CHIMIE > ON PEUT FAIRE ABSTRACTION DES DEUX LETTRES INHIALES
(1) Cette lettre se prononce ain; eUe a la signification du nombre 8, comme on peut s'en convaincre en considérant les voyelles données ci-dessus comme des chiffres depuis 1 Jusqu'à 10. (Voir l'application k l'aritlimétique.)
(2) Quoique la chimie remonte , pour ainsi dire, à l'origine du minéral, nous lui attribuons la lettre h , la plus éloignée dans notre classification , parce que nous procédons , autant que possible , du plus général au plus particulier , et la cbhnie nous a paru un cas tout particulier de l'étude des corps naturels.
TH, POURVU TOUTEFOIS QU'ON LES RÉTABLISSE QUAND ON QUITTE LE CERCLE MÊME DE CETTE ÉTUDE SPÉCIALE.
Afin de présenter notre nomenclature sous le jour le plus Taciie à saisir, nous supprimerons donc les deux initiales yb, et nous commencerons nos radicaux par la voyelle qui suit la lettre b : de sorte que les voyelles a,e,i,o,u,a,c,y,u,8y servant de troisième lettre partout ailleurs que dans la nomenclature ou dans Tétude même de la chimie, seront remplacées respectivement par les syllabes : yba , ybe , ybi , ybo , ybu , yba, ybc , yby , ybw , yb8.
Nous 'allons maintenant Gxer nos idées sur la définition qui s'attacbera à cbacune de ces voyelles , qui occupent dans la Langue universelle le rang des ordres, c'est-à-dire la troisième place parmi les lettres dont se composent les radicaux des diverses substances étudiées par la cbimie.
La lettre a, la première de cette série, est l'expression de Y unité dans les nombres : ainsi p8 étant l'adjectif déterminatif (p) , numéral cardinal (8) ; p8a signifie le nombre un; dans le calcul, a tout seul a la même valeur. Nous rangerons donc les corps dits premiers dans le premier ordre a
2^ La deuxième lettre , e, signifiant 2 dans le calcul , pourra être consacrée à la Tormation d'un ordre qui contiendra les composés binaires : c'est-à-dire que les oxydes, les acides et les composés qui ne sont ni oxydes ni acides, seront rangés dans le second ordre ^ . e
3* La troisième lettre, t, prend, dans le calcul, une valeur marquée aussi par le rang qu'elle occupe dans la série des voyelles , c'est-à-dire la valeur du nombre trois ; il paraît donc rationnel de ranger les composés fenuitre5, c'est-à-dire les sels, sous cette dénomination et dans ce troisième ordre i
Les deux ordres qui suivent sont ménagés pour les progrès ultérieurs de la science, et restent affectés à la cbimie inorganique qui n'a probablement pas dit son dernier mot. En attendant que des savants aient utilisé ces deux ordres pour des séries de phénomènes qui donneraient lieu à des classifications encore inconnues , on peut fixer ses idées de cette manière :
188 APPLICATION AUX SCIEXCI-S.
k^ La lettre o^ qui équivaut au nombre quatre, pourrait énoncer les sels doubles qui n*ont pas encore été bien sérieusement étudiés , et dont la nomenclature est encore à faire ; ces sels , qu'on peut considérer comme des composés quaternaires, seraient donc dans notre quatrième ordre o
5» La lettre u est fréquemment employée dans notre théorie générale pour représenter les parties qui ne sont pas énumérées dans les ordres précédents ; sous le titre autres xomfosés ^ nous laisserons à notre cinquième ordre tout Taveoir qui lui est promis u
Gomme on vient de s*en convaincre, nos cinq voyelles douces, répondront à tous les besoins de la chimie inorganique ; nous verrons tout-à-rheure comment ces ordres se subdivisent de manière à donner naissance à toutes les combinaisons et à tous les composés possibles. Pour le moment , il suffit de comprendre que dans la généralité de notre cadre nous embrassons toutes les substances que le chimiste peut traiter. Mais nous n'arrêterons pas laies prévisioas de notre nomenclature : ta Langue universelle, ou plutôt la théorie du langage , doit exprimer à la fois tous les besoins présents , passés et futurs du langage; elle nous fournira donc pour la chimie , comme pour toutes les autres sciences , un matériel qui réponde aux désirs de tous les savants. Dans la science qui nous occupe , ce qui paraît vivement regrettable, c'est l'impossibilité apparente de fournir une nomenclature à la chimie organique; cette lacune arrête peut-être l'essor des découvertes si importantes que l'on attend de ce côté. Nous allons essayer , non pas à combler nous-même ce vide , mais à montrer aux hommes spéciaux dans cette partie comment ils peuvent organiser une nomenclature qui ne le céderait en rien à celle de la chimie inorganique. Dans ce travail , on doit s'attendre que , même en posant les bases sur un point tout particulier, nous ne perdions pas de vue le grand intérêt de notre théorie générale. Cette union des sciences entre elles , cette solidarité qu'elles s'empruntent réciproquement , est à nos yeux d'un prix infini pour parvenir à l'unité qui assurera les plus hautes conquêtes de l'humanité dans les travaux scientifiques.
Cessradonc à notre sixième ordre, a, que commenceront les
ordres de la chimie organique, de (elle sorle que ces deux branches d*une même souche conserveront un parallélisme complet dans le nombre et dans le choix de leurs ordres : les voyelles douces a, e , i, o^ u annonceront des substances extraites de la chimie inorganique^ et les voyelles fortes a, c, y, w, » détermineront les corps qui relèvent de la chimie organique.
Nous n'avons pas à considérer dans celle-ci , comme dans la première , des corps simples qui réclament le premier rang dans nos ordres ; les éléments qui ont été rangés dans Tordre a se retrouveront dans les compositions et les décompositions de cette nouvelle partie de la chimie.
