‹ Applications de l'électricité dans la marineChapitre 28 sur 41 · X -h X '^ 1000 ou · texte numérisé non relu

X -h X '^ 1000 ou

ce qui est vérifié si X et X' sont tous deux supérieurs à 500 X -r-

125. Tableau de distribution. — En vue de faciliter la surveillance d'une installation, on réunit en un même point tous les appareils de mise en marche et de contrôle, de manière à former

ce qu'on appelle un tableau de distribution. Ce tableau est constitué par un panneau de bois verni sur lequel sont répartis les divers appareils. Ceux-ci sont quelquefois fixés directement sur le bois, mais, dans les installations soignées, pour éviter les détériorations qui peuvent se produire par suite d'un dépôt d'humidité sur le bois, on prend la précaution de monter chaque appareil sur un socle isolant, en ardoise ou en marbre. Le nombre et la disposition des appareils ainsi groupés dépend

Ligne.

Ti*

Ligne

Fig. 213.

de la nature et de l'importance de l'installation, et on ne peut indiquer à cet égard de règle précise. Pour une distribution en série, par exemple, on pourra employer la disposition représentée par la figure 213. Le tableau comprend un interrupteur bipolaire, un ampère-mètre, un volt-mètre avec bouton à ressort, et deux coupe-circuits, un sur le fil de départ, l'autre sur le fil de retour.

Pour les distributions en dérivation, les tableaux présentent en général une complication beaucoup plus grande. La figure 21 i représente un exemple assez simple, relatif à une installation comprenant deux dynamos identiques et quatre circuits principaux. A chacune des dynamos correspond un interrupteur et un

ampère-mètre. Chaque circuit est muni d'un interrupteur spécial et de deux plombs de sûreté. En principe, la dynamo n° 1 doit alimenter seulement les circuits 1 et 2, et la dynamo n° 2 les circuits 3 et 4. On peut cependant, en reliant les bornes A et A' par

Circuit N ? ï. GrcuilN^.

Circuit N*3. Circuit N : 4.

+ DynamoN : l. ~ " DynamoN*2. +

Fig. 2U.

une bande de cuivre, alimenter l'ensemble dos quatre circuits à l'aide des deux dynamos, qui sont alors couplées en quantité. Un volt-mètre muni de d eux boutons permet de mesurer la différence de potentiel aux bornes d'une quelconque des deux machines.

Il est quelquefois utile de pouvoir connaître l'intensité du courant dans chaque circuit. On serait conduit ainsi à mettre au-

2oi

tant d'ampère-mètres qu'il y a de circuits. Une disposition très simple, employée par MM. Sautter, Harlé et C l °, permet de n'avoir qu'un seul ampère-mètre. L'interrupteur de chaque circuit possède une touche supplémentaire disposée comme l'indique la figure 215. On voit immédiatement que, suivant la position de la lame mobile, on peut faire passer le courant soit directement, soit par l'intermédiaire de l'ampère-mètre. On peut ainsi mesurer successivement l'intensité dans les différents circuits sans interrompre en aucune façon le passage du courant.

Fig. 215.

Dans les installations importantes, on ajoute sur le tableau les appareils d'avertissement dont nous avons parlé, indicateurs de terre et indicateurs de tension. Lorsque la canalisation a une grande étendue, il est parfois nécessaire de pouvoir contrôler à chaque instant la différence de potentiel en divers points de cette canalisation. On prend alors en dérivation entre ces points deux fils appelés fils pilotes, qui reviennent au tableau de distribution et aboutissent à des indicateurs de tension disposés comme nous l'avons dit. Dans les installations qui comportent plusieurs dynamos, divers commutateurs sont en outre nécessaires pour effectuer convenablement le groupement de ces dynamos. Enfin, on dispose souvent un volt-mètre pour la mesure de l'isolement, comme nous l'avons indiqué dans le paragraphe précédent.

Les tableaux de distribution doivent toujours être installés à une distance d'au moins 3 ou k mètres des dynamos, pour que

les appareils de mesure ne soient pas influencés par les électroaimants inducteurs.

126. Distribution indirecte de l'électricité. — L'énergie électrique fournie par les machines génératrices peut dans certains cas n'être utilisée qu'indirectement, en passant par un intermédiaire. Le but de cet intermédiaire sera soit de différer l'utilisation de l'énergie produite (accumulateurs), soit de donner à l'énergie électrique des qualités différentes en modifiant les valeurs des facteurs qui la composent (transformateurs).

