‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 24 sur 90 · II · texte numérisé non relu

II

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La manière de se servir de ces tableaux est celle que nous avons indiquée pour les ordres : un animal écrit dans notre nomenclature étant donné, si Ton veut savoir mécaniquement à quel genre il appartient , ou plutôt le nom qui le caractérisait précédemment , on suivra chacune des lettres en commençant par la gauche : la deuxième lettre donne le numéro du tableau à consulter; la troisième, la ligne horizontale à laquelle on doit s'arrêter; et la quatrième lettre, la case de celte ligne où se trouve le nom cherché. Soit, par exemple, oboj ; cet animal (a) est placé dans le premier tableau (b) à la quatrième ligne (o) dans la cinquième case (j) ; or, l'animal qu'il définit est la hyène (1). De même , ajip désigne le cinquième tableau (j) la troisième ligne (i) et la sixième case de cette ligne (p), c'est-ti-dire le mollusque nommé hyalc.

Lorsqu'on veut se rendre compte méthodiquement, et eo suivant les données de la science , de l'animal que Ton désigne par notre nomenclature, on se rappelle la classification établie, et on arrive à cette explication : aboj est un animal (a) qui a tous les caractères attribués aux mammifères (b); parmi ceux-ci, il appartient aux animaux pourvus de trois sortes de dents, etc., connus sous le nom de carnassiers (o) , enfin c'est le carnassier dit Carnivore, digitigrade, et séparé des autres individus de la même espèce par 'les jambes antérieures plus élevées que les postérieures, par le poil du dos , qui forme une espèce de crinière , et les pieds qui n'ont que quatre doigts (j).

De même le mot ajip figure un animal (a) qui a tous les caractères attribués tt ceux auxquels on donne le nom de mollusques (j) , qui nage comme le céphalopode , mais qui n'a pas de pieds pour se fixer ou pour ramper, etc., ce que l'on a désigné par ptéropode (i) ; parmi ceux-ci , il est de ceux dont la tète n'est pas distincte et dont la coquille est cachée par le manteau (p).

(1) On a compris sans doute que nos letb^ représentent des chiffres et nos mots des nombres; si l'on avait besoin d*explicaUon à cet égard, on pourrait recourir & TapplicaUon que nous faisons de notre système à Tarithmétique , au coromencemeut de ce volume.

Supposons maintenant que Ton ait à transformer le nom d*un anima] dans le terme correspondant de la langue universelle ; si FoD n'était pas versé dans la zoologie , il faudrait avoir recours à QD dictionnaire qui , en donnant le mot cherché , apprendrait à classer Tiodividu ; mais si Ton avait les premiers principes de cette science, on formerait soi-même ce mot eu suivant Tordre de la classification. Proposons-nous, en effet, de transformer le mot caméléon en celui qui lui correspond dans notre nomenclature : Cet animai (a) dont le corps allongé est soutenu par des jambes trèsbasses, a une peau écailleuse et présente les divers caractères des reftiks ; nous le placerons donc dans la troisième classe (d); ses ongles, ses dents, ses mâchoires, sa queue, etc., nous rappellent les reptiles dits sauriens (u); parmi ceux-ci, il est des plus petits, avec une tète anguleuse , une queue prenante et analogue à celle des oiseaux grimpeurs ; ses couleurs semblent varier d'après ses passions (p); ces traits le font suffisamment connaître au milieu des autres familles des sauriens; le caméléon sera donc défini par le radical «jup. Proposons-nous encore de tranformer le mot scorpion : cet animal, à Texamen, se fait bientôt reconnaître par la forme symétrique de son corps, etc., comme un articulé, et parmi les articulés, par la réunion de la tète et du thorax, etc., comme un arachnide (c) ; en remarquant qu'il n'a pas de filières et qu'il a des P^pes en forme de pinces , on s'assure qu'il appartient au sixième ordre de cette classe , ou pedipalpe («) ; ses palpes très-longs, et terminés comme les serres de l'écrevisse, sa queue noueuse, armée d'une aiguille , le distingue de la tarentule et en font une espèce puiiculière (d); son nom sera donc acad.

Quoique nous nous arrêtions ici aux genres de notre nomenclatei^ , il est aisé de comprendre que le même système s'applique aux subdivisions des genres , et qu'enfin onpeut présenter, sous la forme fégulièrede mots, ces individus qui restaient sans nom distinctif : ^espèce ie salicoque que l'on nomme j^éit^e («puje) peut maintenant ivoir ses variétés : les mots apujcg, apujed, apujev, «pujej, apujep, €tc, remplacent les autres mots pénée caramote^ pénée à trois sil- ^f pénée d* Orhigny ^ pénée monodon , pénée antennatus , etc.

Avantages de cette nomenclature zoologique.

La supériorité de la nomenclature zoologique de la Langue universelle sur toutes ces créations de mots qui sont dues au hasard ou au caprice, est tellement évidente que le lecteur a déjà pu l'entrevoir.

