‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 35 sur 90 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

IVomenelatare pbytiolofiqae et noftoloifiqiie.

Physiologie.

Nous pourrions, pour la nomenclature physiologique, renvoyer au second volume de notre Cours complet de Langue universelle (page 20 à 44) ; mais en présentant ici un abrégé des pages qu'il faudrait parcourir, nous fatiguerons moins Tattenlion du lecteur qui s'enfonce avec nous dans des détails toujours fastidieux h Feutrée de la science.

Ce que nous avoq9 cité précédemment à propos de la physiologie de l'animal (page 22) s*applique à tout individu animé et à plus forte raison à Thomme. En jetant un coup d*œil sur la manière dont nos classes sont composées, on s'assurera qu'elles renferment toutes les manières d*ètre de l'individu qui sont du domaine de la physiologie. Une classe seulement pourrait introduire quelques éléments un peu étrangers à cette étude, c'est celle de l'apparence dans ses trois derniers ordres ; cependant le maintien et la régularité plus ou moins remarquable des traits ne sont pas encore stériles pour la physiologie, et le costume ou l'entourage qui fait valoir l'extérieur peut être considéré comme la transition à un autre ordre d'idées.

Un véritable résumé de la science physiologique' de l'homme ne peut-il pas être compris dans les idées renfermées sous les titres suivants : Son existence, phases de sa vie, son organisation ^ son apparence y ses sensations ^ actions de toutes les parties de soncorps, ses maladies ? Sans doute il est tel physiologiste qui présentera un cadre plus restreint ou plus étendu, plus rationnel ou plus en harmonie avec Tétat actuel de cette science; mais on n'ignore pas que nous subordonnons toutes les sciences à un cadre plus général, avec une indépendance d'autant plus grande que jusqu'ici les classifica-

2/iO APFUCÂTION AUX SCIKUCES.

teurs ne sont pas restés d'accord, et que les classifications plus on moins parfaites ont élé abandonnées par ceux qui ont exposé aoe théorie nouvelle. Pour nous, il suffit que nos classes contiennent en réalité tous les phénomènes rattachés à l'objet de la science ; il suffit qu'ils se déduisent facilement, commodément, et qu'on puisse les retrouver au besoin sans difficulté. Nous apportons de l'ordre où il n'y a que confusion ; ordre provisoire si l'on veut, mais pourtant qui doit nécessairement précéder l'ordre définitif auquel tend incessamment notre intelligence.

En plaçant sous les yeux du lecteur le tableau de notre première division, nous lui ferons mieux saisir comment notre classification renferme tous les éléments de la physiologie, et comment nous arrivons à la nomenclature qui définit les phénomènes.

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2k2 APPLICATION AUX SCIENCES.

On voit par ce tableau > comme par celui que nous avons offert plus haut, dans chaque ligne horizontale, les déductions de l'idée rangée sous la colonne verticale ; ici la lettre majuscule A , placée dans le petit carré au haut de la première colonne, indique la grande division des manières d'être des individus ; les mots placés sous la lettre a rappellent la signification des classes B, («, D, etc. ; il n'y a de différence entre ab, ag, ad, etc., et aba, aga, ada, etc., que la signification un peu plus particularisée de ces dernières expressions : ab formule l'individualité, ag l'existence, ad l'organisatioD, etc., d'une manière toute générale, et aba, aga, ada, etc., annoncent le même sens avec l'intention de particulariser ces idées dans les genres et les espèces qui suivront.

Soient proposés un certain nombre de mots qui peuvent se rencontrer en physiologie, et supposons que, sans nous servir de dictionnaire, nous veuillons découvrir leur véritable nom ou du moins les trois premières lettres, puisque notre tableau ne fournit ici que cette partie du radical.