Nous avons déjà parlé des accumulateurs ; il nous reste à dire un mot des transformateurs. On sait que la puissance d'un courant électrique est mesurée par le produit des deux facteurs E et I. Si. on donne à ces facteurs deux nouvelles valeurs E' et I', telles que E' 1' = E I, la valeur de la puissance n'aura pas varié, mais elle se présentera sous une forme différente, transformée, qui pourra être mieux appropriée aux applications que l'on a en vue. Au lieu d'un courant de 1000 r -20% par exemple, on pourra avoir un courant de 100 T -200\

Les accumulateurs peuvent dans certains cas, comme nous l'avons déjà fait remarquer, fonctionner comme transformateurs. En chargeant par exemple les éléments d'accumulateurs en quantité et en les associant en série pour la décharge, on réalisera une transformation d'énergie électrique. Ce procédé a été appliqué dans certaines installations d'éclairage, où les accumulateurs sont chargés en série à l'aide d'une machine à très haute tension, et couplés pour la décharge en séries de 30 à 40 éléments montées en dérivation, ce qui permet de constituer une source d'électricité fournissant une différence de potentiel de 60 volts environ.

Les transformateurs proprement dits sont en général basés sur les effets d'induction. Voici quel est leur principe. Supposons qu'on enroule sur une même bobine deux circuits formés de fils distincts. Appelons l'un d'eux circuit primaire et l'autre circuit secondai?^. Si dans le circuit primaire nous faisons passer des courants alternatifs, il y aura dans le circuit secondaire production de courants induits également alternatifs, qui pourront être au besoin redressés par une disposition analogue à celle du collecteur de l'anneau Gramme. Si les éléments des deux circuits (Ion-

gueur et section) sont différents, les facteurs électriques des courants induits différeront de ceux des courants inducteurs, et on aura réalisé une transformation d'énergie électrique. Si le circuit primaire par exemple est à fil fin et le circuit secondaire à gros fil, on pourra, en envoyant dans le circuit primaire des courants à haut potentiel et à faible intensité, recueillir dans le circuit secondaire des courants à faible potentiel et à grande intensité.

Nous n'entrerons pas dans le détail de la construction des transformateurs industriels, qui n'ont pas encore reçu d'application dans la Marine. Nous nous bornerons à indiquer par un exemple simple l'intérêt que présente dans certains cas l'emploi de ces appareils.

Supposons une installation de 500 lampes de 100 Y - 1 A , que Ton veut alimenter en dérivation avec une dynamo placée à 500 mètres de distance du groupe de lampes. La longueur totale des conducteurs primaires réunissant la dynamo au tableau de distribution sera de 2 X 500 = 1000 mètres. Soit 10 # la perte admise sur ces conducteurs, cest-à-dire 10 volts. Leur section sera telle que :

d'où s = 833 m / m 2 . Le poids de cuivre de cette canalisation sera de 7 U ,5 et son prix 22500 francs environ.

Supposons au contraire qu'on amène la même puissance électrique au centre du groupe considéré avec un courant de 1000 v - 50% et qu'on transforme ensuite ce courant primaire en un courant secondaire de 100 v - 500\ Les conducteurs primaires seront alors beaucoup plus faibles. Admettons en effet comme précédemment 10 % pour la perte de charge due à ces conducteurs, c'està-dire dans le cas actuel 100 volts. On aura :

d'où s = 8 m / m 2 , 33. Le poids ne sera plus que de 75 kilogrammes et le prix de 225 francs. En réalité le câble ainsi calculé serait

254 n ÉLECTRICITÉ PRATIQUE.

trop faible pour un courant de 50 ampères et il y aurait lieu d'augmenter sa section; On pourrait prendre par exemple > = 25 m / m 2 - Le poids serait alors de 225 kilogrammes et le prix de 675 francs. Ce calcul est approximatif, mais montre néanmoins qu'il peut y avoir un bénéfice considérable à employer les transforma tetirs.

Depuis plusieurs années, d'ailleurs, l'emploi de transformateurs pour les grandes stations d'éclairage tend à se généraliser. Le courant fourni à l'usine sous un potentiel très élevé est amené à des transformateurs qui le distribuent sous un potentiel correspondant aux besoins de la pratique.

De même que tous les appareils destinés à transformer l'énergie, les transformateurs ne rendent comme énergie utile qu'une fraction plus ou moins considérable de l'énergie qui leur est fournie. En d'autres termes, les facteurs E' et I' du courant secondaire ne sont pas tels que E' I 7 = E I, et il y a une perte due

à la résistance intérieure du transformateur. Le rapport =— r- représente le rendement du transformateur. Il varie en général de 85 à 90 je.