D'abord, si tous les peuples acceptent la même classification et les mêmes symboles algébriques, chez tous les peuples les mêmes animaux recevront le même nom ; c'est, en effet, cette classification qui détermine le mot; celui-ci n'est pas emprunté à telle ou telle particularité de la classe, du genre ou de l'espèce; mais il résume toutes les particularités : ab ne se traduit pas en français par mammifère, qui signifie portant des mamelles ; non , il renferme dans sa signification tous les caractères qui appartiennent à celte classe. Tel peuple ou tel théoricien ne désignera donc plus les divisions par les mots qui répondent le mieux au point de vue où il se place, mais par un ensemble de faits précisés par la même lettre. La seule difficulté sérieuse est que tous les peuples acceptent la même classification et se servent des mêmes lettres pour définir les mêmes observations. Cette difficulté paraît, à la vérité, quelque peu embarrassante, mais elle se lie étroitement à l'établissement de la Langue universelle, et nous renvoyons, pour en présenter une solution, aux observations dont nous ferons suivre nos diverses applications. ,

Cet avantage , qui consiste à préciser le nom d'un être de façon qu'il ne puisse être confondu, non-seulement avec un autre être, mais avec tout autre mot qui n'appartiendrait pas à la zoologie , est commun à toutes les parties de notre système. Les naturalistes, plus que d'autres peut-être, doivent apprécier le mérite de cette nomenclature. Dans l'étal actuel des sciences naturelles, chez tous les peuples, la confusion dans les termes esl arrivée à un tel point que, dans le même pays, il n'est pas toujours possible aux hommes versés dans la science de s'entendre entre enx. Il est tel mot quî^ placé isolément, et sans aucun auxiliaire, sous les yeux d'un naturaliste, le laissera dans un embarras véritable pour discerner auquel des trois règnes il doit appartenir. Chacun, sans doute, suivant le

^rùi ZOOLOGIE. 111

loi(\ ^es études spéciales dans lequel il s'est arrêté, pousse assez ^s connaissances; mais si celui qui s*esl spécialisé sur les ^vllusques, par exemple, est obligé de répondre sur un insecte peu connu , ou réciproquement , il paraîtra complètement ignorant, puisqu'il n'aura aucune donnée sur le mot qu'on lui soumet et ne pourra ainsi lui appliquer les connaissances générales dont son esprit est fortiûé ; tel aulre qui a étudié avec succès une partie des in- ^cles, les coléoptères^ ne pourra rendre aucun compte sur les insectes peu connus parmi les lépidoptères ou les rhipiptères» Ne pourrions-nous pas aller plus loin et prétendre que ceux qui se sont ^llachés à certains lépidoptères, aux papillons, par exemple, pour- '^ient fort bien ignorer ce que signifient ces mots : stygie, lasiocampe, érèbe, etc. N'est il pas déplorable que, faute d'une nomenclature bien faite , le savant , dans une matière aussi spéciale , ne f^^' pas mieux édifié sur un sujet particulier que l'bomme le plus ^^«orani ou le moins versé dans celle science. Avec noire nomencjatm-ç loul devient précisé ; chacun s'arréle à la limite des con- "^*^nces qu'il a acquises ; de ces mois af&>vo, afwji, «fwte, chacun ^'^'^^preod ce que son inslruclion lui permet d'atteindre ; mais tous ^^^ Une idée suffisamment exacte pour ne pas être exposés aux Weurs les plus grossières. L'ignorant, s'il est seulement initié aux premiers éléments de la théorie du langage, c'est-à-dire s'il a su disilnguer les dix premières divisions des pensées qui sont exprimées par nos dix voyelles, à l'inspection de ces radicaux saura que ^ (Dots ne définissent ni un végétal, ni un minéral, mais bien •"^ animal , puisque la première lettre est a. Celui qui aura la première teinture des connaissances du langage saura qu'il est 9"^lioo d'un animal articulé et même d'un insecte qui n'est ni l^'^e Qi coléoptère ; celte précision dans son jugement est due à ^OQde lettre /*qui entre dans ces mots. Le naturaliste n'ignorera ^ flue la lettre w s'applique au lépidoptère ou au rhipiptèrc ; là '^J^/'^it rester à court un étudiant encore novice ; mais pour peu ^^ ^' ^it jeté un premier coup d'œil sur nos genres^ il aura vu que . J^hipiptères ne comptaient qu'un petit nombre d'individus et ^^V^ui particularisés par la seule leUre h; il déclarera donc hardi-

112 API^LICATION A\}\ SCIENCES.

ment que Tinsecte est an Upidoptère. SMl a poussé assez loin ses études sur les insectes , il dira du premier que c'est uo hépix tète phalène^ da deuxième que c'est un bombycite^ et du troisième que c'est un noctuélite; il devra cette explication aux lettres v,j, t. Enfin, $11 s'est spécialisé dans les lépidoptères, il peut distinguer les caractères qui séparent les hépiàles, cossus, zeuzères, etc. , <lcs stygies ; les bombyx proprement dits , satumies, etc. , des lasiocampes; les noctuelles^ etc., des érèbes; il pourra rendre un compte exact de l'animal soumis à son examen.

Il devient donc manifeste que notre système , en même temps qu'il garantit contre les erreurs, révèle à chacun, sur les inditidus du règne animal, jusqu'au degré de connaissance qu'il peut retrouver dans ses souvenirs. Que si les naturalistes sont les premiers à retirer un bénéfice pour la science de ce mode de formation des radicaux, les personnes qui sont étrangères à celte étude, en voyant ce chaos de noms propres se débrouiller devant elles, éprouveront, sans aucun doute, un bien autre désir de pénétrer dans une théorie où tout sera nettement défini, où la méthode sera tracée à l'avance, où les connaissances acquises seront sans cesse déterminées , où enfin les yeux et les oreilles viendront incessamment au secours de la mémoire.

