ASTRONOMIE
sur cette matière, ne peuvent rester étrangers à ces formes fantastiques, ou ils risqueraient de ne plus s'entendre entre eux : ils ont, en effet, depuis longtemps, adopté avec les anciens le nom que chaque étoile importante de la constellation peut mériter d*apré^ la place qu'elle occupe dans le tableau imaginaire d'un lion , d'un taureau , d'une vierge, etc. La nomenclature qui se déduit de semblables images ne peut assurément qu'encombrer les abords de la science et en retarder les progrès.
C'est pour avoir des idées plus rationnelles que les astronomes ont souvent recours aux lettres de l'alphabet grec pour désigner, dans nne constellation , les étoiles suivant leur éclat : « pour la plus brillante, 6, 7, etc., suivant que l'éclat va en diminuant. Cette tendance de la science se dirige précisément vers le système analytique des signes que nous proposons.
L'astronomie, s'occupant particulièrement des objets qui sont audessus de notre atmosphère, entre dans le cadre le plus général des idées que nous rangeons dans la grande division des objets naturels. Les objets qu'elle soumet à son examen auront pour initiale, dans la nomenclature, la lettre y caractéristique de cette division ; comme nous descendons du plus général au plus particulier, la lettre b représente tout ce qui est au-dessus de l'atmosphère, dont la lettre g sera la figure : c'est donc dans la classe yb que nous rangerons le ciel (ybi), les constellations (ybo), les astres (y bu), les planètes (yba), les satellites (ybf), les comètes (yby), et même la substance dite éther (yb«).
On peut établir un assez grand nombre de classifications des constellations et des étoiles, qui toutes seraient théoriques et se conformeraient aux principes de notre nomenclature. Les astro*
« irbliralres, et à moins que rimaglnation ne se crée des fantômes , comme elle « fait voir des tableaui dans les contours capricieux des nuages, on ne doit « s'attendre à trouver, dans les groupes d'étoiles, rien qui puisse rappeler la figure « ou imiter l'imago de l'objet dont la constellation porte le nom. Nous avons « preléré ne pas dessiner ces images sur les cartes, qui eussent été plus confuses • sans profit pour rinstruction,et peut-être d'un usage plus incommode, en offrant « 4 l'esprit des Idées fausses. » (FRANcaot, Uranograph(e.)
nomes 8*arrèteront sans doute à celle qui répond le mieux aux besoins de la science; nous allons seulement indiquer ici la marche qu'ib pourront adopter pour atteindre ce résultat, et, pour fixer les idées, nous en formons une d'après notre procédé.
Le radical ybo signifie constellation (I); c'est à partir de ces trois lettres que doit se trouver le nom particulier à chacune de ces circonscriptions d'étoiles.
i^ Si les constellations aujourd'hui reconnues ofi'raient par leur disposition une régularité méthodique telle qu'il fallût s'en tenir à ces configurations stellaires, la nomenclature s'effectuerait aisément: il suffirait, en effet, de ranger ces constellations dans un ordre qui permit de les numéroter ; or, nos consonnes et nos voyelles représentent des chifl'res; deux de ces lettres, si leur nombre n'excédait pas cent, trois, s'il était moins fort que mille, ordonneraient la nomenclature en déterminant la syllabe qu'il faut ajqutcr à ybo. On exprimerait par ybode la trente-deuxième constellation , et ce mot définirait l'idée auquel il serait attaché, puisque le nombre 32 serait suffisamment déterminatif.
2o Mais s'il était vrai, et nous laissons aux astronomes, qui ne confondront pas la routine avec la nécessité, de trancher cette question , s'il était vrai que les groupes d'étoiles figurant une conslella* tion pussent être remplacés par d'autres groupes formés d'un tout autre assemblage d'étoiles , il nous paraîtrait préférable d'adopter telle autre division plus rapprochée de la théorie.