127. Effets physiologiques du courant électrique. — Si on vient à toucher accidentellement avec les mains deux points présentant entre eux une différence de potentiel, on établit une dérivation entre ces points. Or on sait que le passage d'un courant électrique dans le corps humain détermine des secousses nerveuses d'autant plus fortes que l'intensité du courant est plus grande. La résistance du corps humain est très variable, suivant la température, le degré d'humidité, etc. ; elle dépasse rarement 10 000 ohms, et peut descendre parfois jusqu'à 600 ohms. L'intensité maxima du courant que Ton peut supporter est d'environ 10 milliampères, si le courant passe d'une manière continue; si le passage n'a lieu que pendant un instant très court, l'intensité peut atteindre 70 à 80 milliampères sans que la secousse soit dangereuse. Ces chiffres sont relatifs aux courants continus; pour des courants alternatifs, il faut les réduire de plus de moitié.

Il résulte de là que, dans les installations qui comportent des courants à force électro-motrice élevée, il est nécessaire de pren-

dre de grandes précautions dans rétablissement des machines et des canalisations. D'une manière générale, il est bon de ne toucher jamais les divers appareils qu'avec une seule main à la fois. S'il est indispensable de manier des appareils parcourus par des courants à haute tension, il faut protéger les mains par des gantelets isolants en caoutchouc.

128* Réversibilité des machines électro-magnétiques.

— Nous avons vu que la variation du nombre de lignes de force interceptées par un conducteur faisant partie d'un circuit fermé développait dans ce conducteur un courant induit. Réciproquement, si on place dans un champ magnétique un circuit libre de se mouvoir et pafcouru par un courant, ce circuit se déplacera et prendra une position telle que le nombre de lignes de force qui le traverse soit maximum, la relation entre le sens du courant et la direction des lignes de force étant toujours celle que nous avons donnée au § 16. Reprenons la figure 53. Si nous faisons passer dans l'élément m n, supposé libre de se mouvoir, un courant dirigé de m vers n, cet élément se mettra en mouvement, et viendra se placer en a b, qui sera une position d'équilibre stable. Si à ce moment on renverse le sens du courant, l'élément m n tendra à prendre une nouvelle position d'équilibre à 180° de la première, et viendra par suite se placer en a! b'. Si on dispose les choses de telle sorte que le sens du courant soit renversé chaque fois que m n passe dans la zone neutre, cet élément prendra un mouvement de rotation continu.

Il résulte de ce qui précède que les machines éiectro-magné- . tiques à courant continu sont réversibles. Si en effet on met les balais en communication avec les pôles d'une source extérieure à courant continu, le sens du courant sera inversé dans l'armature à chaque passage dans une zone neutre ; par suite, cette armature se mettra en mouvement dans le champ magnétique formé par

les inducteurs et prendra un mouvement de rotation continu en développant un certain travail mécanique (1).

On donne le nom de génératrice à la machine qui fournit le courant, et de réceptrice à celle qui est actionnée par le courant. Le courant de la génératrice pouvant être transmis à la réceptrice par des conducteurs de longueur théoriquement illimitée, en voit qu'on peut réaliser ainsi un véritable transport de force mécanique à distance au moyen de l'électricité. L'énergie mécanique du moteur de la dynamo génératrice est transformée en énergie électrique et transmise à la réceptrice qui la convertit en énergie mécanique, en jouant à son tour le rôle de moteur.

129. Transmission de la force. — La première expérience de transmission de force fut faite en 1873 par H. Fontaine, à l'aide de deux machines Gramme réunies par un conducteur double de 1100 mètres de longueur. La génératrice était mue par un moteur à gaz système Lenoir, et la réceptrice actionnait une petite pompe centrifuge système Neut et Dumont.

Depuis, H. Marcel Deprez a cherché à réaliser la transmission à grande distance. Dans des expériences faites en 1886 entre Creil et La Chapelle, on est arrivé à transmettre à une distance de 56 kilomètres une puissance utile de 52 chevaux. La puissance absorbée par la génératrice était de 116 chevaux, ce qui correspond à un rendement mécanique de 44,8 %.