Décrépitude : c'est, comme on sait, un état de dessèchement de tout le corps dans lequel les organes ont perdu leur flexibilité, etc. ; cet état figure une manière d'être qui appartient à l'individualité (a) proprement dite (b), et est une des phases de la vie (i) : abi est donc le commencement du radical , et les lettres qu'il faut ajouter pour former la transformation, abice, indiquent que cette phase est celle de la caducité (c) , et en particulier de la décrépitude (e) (1).

(1) Nous avons choisi à dessein ce premier exemple pour répondre tout d'abord & une objecUon qui vient à l*esprlt : ne pourrait-on pas chercher décrépitude dans la ligne de l'existence ?

Notre réponse s'appliquera i tous les cas qui ont quelque analogie avec cdui-cL Un root n'est pas compris par tous de la même manière ; chacun peut y attacher une idée dlflérente, parce que cette idée est une de celles que ce mot réveille daot Tesprlt. Si donc pour Tun il ne représente qu'un défaut d'activité, âge sera le commencement du radical ; si pour l'autre c'est un défaut de force, agi sem riniUale du radical , etc. ; c'est parce que nous l'envisageons comme une des phases de la vie que nous avons choisi abi. On voit donc que chacun exprime par nos radicaux sa véntabie idée et la communique sans qu'il y ait lieu à la moindre incertitude.

MÉDECINE. 2(i3

Galaétophage est un nom donné à certains individus dont le lait est la principale nourriture ; c'est donc une manière d'être des individus (a) relative à leur organisation (d) , et à leur espèce de nutrition (o) : ado est donc l'initiale du radical.

La stérilité est cet élat de Tindividu (a) relatif à son, organisalion (d), et en particulier à la reproduction de l'espèce (u) : adu commence donc le radical cherché.

Il est inutile de poursuivre ces exemples; mais il est bon de faire remarquer que les cent cases, de ce tableau représentent les cent radicaux qui sont la source de tous ceux dont on aura besoin dans l'étude de la physiologie ; chaque case donne donc Fénoncé d'une idée importante dans la science : la présence se dit abe, les phases de la vie abi, i'àge abo, le besoin abu, etc.

Outre la disposition des ordres qui , comme on peut le vérifier sur !e tableau, descendent toujours du plus général au plus spécial , on peut remarquer les analogies qui subsistent entre les parties de cette classification. Nous avons déjà noté quelques-uns de ces rapports à la fin du paragraphe précédent, en les comparant aux parties anatomiques. En examinant attentivement les colonnes verticales, et au besoin en se transportant à la page 39 de notre volume des radicaux (i), on retrouvera ces analogies et on aura une idée de celles qui peuvent subsister dans le reste de la classification.

On peut encore remarquer que la physiologie des êtres animés antres que l'homme, ainsi que celles des végétaux ont chacune un caractère distinctif, oc et c, qui les met sans cesse en relation avec les classes de la physiologie de Thomme : aga et ags représentent respectivement l'existence de l'animal et celle du végétal ; adoc et ad< ^organisation animale et l'organisation végétale, etc.

L'idée physiologique a une acception fort étendue : elle com-

(1) C'est par respect pour ces analogies que Ton trouvera aux ordres qui ternioent les classes af et àh une différence entre le tableau ci-dessus et celui de Jâ page 88, 2* vol. Puisqu'une modification était opérée dans les ordres de la classe f/f, elle devait avoir sa réacUon sur les ordres des classes qui expriment les maladies dont les parties en quesUon sont affectées.