On peut considérer la voûte céleste comme composée de huit quadrants, dont quatre dans la partie septentrionale et quatre dans la partie méridionale, c'est-à-dire au-dessus et au-dessous de l'équaleur. Les lettres b, g, d, v, j , p, c, t, qui en arithmétique sont les noms des chifl'res 1 , 2, 3, /i, 5, 6, 7, S, désigneraient ces quadrants; ybov exprimerait ainsi le vaste assemblage d'étoiles, ou
(i) Nous plaçons la consteUation parmi les aijeu, et non pannl les mmnièrts d'étn des objets, d*après les motifs que nous avons donnés, dans l'appUcation 4 la géographie , pour les montagnes, etc. La manière d*étre exprimée par ce mot éveille surtout Tidée des objets dont elle présente l'ensemble.
ASrRONOMIE. 335
la constellation générale du quatrième quadrant. Que Ton suppose maintenant les cercles de latitude qui diviseraient à distance égale le ciel, depuis l'équateur jusqu'aux p6les, au nombre de dix, et la portion comprise entre ces dix parties formerait les dix constellalions de ce quadrant; nos dix voyelles a, e, i, etc., Ggureraient ces bandes célestes, et ybocu serait la constellation (ybo) placée dans le septième cadrant (c) et dans la cinquième bande (u). On arriverait à des réunions d'étoiles moins considérables en partageant les bandes en dix parties, et ybodip serait alors la constellation (ybo) du troisième quadrant (d), dans la troisième bande (i) et à sa sixième division (p).
Dans ce système, le point de départ des quadrants pourrait être choisi de manière ou à correspondre avec le méridien qui sert à la division des quadrants du globe terrestre, ou à faciliter Tétude des corps astronomiques par quelque disposition spéciale.
Vétoile est définie par le radical ybu ; or, la continuation de ce radical s'effectuera par le procédé employé pour les constellations : de cette façon, dans notre première hypothèse, ybude serait le nom de toute étoile située dans la trente-deuxième constellation (de) ; dans notre second système : ybucu serait une étoile (ybu) appartenant au septième quadrant (c) et à la cinquième bande (u). Là ne se borne pas la définition des étoiles ; pour former le nom de chacune d'elles, on peut suivre le procédé connu sous le nom de grandeur : la consonne b s'appliquera aux étoiles de première grandeur, g k celles de seconde grandeur, etc.; ybucug exprime donc toute étoile de seconde grandeur qu'on rencontre dans la cinquième bande du septième quadrant. Ces étoiles, étant maintenant comptées pour chaque grandeur, comme nous avons fait en géographie, c'est-à-dire en commençant par celles du nord et en passant de l'est à l'ouest, seront déterminées par les lettres qui suivront les caractéristiques b,g,d,e[c.
Puisqu'il nous a été possible de former le nom de chacune des étoiles qui sont attachées au firmament, nous ne pouvons pas être embarrassé pour faire la nomenclature des planètes , de leurs satellites, des comètes, ou de tous autres corps que la science astronomique voudrait énumérer.
La consonne qui suit les radicaux yba planète, ybi satellite, et yby comète, et la voyelle qui suivra celle-là devront pendant de longues années probablement suffire à cette nomenclature : car elles définissent cent sortes de planètes, de satellites et de comètes. Tontefois, les satellites emprunteront aux planètes qu'ils desservent les premiers caractères ; ce qui pourra prolonger leur nom. La terre étant, comme planète, définie par le motybav, la lune sera suffisamment représentée par ybcv; mais si une planète figurée par deux lettres avait plusieurs satellites , ces deux lettres qui suivent ybcc se trouvant reportées à ybs pour déterminer de quelle planète on désigne les satellites, forceraient à recourir à une nouvelle consonne : ybabi indique la planète numéro treize, elybcbi les satellites de cette planète; ybcbib, ybcbig, ybcbid, etc., seraient donc le premier, le deuxième, le troisième, etc., de ces satellites.