Ces expériences présentent un grand intérêt, car si le problème de la transmission de la force à dislance était résolu industriellement comme il Test théoriquement, on pourrait utiliser des forces naturelles restées jusqu'ici sans emploi (chutes d'eau, mouvement des marées, action du vent, etc.) et les amener au moins en partie à proximité des centres industriels. Mais, dans la pratique, le prix de transport du charbon est souvent encore aujourd'hui inférieur au prix du transport à grande distance de l'énergie électrique. Les seules applications industrielles réalisées jusqu'ici sont relatives à l'utilisation des chutes d'eau, au moyen de turbines actionnant les dynamos génératrices. La distance entre les

(1) Les machines à courant alternatif sont également réversibles. Mais la réalisation pratique des moteurs à courant alternatif est encore toute récente, et ces moteurs n'ont reçu jusqu'ici qu'an petit nombre d'applications industrielles.

génératrices et les réceptrices dépasse rarement quelques kilomètres.

L'emploi des moteurs électriques est, par contre, très souvent avantageux lorsqu'il s'agit de transporter à petite distance des forces mécaniques peu considérables. Les applications de ce genre sont extrêmement nombreuses : ventilateurs, tramways, treuils, machines-outils, etc. Nous en étudierons quelques-unes dans ce chapitre et dans le chapitre XIII (1).

130. Étude des moteurs électriques. — Nous avons dit que lorsqu'on faisait passer un courant dans l'armature d'une machine électro-magnétique, cette armature se mettait à tourner. Conformément à ce que nous avons vu dans les chapitres III et VI, il est clair que cette rotation de l'armature dans le champ magnétique inducteur a pour effet d'y développer des courants induits. Dans le cas des moteurs électriques où l'armature est mise en mouvement non par un moteur mécanique, mais par les effets d'induction dus au courant envoyé par la génératrice, il y a donc à considérer deux phénomènes distincts : l'un par lequel un courant provenant d'une source extérieure et circulant dans l'armature de la réceptrice force cette armature à prendre un mouvement de rotation, l'autre par lequel ce mouvement de l'armature donne naissance à un courant induit. On observera par suite, dans l'armature et dans le circuit dont elle fait partie, le résultat de la superposition des deux phénomènes, c'est-à-dire que ce circuit sera parcouru par un courant formé de deux courants superposés. Or, si l'on examine ce qui se passe en appliquant les règles ordinaires des phénomènes d'induction, on constate que le courant induit dans l'armature est toujours de sens contraire au courant qui est fourni par la génératrice et qui détermine le mouvement de rotation. Le circuit formé par la ligne et l'armature de la réceptrice sera donc traversé par un courant égal à la différence de ces deux courants. On dit que la réceptrice développe une force contre-électromotrice, de sens

(I) On peut actionner un électromolcur au moyen d'une génératrice qui lui cnToie un courant continu de faible intensité et de haute tension; on peut, d'autre part, faire actionner par cet électromoteur l'induit d'une dynamo fournissant un courant continu de grande intensité et de faible tension. On obtient donc, par celte combinaison d'un électromoleur et d'une dynamo, un transformateur à courant continu.

contraire à celle qui est produite par la génératrice. Désignons par E la force électro-motrice de la génératrice, par p la résistance totale du circuit, c'est-à-dire la résistance de la ligne augmentée des résistances intérieures des deux machines, et par E' la force contre- électromotrice développée par la réceptrice, c'està-dire la force électro-motrice du courant induit dans l'arma-

ture. Le courant produit par la génératrice sera - et le courant

de sens inverse produit par la réceptrice sera — ; le courant résultant qui parcourra le circuit sera donc :

Si la force contre-électromotrice E' venait à être supérieure à la force électromotrice E de la génératrice , il y aurait renversement du sens du courant, et la réceptrice deviendrait génératrice, la génératrice jouant à son tour le rôle de réceptrice. Donc, en fonctionnement normal, la force contre-électromotrice de la réceptrice doit être toujours inférieure à la force électromotrice de la génératrice.

Voyons maintenant quel sera le sens de rotation de la réceptrice. Nous examinerons successivement les trois cas de l'enroulement en série, de l'enroulement en dérivation, et de l'enroulement compound. Considérons d'abord une réceptrice excitée en série (fig. 216). Supposons que l'enroulement des inducteurs soit fait de telle sorte que lorsque l'armature tourne dans le sens indiqué par la flèche, elle donne naissance à un courant induit allant de B vers B', et circulant par suite dans les inducteurs de B' vers A. Réunissons maintenant les bornes A et B de la réceptrice aux pôles A t et B, de la génératrice. Supposons que B t soit le pôle positif. Le courant arrive par B et circule dans les inducteurs de la réceptrice dans le sens B' A. La réceptrice se mettra donc à tourner à contre- balais, dans le sens inverse de la flèche, puisque nous savons que le courant induit qu'elle développe par sa rotation doit être de sens inverse au courant de la génératrice. Si on change le sens du courant de la génératrice, en reliant le pôle B t à la borne A et le pôle A t à la borne B, nous voyons que le cou-