2kU APPLICATION AUX SCIENCES.

prend non seulement les manières d'être de l'individu, mais encore l'examen des parties que J'anatomie étudie ; sous ce point de vue , elle peut s'approprier les objets naturels qui forment le corps de l'homme, c'est-à-dire tout le paragraphe précédent. Elle peut encore revendiquer, comme étant de son ressort, certaines manières d'être des objets qui s'observent dans l'économie animale ; c'est ainsi que Vazaphie (défaut de clarté de la voix), la systole ei la diastole (mouvements opposés du cœur), Vépagogue (réunion naturelle des chairs), etc. , sont des manières d'être des objets, et, à ce titre, sont renfermées dans la grande division o. Ces désignations particulières de la science médicale rentrent dans te domaine du langage proprement dit; elles jouissent, comme les autres parties de notre théorie, de tous les avantages qui résultent de la formation méthodique de nos radicaux ; elles sont définies par les caractères qui composent leur nom ; enfin, comme tous les mots dont nous donnons la nomenclature, elles s'unissent dans le discours aux autres mots à l'aide des consonnes initiales qui en font des espèces grammaticales. (Voir notre premier volume du Cours complet de Langue universelle.)

Nomenclature Nosologique.

Nous avons, dans le cours de cet ouvrage, rencontré des difficultés de plus d'un genre; nous les avons abordées hardiment, et parce que notre œuvre se présentait à nos yeux comme une de ces vérités mathématiques qui s'imposent à l'intelligence, et parce que ne connaissant aucun devancier engagé dans la même voie que nous, il nous paraissait impossible de blesser aucune susceptibilité ; mais, parmi tes difficultés qui nous ont arrêté , la médecine a été sans contredit l'obstacle contre lequel nous nous sommes le plus souvent heurté; nous avons plus d'une fois modifié nos classes et nos ordres avant d'accepter la classification h laquelle nous nous fixons. Est-ce bdire que nous nous croyons invulnérable sur ce point? Loin de nous celte idée, cl pour qu'elle s'éloigne complètement aussi de l'esprit de noire lecteur, répétons ce que nous avons dit en d'aulres

MÉDEGII^iE. 2U5

endroits : que oolre travail est un spécimen qui montre comment le langage doit procéder pour être méthodique et s'engager dans une voie de progrès ; que nous disposons surtout de la place que doit occuper chaque science dans un cadre où toutes les parties seraient bien coordonnées ; que nous laissons à des savants , dans chaque ordre d'idées , le soin de classer plus méthodiquement les éléments dont ils disposent ; que nous offrons des nomenclatures terminées , afin de faire voir qu'il est possible d'atteindre ce but ; que ces nomenclatures, ne dussent-elles avoir que l'agrément provisoire de quelques personnes , sont au moins le commencement de l'ordre ; qu'enfin si, avec nos déductions insuflSsantes , nous montrons aux autres des succès postérieurs el un avenir progressif pour la science, nous leur imposons l'obligation de faire mieux , tout en conservant les avantages que nous signalons.^

Ce préliminaire n'est pas inutile , car en entrant dans le temple d'Esculape pour exposer nos idées à ce dieu, nous comprenons tout ce qu'il nous manque d'érudition sur l'importante matière que nous traitons. Notre excuse sera-t-elle suffisante , si nous avançons que nous comparons cette science aux autres , peut-être plus exactes , et que nous nous plaçons sur le terrain seul de notre spécialité?

'Il nous a semblé que les maladies pouvaient s'offrir à l'observateur sous deux points de vue différents : 1» lorsqu'elles affectent une partie déterminée du corps de l'individu ; 2^ lorsqu'elles intéressent l'ensemble des lois qui régissent l'économie animale, ou même des organes destinés par leurs fonctions à jouer un rôle important dans cet ensemble.

A défaut d'une explication aussi détaillée , pour énoncer dans le tableau ci-dessus les classes af et ah , qui répondent à^ ce double objet , nous avons résumé notre définition par ces mots : malaise extérieur, malaise intérieur. Il doit donc être entendu : que, sous la première dénomination, nous comprenons un mal local s'attachant à une partie que nous pouvons atteindre avec le secours de quelqu'un de nos sens; et que sous la deuxième, nous désignons ces maladies qui sont plutôt perçues par l'esprit , à l'aide de leurs symptômes, que celles dont l'effet immédiat se manifeste à nos sens.