6** L'ordre a ne doit donc emprunter aucune analogie à l'ordre a; en revanche, la sixième grande division dans notre théorie générale est consacrée à la nomenclature des animaux , et tous les radicaux de la Langue universelle dont la voyelle initiale est a indiquent le nom d'un animal. Il parait donc naturel, puisque la chimie organique comprend la chimie animale et la chimie végétale, que la lettre a soit la formule représentative de la chimie animale a
La chimie végétale renferme bien d'autres ressources que la chimie animale : les substances infinies dont elle recherche la composition, les propriétés sans nombre dont ces substances sont douées et qui répondent h tant de besoins sociaux, nous ont engagé à lui réserver les quatre derniers ordres ou le^ quatre dernières voyelles de notre série décimale.
V La lettre c convenait d'autant mieux au début de cette grande fraction de la chimie organique, que c'est le caractère par lequel nous avons distingué le végétal dans la grande division de nos radicaux; puisque tout mot commençant par c donne le nom d'un végétal, yht exprimera la nomenclature chimique (yh) des éléments organiques du végétal (t). Une considération non moins importante nous a fait consacrer cet ordre aux acides que renferme cette partie de la science : car la voyelle douce e exprimant ce composé dans la chimie organique, il était convenable, pour maintenir un parallélisme que notre théorie ne perd jamais de vue, que la forte corres*
pondante eût un rôle analogue. Notre septième ordre comprendra donc les acides de la chimie organique c
8» La huitième lettre, y, par une analogie (\) semblable, c'està-dire par la comparaison qu'on peut en faire avec la troisième lettre de cette même série décimale, pourra aussi être consacrée aux composés ternaires ou aux sels. De cette façon, ta troisième forte aura la même destination que la troisième douce y
9^^ La neuvième lettre, &>, n'aura plus de parallélisme marqué avec sa correspondante douce , o; ce qui pourrait être découvert d'analogue aux sels doubles se trouverait rangé dans la classe précédente, à laquelle nous avons donné pour titre un nom assez général. Celle-ci renfermera, dans l'ordre qu'elle caractérise, ces principes végétaux nommés ordinairement prtnct;>e5^iteurre5, dont l'utilité est si vivement reconnue et dont l'usage est aujourd'hui si fréquent u
iO<> La dixième lettre, 8, sera, comme la cinquième, u, une porte ouverte aux progrès ultérieurs ; elle exprime un ordre complémentaire dans lequel des principes déjà connus occupent leur rang : tels sont les principes alcalins et huileux ou inflammables. Ainsi cet ordre, sous le titre i' autres 'principes, complétera la dénomination des substances dont l'avenir de cette science encore neuve fait présager les importantes découvertes 8
Quoique l'explication qui précède ait pu nous demander quelques développements, et peut-être exiger un peu d'attention de notre lecteur, celui-ci ne doit pas perdre de vue que par ces explications nous le faisons assister au travail pénible de la formation de nos radicaux; mais que cet enfantement une fois terminé, il n'a plus qu'à se préoccuper du résultat dont la simplicité va lui apparaître en jetant un coup d'oeil sur le tableau suivant :
(1) Cette analogie peut au premier aspect paraître d'une Yaleur contestable, mais , quand on s'est livré à quelque applicaUon de notre théorie , on se garde bien de la dédaigner : son secours vient à cliaque pas en aide à la mémoire. Au reste , en parcourant notre applicaUon à l'arithméUque , on aura une idée da profit qu'on en peut tirer.
CfflMlE. 191
1^ Corps simples a
(composés binaires e
composés ternaires.... I
sels doubles. o
autres composés u
v,iiuiiic.\ ^ Chimie animale. a
Î acides. c
principes neutres m
autres principes 8
Yoici donc le chimiste en possession de la première lettre des mots dont il doit se servir ; et telle est la méthode qui vient à son aide qu'il discerne immédiatement, par le son d'une forte ou d'une doQce , si ce mot qui va frapper son oreille appartient à la chimie animale, à la chimie végétale ou à la chimie inorganique; si le corps dont il s'agit est simple ou composé ; si c'est un composé binaire , ternaire , etc.
Une fois entré dans cette voie, on va comprendre avec quelle facilité la nomenclature tout entière va se développer ; cette nomenclature n'est plus la propriété exclusive d'un peuple , elle peut être celle des savants de tous les pays qui correspondraient ainsi et s'enrichiraient de leurs découvertes mutuelles.
La formation des radicaux de la Langue universelle s'effectue en taisant alterner les dix consonnes avec les dix voyelles ; nous allons employer le même procédé pour composer nos radicaux chimiques. Toutefois, comme les lois que nous allons établir pourront quelquefois opérer le rapprochement de deux consonnes, nous veillerons à ce que la prononciation ne soit pas gênée dans ses articulations.
Sn.
Chimie Inorganique*
Corps simples.
Nous nous arrêterons h la classification proposée par M. Ampère,. et nous suivrons l'ordre qui a été apporté dans la désignation des
genres contenus dans la classe des gazolytes et des métaux proprement dits. Les corps simples peuvent donc être disposés dans l'ordre suivant :
B«rlde.....j»«^; b
(SUicium. g
Adthraddesj^'"'"»*"* «»
[Carbone ▼
IOxigène j
Sélénium c
Tellure. t
/Fluor f
Chl«1d«s.>'^' ^
JBrôme ba
(iode be
(Aiote bl
Arsénides. . jPhosphore bo
{Arsenic bu
MÉTABX LEUCOLTTBS.
iAnUmone gt(
Zinc ge
Cadmium gi
! Bismuth go
Argent g«
Plomb gs
/Sodium gy
Tephralides|pora«ftMm gw
(LiUiium dtf
iBarium da
Calcium di
magnésium do
Zirconides.