rant circulera dans les inducteurs dans le sens A B'; il y aura donc inversion de la polarité des inducteurs, c'est-à-dire qu'on aura un pôle nord où il y avait primitivement un pôle sud, et réciproquement. La réceptrice tournera donc encore dans le sens inverse de la flèche, puisque cette fois les courants induits qui y sont développés doivent circuler dans les inducteurs dans le sens B' A. Une dynamo en série, reliée à une dynamo génératrice, aura donc, dans tous les cas, un sens de rotation inverse de celui qu'il faudrait lui donner pour obtenir, en la faisant fonctionner comme génératrice, un courant extérieur de même sens que celui qui

n|\yX'

Génératrice

Fig. 216.

Fig. 217.

l'actionne. D'après ce que nous avons vu au § 53, la commutation du sens du courant dans un élément quelconque de l'armature doit être opérée alors que cet élément est parcouru par une force électromotrice suffisante pour annuler celle qui donne lieu à la production d'étincelles , c'est-à-dire ici un peu avant le passage dans une zone neutre, et non après ce passage comme cela a lieu lorsque la machine fonctionne comme génératrice, puisque le courant induit développé dans la réceptrice est de sens opposé à celui de la génératrice.

Donc, étant donnée une dynamo en série, pour la faire fonctionner comme réceptrice il faut conserver le calage des balais et modifier seulement leur direction, de manière qu'ils ne soient pas rebroussés par le collecteur.

Considérons maintenant une dynamo en dérivation (fig. 217).

Supposons encore que l'enroulement soit fait de telle sorte que, lorsque l'armature tourne dans le sens de la flèche, le courant produit circule en allant de B vers A dans l'armature . Si nous réunissons B et A avec les pôles B t et A t de la génératrice (B t étant toujours supposé le pôle positif), le courant de la génératrice circulera dans la dérivation de B vers A, et il y aura par suite inversion de polarité. La réceptrice tournera donc dans le sens de la flèche, puisque le courant induit doit circuler en sens contraire de celui de la génératrice , c'est-à-dire de A vers B dans l'armature. Si Ton réunit B t à A, et k k à B, on voit que le sens de rotation sera encore celui de la flèche, puisque la polarité n'est pas changée, et que le courant induit doit aller dans l'armature de B vers A.

Une dynamo excitée en dérivation aura donc, en fonctionnant comme réceptrice, le môme sens de rotation que celui qu'il faudrait lui donner pour obtenir, en la faisant fonctionner comme génératrice, un courant de même sens que celui qui l'actionne.

Comme pour la réceptrice en série, la commutation du sens du courant dans un élément doit s'opérer avant le passage de cet élément dans une zone neutre. Donc, étant donnée une dynamo en dérivation, pour la faire fonctionner comme réceptrice il faut conserver la direction des balais et modifier seulement leur calage de manière à leur donner une position symétrique de celle qu'ils occupaient primitivement par rapport à la zone neutre théorique.

Prenons enfin le cas d'une réceptrice compound. D'après ce qui précède, son sens de rotation dépendra de la puissance d'aimantation relative des spires enroulées en série et en dérivation, Si les premières sont plus puissantes, la réceptrice tournera à contrebalais; si ce sont les autres, elle tournera dans le mémo âôns que si elle agissait comme dynamo ordinaire. Il faul remarquer que dans ce cas les électro-aimants, qui lorsque la dynamo fonctionne comme génératrice reçoivent la somme des effets d'aimantation des spires en série et des spires en dérivation , ne recevront lorsqu'elle fonctionnera comme réceptrice que la différence de ces deux effets, puisque les deux catégories de spires sont alors toujours parcourues par des courants de sens contraire. *

Quel que soit le mode d'excitation employé, nous vouons dti voir

que l'interversion du sens du courant envoyé par la génératrice ne donne pas une inversion du sens de rotation de la réceptrice, puisqu'on change ainsi simultanément le sens du courant dans l'induit de la réceptrice et la polarité des inducteurs de cette réceptrice. Lorsqu'on veut pouvoir changer à volonté le sens de rotation, ce qui est indispensable dans un grand nombre d'applications, il est donc nécessaire de disposer les choses de telle sorte qu'on puisse inverser le sens du courant soit dans l'induit, soit dans les inducteurs de la réceptrice, mais seulement dans un de ces deux circuits.