Les ressources qu'offre cette nomenclature sont aussi illimitées que les êtres qu'elle représente. En eflet, toutes les lettres qui suivent Tiniliale a fournissent, pour le nombre des radicaux qu'elles peuvent créer, des séries décimales qui sont évaluées par l'unité suivie d'autant de zéros. Il y a pour désigner les animaux 1000 radicaux de quatre lettres, 10,000 de cinq lettres, etc. ; les radicaux de la longueur du mot éléphant sont au nombre de 40,000,000 ou de dix millions; ceux de la longueur du mot rhinocéros seraient au nombre de 1,000.000,000 ou de 1 milliard, etc. Il y a donc pour les besoins présents et futurs de la 3U)ologie une source inépuisable qui permet & la science de lutter avec la source inépuisable delà création. Mais ce qui doit surtout satisfaire les savants, c'est de n'être plus embarrassés pour la désignation des nouveaux individus doni ils apportent la découverte. Cet embarras est tel qu'on cite qi>

des plus illastres naturalisles qui, pour ncnimer un èlre jusqu'alors ioconuu, tirait au hasard des lettres dont la réunion pouvait produire un mot et consacrait|ce nom de baptême à ce nouveau-né de la science. Qu*on ne se moque pas de ce naturaliste I Tout autre nom eût été gros d'inconvénients : car les noms formés de radicaux étrangers et qui rappellent telle ou telle qualité de l'individu, sont plus souvent une cause d'erreur qu'un moyen de fixer le souvenir ; d'ailleurs, ils supposent la connaissance de cette langue dont on a emprunté les matériaux. A mesure que la science se développe, la qualité sur laquelle on avait d'abord porté l'attention peut disparaître après un plus sérieux examen, ou être commune à une série d'individus qui n'appartiennent plus au même groupe, etc.

Notre formation conduit directement le naturaliste auprès des êtres du même genre, de la même espèce, appartenant au même groupe ; là, il mesure le degré de i'écbelle sur lequel il doit être établi, fait reculer d'un rang les deux ou trois individus qui sont plus éloignés dans les caractères distinctifs de ce groupe , et, quand il s'est bien assuré de la véritable position de cet animal, il a déterminé un nom qui rappelle la suite de toutes ses observations. Ceux qui doivent profiter de cette découverte ont donc» au premier coup d'oeil ou dès qu'ils entendent le mot , l'explication naturelle des ordres, tribus, familles, genres, espèces, etc„ que doit traverser Tindividu pour prendre rang parmi ses aînés ; ils mesurent même, par la longueur du mot, la simplicité ou la complication de son organisation.

N'est-il pas évident que l'étude de la xoologie se simplifie admirablement et descend à la portée' des mémoires les plus ingrates. La connaissance des individus les plus communs et de tous nos animaux domestiques, laissent dans l'esprit le moins observateur de» traces sur lesquelles il n'a plus qu'à reposser pouf retrouver tous les fils de la science. Si dans la transformation que Ton fait en étudiant théoriquement sa langue on a été plusieurs fois obligé de p^rd'un rat, d'un cheval, d'un chat, d'un bœuf; si on a représenté ces mots par abad, abyv, nbop, aboJi , on est forcé de coBclure que ces anijnaux , reconnus d'abord comme leli^ par ki

au APPLICATION AUX SClE.NnES.

première lettre a , appartiennent à une même classe ab ; certes , il serait bien peu curieux celui qui ne se sentirait pas le désir de connaître les caractères de cette classe qui renferme tant d'animaux connus ; on sera donc conduit à étudier le commencement de la iscience. Lorsque plus tard on rencontre avec le mot abad, rat, ceux-ci: obag, abat, pour signifier écureuil, lièvre; avec abyv, cheval, ceux de abyg, abyp, éléphant, cochon ; avec^abop, chat, ceux de abod, aboj, chien, hyène ; avec ab&ih, bœuf, ceux de aba>t, aboif, chèvre, mouton, on sera intéressé à connaître la différence qui peut exister théoriquement entre ces divers animaux ; on reconnaîtra alors que les lettres a y, Oy gj, qui suivent la classe ab, ont une signification qui aujourd'hui est désignée par les mots trop incomplels de rongeurs, pachydermeSy carnassiers et ruminants. La zoologie présentée ainsi comme une science exacte apparaîtra, dans son cadre méthodique, pleine d'attraits pour l'esprit et pour la mémoire. Les faits enregistrés par les mots à mesure qu'ils seront découverts, donneront à tous les étudiants la mesure de ce qu'ils savent et de ce qu'ils ont encore à savoir. Une connaissance théorique étant la source d'une nouvelle connaissance, et un souvenir d'un nouveau souvenir, l'esprit sera plein d'ardeur pour descendre par cet enchaînement rationnel jusqu'aux dernières profondeurs de la science.

La théorie du langage, en fondant une langue universelle, vient donc apporter l'ordre et la méthode au milieu des nomenclatures zoologiques, et, par conséquent, des progrès inconnus jusqu'ici pour cette branche des sciences naturelles.

Analyse des parties de Panlmal.

Le nombre des animaux qui sont soumis h l'examen du zoologue est infini ; celui des parties qu'il est obligé d'analyser est donc également infini. Pour que les mots répondent ù un pareil besoin , il

est nécessaire que la langue se prête à la variété prodigieuse des formes quelle doit exprimer. Or, le naturaliste, dans quelque pays qu'il soit placé, ne trouve jamais un instrument assez souple, assez fertile en créations pour répondre à de semblables nécessités. Certaines langues , comme le sanscrit , le grec , V allemand et même V anglais, trouvent dans la composition de leurs radicaux quelques ressources dont elles usent avec avantage ; mais d'abord ces ressources sont bientôt épuisées par les matériaux sans nombre qu'elles sont obligées de nommer ; ensuite , la signiGcation incertaTtie qui résulte de cette alliance de mots est plus propre à induire en erreur qu'à favoriser les souvenirs. Cette incertitude a tant de fois fait naître des inconvénients graves, que les allemands ont imaginé des . mots d'une longueur démesurée, pour donner, avec les termes mêmes , des symboles de l'objet qui ne permissent pas de le confondre avec tout autre objet. Ces efforts, couronnés de si peu de succès, prouvent combien la science a besoin d'une langue bien faite ; ils attestent non pas l'impuissance des créateurs de systèmes, mais celle des nomenclateurs. Or la science est étroitement liée à la nomenclature qui fixe dans l'esprit les progrès incessants dus aux observations des savants.

