APPUCATION DE LA LANGUE UNIVERSELLE A L*£TUDE OB LA ZOOLOGIE
La zoologie doit rendre compte d'uD si grand nombre de phéno* iD^es, que Tesprit humain n*a pas trop de toutes les ressources dootil dispose pour s'approprier les éléments de cette science. Non Paiement il faut que lés investigations des savants cherchent et décoQTreot les individus qu'ils doivent étudier, que Tanatomie leur Pcnnette de pénétrer au milieu des mystères de leur existence; mais il bot encore que, par la compréhension de leur cerveau, ils emi^fssseot tous les êtres dont la science est en possession , et qu'après i^ avoir rapprochés et comparés, ils portent un jugement sur les degrés de leur organisation dans l'échelle de la vie animale. Les iHmiiDes de mérite et de conscience n'ont pas manqué dans cette PVlie si intéressante des connaissances humaines ; chez tous les Peuples, il s'est fait une série de recherches et d'expériences qui ^Itesteot combien cette œuvre magnifique de la création est digne à'àliirer le regard de l'homme. Mais ces travaux trop souvent ^oorés par ceux qui arrivent postérieurement, à cause de la trop gnode diffusion de la science et de la diversité du langage, n'ont pas amené les progrès qu'on en pouvait attendre. Si donc il était permis d'espérer que cette branche des sciences naturelles se développât et porl&t des fruits plus mûrs, ce serait assurément lorsque la précision et l'uniformité du langage feraient aisément passer d'un peuple k un autre et vulgariseraient les observations les plus sûres et les plus exactes.
La Langue universelle conduit directement à ce but; mais là ne se bornent pas les ressources qu'elle procure à la zoologie , car :
io elle classe les èlres suivant les rapports de siroililude ou de différence qu'ils présentent au zoologue, de telle façon que leurs caractères distinctifs soient retracés par le nom qu'on leur attribue depuis le type le plus général jusqu'à la particularité la plus spéciale ; 2^ elle enregistre avec soin tous les phénomènes que cette science a observés y les distingue de tout ce qui est étranger, les classe et même les définit par le terme dont elle détermine la signification ; .S"" elle prévoit les progrès de la science et ordonne les matériaux avec lesquels elle construit son édifice, de manière à ce que ces progrès prennent tout naturellement leur rang dans l'économie du système , sans en contrarier la disposition et l'harmonie.
Telles sont les nouvelles bases que la Langue universelle établit pour l'étude de la zoologie; nous allons donner la clef de la nomenclature sur laquelle elles reposent. Notre intention n'est pas de présenter une nouvelle classification des animaux. Loin de là, nous acceptons tout ce qui a été fait ou pourra être fait avec le concours des savants sur la coordination des êtres vivants et sur les parties dont ils se composent. Nous nous contentons d'apporter l'ordre au seio des innombrables éléments que la science entraîne avec elle, et cet ordre nous le subordonnons encore à une classification plus générale , qui renferme dans son vaste cadre toutes les notions fournies par les mots reçus dans toutes les langues. Au milieu de cette unité où chaque science occupe sa place, la zoologie avait droit de prendre son rang; nous allons donc la considérer sous le triple point de vue que nous venons d'indiquer, et faire ressortir les principaux avantages qu'elle peut attendre de notre système.
« Nous allons d'abord revenir un instant sur notre mode de for- « mation pour les radicaux ; les quelques mots que nous allons en « dire seront suffisants pour rappeler à ceux qui l'ont étudié les « principes généraux sur lesquels nous nous appuyons, et pour « guider, dans l'intelligence de ce qui suivra, les personnes qui « n'ont jamais pris connaissance de notre ouvrage (1).
0 Le principe sur lequel nous fondons notre théorie des radicaux
(1) Voir le deuxième volume de notre Cours complet de Langue unirenelU.
