LIV
Nous n’avons parlé des cadrans qu’en les considérant sur le côté du plan tourné vers le plan vertical clevé sur la section commune au plan incliné et au plan horizontal , parce qu’il est clair que le cadran tracé sur l’autre face sera parfaitement égal au premier, avec cette différence que le centre du cadran sera placé différemment, c’est-à-dire que, si dans le premier le centre du cadran est vers le haut du plan, il sera vers le bas sur l’autre côté du plan.
Jusqu'ici nous avons supposé que le soleil faisait constamment sa révolution journalière autour de la terre en vingt-quatre heures, mais on a reconnu par observation qu'il emploie quelquefois plus et quelquefois moins de vingt-quatre heures à faire celte révolution, en sorto que le calcul du temps, à raison de vingt-quatre heures par jour, ne cadre pas exactement tous les jours avec le temps vrai, cependant, au bout d'une année, il se trouve que le soleil a fait le même nombre de révolutions que s'il avait employé vingt-quatre heures exactement à faire chacune d’elles. L’année, partagée en jours égaux de vingt-quatre heures, c’est ce que l'on appelle le temps moyen. C'est celui d'après lequel sont réglées les horloges , parce qu'il n'est pas possible de les assujettir aux différentes variations que l'inégalité du mouvement du soleil fait subira la longueur des jours.
Il suit de là qu'une horloge bien réglée marquera ordinairement midi lorsque le cadran solaire marquera une heure dillërenle; et que les cadrans faits comme nous l avons dit ne donnent que le temps vrai, et ne peuvent pas servir à régler les horloges.
Mais comme on sait par les tables faites d’après l'observation, la différence do temps vrai au temps moyen pour tous les jours de l'année, qui est ce que l’on nomme l'équation du temps; et que l'on sait par conséquent, dans quelque jour que ce soit, à quelle distanco du méridien du lieu ou à quel point de l’équateur le soleil se trouve loisqu’il est midi au temps moyen, on peut, par les règles que nous acotis données, déterminer pour un jour quelconque le point où le soleil marquera son ombre lorsqu'il sera midi au temps moyen. La courbe tracée par les points d'ombres ainsi déterminés pour tous les jours de Tannée, terme ce qu'on a|>pelle la méridienne du temps moyen, parce qu'en elfcl il sera midi au temps moyen toutes les fuis que l’ombre se portera sur cette courbe.
On voit, par exemple : dans les tables de l'équation du temps que le 2 novembre il est 11 11 43' àd" au temps moyen lorsqu’il est déjà midi au temps vrai , il faudra donc chercher sur la ligne de 14* 43' 46" le point où se porte l’ombre du soleil le ‘2 novembre (§§ XV, XVf et XVII), ce point appartiendra nécessairement à la méridienne du temps moyen : on trouvera les autres par la même méthode.
La courbe ainsi tracée, à commencer du 24 décembre où le temps moyen s’accorde avec le temps vrai, partira de la ligne qui marque sur le cadran le midi du lieu, elle s'eu écartera ensuite progressivement pendant un certain temps et viendra la recouper le 15 avril, puis elle s'écartera de nouveau du côté opposé, et s’en rapprochera de manière à y arriver le 15 juin; de là la courbe repassera au
Temps rao)e»
Mendient*
temps moxu*.
premier côté tic la méridienne, et après s’en être éloigné d'une certaine quantité, elle viendra la recouper le 1" septembre; enfin après s’étre écartée de l'autr côté pour la deuxième fois, elle viendra se refermer au point du 24 décembre. En sorte que cette courbe doit avoir à peu pris la forme du chiffre 8 traversé à peu près dans son milieu par la méridienne du lieu.