Toutes les applications qui précèdent ont eu pour objet des études dont la matière était fournie par la nature ellemême ; notre nomenclature universelle procurait à ces branches de nos connaissances , outre les avantages (Nrédeux qui naissent d'un langage vraiment théorique , des ressources inconnues peut-être jusqu'ici pour énumérer les idées que la création éveille dans l'esprit de l'homme. Ces idées, dont le nombre est infini, avaient besoin d'être recueillies dans un système méthodique qui, en les coordonnant, facilitât le travail de la mémoire et de l'intelligence, sous peine de voir s'arrêter l'essor de ces deux facultés dans les investigations qu'elles se proposent sur les phénomènes naturels.
Dans les applications qui suivent, tant dans h première que dans la seconde partie, nous n aurons à mettre en
ordre que les matériaux mis au jour par la puissance sociale; quelque nombreux que soient ces éléments créés par Thomme, ils portent son cachet, c'est-à-dire la marque d'un pouvoir limité. Notre nomenclature n'a donc pas ici autant de services à rendi-e que dans les études qui précèdent; mais peut-être reconnaîtra-t-on encore comme salutaires les innovations qui résultent de notre système ; dans tous les cas, ces applications jetteront un nouveau jour sur le profit qu on doit i*etirer d'une théorie du langage, et elles engageront les lecteurs sérieuib à faire un examen attentif de notre Cours complet de Langue uni-' verselle.
Marine.
Dans Fétat actuel de la société « la science du marin donne naissance à une langue toute spéciale et qui ne s'acquiert qu'après un assez long temps d'étude ou de pratique; cette langue, composée d'éléments hétérogènes chez presque tous les peuples, n'offre à l'esprit de ceux qui veulent s'y faire initier que des sons incohérents jusqu'au moment où les phénomènes énumérés par chacun des mots leur sont devenus familiers ; elle ne vient en aide à la mémoire par aucun travail de l'intelligence, et elle ne seconde l'intelligence par aucun de ces secours que la théorie devrait offrir au moyen des termes usités. Gomme les autres branches de nos connaissances, celle-ci peut donc recevoir une amélioration qui ferait mieux comprendre par les hommes sans expérience les idées générales qu'elle embrasse, seconderait les efforts des novices, et donnerait carrière à l'enregistrement de tous les progrès ultérieurs.
Les faits qui dépendent de la marine sont de deux sortes : i^ les objets qui sont consacrés à cette spécialité ; S** les idées que suggèrent les connaissances et les travaux nécessaires & ce genre de locomotion. Cette division est celle que nous avons adoptée sous le titre d'objets et de manières d'être des faits ou des objets {voir notre application générale au commencement de ce volume).
i^ Les objets spécialisés par la marine sont définis dans le langage d'abord par Fidée de V objet artificiel de nécessité secondaire : elle est exprimée par le radical 8, et ensuite par la consonne c, qui, suivie des voyelles fortes a, s, y, w, » (prononcez â, ê, ain, ô, ou), détermine les objets qui sont employés dans la locomotion sur l'eau. L'eau, la mer et tous les objets naturels qui ont des rapports immédiats avec cet élément, étant définis par les radicaux yda, ydg, ydy, ydw et yd», le lien qui devait unir les objets artificiels au but de leur formation sera maintenu à l'aide des radicaux 8ca, bcg, 8cy, bC(à et 8c8. Jusqu'ici ces objets sont déjà enchaînés aux objets naturels par la voyelle finale qui reste la même, et aux objets artificiels par la voyelle initiale 8 qui les caractérise tous.
Il faut maintenant distribuer dans ces cinq ordres les objets que nous coordonnons, de manière à ce qu'ils se retrouvent aisément Or, si nous adoptons des dispositions qui nous sont familières, parce qu'elles se présentent fréquemment dans notre système, nous aurons atteint ce but.
Notre premier ordre 8Ca s'appliquera, comme tous les premiers ordres de nos séries, à la partie la plus générale des objets que nous envisageons ; c'est ce que nous exprimons sous le titre : objets proprement dits de navigation. Dans cet ordre, nous plaçons le navire lui-même : vaisseau , bord ; les différentes espèces de bâtiments : goélettes, pataches, lougres, brigantins; les navires de guerre : frégates, corvettes, sloops, brûlots ; les bâtiments destinés aux rivières, etc.