ZOOLCHUE. 91
' €sl celui^i . pQ^p quun niot exprime réellement une idée , il faut
■ ^f l'analyse de ce mot renferme l'analyse de Vidée qu'il repré-
« me. Il gsi ^jqq^ nécessaire que les caractères ou les lettres dont
^ 'Dot est composé figurent les catégories diverses auxquelles le
* ^^^ peut être rattaché , depuis la plus générale jusqu'à la plus
* j^'^^ïïlière. De cette manière, en effet, les lettres mêmes du mol
^"'^eront la définition de sa signification.
^^i* obtenir ce résultat , on peut partager toutes les idées con-
^^ dans les mots en un certain nombre de divisions repré-
i Sftt^\éçg jjjjjg |g langage par des lettres ; la première lettre d'un
iinot indiquera dans quelle grande division d'idées il faudrait
■ ranger celle qu'on veut exprimer. Si on partage de nouveau la « grande division, qui comprend une catégorie d'idées, en plu-
* sieurs divisions moins compréhensives , ces classes pourront être
■ représentées par la seconde lettre du mot, et celle-ci figurera " ainsi une idée moins générale que celle exprimée par la première
* lettre. En opérant de même pour une troisième division ou une
* iroisième lettre, on se rapprochera davantage de l'idée qu'on en-
* visage; enfin, en continuant, s'il est nécessaire, ces subdivi- « 8ions,on arrivera à déterminer suffisamment l'idée qu'on veut
* ^^pryner. Par exemple , a au commencement d'un mot peut ex-
* primer la manière d'être des individus; j peut, parmi ces ma- ' nières d'être , déterminer l'idée de la sensation; si maintenant, ' parmi ces sensations, celle de la vue est attribuée à la lettre e ,
* 'e radical aje expriuiera la même chose que les trois lettres du ' "ïoi vue, avec celte différence que aje nous apprend que la vue
* ^81 une manière d'être des individus quand ils éprouvent une sen-
* ^lion particulière à l'organe de la vue.
* l^ divisions successives que nous opérons dans notre théorie
> sur une idée plus- générale sont, autant que possible, en nombre
■ décimal, c'est-à-dire qu'une grande division contient dix classes,
> une classe dix ordres, un ordre dix genres, etc.
« Le caractère algébrique ou , plus simplement , la lettre qui
* flgure une grande division, est une voyelle; celle qui représente « une classe est une consonne; ceUe qui indique un ordre est une
« voyelle , et ainsi de suite en faisant allerôer les consonnes avec « les voyelles.
« Ces lettres, dites radicales, sont au nombre de vingt : dix « consonnes et dix voyelles ; en voici le tableau :
« Voyelles : aeiou a<yb>8 « Prononcez : aéiou âêainôou
« Consonnes :bgdvj pctfh « Prononcez : be gue de ve je pe ke te fe che
« Les dix voyelles suivies des dix consonnes donnent cent radi- « eaux ; ceux-ci suivis d'une voyelle en donnent mille de trois a lettres; une consonne de plus produit dix mille radicaux de « quatre lettres , et ainsi de suite. De sorte que , d'après ce sys- « tème décimal , il y aurait cent millions de mots de la longueur de
• celui-ci : « avarice. »
SI-'
Momenelatare sooloy l^ne»
Nous avons, dans notre deuxième volume (i), expliqué, "tivec les détails que comportait cette matière, comment la grande division des animaux se subdivisait en classes et en ordres ; nous renvoyons donc à cet ouvrage le lecteur qui voudrait recourir à ces explications. Ici nons allons d'abord reproduire le tableau des ordres de cette division et nous suppléerons autant que possible par nos réflexions aux développements qui ont leur place ailleurs. Mais avant d'entrer au fond de notre système , nous croyons utile de rappeler quelques-uns des prolégomènes dont nous faisions précéder nos radicaux de la sixième division.
« Les animaux, disions-nous, qui occupent une place si consi-
• dérable sur la surface de la terre, et qui partagent avec l'homme « la jouissance du monde physique , méritaient bien une des divi-
(1) Cours complet de Langue universelte^ 3« parUe, page 150.