D'autres langues, parmi lesquelles nous placerons le français, ayant recueilli ça et là les mots qu'elles emploient, ont perdu la trace des radicaux qui leur servent de base, et sont contraintes de puiser à une source étrangère la désignation des objets par la parole. Celles-là obligent les observateurs à employer des périphrases pour reproduire les objets de leurs études. C'est ainsi qu'on appelle l'âme de la plume , chez les oiseaux , ces cloisons membi^aneuses formées par la pulpe desséchée dans le tube de la plume; que lu peau des reptiles ne peut être désignée que par les mots d'épiderme camé offrant la disposition de plaques ou d'écaillés, etc. La lecture d'un ouvrage d'anatomie comparée nous offre à chaque instant ces longueurs qui retardent les progrès de l'étudiant, parce qu'elles rendent le style diffus et ne résument jamais les connaissances acquises par les termes qui les particularisent.

Notre classification se charge de dissiper ces obstacles et d'ouvrir

une voie nouvelle à la science du zoologue. Avec elle» il fera distinguer aisément ce qui n'appartient qu'à la description des objets de ce qui résulte des aperçus de rintelligence. Un livre d'histoire naturelle se composera d'une partie didactique très facile à graver dans la mémoire, et des théories ou systèmes sous lesquels l'esprit envisage cette étude. Cette séparation profonde ehtre la partie matérielle et la partie intellectuelle , entre l'observation des faits et les conséquences auxquelles elle conduit, doit imprimer un mouvement nouveau à cette branche des connaissances naturelles.

Nous allons donner un aperçu de la route que nous frayons et de la manière dont nous favorisons l'enregistrement des objets et de leurs parties découvertes par le zoologue.

Dans le cadre du langage, tel qu'il est dressé pour la Langue universelle, une grande division est^affectée aux objets naturels; or la voyelle y (prononcez ain) ao commencement d'un radical, indique que l'idée exprimés par le mot représeiite un objet naturel.

La seconde lettre de ce radical est une des dix consonnes b, g, d, etc., chacune de ces consonnes forme avec y les classes yft, yg, yd, etc. (I). Or, paitni ces dix classes, dont l'ensemble comprend tous les objets naturels , il y en a une destinée à ordonner tons les objets qui font partie du corps de l'homme (yj), et une autre qui cootient les objets analogues chez les animaux (yp). La première de ces classes est ordonnée suivant certaines analogies qui se présentent fréquemment dans le cours de notre théorie. La seconde emprunte k la première sa coordination, de manière qu'une connaissance enregistrée dans les ordres de la première de ces deux classes trouve une idée correspondante dans la seconde , et réciproquement. Nous insistons sur les parties du corps humain dans l'application que nous faisons de notre théorie à la médecine ; ici nous nous arrêterons seulement sur la manière dont se subdivisent les parties du corps de l'animal et sur la corrélation de ces parties avec celles de l'homme.

(f ] Voir k ^imrt complet àt tangue univtrteUe^ 2* parUc, pag« 180»

zooLO(;iE. il7

CIUQUlàllE KT^SlXlillS CLASSES Dl LA HUITIfillE DIVISION. Homme (yj) et Animal (yp) (1).

Les objets relatifs aux hommes et aux animaux étant disposés solvaot des ordres ideoliques, nous pouvons en rendre compte en même temps.

i* L'objet, proprement dit^ relatif à Thomme ou à l'animal, c'est le corps même de l'être animé , ses restes , son cadavre : soit sa simple dépouille, soit ce qui est conservé par l'embaumement, comme les momies, etc yja, ypa.

79 Ce qui frappe en premier lieu et ce qui représente l'ensemble de l'être animé, c'est \h charpente qui supporte toutes les parties, etc yje, ype.

30 Les différents tissus dont se composent les êtres animés doi- Tent occuper aussi un des premiers ordres ; ce sont les tissus cellulaires, vasculaires, etc. yji, ypi.

Nous placerons ensuite, et suivant leur degré d'importance dans l'économie animale , les parties du corps :

h* La tête et tout ce qui se rapporte aux organes des sens, au cerveau , à la chevelure , à la dentition , et même au cou. yjo , ypo.

5« Le corps j ou tronc , envisagé dans ses parties antérieures : la poitrine, le sein, les mamelles; dans ses parties postérieures, supérieures, inférieures, intérieures, etc. yJUtypu.

e^ Les membres supérieurs : le bras, la main, le coude, l'avant* bras, les doigts, les phalanges, etc yj«9 yp«-

7* Les membres inférieurs : les jambes, les pieds, les genoux, ie jarret, les doigts, les phalanges, etc yjc, ypc

8* Les nerfs, les ligaments, les muscles de la face, de la tête, do corps et de toutes les parties de l'individu. ... yjy, ypy.

(1) Noos extrayons réouméraUon suivante de notre deuxième volume du Cours C9mpkt de Langue universeUe (page 187); nous avons apporté aux ordres S*, 9* et 10* des modUications que nous devons à un nouvel examen sur cette maUèrc.