246 APPLICATION AUX SrJENCES.

Or, comme entre la chirurgie et la médecine il est difficile de poser une ligne précise de démarcation ; de même nos deux classes, qui sont l'image de ces deux sciences, ne lèveront pas toujours tous les doutes quand il s'agira d'introduire ou de chercher quelque jnaladie dans Tune ou dans l'autre. Cet inconvénient est-il d'une gravité inquiétante ? Nous espérons pouvoir prouver que non.

En effet, les classifications faites par l'homme sont toujours artificielles ; sans doute il aperçoit les phénomènes avec un ordre plus ou moins méthodique; cet ordre lui semble la marche de la nature, parce qu'il pénètre aisément dans sa faible raison ; mais les classifications de la nature, si elle a eu besoin de procéder par cette voie, sont trop au-dessus de notre portée , pour que notre esprit puisse s'élever jusqu'à elles. Ce que nous prenons pour une classification naturelle n'est donc pas un premier mot de cette science mystérieuse que la création a soustraite à nos investigations; c'est um mécanisme ingénieux qui réunit dans un cadre plus resserré les pièces infinies qui confondent notre raison et qui nous permet de choisir les plus importantes pour nous , de les analyser et d'en prendre une notion utile; c'est donc un véritable artifice. Or , un mécanisme artificiel a toujours uq objet en vue, un but en perspective, et celui qui conduit le plus directement à cet objet, à ce but, est sans contredit le meilleur. Jusqu'ici les maladies ont été nommées au hasard , et de ces dénominations il est résulté de véritables embarras; le but de notre classification est d'abord de remédier à cet encombrement de la science ; l'artifice à mettre en œuvre doit donc tendre surtout à faciliter la désignation des maladies par des titres simples et commodes et par des rapprochements ou analogies qui aident la mémoire et la soulagent.

Nos deux classes peuvent être considérées comme formant une seule classe dont les ordres sont divisés en vingt parties ou cases. Les vingt titres qui répondent à ces ordres sont-ils suffisamment distincts pour n'y ait pas d'incertitude dans la déduction des idées? Oui, si on envisage les idées qui rentrent dans chacun de ces ordres de la même manière ; ce sera donc aux médecins à s'entendre pour rectifier ce qui leur semblerait en dehors des principes de la science,

MÊDECIiNE. 2i!i7

d^inlroduife dans tel ou tel ordre ce qui figurerait mal à propos dans tel ou tel autre. Ces mouvements sont d'autant plus aisés à effectuer que la dernière lettre de notre série, décimale indique presque toujours : autres objets qui ne sont pas énumérés dans les divisions précédentes. On peut donc entendre sous la dénomination ah : maladies qui ne sont pas rangées dans la classe af.

Ce qui importe au nomenclateur, c'est que toutes les maladies poissent avoir leur nom d'une forme proportionnée aux autres expressions reçues dans le langage , et que ces noms présientent une définition telle qu'on ne puisse confondre une idée avec une autre.

Quant aux analogies que présentent nos vingt ordres , il est aisé de s'en rendre compte : les ordres six et sept , dans chacune de ces deux classes , sont affectés aux animaux et aux végétaux comme ces mêmes ordres dans les autres claies de cette grande division ; il suffira donc de reconnaître celles qui se présentent pour les autres ordres.

Dans la classe af :

i* Afa exprime les maladies du corps humain qui peuvent être localisées, et en les considérant dans leurs généralités les plus larges; telles sont ces maladies dites : courbature, pléthore; les inflammations , œdématie, phlegmasie; l'abruption , piqûre, entaille, rhexis; la contusion, la plaie , l'obstruction, la thiipsie, l'émaciation, la mutilation, etc., etc.

La caractéristique a est employée ici, comme dans tout notre système de classification , pour représenter les idées les plus générales de la classe, elle offre donc une analogie avec un nombre infini de radicaux.