• ^|OQg principales de notre système. Leor classification est arrivée,
^près la méthode naturelle de Cuvier, è un état de perfection
• «ssez complet pour que nous puissions la soumettre à notre no- ■ ^enclaiure sans aucune hésitation. Assurément cet habile natu-
• ^lisie n*a pas dit le dernier mot de la science zoologique ; les
écouvertes postérieures feront modifier peut-être telle ou telle
• P^lie de ses combinaisons. Quelque parfaits d'ailleurs que soient
• ^^ P'XK^édés méthodiques , nous ne pouvons avoir la prétention
'^^aljser avec les œuvres de la nature; ils ne sont que des
, "y^Qs artificiels pour aider rinlelligence limitée de Thomme à
PPropfjgf jgg matériaux illimités et d'une variété infinie que
flopln ^^ monde. Mais ce n est pas parce que nous saisirons
' 4 H^^^ irrégularités, des exceptions, des lacunes; des transitions
« Dm tn^nagées, etc., que nous repousserons tel système qui sera
« i^eott apporter Tordre an milieu de matériaux confus ou mal dis-
« posés. Le travail du naturaliste, comme celui de tous les hommes
« de science, ne consiste pas à faire voir les imperfections de telles
« oa telles théories , mais bien à leur apporter les modifications
« dont leur expérience, contrôlée par les autres savants, fera re-
' coDQallre Tutilité , ou peut-être à composer un système nouveau
• et complet dont les parties seront combinées avec plus d'art ou « plus de méthode. Nous ne croyons donc pas k Tinfaillibilité de
• Cavier, ni à celle de ceux qui ont continué son œuvre; mais nous « rattachons aujourd'hui notre nomenclature à l'ouvrage le plus
• complet sur la zoologie, laissant aux savants naturalistes le champ
• libre pour y apporter tous les changements que la science aura
• jugés nécessaires.
« Nous nous sommes servi jusqu'ici et nous nous servirons en-
• core des mots : division, classe, ordre, etc. ; mais il importe « de ne pas confondre notre classification avec celle qui est adoptée « en zoologie. Nous rappellerons ici que notre cadre est , & la vé- « rite, calqué sur celui des naturalistes, mais qu'il a des diffé- « rences sensibles et sur lesquelles nous devons fixer l'attention.
« Les lettres d'un radical sont désignées par nous de cette ma- < nière : la première voyelle du radical exprirfie la grande division
« OU rerobranchement; la deuxième lettre, ou la première con- « sonne , est la classe ; la troisième lellre, ou la deuxième voyelle, « est Tordre ; la quatrième lettre, ou deuxième consonne , est le « genre; la cinquième lettre, ou troisième voyelle, est Tespèce; « ces cinq lettres étant le plus généralement suffisantes pour déter- « miner un radical, nous ne pousserons pas plus loin ces dénomi- « nations. Jusque-là nous marchons, pour les mots, d'accord avec « la classification des naturalistes. Il n'en est pas de même pour « la classification elle-même : nos classes, nos ordres, nos genres « sont invariablement limités, fixés par le nombre dùv; quand donc « nous disons que nous suivons la méthode de Cuvier, nous Ten- « tendons avec une réserve qui met notre nomenclature en bar- « monie avec les autres parties de cette théorie. Cette réserve la « voici : nous ne nous préoccupons des embranchements , classes, a ordres, familles, tribus, etc., que pour conserver rigoureuset ment les rangs et les degrés plus ou moins élevés de l'échelle sui- « vant laquelle les animaux sont ordonnés; mais, pour la distri- « bution même des animaux, nous nous permettrons de placer dans « uAe seule de nos divisions plusieurs divisions du règne animal , « et , réciproquement , nous attribuerons quelquefois une seule di- « vision zoologique à plusieurs de nos classes, ou de nos ordres, « ou, etc.; or, le point important de la classification des animaux « élant de retrouver leur similitude et de les disposer dans l'ordre « méthodique qui fait saisir les décroissances des individualités, « nous obtenons ce précieux résultat , tout en parvenant à une ex- « pression plus simple que celle dont nous opérons la traosfor- « mation. n
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Les mots renfermés dans les diverses cases de ce tableau sont les ordres de nos nouveaux radicaux.