/Ytriom du
Erbium... da
Terbium d«
Thorium dy
Gludynium do^
Aluminium \5
Zirconium Ta
MÉTAUX CBROlGOLYTBS.
(LanUiane ye
Cérides. .
ÏDldyme tI Cérium t* Manganèse vu
i-^'W va
Nickel Vf
Cobalt vy
Uranium ; . voi
Cuivre. jj5
Palladium j«
PlaUne je
ChrysWes.. f^- »
llridium jo
[Rhodium Jq
IBntbénium Jk
•numide».. {^"«» i«
[Titane jy
/Tungstène Jai
[Vanadium ,,, py
\Chrôme,
Chromides. ( Molybdène pe
JPelopiam pf
iNloblum po
iTantale po
La lettre ou les lettres qui suivent le nom du corps simple iadi-
queront en réalité le numéro d'ordre de ces corps dans les deux grandes Tamilles des gazolytes et des métaux : car ces lettres représentent les noms des chiffres (voir l'application à Paritlimétique); elles sont d'ailleurs placées dans l'ordre que nous avons indiqué plus haut. Nous avons commencé la nomenclature des métaux au numéro 20, ou à la syllabe g8, pour laisser place aux gazolytes qu'on pourrait découvrir dans la suite. C'est dans ce sens que les uoms qui suivent doivent être compris : ainsi le fer, qui est au numéro v«, ou 46, est le 26« de la série des métaux, puisqu'ils commencent au numéro g8, ou 20; il n'est que le /12« de la série totale des corps simples, parce que nous- avons supposé l'existence des corps bec, bc, by, b« (16, 17, 18, 19).
Si nous prenons comme partie du nom d'un corps simple le nombre qui indique le numéro d'ordre dans la classification de ces corps, nous aurons désormais un nom théorique pour tous ceux qui sont connus aujourd'hui. Or, comme nous avons quatre classes vacantes pour les gazolytes et trente-neuf pour les métaux , la science pourra d'ici à longtemps se contenter de ce matériel avant d'avoir épuisé les nombres de deux chiffres.
En faisant précéder ces noms de l'initiale a, on aura la dénomination de tous les corps simples : ainsi agc signifiera plomb, aga argent, adi calcium, nj oxigéne. ad hydrogène, etc. (1).
Avant de passer aux composés binaires qui se déduiront aisément de ces premières dénominations , nous dirons un mot sur un procédé que nous avons eu d'abord en vue, et que nous avons ensuite abandonné; si quelques savants le trouvaient plus conforme aux besoins de la science , ils pourraient y revenir : car la marche que nous allons tracer s'appliquera h toutes les dénominations qui auront été choisies pour les corps premiers. Ce procédé consistait à nommer les corps par leurs équivalents chimiques : l'équivalent de l'hy-
(1) Nous avons dit plus haut et nous répétons ici , pour n'avoir plus & y re- Tenir, que ces noms, dans la Langue universelle, sont précédés de yli : yhags, yhaga, ybadi, ybaj, ybad, etc. ; mais que pour ceux qui étudient la chimie, ces deux lettres, qui signifient nomenclature chimique, peuvent être sous-entendues.
drogène étant i , ou b, ab était ie nom de Thydrogëne; at celui de Toxigène; abo (ik) celui de l'azote; agb (20) celui du calcium; acu (75) celui de Tarsenic, etc. Cette nomenclature aurait sans doute des avantages qui reflueraient sur les composés, puisqu'elle déterminerait les équivalents de ceux-ci par l'addition des équivalents des corps composants. Mais une objection a dû nous retenir : c'est que jusqu'ici on s'est borné, en dressant la table des équivalents, à des approximations souvent peu rigoureuses ; les chiffres indiqués par les différents auteurs ne concordent pas entre eux, et un certain nombre de corps nouvellement classés n'ont pas encore leurs équi* valents déterminés. Nul doute que si ces nombres pouvaient être fixés d'une manière rigoureuse , ils fourniraient une nomenclature rationnelle dont on pourrait retirer de notables ressources. Que si les savants de tous les pays s'entendaient pour la mesure exacte de l'équivalent chimique, ils se trouveraient d'accord sur le nom des corps simples , comme ils peuvent le devenir en admettant un nu* méro d'ordre déterminé par la famille et ie genre de ces substances.
Composés binaires.
Les travaux des chimistes se sont tout d'abord portés sur ces composés, et ont fait distinguer parmi eux ceux qu'ils ont nommés acides et oxydes , ceux qui n'étant pas acides ne contiennent pas d'oxigène, et ceux qui naissent de la combinaison de deux métaux et qu'on nomme alliages. Nous avons déjà, par la lettre ^, caracté- ' risé le composé binaire; pour achever leur définition, nous placerons à la suite de cette lettre les deux corps qui forment le composé et dont les noms viennent d'être déterminés.