9* Les vaisseaux qui font circuler les fluides dans tout le corps de l'èlre animé : arlères, yeines, vaisseaux lymphatiques, etc. yju, yp«j.

10® Les sucs et les sécrétions y tels que le sang, la graisse, lé chyle, le chyme, le lait, elc yj^» yp^-

ORDRES j>*ii»ÉB8 DB LA sixiÈMB CLASSE. •OÀ/Xf relatifs à l'Àntmol (yp).

Proprement dits, Charpente. .

Tissus. . . .

Têle. . . • Corps. ...

Membres supérieurs Membres inférieurs Muscles et ligaments.

Vaisseaux. . . .

Sucs et sécrétions

ypa ype ypi ypo ypu

yp« yp« ypy

yp«

yp»

En remplaçant parj la lettre p car^ctérislique de la classe, on a un tableau identique pour Tanalyse des parties du corps humain. C'est ainsi que Télude anatomique de Thomme est un premier pas pour arriver à l'analomie de l'animal , et réciproquement. Cet eo* chainement dans toutes les parties du langage est d'ailleurs un auxiliaire merveilleux pour avancer rapidement dans les sciences (1).

(1) Voici les réflexions que nous suggèrent ces ordres d*ldées dans notre deuxième volume , page 106 : « De même que les objets propres de Tbomme et « de l'animal sont affectés aux classes qui rappellent les grandes divisions rela- « tives; de même les ordres sont définis, avec une correspondance aussi com- « plète que possible, par les ordres et les classes qui s'y rapportent. La charpente, « le tissu, la tête, le corps : ype, ypi, ypo, ypu, sont comme l'apparence des « uns et des autres :.ave, avl , avo , avu ; comme les maladies qui s'y rappoKsnt: « afe, afl, afo, afu. Les membres supérieurs (yp«] et inférieurs (ype), déjà ré- « serrés à la sixième et à la sepUème classes des manières d'être des individus, t occupent ici le même rang; enfin, les muscles, les vaisseaux, les sécrétions: « ypy, yp«t), ypS, sont analogues aux maladies dont ces parUes sont le siège : « afy, afo>>,af8.

Les animaux oui tous, ou presque tous, les différentes parties que nous venons de distinguer ; ceux qui font exception ont alors des parties équivalentes qui peuvent encore être ramenées à celles-ci. Chez les poissons, par exemple, les nageoires pectorales remplacent les membres supérieurs, et les pelviennes les membres inférieurs.

La quatrième lettre va nous faire pénétrer plus intimement dans les particularités relatives aux différentes classes d'animaux; en efiet, cette lettre étant une de nos dix consonnes, nous pouvons lui assigner le rôle que nous avons fait jouer à ces consonnes dans notre classiûcation des animaux. Or, en se reportant à notre premier tableau (page 95), nous savons que b est caractéristique des mammifères, g des oiseaux, rf des reptiles, v des poissons, etc. Ces dix consonnes placées derrière la dernière voyelle des ordres cidessus fourniront donc autant de fois dix genres qu'il y a d'ordres, c'est-à-dire cent genres, et l'interprétation de ces radicaux sera, pour quiconque a fait le premier pas dans notre classiûcation , de la plus grande facilité : ypeg figurera cette définition : objet naturel (y) appartenant à un animal (p) , comme la charpente (e) de l'oiseau (g) ; ypogest encore un objet nalurel (y) considéré chez les animairx (p) , savoir : la tête (o) de l'oiseau (g) ; yp8b est l'objel naturel (y) appartenant à un animal (p), telle que la substance sécrétée (») par les mammifères (b) ; yp«p, d'après la même définition , sera la substance sécrétée par les crustacés (p) : car on sait que le cruslacé forme une classe caractérisée par la lettre p (ap) , et le mammifère par la lettre b (ab) ; de même encore, puisque le reptile est défini par d (ad) , et le poisson par v (av) , si l'on veut figurer le corps de ces animaux , ypud exprimer.i le corps du reptile, et ypuv celui du poisson.

Ces) à la suite de la quatrième lettre que l'objet se trouve défini d'une manière plus spéciale : ici se présente un doute qui résulte de l'extrême multiplicité des divisions qu'on peut opérer sur les animaux. Suivrons-nous pour les lettres qui s'ajouteront à la quatrième la nomenclature de notre classification, et, pour désigner, par exemple , la partie du mouton que l'on remarque dans sa tête , ypo, dirons-ncus ypobwf, puisque abwf signifie mouton? ou bien

nous arrèterons-oous à la lettre qui désigne Tordre de ranimai au type du ruminant «Ui , et par conséquent à ypob&>? ou bien, enfin, nous satisferons-nous de la lettre b, qui désigne la classe du mammifère ypob?

En considérant les milliers de mots nouveaux, si simples, si précis, si faciles à comprendre et à retenir, que nous ajoutons déjà à la langue du zoologue, nous croyons aujourd'hui préléraDle de s'arrêter à la classe de l'animal , et par conséquent à la quatrième lettre; notre dictionnaire a si promptement enregistré les mots français qui indiquent quelque spécialité, qu'il nous a paru superflu, dans l'état de la science, de dépasser cette limite de la classification; mais comme nous ouvrons une nouvelle voie k la zoologie, il est probable que, profitant de celte ouverture, elle voudra de plus en plus spécialiser des parties qu'elle ne nomme aujourd'hui que par des détours et par des périphrases. Dans ce cas , le champ est libce pour les progrès ; sans dépasser les limites des mots les plus ordinaires pour le nombre des lettres , nous off'rons à la science un vocabulaire qui, à partir de la syllabe yp, définira plus de cent mille mots relatife aux parties qui composent l'animal ; la clef de ce répertoire sera immédiatement dounée à ceux qui seront seulement initiés aux premiers éléments de la science.