2'' Afe exprime les maladies qui affectent la charpente du corps, c'est-à-dire les os dont elle se compose , depuis le mal pris dans sa généralité, comme l'incurvation, l'intorsion, la fracture des os longs ou plats, jusqu'aux cas les plus particuliers, comme: Tostéomalaxie , la nécrose , l'ostéosarcose , la loxarthre , l'hyperostose, elc.

La caractéristique e a ici la signification qu'elle avait dans la Domenclature anatomique des parties du corps de l'homme; en

248 APPUCATION AUX SCIENCES.

ajoutant cette lettre au corps de rbomme , yj , nous formons yje , pour désigner la charpente humaine; ype, celle de Tanimal; yce, celle du végétal; en rajoutant à af , nous formons un mot correspondant, afe, qui figure les maladies de cette charpente chez rhomme.

Z^ Afi exprime les maladies de la peau ou du tissu qui recouvre extérieurement le corps humain ; ce sont : les maux nombreux dont le tissu est attaqué, soit quils résultent d'excroissances simples: carnosilé, impétigo, etc., ou inflammatoires: erysipèle, muguet, panaris, etc., soit qu'il endurcisse la peau ou interrompe sa continuité; soit, etc.

La caractéristique i est celle que nous avons choisie pour exprimer la peau de Thomme, yji; celle de l'animal, ypi, et celle du végétal , yci ; le radical afi , comme afe , sera donc connu quand on aura eu la première notion anatomique.

&o Afo exprime les maladies de la tête de l'homme ; il annonce les maladies si variées dont cette partie si importante est le siège ; ce sont les maux qui attaquent la bouche, les yeux, le cerveau, les dents , etc.

La lettre o caractérise ici la tète; elle a été consacrée à cet emploi dans yjo, qui signifie tète de l'homme; dans ypo, tète de l'animal , et dans yco , tète du végétal (sa partie supérieure). La simple connaissance de ce mot, yjo, qui doit être d'un usage si fréquent, expliquera donc les maladies de la tète et de ses parties , afo.

5^ Âfu exprime les maladies qui ont leur siège ailleurs qu'à la tète , c'est-ànlire à toutes les parties du tronc (moins le crftne) et des membres. Ce sont les maux infinis qui sont remarqués sur les dififèrenles parties dont se compose cette seconde moitié du corps de l'homme ; maux qui, aussi bien que ceux de la tète, tombent soas l'exercice de nos sens ou sont localisés par la perception de notre intelligence.

La lettre u caractérise les maladies du corps de l'homme comme yju caractérisait le corps lui-même ; ypu celui de l'animal , et yen celui du végétal. Toutefois, dans ces trois radicaux : yju, ypu et ycu , nous ne comprenions pas les membres supérieurs et inférieurs,

parce qae les ordres yja, ypa, yc<x et yjc, ypt » yc< , doivent établir cette distinction à pari ; mais ici , ou afet et ad sont préférablement attribués aux animaux et aux végétaux , la compréhension de afu s'augmentera des affections des membres.

6<> et 1^ Les deux ordres af» et afc sont réservés aux maladies des animaux et des végétaux.

Leurs analogies se trouvent « comme nous Tavons déjà dit , à toutes les sixièmes et septièmes classes du tableau À. Cependant les sensations de l'animai ne nous ayant pas semblé ou différer de celles de l'bomme ou pouvoir être appréciées dans leurs différences, nous avons disposé de cette c^se en faveur de l'audition, ajœ. Les sensations do végétal , au contraire , si l'on peut appeler ainsi certains symptômes que l'on a cru remarquer ou que la science découvrira peut-être , sont assez iiistinctes de celles des animaux , pouf que nous laissions subsister l'ordre qui les renfermera. Les lettres u et f sont en outre les caractéristiques qui annoncent les sixièmes et septièmes grandes divisions , c'est-à-^dire qui contiennent les no* menclatnres des animaux (a) et des végétaux (<).