On peut obtenir le renversement du sens du courant dans l'induit en permutant les balais. Il faut alors, bien entendu, changer

leur direction et leur donner un calage symétrique de leur calage primitif, puisqu'on inverse le sens de rotation. La figure 218 représente un inverseur de marche fondé sur ce principe. L'appareil comprend deux paires de balais, disposées chacune pour un sens de marche. Un levier de manœuvre agit sur les portebalais au moyen de deux galets G, G, en matière isolante, et permet d'amener au contact du collecteur Tune ou l'autre des k paires de balais.

Dans le cas assez fréquent où il est nécessaire de pouvoir inverser à distance le sens de rotation, le changement de balais constitue une solution peu pratique, qui entraînerait une grande complication d'organes. Aussi, se contente-t-on,en général, d'installer les balais à poste fixe dans leur position théorique. Pour atténuer autant que possible la production des étincelles , on donne aux balais une assez grande surface de contact, et, pour qu'ils ne

Fig. 218.

soient pas trop rapidement détériorés, on leur donne la forme de blocs massifs pressés par un ressort contre le collecteur et permettant la marche dans un sens ou dans l'autre; on emploie le plus ordinairement des balais en charbon aggloméré. Il suffit alors, pour renverser le sens de la marche, de changer le sens du courant au moyen d'un commutateur disposé par exemple comme celui que représente la figure 219. Ce commutateur est formé de deux contacts en cuivre réunis par une barre de manœuvre, mais isolés l'un de l'autre.

Lorsque les contacts sont dans la position indiquée en traits pleins, la réceptrice tourne dans un certain sens. Lorsqu'on

les amène dans la position figurée en traits pointillés, la réceptrice tourne en sens contraire, le sens du courant dans le circuit inducteur restant toujours invariable.

Lorsqu'on lance le courant de la génératrice dans la réceptrice, celle-ci se met à tourner avec une vitesse progressivement croissante, jusqu'à ce qu'elle ait atteint son régime normal. Au début de la rotation, la force contre-électromotrice développée étant

nulle, l'intensité du courant est égale à -. Elle diminue ensuite

jusqu'à ce qu'elle ait acquis sa valeur normale . Pour ne

pas faire passer un courant trop fort dans les fils de l'induit de la réceptrice, qui sont ordinairement calculés pour l'intensité normale du courant, on intercale en général sur la ligne, entre la génératrice et la réceptrice, un rhéostat de démarrage, c'est-à-dire une résistance auxiliaire qui diminue au début l'intensité du courant, et que Ton retire graduellement du circuit à mesure que la réceptrice se rapproche de sa vitesse normale. On ajoute en

Fig. 219.

outre un coupe-circuit fusible. Si en effet, par exemple, par suite d'une augmentation du travail résistant, la vitesse de rotation de la réceptrice vient à diminuer, la force contre électro-motrice E' diminue également et l'intensité du courant augmente.

Voyons maintenant comment on peut calculer les éléments d'une transmission de force. Nous avons vu que Ton avait :

On tire de là :

E' = E — p i d'où :

E'i = El — pe 2 .

La quantité Ei représente, en unités électriques, le travail fourni par la génératrice. La quantité pi 2 représente la quantité de travail absorbée par la résistance du circuit. La différence E f i entre ces deux quantités représente donc la quantité de travail fournie à la réceptrice. Si on désigne par K le rendement propre de la réceptrice, la puissance disponible sur l'arbre de cette réceptrice, exprimée en watts, sera égale à E'i X K. Si F est cette puissance exprimée en kilogrammètres, on aura :

puisque nous avons vu qu'l kilogrammètre valait 9 W-Il, ,8i.

Supposons qu'il s'agisse d'une génératrice compound et d'une réceptrice en série. Appelons :

e, la différence de potentiel aux bornes de la génératrice;

è \ la différence de potentiel aux bornes de la réceptrice;

*\o r» r A> les résistances intérieures de la génératrice;

r' ft , /., les résistances intérieures de la réceptrice.

R, la résistance de la ligne.

On a, en se reportant aux équations données au chapitre VI et en remarquant qu'ici la résistance du circuit extérieur à la génératrice est R -h r' 8 + i\ (fig. 220) :

On a enfin évidemment

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