Il reste donc avéré que les noms de tous les animaux et ceux de toutes les parties qu'on peut distinguer dans chaque individu, sont, par notre procédé, créés avec une profusion dont la science, aujourd'hui, n'atteint pas la centième partie, et que, malgré cette multiplicité de termes, chaque mot porte avec lui sa définition avec une exactitude si rigoureuse et si aisée à saisir , que les plus savants naturalistes , avec les anciennes dénominations , ne pourraient soutenir la concurrence de gens beaucoup moins habiles , qui seraient armés de notre nomenclature.

lanières d'être relatiTes à l'animal et à ses, parties.

Nous venons de voir comment on pouvait remédier aux vices des nomenclatures actuellement reçues , et combien de ressources on devait se procurer pour enregistrer les observations de la science à Taide d'une langue méthodique qui, interprète des moindres phénomènes, les imposerait à la mémoire sans rien omettre du travail de Tintelligence. Nous allons maintenant compléter notre nomenclature des êtres et des parties qui les composent, en donnant un moyen de formuler les idées auxquelles notre raison donne naissance quand elle se rend compte de la manière dont opèrent el fonctionnent ces mêmes individus.

Notre théorie du langage va répondre à ce nouveau besoin : en effet, les mots considérés comme expression des idées, ont été, dans notre système, séparés en deux grandes catégories: i"" les êtres on les objets; 2*» les manières d*êlre des êtres ou des objets. Nous avons trouvé dans la première catégorie tolit ce qui pouvait s'appliquer , pour les êtres et pour les objets , à la zoologie ; nous allons rencontrer dans la deuxième toutes les manières d'être qui conviennent aux êtres animés et aux objets qui entrent dans leur composition.

La catégorie des manières d'être comprend cinq grandes divisions; parmi celles-ci, la première (a) renferme les manières d'être de Vindividu , pris isolément ^ c'est-h-dire sans examiner les rapports mutuels qui naissent de la société qu*il forme avec ses semblables. Comme cette division ne fait pas une distinction entre l'homme et les autres êtres animés , ce sera chez elle que nous rencontrerons les manières d'être dont nous essaierons la détermination. Les classes de cette division considèrent l'être animé depuis sa naissance jusqu'à la maladie et même la mort; toutes ces phases^ appartenant aux individus à tous les degrés de Téchelle des êtres, doivent appar-

tenir aussi à tous les individus animés. C'est seulement lorsque nous arrivons aux ordres , c'est-à-dire à la troisième lettre , que nous commençons à distinguer entre Thumanité et le règne animal. O/, la première lettre de tout radical étant une voyelle et la seconde une consonne, la troisième sera une voyelle : si donc nous choisissons la voyelle a, qui a déjà servi à former la nomenclature des animaux , la définition d'un radical de trois lettres , commençant par a et terminée par a, indiquera quelqu'un des phénomènes de la vie des animaux. Voici comment nous avons donné naissance aux classes de cette division dans notre théorie des radicaux :

« L'individu se présente à nous avec tous les mystères qui s'attachent à son existence ; un examen sérieux et qui se complète d'âge en âge , sans qu'on puisse prévoir le terme où aboutiront nos études, nous a éclairés sur quelques détails. La science continue son œuvre ; elle s'attache tantôt à une série de phénomènes qu'il présente, tantôt à une autre. Notre classification lui permettra d'enregistrer ses découvertes dans le vaste catalogue que lui ouvre la Langue universelle; pour nous, il nous suffit d'ouvrir les cases dans lesquelles seront rangés les matériaux déjà découverts ou qui restent à découvrir.

« Ce sont donc les séries de phénomènes qui se rattachent à l'individu que nous allons disposer méthodiquement. « i» L'individu lui-môme , dans son état individuel , se présente d'abord à notre esprit; sa présence, son âige, son état et tout son ensemble forment une image qui peut servir de classe sous le titre d'individualité proprement dite.

« 2<> Sa force, son activité, son tempérament et tous les accidents qui révèlent la vie , appellent notre attention sur son existence ; nous la trouvons plus souvent pleine d'animation , quelquefois suspendue par le sommeil, enfin arrêtée par la mort; cette série de faits aura pour titre Vexistence.

« S"* En nous approchant plus près de lui , en le voyant plus ou moins régulier dans sa constitution , se nourrir , respirer ou se reproduire, on comprend qu'il y a en lui des appareils spéciaux pour ses différentes fonctions ; or , l'examen de ces fonctions et

ZOOLOGIK. 12:5

des variétés qui en résultent cbez les individus , formera une nouvelle classe , sous le titre d* organisation, « 4"* Jusqu'ici une première analyse nous a fait distinguer sommairement l'individu dans les détails de son individualité, de son existence et de son organisation; il est temps d'entrer dans une analyse plus développée et qui permette à la science de commencer ses travaux d'observation. Reprenons donc l'ensemble de l'individu, et, promenant nos yeux sur son extérieur, renfermons les idées que nous font naître son maintien , ses traits, son corps, et même le costume dont il couvre sa nudité , dans la classe qui comprendra toutes les apparences de l'individu. « 5"* Revenant sur nous-mêmes pour étudier l'individu , les premiers phénomènes qui s'oiïrent h notre méditation seront ceux qui nous livrent toutes les connaissances du monde extérieur dont notre esprit éprouve le besoin ; tous les ébranlements nerveux qui créent les sensations seront bien résumés par ce mot luimême sensation.