Or, comme la science a distingué différeùtes sortes de composés binaires, nous allons nous conformer à sa théorie :
i"" L'acide étant le composé le plus important, nous le représenterons en lui appliquant la règle générale que nous venons de poser : ainsi l'acide chlorhydrique sera eb8d, parce que e indique un composé binaire acide, b8 le chlore « et d l'hydrogène; de même ebad sera l'acide brômhydrique , puisque ba est le nom du brome et d
celui de l'hydrogène; les radicaux epd, efb, qui donoent leà acides suirbydriqueet fluoborique, paraissent sous cette forme moins faciles à prononcer que les premiers; mais, outre que rien n'empêche de placer Ve muet derrière la consonne, car c*est la manière dont elle est nommée dans notre théorie, outre cela, disons-nous, la finale d'un mot placé dans la phrase indiquant le rôle qu'il doit y jouer est toujours une voyelle : a s'il est sujet ; e sMl est complément direct, etc. (1). Ces radicaux deviendront donc ou epda, ou efbi , ou , etc. , mots qui peuvent être prononcés sans aucune difficulté. V
On avait cru longtemps que l'oxygène seul pouvait former des acides, et on se contente encore aujourd'hui, pour nommer les acides auquel il donne Iteu , d'énoncer le corps avec lequel il se combine : acide silicique, acide sélénique, acide tilanique, etc. Nous pourrions rétablir l'oxygène dans ces composés ; mais comme l'initiale e indique un composé binaire, lorsqu'on n'indiquera qu'une substance , il sera suffisamment expliqué que l'oxigène est le principe acidifiant : et est donc l'acide carbonique, ep l'acide sulfurique, eg l'acide silicique , ebi l'acide azotique, ebu l'acide arsenique, etc.
Tous les acides connus ou à connaître, découverts ou à décou^ vrir, ont donc désormais un nom qui s'applique avec la plus grande facilité , et qui représente par un seul mot la substance [qu'il définit.
On a été plus loin : comme on peut composer plusieurs acides avec la même substance, on s'est servi de désinences et de l'initiale hypo pour graduer ces composés. Ce que ces formes procurent si péniblement, puisqu'elles ne conduisent pas au-delà de quatre acides différents, nous allons le produire aisément et avec une richesse presque illimitée; il suffit pour cela de nous rappeler la signification namérique des voyelles a, e, i, o, etc., et de les placer devant le nom de la substance acidifiée : eab8. eeb8, eib», eob», représenteront l'acide chlorîque, l'acide hypochlorique, l'acide chloreux et l'acide
(1) Volume 1*', page 8 ,du Cours complet de Langue universelle»
196 APPUCATION ALX SCIENCES.
bypochloreux. Ces lettres intercalaires ont l'avantage de rappeler sans cesse la véritable distance qui sépare Tacide que l'on considère de celui qui est plus oxygéné : eob8 est un acide (e), le quatrièiue (o) dans la série des acides formés par le chlore (b8). Dans la suite des sept acides sulfuriques, eap pourra figurer l'acide sulfhyposulfurique bisulfure; or, outre sa simplicité, ce radical indiquera que le composé est le sixième (a) dans la suite des acides sulfuriques.
2* Les OXYDES forment des composés binaires que la science a distingués des acides et auxquels nous devons aussi un rang à part dans notre nomenclature. Pour les différencier des acides nous ajouterons une de nos consonnes grammaticales (I) à la suite de la lettre e qui signifie composé binaire. Le radical el signifie donc oxyde^ et le nom de la substance oxydée se placera derrière ces deux lettres de la même manière que nous avons procédé pour les acides: elge est le composé binaire (e), oxyde (I), formé avec le zinc (ge); elvo est l'oxyde (el) d'aluminium (v^); elvuest l'oxyde (el) de manganèse (vu), etc.
Lorsque des oxydes d'un même corps sont formés en plusieurs proportions différentes, on nomme protoxy de, deutoxy de, tritoxyde^ etc., la ^succession de ces oxydes, en commençant par le moins oxygéné. Nos voyelles, employées numériqnemenl comme il a été dit pour les acides, vont faire face à cette nouvelle série : elavu, elevu, elivu, etc. définissent l'oxyde (el), protoxyde (a) de manganèse (vu) ; deuloxyde (e) de manganèse (vu) ; tritoxyde (i) de manganèse (vu), etc. Lorsqu'on voudra exprimer, comme on le fait aujourd'hui avec les mots bi, tri, quadri, etc., que l'oxyde, supérieur au protoxyde, contient deux fois, trois fois, quatre fois, etc., autant d'oxygène que lui, on se servira de la lettre r qui est le signe de la multiplication : elrej8 représente l'oxyde (el) multiplié (r) par deux (e) qu'on forme avec le cuivre (jb) ; autrement dit le bioxyde de cuivre; elrigw est le trioxyde (elri) de potassium gw, etc. On pourrait établir une convention pour reproduire le sens du mot
(1) Ces consonnes sonl /, m, w, r, j, z. Vol. !•' du Cours complet de Lançue universelle^ page /i.
sesqui, mais nous préférons employer notre nolâlion arithmétique; elle fera voir comment le même mot pourrait au besoin représenter des proportions qu'aucun mot d'aucune langue ne reproduirait. Or, sesqui sera t,rès bien transformé par ralase (1) et le mot elralasevu exprimera sesqui-oxyde de manganèse ^ comme elrelasivu figurerait deux fois un tiers le protoxyde de manganèse j elrilosuvu trois fois quatre citiquièmes ce même oxyde, etc.
3<> Les composés qui ne contiennent pas d'oxygène et dont le nom se termine en ure aujourd'hui, seront distingués parmi les autres composés binaires par la lettre m ; leur dénomination, qui n'existe pas en français, sera em, et les deux composants suivront ces deux lettres comme nous l'avons indiqué dans les composés précédents: emb8g&> sera le chlorure de potassium, embagy lé bromure de sodium, emgcpun sulfure de plomb, etc. Au reste, puisqu'on emploie aussi les mots proto, deuto, etc. , bi, tri, etc. , devant ces composés, nous dirons également : emipva pour un trilosulfure de fer, emreb8gu pour un bichlorure de mercure, etc.