À partir de cet ordre, nous descendons du plus général au plus particulier, et comme cette marche est suivie dans tout notre système, nous rencontrons naturellement des analogies avec les ordres distingués par les mêmes lettres dans les autres parties de la classi-
firation. G*est ainsi que nous examinons d'abord Yextét-ieur d'un navire, 8cc» puis son intérieur, ^$cy, que nous cherchons les rapports qui l'unissent aux objets environnants, Hctù^ et qu'enfin, sous le nom d'accessoires, nous prenons possession des objets qui ne sont pas renfermés dans les quatre ordres précédents.
Le petit tableau suivant fera voir comment notre division des genres permet de renfermer dans ce cadre tous les objets relatifs à la navigation :
HCo.
»cy.
»Cû).
objets de navigatioii proprem'dits
objet à rextérieur du bâtiment.
sar le deTant
objet à l'intérieur du bâtiment.
objet qui met aveclenvage
accessoires.
grands bâtiments.
cordages.
pour tirer.
charge a transporter
bâtiments moindres.
sur rarrière.
voile.
planches sur Teau.
dans la partie supérieure.
mâture.
pour
mesurer la
vitesse.
bureaux sur navires.
bâtiments de guerre.
dans la partie inférieure.
étages.
instrumenu.
bâtimenu de rivière
dans la partie décote.
chambres.
bâtiments de transport.
qui sert au mouvement du bâtimcnu
provisions.
pour abordage.
petite embarcation.
qui retient le bâtiment.
signaux.
signaux.
pour châUer les matelots.
bâUment dépêche.
meubles.
débris d*obJets.
suite de détérioraUon
bâtiment spécial.
spéciaUté.
spécialité.
spécialité.
spéciaUté.
Le radical 8cad signifie un bâtiment de guerre , »c$d l'arriére du vaisseau, 8cyd la voile, 8caiV l'instrument nommé lock, 8c($de un radeau, etc. Il est donc aisé de reconnaître à l'aspect de ces genres quelles sont les quatre premières lettres d'un objet quelconque relatif à la navigation ; il n'est pas moins aisé de comprendre que
340 APPUCATION AUX S<:iENCES. '
tous les mois usités aujourd^lioi ou que les besoins nouveaux intro* duiront dans ce service ont leur dénomination assurée ; les cases intitulées accessoires et spécialités font une ouverture on peuvent se faire jour les idées les plus nouvelles ou les plus imprévues.
^ Les manières éTètre des faits ou des objets auxquels la navigation donne naissance doivent, autant que possible, trouver aussi un lien qui les unisse aux autres manières d'être, et qui, en même temps, les rapproche des objets créés par ce besoin social.
Or, dans les cinq manières d'être servant de base à notre système, celle des individus pris dans leurs rapports mutuels convient évidemment à ces idées : car si l'individu peut, dans l'isolement, se livrer à la locomotion sur l'eau , il est certain que c'est là une exception, et que la navigation suppose des efforts faits en commun pour résister h un élément puissant, pour nouer des relations internationales, pour transporter au loin les merveilles de l'industrie et en faciliter les échanges.
La première lettre de ces radicaux sera donc la voyelle e; ici l'analogie avec les objets de navigation ne peut être plus frappante : car nous donnons à ces nouvelles idées les mêmes caractéristiques que celles dont le tableau ci-dessus offre l'exemple , c'est-à-dire la lettre c suivie des voyelles fortes a, t, y> », n. Les radicaux 8c«y »Cf , 8cy, 8ccj et 8cb vont donc maintenant donner lieu à ceux des manières d'être : eca, ecs, ecy, ec» et ec8.