8» Âfy exprime les maladies qui attaquent tes muscles et les articulations: artbrilis, pedartbrocace, raphania, goutte, etc., rhumatisme musculaire , fibreux , goutteux , etc.

La lettre y caractérise les maladies de ces mêmes parties qu'elle figure dans le radical yjy.

90 Afu exprime les maladies des vaisseaux qui se trouvent dans le corps de Thomme : la pléthore des vaisseaux , l'anévrisme^ la cystirrbagie, etc.

La lettre u caractérise les maladies de ces mêmes parties qu'elle figure dans le radical yjoi.

10* Af8 exprime les maladies qu'éprouvent les sucs nourriciers qui circulent dans le corps de rborame et celles qui sont causées par les sécrétions plus ou moins vicieuses; ce sont celles ou le sang joue un rôle important : l'hémoptysie , l'hémorrhagie, l'hématurie , etc. ; celles de la lymphe, celles qui se manifestent par des excrétions plus ou moins irrégulières, solides ou liquides, etc.

La lettre 8 caractérise les maladies de ces mêmes parties qu'elle figure dans le radical yjb.

Ici commence cette série d'ordres que nous aurions pu désigner

par il, 12, i3 20; nous avons préféré les ranger dans une

nouvelle classe ab, parce que notre système décimal porte avec lui des fruits que Ton a déjà pu apprécier. D'abord la destination des deux classes, dût-elle n'être pas toujours bien prononcée, éclaire dans le plus grand nombre des circonstances et scinde en deux la difficulté de classer une idée donnée ; ensuite nous avons signalé dans la classe af certaines analogies qui dessinent nettement les ordres dans la mémoire ; or la classe ah va nous offrir des rapprochements aussi favorables à nos souvenirs. Dans le premier système, le seul guide eût été pour nous celui que nous adoptons dans toute notre théorie : le passage d'un ordre à un autre en descendant du plus général an plus particulier. Dans celui que nous adoptons, non-seulement cet avantage nous est acquis, mais en limitant à dix le nombre des ordres, nous donnons à Tintelligence qui les dicerne et à l'esprit qui les retient deux fois plus de facilité à s'exercer dans l'intérieur de la classe. Quant aux analogies, nous allons en faire comprendre quelques-unes en rappelant que notre théorie tout entière des radicaux est liée par un enchaînement continuel , et que telle ou telle notion est un premier pas vers toutes les antres connaissances.

Ainsi dans la classe ah :

1*» Aha exprime les maladies qui affectent l'humanité sans qu'il soit rigoureusement possible de les rapportera un endroit précis du corps, quoiqu'on puisse quelquefois assigner celui des organes principaux qui en est affecté. Cet ordre considère les idées les plus générales qui s'appliquent en particulier à presque tous les cas qu'offre cette classe ; telles sont : l'hypothonie, l'atrophie, l'adynamie, l'asthénie, la langueur, la contagion, l'épidémie, la crise, l'aposychie, etc.

la caractéristique a est employée ici, comme dans tout notre système de classification, pour représenter les idées les plus générales

de la classe; elle offre donc une analogie avec un nombre infini de radicaux.

2® Âbe exprime les maladies des sens considérées dans le fonctionnement de ces organes ; ce sont : l'amblyopie, ladysopie , et les maladies qui affectent la vue ; la dysécie, la barycoîte, et toutes les maladies de l'audition ; la paralysie, la paraplégie, et toutes les maladies du toucher, etc.

La caractéristique e a surtout ici la place que lui attribue l'idée générale qu'elle figure ; si la lettre u n'était pas réservée à l'ordre qu'elle doit définir préférablement, nous obtiendrions avec elle un rapprochement moins détourné. Toutefois, ainsi que nous l'avons dit dans notre deuxième volume (page k%) : a comme la vue, aje, est le principal des cinq sens , ahe ne reste pas encore sans analogie. »

30 Âhi exprime les maladies qui s'attaquent à l'organisme de la respiration , depuis l'anhélation jusqu'à l'asphyxie ; telles sont : l'orthopnée, les espèces de toux, le hoquet, la dyspnée, la suffocation, etc.