&o Enfin les compositions des métaux connus sous le nom d'alliages étant caractérisées par la grammaticale n, nous obtiendrons des noms que la science n'avait pas encore su s'approprier : enjHga sera l'alliage (en) de cuivre (j^) avec l'argent (ga) ; engage , l'alliage (en) de l'étain (ga) et du plomb (ge) ; enguga sera l'alliage (en) (dit amalgame) du mercure (gu) avec l'argent (ga) , etc. Nous ne croyons pas utile de faire voir au lecteur tout le parti qu'on peut tirer de nos conventions ; il a dû saisir plus d'un côté fécond qui pourrait seconder les efforts des savants ; dans les alliages, les parties composantes de chaque métal pourraient être énuméréesdans le moi qui exprimerait la substance : un amalgame qui contiendrait trois parties de mercure et quatre parties d'argent serait défini par le mot eniguoga; enejisj8 serait un alliage (en) qui sur deux parties (e) d'or (ji) contiendrait sept parties (e) de cuivre (]8).
(1) Ralase en aritbitîéiiquc figure XI 4 -^ : car r est le signe de la muUipiication, l celui de l*addilion et s celui de la division.
Composés ternaires.
La nomenclature des composés ternaires est annoncée par la voyelle t ; or, ces composés proviennent généralement de la combinaison de deux composés binaires qui possèdent un même élément, et comme les oxysels sont ceux qui ont le plus d'importance, nous leur attribuerons notre voyelle initiale sans modiGcation ; on ferait suivre cette lettre d'une de nos grammaticales s'il s'agissait de définir des sulfosels ou des cblorosels.
Les sels que caractérise la lettre i s'énoncent aujourd'hui en commençant par le nom de l'acide et en finissant par celui de la base; d'après cette convention, que nous conserverons également, le nom du corps qui forme l'acide sera déterminé par sa position ainsi que celui de la base : ipge est donc le sel (i) formé avec l'acide sulfurique (p) et l'oxyde de zinc (ge), ou un sulfate (T oxyde de zinc ; ivva est le carbonate d'oxyde de fer, etc. Les séries que nous avons établies pour les acides et pour les oxydes peuvent se présenter également dans la composition des sels ; dans ce cas , nous leur appliquerons la nomenclature artificielle que nous avons indiquée pour ces séries : Vhypochlorite de protoxyde de potassium s'énoncera donc iobttago), c'est-à-dire le sel (i) formé par le quatrième acide (o) dans la série des acides de chlore (b8} , et par le protoxyde (a) de potassium (gu).
Maintenant qu'on a la clé de notre nomenclature, on peut se rendre compte de la manière dont les circonstances tes plus particulières seraient exprimées ; pour exprimer, par exemple, des sels qui contiennent une quantité de base deux fois, trois fois plus considérable que le sel neutre, pour la même quantité d'acide , on aura recours à notre signe de la multiplication : ibiriagc figurera le sel (i) nommé azotate (h\) tribasique (ri) de protoxyde (a) de plomb (gc).
Sels doubles et autres composés.
Nous n'avoQs presque rieD à dire sur ces composés qui n'ont pas été assez étudiés pour être classés ; les conventions qui ont établi la nomenclature des-composés binaires et tertiaires ne laissent sans satisfaction aucun des besoins présents ou à venir, et s'appliquent à toutes les découvertes qui viendront enrichir la science. Le lecteur doit désormais être édifié sur ces dénominations qui, en parlant des corps premiers, se composent avec une facilité et une fécondité incontestables, et résolvent toutes les diflBcuItés que la nomenclature actuellement reçue était impuissante à résoudre. Qu'un savant veuille faire connaître un nouvel élément ou composé, il aura à sa disposition une définition toute prête pour ce nouveau-né, et celte définition sera le nom lui-même de la substance. Par ce procédé, celui qui voudrait désigner un sulfate double de protoxyde de zinc et de proloxyde de potassium, se servirait du terme opageaga> ; or, ce mot expliquera la composition de ce corps comme nous l'avons précédemment indiqué : o définit le seL double, p de sulfate, a de protoxyde, ge de zinc, a et de protoxyde gtù de potassium.
Si les composés se compliquaient de telle façon que le mot synthétique dépassât les limites des mots ordinaires , il faudrait résumer par une convention telle substance qui se présenterait plus souvent, et ne développer analyliquement que la partie du composé qui serait moins souvent apparente. Un savant (1) nous apprend qu'il est parvenu à combiner le sulfate double de sesquioxyde d'aluminium et de protoxyde de potassium avec le sulfate double de protoxyde de zinc et de protoxyde de potassium ; le nouveau corps auquel il donne naissance appartient évidemment à l'ordre u : si dans cet ordre on suppose une série de composés dont le premier de ces deux sulfates doubles soit le genre, et que ce genre soit désigné par 7\ la nouvelle substance sera définie par le mot ujpageag<u. A mesure que les découvertes s'augmenteront dans le cercle des substances rangées dans les ordres o et u, il deviendra urgent
(i; M. J. Pierre, professeur à la facuUé des sciences de Cacn.
d*adopter une classification méthodique; la nomenclature en ébauchera les traits principaux en suivant la marche que nous avons ipdiquée et que nous allons poursuivre dans la dénomination des substances organiques.
Chimie or|^iil«iie.
Chimie auimale.