« G*" La locomotion ou le mouvement nous entraine au dehors pour renouveler ou modifier nos sensations; nous mettons à profit les matériaux qui sont à notre disposition ; nous manions , prenons , soulevons les objets extérieurs. Or , les principaux organes de notre volonté qui nous permettent d'exécuter ces actes, sont les membres attachés à la partie supérieure de notre corps. L'acte des membres supérieurs constituera donc une nouvelle classe.

« 7* La locomotion plus ou moins rapide qui nous entraîne vers tel ou tel lieu, qui nous fait agiter ou reposer notre corps, s'effectue à l'aide des membres attachés îx la partie postérieure de notre corps. L'acte des membres inférieurs formera notre septième classe.

« 8» Mais ce mouvement, dont les membres sont les principaux organes , subsiste également dans les autres parties du corps. La tète et le corps obéissent à certaines inflexions ; les yeux , la bouche, les dents et les organes inférieurs ont des mouvements

\2U APPLICATION AUX SaENCES.

« qui leur sont propres. L'acte des autres parties du corps formera « notre huitième classe.

« La science pousse plus loin ses observations ; à force d*étudier « les mouvements de l'individu , elle reconnaît quand ils sont irré- « guliers; elle nous conduit donc aux deux dernières classiGcations :

« 9* Malaise extérieur ou dérangement des parties du corps qui « peut être reconnu extérieurement.

« lO*" Malaise intérieur ou dérangement des parties intérieures « du corps, dérangement qui ne peut être reconnu que par quel- « ques signes extérieurs, par. les explications du patient , ou par « les analogies que la science a su recueillir.

« Le résumé suivant présente les dix premières classes de la « première division (1); elles présentent elles-mêmes dix radicaux n qui expriment des idées générales :

« Individualité proprement dite ab

« Existence de l'individu ag

« Organisation de l'individu ad

« Apparence de l'individu av

« Sensation aj

« L'acte des membres supérieurs ap

* L'acte des membres inférieurs, . . . , ac

« L'aete des autres parties du corps ^ . at

t Malaise local et appréciable surtout par les sens, . . af

« Malaise plus général et apprécié surtout par la raison, ah »

En plaçant la lettre a, caractéristique de l'animal, à la suite des deux lettres de ce tableau , on spécialise immédiatement le phénomène indiqué par la classe , et on limite l'action sur l'animal pris en dehors de ses rapports avec l'homme. Ainsi ada signifiera : ma-

(1) Nous aurions pu présenter ces dix classes, comme nos dix grandes divisions, sous la forme d*un tableau synoptique ; mais, au lieu de simplifier notre travail, nous lui laisserions une apparence de difficulté en lui donnant une forme scientifique dont I! peut se passer.

DÎère d'èlre de Tiadividu (a) quanl & son organisation (d) , quand cel individu n'est pas un homme, mais est un animal (a) ; afa indiquera donc la maladie de Taninial pour laquelle on emploie surtout le secours d'un chirurgien, et ahala maladie de l'animal quand elle doit être plutôt traitée par un médecin. Nous n'avons pas cru toutefois devoir conserver à Tordre aja une signification analogue, parce que la sensation de l'animal ne peut être appréciée que par celle que nous éprouvons nous-mêmes. Or c'eût été perdre un de nos ordres que de lui consacrer une série d'idées qui doivent être empruntées à l'organisation humaine. •

Nous sommes maintenant arrivé à la quatrième lettre, et ici, de même que dans l'analyse des parties de l'animal, nous nous attacherons aux classes de notre nomenclature animale ; de sorte que abog sera la manière d'être (a) de l'individu proprement dit (b) , c'est-à-dire de l'animal (a), désigné par les caractères distinclifs de l'oiseau (g) ; agav sera la manière d'être de l'individu (a) relative à l'existence (g) de l'animal («) connu sous le nom de poisson (v) ; avaj sera ainsi l'apparence du mollusque, adaj son organisation, afocj et ahaj ses maladies, etc.

Gomme nous l'avons dit aussi plus haut (§ II), les lettres qui s'ajoutent à la quatrième pourraient spécialiser l'animal , de sorte que avabopu serait l'apparence (av) de l'animal (a) mammifère (b) et carnassier (o) qui a le caractère du chat (p) et qu'on nomme tigre (u); mais jusqu'à présent la science n*anul besoin d'entrer dans des développements aussi particularisés. Notre procédé lui prépare des roots sans nombre qu'elle aura bien de la peine à épuiser, puisqu'ils supposent autant d'aperçus nouveaux. Nous croyons donc inutile de former des composés aussi étendus , et nous nous arrêterons aux classes des animaux, ce qui détermine la quatrième lettre des radicaux dont nous nous occupons. La cinquième lettre sera ainsi réservée à telle ou telle observation qui sera plus généralement appropriée aux individus de la classe déterminée par la quatrième lettre. Par exemple, ace exprimant l'action des membres supérieurs (ac) qui produit la locomotion chez l'homme (e), en plaçant celte lettrée derrière notre quatrième lettre, nous définirons les

divers modes de locoruolion chez les animaux : acabe sera la locomotion du mammifère, car il définil la manière d'être (a) quant à faction des membres inférieurs (c) de l'animal (a) mammifère (b) dans l'état de locomotion (e). Or, comme la généralité des êtres de cette classe opère sa locomotion sur quatre pieds ou pattes, le verbe lacabes signifiera : se mouvoir sur quatre pieds, et clacabe sera le quadrupedans de Virgile. Quant aux animaux d'une organisation différente dans cette classe, et ayant ainsi un autre mode de locomotion , ou, comme celui des cétacés el des chéiroptères, ils emprunteront la locomotion des autres «nimaux : du poisson , acave pour le cétacé ; de l'oiseau , acage pour le chéiroplère ; ou leur mode tout spécial sera défini par la lettre qui suivra acabe.

