyme tout formé clans l'intestin. Le chyme subit de nouvelles transformations dans l'intestin, et enfin il est absorbé par les veines mésaraïques qui le transportent au foie.

Le foie avait pour fonction de séparer du suc alimentaire les éléments de la bile et de faire du sang avec le reste.

La rate a pour fonction de sécréter la bile noire ou atrabile, qui est transportée dans l'estomac par les vaisseaux courts, afin de concourir à la formation du chyme.

Les reins sont chargés, d'après Galien, d'enlever au sang l'excès d'eau qu'il renferme.

La partie mécanique de la respiration a été fort bien décrite par Galien. L'abaissement du diaphragme, la contraction des intercostaux, celle des muscles cervico-thoraciques et la passivité du poumon, pendant l'inspiration, sont des vérités que l'expérience a confirmées ; mais le point essentiel de la fonction respiratoire est faux ou méconnu. Galien pensait que l'air, après son arrivée dans les bronches, était attiré par le cœur gauche au moyen des veines pulmonaires, et que de là il était poussé dans les artères pour y rafraîchir les esprits. Cependant nous devons signaler un progrès. Erasistrate pensait que les artères ne renfermaient que de l'air; Galien admettait la présence de l'air et du sang dans ces vaisseaux.

Le septième chapitre de Y Usage des parties est consacré à la physiologie de la voix. Comme nous l'avons vu plus haut, Galien possédait une connaissance exacte de tous les éléments qui concourent à la production de la voix. Sa théorie de la voix repose sur le môme fondement qui est adopté aujourd'hui. Il est le premier, en effet, qui ait comparé le larynx à cette série d'instruments qu'on nomme instruments à anche. Le larynx, dit-il, est une anche analogue à celle de certains instruments ; elle en a la forme, surtout quand on la regarde par en haut et par en bas, et il faut, pour que le son se produise, un certain rapprochement des lèvres de la glotte. Cette comparaison était un véritable progrès, et, si ce grand homme ne nous a pas donné une théorie complète et satisfaisante de la phonation, c'est qu'à lui seul il ne pouvait inventer les notions de l'acoustique, qui ne sont venues que beaucoup plus tard. Signalons enfin les expériences que Galien a pra-

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tiquées touchant l'influence de la section des récurrents sur la voix.

Les fonctions de relation sont étudiés dans les vin0, ix°, Xe, xic, xnc, xme chapitres. Galien réfute d'abord l'opinion d'Hippocrate, d'après laquelle le cerveau ne serait qu'une glande chargée de sécréter la pituite, et celle d'Érasistrate, d'après laquelle le cerveau aurait pour fonction de rafraîchir les esprits animaux. Pour lui, le cerveau est l'organe de l'intelligence et des mouvements. A ceux qui pensent que le cœur est le siège de certains sentiments, il oppose des expériences dans lesquelles il a pincé, tortillé le cœur avec des pinces de forgeron, sans qu'il y ait eu désordre de l'intelligence ou de la sensibilité. Pour accomplir ses fonctions, le cerveau, d'après Galien, produit un esprit animal dans les ventricules, au moyen de l'air qui arrive à travers la lame criblée de Yethmo'ide et par celui qui vient du cœur. Cet esprit subit un degré de perfectionnement dans chaque ventricule et de là passe dans la moelle et dans les nerfs.

Galien admettait, avec l'école d'Alexandrie, l'action croisée des hémisphères cérébraux et l'action directe de la moelle. Les vivisections qu'il a pratiquées pour expérimenter sur la moelle sont vraiment remarquables, et il en a tiré des connaissances que l'avenir n'a fait que confirmer. 11 a reconnu la perte du mouvement et du sentiment dans les parties situées au-dessous du point sectionné de la moelle ; il a reconnu aussi que la mort immédiate succède à la section de la moelle entre la première et la seconde vertèbre cervicale ; il a reconnu enfin l'influence de la section des nerfs phréniques sur les mouvements du diaphragme. Ajoutons à cela que Galien avait constaté que les nerfs du mouvement sont durs, tandis que ceux du sentiment sont mous, que les premiers sortent des parties antérieures de la moelle, tandis que les seconds proviennent de la partie postérieure et nous aurons donné une idée des avantages qu'il avait retirés de la méthode expérimentale.

Les fonctions de la génération sont exposées dans les chapitres xiv et xv. Ici l'erreur domine. L'idée fondamentale est que le sperme se transforme, dans l'utérus, en se mélangeant avec le sperme de la femme, fourni par les ovaires qu'il désigne sous le nom de testicules féminins.

Telle est, en résumé, la physiologie de Galion que nous trouvons exposée dans le livre de Usu partium. Nous pourrions, dans le but de compléter notre analyse, examiner les traités spéciaux intitulés de l'Àtrabile, de Placitis Hippocratis et Plalonis, mais ce soin nous paraît inutile. En effet, ce que nous avons dit touchant l'anatomie et la physiologie de Galien nous paraît suffisant pour établir les rapports qui existent entre ces sciences et les progrès de l'art de guérir à cette époque.

DE L'ANATOMIE ET DE LA PHYSIOLOGIE A LA MEDECINE

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