La lettre a (6) est l'indice de la chimie animale ; cette partie de la chimie organique contient les résultats obtenus en analysant les animaux. Le plus grand nombre de ceux qui ont été soumis à une analyse sérieuse appartenant à la classe des mammifères, les faits principaux ont été observés sur le corps de l'homme. Jusqu'à ce que des éludes plus complètes sur les matières animales aient conduit à une classification éprouvée , on peut adopter celle qui résulte d'une combinaison entre notre grande division sur les manières d'être des individus et la classe des objets naturels appartenant à Vliomme et à Vanimal dans la huitième grande division. Toutes les substances qu'on pourrait observer dans cette branche de la chimie seraient réparties de la manière suivante :
oib, ou les objets de la chimie animale prise dans sa plus grande généralité, serait conservé pour les genres que les savants ne voudraient pas confondre avec ceux que nous proposons; ag(l) recueillerait les objets relatifs à la charpente de l'individu, soit an squelette, soit à sa tète, à son corps, ou à ses membres; ad (2)
(1) Ce genre, qui se trouve ici le deuxième (g), a son analc^e avec ie deuxième ordre des objets naturels de Tbonime et de Tanimal ; en général, ce deuxième ordre est dans notre ttiéorie des radicaux souvent attribué aux objets ou aux manières d*étre qui consUtuent comme la charpente des phénomènes représentés par la classe.
(2) Ce troisième çenre a pour caractérisUque d; or, dans le tableau de notre première grande division, la môme lettre d caractérise aussi i'organIsaUon de TIbdividu.
CHIMIK. 201
figurerait ceux qui relèvent de son organisation, et av (1) des fonctions animales ; aj (2) serait consacré aux objets que la chimie s'approprie et qui donnent naissance à certains produits particuliers ; «p (3) s'appliquerait aux objets naturels que la chimie extrait des animaux autres que les mammifères ; ac (k) aux objets qui seraient communs aux animaux et aux végétaux , tels que la putréfaction animale et végétale ; at et «f seraient encore réservés à des séries d'objets que la science pourrait envisager plus tard ; «h (5) figurerait enfin les sécrétions expulsées au dehors, et les sucs intérieurs que Ton observe chez les mammifères.
Les voyelles qui suivraient ces consonnes localiseraient l'origine même des substances comme nous l'avons fait dans notre théorie générale : par exemple , yj8g signifie sang dans cette théorie , parce que y est l'objet naturel , j appartenant au corps de l'homme , et que rt signifiant les sucs nouriciers, g est la caractéristique du sang; dans la nomenclature de la chimie animale, ah exprimant la même chose que yj8 , la deuxième voyelle suivante e correspondrait à ta deuxième consonne g ; par conséquent , ahe exprimerait le sang au point de vue chimique , et les consonnes suivantes la décomposition du sang: aheg, sérum, ahed, cruor, etc.
(1) L.a lelUe affectée à notre quatrième genre rappelle le quatrième ordre de rorgaoisaUon de Tindividu et le quatrième ordre des maladies dont il est affecté.
(2) Ljà doquièroe place de nos genres est occupée Ici par certains produits qui ne Mot pas sans analogie avec le cinquième ordre de bon nombre de nos classes, et notamment avec la lettre u (ou 5), telle qe nous Tavons interprétée dans la chimie inorganique, sous le nom : autres composés,
(3) Cette sixième division, réservée aux animaux, est conforme, pour le chiffre qu'elle représente, avec le sixième ordre de toutes les classes de notre première grande division et avec la sixième grande division de notre système.
(â) Ce que nous venons de dire de la sixième division est applicable à la septième qui, eUe aussi, est conforme, pour le chiffre, avec la septième grande division de notre système, et avec le septième ordre de toutes les classes de notre première grande division.
(5) Les sécréUons et les sucs intérieurs sont placés au dixième rang : c'est en effet 4 cette place que nous avons établi les ordres qui représentent ces objets, à la classe de Tbomme et à ceUe des animaux, dans notre huiUème grande division ; OR les retrouve encore au même ordre dans la classe des maladies.
Peiit-êlre cette nomenclature serait-elle plus propre à définir les mots, ou, comme nous venons de le dire, à localiser les objets , qu'à leur donner la couleur même de la science dont ils font partie; nous allons donc présenter un essai qui s'appliquerait mieux aux bases posées par les chimistes.
2* Essai pour la nomenclature de la Chimie animale.
Si Ton acceptait la division que proposent certains chimistes , c'est-à-dire si Ton partageait toutes les substances en trois sections, dont ia première contiendrait les acides , la deuxième les matières grasses , et la troisième les substances qui ne sont ni grasses ni acides , on pourrait rappeler un peu mieux l'analyse chimique. Dans ce cas , on réserverait , comme dans notre premier essai, le genre b pour les parties qui seraient oubliées dans les autres genres; on consacrerait le genre g aux acides oxygénés, le genre d aux acides gras , c'est-à-dire au résultat de la combinaison d'un alcali avec une substance grasse; le genre v aux acides qui ont pour base le cyanogène; et le genre j aux autres acides; les genres p et c pourraient, d'une manière analogue, être répartis de manière à renfermer toutes les substances grasses ; et les trois genres r , /*, A contiendraient les substances qui ne sont ni grasses ni acides.
Dans cette nomenclature , les dix voyelles qui suivraient les consonnes que nous venons d'énumérer établiraient les distinctions entre les substances, directement si le nombre de ces substances ne dépasse pas dix, avec l'adjonction d'une nouvelle consonne si ce nombre est compris entre dix et cent, etc. Par exemple, oge pourrait définir l'acide urique : puisque a. caractérise une matière appartenant à la chimie animale , g telle qu'un acide oxygéné , e ayant les propriétés de Tacide urique , etc.