Pour que ces analogies se poursuivent aussi loin que possible, eca figure les manières d'être de la navigation proprement dite : ses dispositions, ses préparations, sa législation, etc. ; ecc les manœuvres extérieures qui font quitter le rivage, entrer au port, conduire le navire, etc. ; ecy les manœuvres intérieures qui atteignent le même but et font exécuter au navire tant de mouvements divers, qui utilisent ou mettent en ordre les matériaux au service du navigateur, etc. ; ec6> les résultats de ces manœuvres, leurs avantages ou leurs désavantages, les transports des passagers, des marchandises, etc. ; ec8, enfin, les emplois destinés aux navigateurs pour maintenir l'ordre par la hiérarchie sur les bâtiments de commerce ou de guerre, etc.
3/il
Les analogies sont manifestes pour les deux parties dans lesquelles nous divisons la science de la navigation ; mais elles ne sont pas moins sensibles dans le lien qui rattache les sciences entre elles. On pourra s'en convaincre en jetant un coup d'œii sur les deux cadres par lesquels nous terminons notre application à la Médecine, et en comparant à ces deux tableaux celui de la page 339 et celui qui suit :
eca.
ec«.
ecy.
ecu.
ecî5.
narigatioii propr'dite.
manceuTre extérieure.
manœuTre intérieure.
résultat.
emploi
sa
prépantioii.
pour remuer lenaTire.
pour mettre Perdre.
supérieur.
lesdiTerses espèces.
pour le commerce.
le port
pour vider le navire.
servant à protéger.
inférieur.
conduire le navire.
conduire le naviie.
servant au commerce
de commerce
sa législatioo
pour entrer dans le port.
pour
soulager le
navire.
droit à payer
pour
l'obtenir.
desimpies particuliera.
sa situation.
pour arrêter.
pour s'arrêter.
pour le début
son irrégularité.
sur une riTière.
sur une rivière.
sur une rivière.
sur une rivière.
des particuliers.
pour placer dans le port.
pour rester dans le port.
avantageux.
ses Ciulas.
pour charger lenafire.
pour charger le navire.
fâcheux.
reUgieux à bord.
spédaUté.
spédaUté.
spécialité.
spécialité.
mUitaire.
Les genres d'idées contenus dans ce tableau , ou les cases qui définissent la quatrième lettre des radicaux « sont déterminés par des consfdérations qu'il serait trop long d'énumérer ici, et qui prennent leur source dans la classification des atitres parties de notre système. De même la partie grammaticale qui s'empare de radicaux pour les convertir en verbes, adjectifs, participes et ad-
3Û2 APPLICATION AUX SCJENCES.
verbes , ou pour leur faire subir les modifications présentées dans le deuxième volume de notre théorie, serait trop longue à développer ; nous renvoyons le lecteur aux applications précédentes et à l'ouvrage qui rend compte de tous ces détails.
S ni.
CSaerre.
La science de la guerre» si les vœux des amis de la paix se réalisaient, disparaîtrait du code des nations civilisées ; mais jusqu'à ce que rbumanité entière marche d'un même pas dans la même voie morale, civile et religieuse, et tant que des mœurs, des institutions, des dogmes religieux pourront être imposés par la force brutale, il faudra repousser la violence par la violence, et mettre au service de la guerre les ressources de l'intelligence et de la science. Le temps n'est donc pas encore venu où le langage répudiera les expressions dont se compose la théorie de la guerre; peut-être même la science de la destruction doit-elle faire des progrès nouveaux et nous entraîner vers un avenir inconnu et providentiel. Quoi qu'il en soit, cette étude existe; elle a, comme les autres, un langage qui n'est dirigé par aucun système méthodique ; elle profitera donc , comme les autres, de termes déduits régulièrement qui sépareront sa théorie de tout ce qui lui est étranger, initieront facilement les étudiants à sa nomenclature, et enregistreront les inventions ou les faits nouveaux.
Suivant notre procédé théorique, qui divise les idées contenues dans le langage en deux grandes catégories , les idées exprimées par les besoins de la guerre se sépareront en deux parties : {<> celles qui concernent les objets dont elle fait usage ; 2^ celles des manières d'être des objets ou des faits relatifs à ses opérations.