La lettre i caractérise ici les maladies de l'organisme, qu'elle figure dans le radical adi..

h^ Àho exprime les maladies dont l'organisme de la nutrition est affecté depuis les embarras gastriques jusqu'à la limoctonie ; ce sont : l'anorexie, la boulimie, la dysphagie, Tadipsie, la bradypepsie, etc.

La lettre o caractérise ici les maladies de l'organisme qu'elle figure dans le radical ado.

5^ Abu exprime les maladies dont l'organisme de la reproduction est le siège ; ce sont ces maux qui tiennent à la formation du fœtus, à la gestation, aux accouchements, etc.

La lettre u caractérise ici les maladies de l'organisme qu'elle figure dans le radical adu.

6* et 1^ Aha et ah< : noir pour ces deux ordres d'idées ce qui a été dit plus haut sur afa et afi .

Les trois ordres qui suivent ont des relations un peu plus éloignées que les précédents avec d'autres parties de la classification ;

cependant les maladies des nerfs ahy ne sonl pas sans rapports avec les muscles afy, Tengourdissement agy, et ces mouvements qui naissent de la volonté, tels que celui du toucher a}y, du coup donné avec la main apy, de la flexion du corps acy ; de même les maux de l'imagination ah» ont quelque analogie avec le sommeil ag», etc.

Mais nous avons surtout rejeté ces ordres aux dernières divisions de la classe, parce qu'ils renferment des maladies intérieures plus diflBciles à déduire des symptômes qui indiquent leurs présence ; ainsi:

S*" Aby exprime ces maladies dites névro$€$, ces frémissements, frissons , clonismes , et tous ces mouvements convulsiCi , croddismes, etc.

9* Aboi exprime ces maladies qui intéressent l'imagination , telles que les anxiétés d'esprit, les mélancolies de toutes sortes, les différents genres de craintes, de manies, d'aliénations mentales, etc.

40* Ab8 exprime toutes les maladies dites fièvres et qa*oo a nommées jusqu'ici d'après leurs symptômes ou d'après quelque caractère particulier.

Nous avons cru devoir terminer cette nomenclature par l'ordre qui représente suivant nous les maladies le moins définies. Si les maux occasionnés par les nerfs sont couverts de voiles épais, si ceux que produit l'imagination sur le corps sont cachés encore plus profondément, la signification du mot fièvre offre peut-être une idée moins nette à l'esprit. Soit qu'on cherche l'étymologie dans le latin fehris et qu'on lui attribue le sens de februare^ purifier, ou defervere brûler, soit qu'on la trouve dans le grec miptràç^ il est certain que ce mot ne présente à notre intelligence qu'un malaise intérieur dont le sang nous révèle l'existence. Puisque cet ordre est comme le complément des maladies que nous venons de passer en revue, il signifie dans notre classification : autres malaises intérieurs vulgairement nommés fièvres. Il devait donc occuper le dernier rang, et à titre de complément, pour être d'accord avec la coordination de toute notre théorie, et parce que le sang yjHg et les maux localisés occasionnés par le sang af8g, sont placés au dernier rang des classes yj et af.