Il ne nous appartient pas de tracer aux chimistes les divisions qu'ils peuvent établir dans la science pour la soumettre à une classification; mais s'il est vrai que toutes les substances animales,
après avoir été distillées dans un vase clos, produisent de l'eau, de Tacide carbonique , du sous-carbonate d'ammoniaque « de l'acétate d'ammoniaque, dé l'oiyde de carbone, de l'hydrogène carboné, du gaz azote , et un charbon difficile à réduire en cendre ; s'il est également vrai que les substances grasses ne renferment ni azote, ni ammoniaque , ne pourrait-on pas classer chacune des substances analysées sous celle de ces dénominations qui occupe le rôle le plus important dans la composition du corps ? De plus , tous ces composés se trouvant ainsi formés d'oxygène , d'hydrogène , de carbone et d'azote , serait-il impossible de coordonner les corps de manière à ce que ces éléments, représentés par les chiffres qui les mesurent, fournissent des familles, des ordres, des genres, etc.? Une fois que la classification aura été sérieusement composée , la nomenclature n'offrira plus de difficulté ; elle sera la synthèse des parties analytiques, coordonnées théoriquement par les savants.
Chimie végétale.
La chimie dite végétale , comme la chimie animale, est encore trop peu avancée pour qu'une classification généralement adoptée ait pu coordonner les matériaux de la science. Cependant des efforts fructueux ayant été faits pour former une synthèse de certains phénomènes qui se produisent dans l'analyse des végétaux, la nomenclature peut déjà appliquer ses formules aux découvertes obtenues, et favoriser celles que nous promettent de laborieux expérimentateurs. Comme on a donné le nom de principes immédiats à certains phénomènes qu'on remarque dans une même série de végétaux ou dans des végétaux qui se rencontrent dans les mêmes circonstances, nous nous emparerons de Cette idée et nous fonderons notre nomenclature sur celle base , qui fixe déjà suffisamment les idées théoriques.
La chimie végétale commence , dans les ordres de la nomenclature chimique, à la lettre c, et elle comprend les quatre dernières lettres de la série décimale , c'est-à-dire les voyelles c , y, &>, 8. De même que la voyelle « convenait à la chimie animale , parce que cette
lettre est Tinitiaie même des mots qui figurent les animaux , de même la lettre s , consacrée à la grande division des végétaux et servant ainsi d'initiale à tous les radicaux qui expriment des végétaux, devait annoncer la chimie végétale; or , par une analogie à laquelle nous attachons toujours un grand prix , à cause du secours qu'elle prête à Tintelligence et à la mémoire , nous avons rendu cette voyelle forte exactement parallèle à sa correspondante douce e; cette dernière renfermait les acides du règne inorganique ; la lettre c renfermera les acides de la chimie végétale. La lettre y , par une correspondance semblable , contiendra les sels de cette partie de la chimie. Là se bornent nos similitudes, car nos deux dernières lettres ont une spécialité pour les végétaux que les lettres o et u ne pouvaient avoir pour les minéraux. La lettre <a s'appliquera aux principes neutres , qui sont suffisamment différenciés des principes alcalins, hu'Jeux et végéto-animaux ; ces trois derniers, ainsi que les principes que constateraient de nouvelles découvertes, seront rangés sous la dénomination ».
Ainsi, notre premier cadre est siqoiple et facile à graver dans la mémoire :
Les acides végétaux sont caractérisés par la voyelle forte. . . •
Les sels végétaux y
Les principes neutres o*
Les autres principes,
Acides végétaux.
La marche que nous avons employée pour établir la nomenclature des corps simples va nous servir ici pour celle des acides végétaux , avec celte différence que nous n'avons pas même ici des familles disposées dans un ordre régulièrement théorique. Quel que soit h cet égard l'ordre que préféreraient les savants qui s'empareront de notre système, il suivra la ligne que nous allons tracer et conduira au même but.
Supposons donc que ces acides , dont le nombre va toujours croissant et atteint déjà environ le chiffre trente , soient classés par
CHIMU:.
Qo esprit observateur et s'offrent dans on ordre régulier, le numéro d*ordre placé à la suite de la lettre t indiquerait le nom de l'acide. Par exemple, soit le tableau suivant :
Acides
Acétique.
Citrique .
Oxalique.
Tarlarique Benzoïque Gallique .
Malique .
Margarique, Mucique ' Camphorique Fungique. .
Kinique . .
b8 ba be
Acides
Méconiqne. .
Henispermique
Mellitique. .
I Oleïque. . ,
Pyrolartarique,
Subérique. .
I Succinique .
Suirovinique.
Zumique. .
Morique . .
Rheumique.
bi bo bu ba bf by bct)
g« ga ge gi
Mon-seulement ce mode de formation permet de nommer tous les acides qui viendront s'ajouter k ceux-ci; mais encore les lettres qui suivront ces dénominations pourront indiquer les espèces de ces acides qui offriraient quelque particularité. Comme les neuf premiers sont terminés par une consonne, et que l'addition d'une voyelle pourrait faire confondre le nouveau radical avec l'un de ceux qui sont dans la première ou dans la seconde dizaine , on pourra faire suivre tous ces radicaux de la consonne grammaticale l : sbia, cble, d>li. . . signifieraient donc : c acide végétal , b de vinaigre distillé , l que l'on extrait, a du bois, e de la chaux, t de la soude. . .
On a vu combien de ressources nous pouvons tirer de l'intercal lation de nos grammaticales, à l'aide d'une simple convention; l'avenir de cette partie de la chimie végétale est donc complètement ménagé.
Sels végétaux.
Les sels formés par la réunion de divers oxydes avec les acides dont nous venons de dresser la liste , sont faciles à nommer : car il
suffit de rappeler i*" que nous allons désigner un sel; 2<> quel est Tacide qui entre dans sa composition; S*" à quel oxyde il est réuni.
La lettre initiale y a pour fonction de définir le composé et d'indiquer que c*est un sel ; les acides et les oxydes commençant par une consonne , et Tacide précédant l'oxydé , les deux dernières conditions seront remplies. Nous aurons donc recours au tableau ci-dessus pour la désignation des acides, et à celui des corps simples (voir ci-dessus , page i92) pour l'indication des oxydes.