I^s manières d'être des objets sur lesquels le zoologue porte son attention supposent un examen attentif des parties constituantes des êtres; ces parties, une fois déterminées et définies par notre procédé , peuvent encore fournir une série de caractères dislinctifs , soit pour leurs formes, soit pour leur situation, soit encore pour la disposition des éléments qui leur donnent naissance, ou pour le fonction qu'elles remplissent, ou, etc. ; les idées qui résultent de cette nouvelle analyse sont contenues et formulées pour le langage dans la quatrième grande division de nos radicaux, intitulée : Manière d'être des objets ou des faits, et elle est figurée par l'initiale o. En se reportant au tableau des ordres d'idées de la page 117 (2« volume du Cours complet de Langue universelle), on reconnaîtra que toutes les manières d'être des objets ou des faits sont renfermées dans les dix classes caractérisées par les dix consonnes radicales, et que celles dont la zoologie doit s'occuper y sont implicitement contenues. On remarquera même un ordre particulier affecté aux sons émis par les animaux : ofa. Ce dernier mot se définit ainsi : manière d'être des faits (o) , saisie par l'ouïe (f), telle que le cri des animaux (a). Ici encore la caractéristique de l'ordre consacré au cri des animaux est la même que la lettre initiale de tous les^ radicaux qui décaissent les animaux (a). Cette fois nous conserverons, à la suite de la caractéristique a, toutes les lettres qui détermineront les individus : car on ne peut attribuer à toute une classe

d'animaux rémission d'un même cri ; on distinguera le miaulement du chat du rugissement du lion par la désignation même de ces animaux : ofabope, ofabopu signifieront donc : ofa cri d'un animal, b mammifère , o carnassier, p dont le chat est le type, enfin e le chat lui-même, ou bien u le tigre.

Nous en avons assez dit sur cette troisième partie pour qu'on puisse apercevoir tout ce qu'il y a d'utile pour la zoologie dans cet enchaînement continu de tous les anneaux de notre théorie, et dans^ les richesses toutes nouvelles que nous offrons aux savants. La Langoe universelle sera pour cette branche de l'histoire naturelle ce qa'elle est pour toutes les branches des connaissances humaines : la formule algébrique des phénomènes et de leur appréciation raisonnée; elle favorisera l'essor de la science, parce qu'elle établira des fondements sur lesquels l'esprit et la mémoire s'appuieront pour s'élever à des considérations supérieures. La mesure de leurs connaissances une fois acquise aux étudiants comme aux plus habiles professeurs par cette méthode analytique, ils sauront où porter leurs études et leurs efforts pour atteindre au sommet de la science et assurer ses progrès.

« Nous terminerons par quelques réflexions qui intéressent éga- « lement les autres applications. Outre les ressources que nous pro- • cure la théorie que nous venons d'exposer , il en est d'autres qui « naissent de la formation même des mots grammaticaux et radi- « eaux qui composent la Langue universelle; ces mots ont, en « effet, une série de dérivés dont le nombre centuple les richesses « que nous venons d'énumérer. La partie grammaticale (voir notre « 1* volume) fournit pour chacun des radicaux que nous venons « de créer : Tadjectif, les verbes actif, neutre et passif, les parti- « cipes présent et passif, et l'adverbe; voilà donc sept nouvelle^ « formes que chaque radical peut transporter dans le langage de la « science. Par exemple, tout radical commençant par une voyelle , « et la consonne qui précède celle-ci indiquant l'espèce des mots « dérivés grammaticalement , il en résultera que les expressions se « multiplieront et donneront lieu à sept variétés. La partie radicale « de son côté (voir noire 2« volume, pages 261 et suivantes) pré-

« sente dix-buit modifications pour les radicaux, par la simple addi* 0 tion d'une voyelle et l'intercalation d'une des six consonnes gram- « maticales après la première lettre; ces modifications combinées « avec les sept que nous fournit l'analyse grammaticale donneraient « déjà un nombre de cent vingt-six modifications qui, multiplié (c par chaque radical , produirait cent vingt-six fois plus de mots. « Parmi ces modifications il y en aurait sans doute de superflues, « mais, sans compter les augmentatifs et les diminutifs, qui multi- « plient par dix, cent, mille, etc., tous les radicaux de notre « langue et qui peuvent être d'un emploi fréquent, il y a des mo- « dificatifs d'une utilité permanente dont les sciences tirent un « véritable profit : tels sont ceux qui sont relatifs aux études des « diverses parties d'une tbéorie, aux individus qui se' livrent à la « recbercbe de quelque objet, qui l'affectionnent, qui le rejettent, <« qui le détruisent ; ceux qui remontent à la formation de Tobjet « indiqué par le radical, etc. Or, si nous entrions dans le système « que nous avons exposé (volume 2s pages 283 et suivantes) sur « la composition réciproque des éléments modificalifs des radicaux, « nous produirions une suite de nouveaux radicaux qui multipliea raient les premiers par cent, mille et dix mille, etc., tout en cou- « servant, parla simplicité de leur formation, cet ordre métho- « dique qui les fait entrer sans aucun travail dans le domaine de la « mémoire et de l'intelligence. »

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