MiDSClNE. 255

Les Irais premières lettres de la nomeoclature nosographique soDtdésdrmais détermlDées ; cette nomendatare n'est pas jusqu'ici fondée sur les données scientifiques que les hommes spéciaux n'auraient pas manqué d'appeler à leur aide. Peut-èlre est-ce un des avantages de notre théorie : les hommes spéciaux, en effet, se livrant, chacun à un point de vue différent , aux études qu'ils ont adoptées, tournent naturellement leur classification du côté où la science leur offre l'image de ce même horizon ; or, il est difficile que dans un cercle d'idées aussi étendu ils se rencontrent sur les mêmes séries et sur les mêmes déductions ; aussi y a-t-il des divergences d'opinions telles que l'on abandonne un système trop controversé ei que Ton s'abstient de toute classification, c'est-à-dire de tout ordre et dé toute méthode. Notre procédé offrant un encbatoemeot non interrompu entre toutes les sciences humaines, il devient indispensable d'accepter le plus grand nombre de nos radicaux, ou bien de reconstituer tout notre système sur des bases encore plus avantageuses pour l'intelligence et pour la mémoire.

En supposant donc que l'on ait accepté les bases générales de notre système et que, sauf telle modification de détail, on se soit arrêté aux vingt ordres que nous proposons, on aura la clé de tontes les maladies à l'origine même du mot qui les définira. Les expressions qui demandaient des études philologiques pour être comprises et qui ne donnaient qu'une idée si détournée de la maladie, seront remplacées par une analyse dont l'explication simple et naturelle n'arrêtera plus l'esprit à l'entrée des études médicales. Des mois du genre de ceux-ci: sténochorie, aposképarnismos, paronychie, prosphysis, cystomérocèle, pédarlhrocace, cystirrhagie, adiapneustie, œétachorèse, bériberii, parasynancie, cynorexie, hystérocystique, emprosthotonos, cutubulh, dialcipyre, dont on ne peut se faire une première idée qu'après des études longues et difficiles, sont suppléés par ceux-ci: afapid, aCevig, afidi, afoded, afupyci, afybid, atuju, af8pif, ahapa, aheluh, ahicog, ahogih, ahudi, ahyfut, ahwdac, ahHvab.

Ces mots conserveront sans doute une forme étrange ainsi que tous ceux qui n'ont pas un cours habituel dans le langage usuel ;

mais dans le cas très probable où la nomenclature des nombres les aurait adoptés, ils ne surprendraient pas plus que les noiabres mèmesdont ils sont l'expression : 191633, 192472, 19337, etc. (i).

Mais Tanalyse dans laquelle ils nous font pénétrer et dout nous connaissons déjà trois degrés, suiBt à coup sûr pour leur faire pardonner leur nouveauté. Si béribérii n'est pas connu de quelques personnes : dès la première lettre du mot abetub, elles ne confondront pas ce mot avec un objet d'art, avec un pays, une rivière, etc.; mais )a lettre a leur indiquera une manière d'être des individus; la lettre h apprendra que c'est une maladie qui n'attaque pas précisément une partie, mais l'ensemble de quelque organisme; la lettre e annoncera l'organisme de l'un des cinq sens ; les dernières lettres, qui sont du domaine de la science, définiront cette maladie qui a pris son nom dans les Indes-Orienlales. De même l'emprosthotonos ou abyfut , nous devient connu comme une maladie (ab) de nerfs (y). Le cutubutb des arabes ou ahwdac, appartient aux ma* iadies (ab) attribuées à l'imagination (6>), etc.

On peut s'assurer que tous les genres de maladie seront renfermés dans ces vingt ordres : l'oculiste trouvera celles qui attaquent quelques parties de l'œil dans l'ordre afo, et, dans l'ordre abe,ce qui s'applique à l'ensemble de cet organe. Le médecin qui s'attache spécialement aux maux de poitrine placera dans Tordre afu les maux qui attaquent telle ou telle partie de la poitrine, et dans abi ceux qui intéressent l'ensemble de cet organe, etc.

Voici maintenant comment nous déterminons la quatrième lettre de tous les radicaux qui figurent les maladies. Ces tableaux et ceux qui en découlent, tableaux que les savants peuvent modifier et même refondre complètement, montrent au moins qu'il est possible de pousser la désignation de l'idée jusqu'à la limite de la définition*

(1) Voir t'appticatioD à rarilbméUquer dans ce ▼olumc.

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