Par exemple, les acétates seront : ybv8, ybgw, ybbid, ybva, etc., c'est-à-dire : ybv» , acétate d'alumine (b acide acétique , v8 aluminium) ; ybg&> , acétate de potasse (b acide acétique , goa potassium) ; ybbid, acétate d'ammoniaque (b acide acétique , bid ammoniaque, composé de (bi) azote et (d) d'hydrogène) ; ybva, acétate de fer (bi acide acétique, va fer), etc. Les tartrates seront : yv, yvga», yvgugy, yvgwva, etc.; savoir : yvdi, lartrate dé chaux (v acide tartarique, di calcium) ; yvgw , tarlrale de potasse (v acide tartarique , gw potassium); yvgugy, tartrate de potasse et de soude (v acide tartarique, gu potassium, gy sodium); yvg&)bid, tartrate de potasse et d'ammoniaque (v acide tartarique, g» potassium, bid ammoniaque composé d'azote (bi) et (d) d'hydrogène), etc.
Principes ueutres des Végétaux.
Les principes des végétaux sont caractérisés par la lettre &> ; on en dislingue huit qui ont une généralité plus étendue, et un assez grand nombre qui sont plus particuliers.
Suivant l'ordre adopté dans notre système, et jusqu'à ce qu'une classification méthodique ait assigné à ces principes un rang fondé sur une théorie, nous commencerons par ceux qui ont une appli-> cation plus générale, et nous descendrons ensuite à ceux qui sont plus particuliers. Nos huit premiers genres seront donc déterminés par les huit premières consonnes; et les deux lettres/*, h seront assignées à la série des principes neutres qui ont une importance moins marquée : telles que la sarcocolle. Fulmine, la nicotine, etc. D'après cette convention, on définira par h la matière sucrée; par g
CHIMIF. 207
les fécules amylacées ; par d les gommes ; par v les principes coloraots ; par j les principes amers ; par p la gelée ; p r c Textractif ; par t le tannin ; par feik les principes spéciaux que nous avons cités tout-à-rbeure.
Ces lettres précédées de l'w qui leur donne le caractère des principes neutres, et suivies des voyelles qui en déterminent toutes les nuances générales, seules ou avec le concours d*une nouvelle série de consonnes, atteignent et atteindront les détails les plus minutieux dont le chimiste ait à se préoccuper.
Autres principes de la Chimie végétale.
La lettre 8 indique des principes qui ne sont ni acides, ni neutres, tels que : i® les principes alcalins; 2^ les substances inflammables; 30 les principes dits végéto-aoimaux. Les principes alcalins peuvent être désignés par la lettre b; les substances inflammables, qui offrent de nombreuses variétés, pourraient occuper les quatre genres suivants et être caractérisées : les huiles par g ; les résines par d ; les gommes résines par v ; les autres i^ubstances inflammables par j. La lettre p, qui est la sixième de cette série et rappelle ainsi la sixième grande division et les ordres sixièmes des classes de notre première division, serait consacrée aux principes végélo-animaux. Les dernières lettres c, t, f, h sont destinées à enregistrer les principes qui ne sont pas encore dévoilés aux savants.
D'après ces conventions, les mots bpe, 8pi, 8po seraient la dé- Dominatioo des substances connues sous le nom d'albumine, gluten et levure ou ferment ; 8peg exprimerait la substance qui résulte de la coagulation de Talbumine, substance qui diffère complètement de ralbumine à Tétat liquide et qui n'avait pas été nommée jusqu'ici. Les différentes résines bd, et gommes résines 8v, seront 8de, 8di, i5do, etc., 8ve, 8vi, 8vo, etc. ; les lettres e, i, o représentant les divrsions naturelles qu'on peut établir parmi ces substances.
Telles sont les principales bases sur lesquelles on peut Taire reposer la nomenclature chimique; la partie qui a déjà été classifiée par les savants, c'est-à-dire la chimie inorganique , offre sans doute
quelque chose de plus précis; mais s* il est vrai que celte nomenclature ait rendu de grands services à la science dont elle a fixé aisémeot les éléments dans la mémoire , il est également vrai que la simplification et le complément que nous lui apportons doivent être la source de nouvelles améliorations. D'un autre côté , nous montrons par la nomenclature que nous appliquons à la chimie organique comment on peut, avec notre procédé, synthétiser dans le langage Tanalyse scientifique à quelqiie point d'arrêt qu'on veuille s'en emparer ; or, puisque celle synthèse est une source incontestable de progrès, il appartient aux hommes spéciaux de classer le plus méthodiquement possible les connaissances dont ils sont les maîtres aujourd'hui , et d'attacher leur nom aux progrès dont nous leur ouvrons la route.
Le tableau suivant résume ce que nous avons présenté sur la nomenclature chimique : les deux lettres YH, que l'on trouve à gauche du tableau , ont la signification du mot chimie dans la Langue universelle : les voyelles placées dessous ont en regard le sens qu'elles caractérisent; dans le reste de la ligne horizontale, les mots se trouvent déterminés par la consonne qui est au haut de la colonne : ainsi devant la ligne I se trouvent les mots composés tertiaires, l'initiale t pour le chimiste et yhi dans le langage ordinaire signifient donc composé tertiaire; à la quatrième case de la colonne horizontale se trouve le mot carbonate sous la lettre V ; iv pour le chimiste et yhiv dans le langage ordinaire signifient carbonate; il en est de même pour les autres cases. Les etc. indiquent la suite des noms que nous avons définis précédemment, et qui ne peuvent être contenus dans ce tableau ; les guillemets, comme les roots autres, occupent la place des cases réservées pour tout ce que la science n'a pu prévoir»
PU
ïll
tii