La lettre a (prononcez â) qui figure dans le petit carré k la gauche de la ligne supérieure, est la première lettre de tous les radicaux qui représentent des animaux. Tout mot commençant par cette lettre annonce le nom d'un être animé. A la suite de cette lettre doit se trouver une des dix consonnes b , g , d^ etc., placées dans la co* lonne verticale à gauche. Les radicaux qui en résultent figurent des grandes classes qui comprennent tous les animaux connus ; les quatre premières: ab, ol^^ ad, av, sont destinées à nommer les vertébrés; la cinquième, aj, définit les mollusques. Les quatre classes suivantes : ap, ac, at , af, désignent les articulés^ et la dernière ah est consacrée aux rayonnes, La symétrie qui règne dans cette classification facilite singulièrement le travail de Tintelligence et de la mémoire.
Les parties de la science remplacées par ces dix classes, sont : pour les mammifères, ab ; pour les oiseaux, ag ; pour les reptiles, ad ; pour les poissons , av ; pour les mollusques, aj ; et pour les rayonnes, ah.
Le nombre des subdivisions des insectes ne nous a pas permis de faire pour eux ce que nous avions fait pour les vertébrés ; il en résulte une définition complexe pour les classes ap et at : la première signifie amélides et crustacés ; la deuxième , insectes aptères et coléoptères ; c*est seulement la troisième lettre qui distingue, pour ces deux classes, à laquelle des subdivisions on fait allusion. La classe ac désigne les articulés arachnides, et la classe af signifie et comprend tous les insectes qui ne sont ni aptères ni coléoptères.
La troisième lettre des radicaux se trouve dans la ligne horizontale supérieure : c'est une des dix voyelles a, e, i, etc. Ces voyelles figurent les ordres suivant lesquels on décompose les classes, en s'attachant toujours au système de Guvier. Celle des mammifères , en considérant comme un ordre à part les marsupiaux^ dont quelques naturalistes font une famille de carnassiers, fournit les neuf derniers ordres. Les six ordres de Cuvier , qui remplissent la classe des oiseaux , fourniront aussi neuf ordres pour nous, en subdivisant
Tordre des passerainc, et en comprenant leurs ramilles dans nos ordres. Les autres classes sont divisées d'une manière analogue, en subdivisant les ordres de Cuvier dans leurs familles et au besoin dans leurs tribus, pour donner naissance à nos ordres ; de cette façon nous occupons toutes les cases de notre tableau sans altérer l'économie du système dn grand naturaliste.
On comprend assez maintenant que pour avoir le nom d'un ordre consigné sur ce tableau il suffit de placer après la lettre a la consonne qui est à la tête de la ligne horizontale sur laquelle on s'arrête, et, à la suite de cette consonne, h voyelle qui est à la tête de la colonne verticale dans laquelle se trouve le mot donné. C'est ainsi que le lacertien étant un animal, a, placé dans la colonne des reptiles, d, et dans la colonne t, sera défini par le mol adi; l'insecte névroptère sera un animal, a, rangé parmi les iusectes qui ne sont ni aptères ni coléoptères, f, au cinquième ordre u , il sera donc défini par le mot afu ; le polype à cellule sera un animal, a, rayonné, A, placé au septième ordre e, il sera donc exprimé par ahe.
On remarquera que dessous la lettre a se trouvent les noms qu'on pourrait appliquer aux classes elles-mêmes, en exceptant toutefois les deux classes ap et «t. Cette particularité, qui se retrouve dans toute la classification de notre Langue universelle, crée pour le zoologue une précieuse ressource , puisqu'il pourrait au besoin placer dans cet ordre les divisions nouvelles qu'il jugerait utile d'introduire, s'il rencontrait des individus qui ne pussent être classés dans aucun des autres ordres. Quant à ceux que la science découvrirait et qui appartiendraient aux ordres déjà observés, ils trouveroot leur place et leur nom dans la nomenclature dont nous venons de poser les bases.
Afin de donner un aperçu plus complet de notre classification, nous allons la conduire jusqu'aux genres et présenter les dix tableaux qui, tout en assignant un nom à un grand nombre d'animaux , déterminent les quatre premières lettres du nom de tous les antres.
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