Les objets propres au service militaire sont d'abord distingués de tous les autres objets par la voyelle 8, qui définit les objets artificiels de nécessité secondaire ; parmi ces objets, leur nature spéciale et exceptionnelle les a fait rejeter à la dernière classe ; ils sont figurés par la lettre h ; »h annonce donc, au commencement d*un
GUERRE. 3/!l3
mot : Tobjet uliie à la perre ou l'objet consacré aux opérations militaires.
Après avoir pris possession de son rang dans la théorie générale des idées et du langage , la guerre se rattachera encore aux autres parties de notre système par ses subdivisions ; toutefois, elle suivra autant que possible l'analyse qui nous fait descendre du plus général au plus particulier.
i^ Les objets de guerre proprement dits, 8ha, s'appliquent aux constructions plus ou moins considérables où l'on pratique la devise : si vis pacem, para hélium ; ce sont les lieux où sont réunies les troupes pour être exercées aux mouvements militaires , pour y habiter, pour se maintenir en temps de paix au régime de la guerre. Les premiers objets plus particuliers qui s'offrent à la vue sont les machines de guerre, les projectiles et ces nombreux moyens d'attaque ou de défense que le soldat porte ou traîne avec lui : ils sont rangés dans les ordres deuxième et troisième sous le nom 8he pour \^% armes à feu , et 8hi pour les instruments dits armes blanches. Les divers ustensiles qui sont indispensables pour se servir de ces armes forment un ordre assez complet , ce sont : les supports des différentes armes, ce qui aide à charger les armes, à mettre le feu aux canons, etc. ; ils sont contenus dans l'ordre 8ho. Le vâtemeiu militaire, 8hu, renferme une série considérable d'objets anciens et modernes. ,
Jusqu'ici nous nous sommes attaché aux objets qui sont en rapport plus immédiat avec l'homme de guerre, nous allons maintenant embrasser dans le cadre des voyelles fortes les objets qui, tout en le protégeant et en lui rendant de grands services, ont un contact moins rapproché de l'individu lui-môme, ce sont : les remparts, 8ba, tels que boulevards, bastions, banquettes, terre-pleins, etc., et tout ce que la science de Vauban a pu imaginer pour fortiûer les villes ; les munitions de guerre, bhs, qui accompagnent l'armée en campagne ou restent en dépôt pour se retrouver au besoin ; les ^tgnaux militaires, 8hy, depuis la télégraphie électrique appliquée aux armées jusqu'aux enseignes, drapeaux, et même jusqu'aux tambours ; les autres objets de défense, Hbu, ce sont tous ces matériaux
qui, sans dépendre absolument des remparts, servent à garantir contre les attaques et à repousser Tennemi : chevaux de frise, puits, etc. ; enfin, sous le titre accessoires, tihs^ nous coordonnerons tous les objets qui offrent une particularité tellement spéciale qu'ils ne peuvent trouver place dans les ordres précédents. D*après cette énumération :
8ha définit les objets de construction servant h loger et abriter
le soldat.
8he — les armes à feu.
8hi — les armes blanches.
rsho — les objets utiles au maniement des armes. 8hu — les vêtements militaires.
bha — les objets de fortification, bht — les munitions de guerre, bhy — les signaux militaires. bïkoà — les autres objets de défense. 8h8 — les objets non compris dans les ordres précédents.
Les huit premiers ordres suffisent à la rigueur pour ordonner et classer tous les objets dont peuvent se servir les gens de guerre; les deux derniers ordres sont une réserve pour les éléments nouveaux que Ton viendrait à imaginer à Tusage des combattants, et qui ne pourraient prendre place dans les cases précédentes.
2* Les manières d'être i*elatives aux faits militaires relèvent évidemment des manières d'être des individus dans leurs rapports mu^ tuels : car la guerre doit son existence aux imperfections des rapports sociaux. La caractéristique e sera donc l'initiale de tous les radicaux que nous cherchons. La consonne qui suivra devra relier entre elles les deux parties que nous distinguons dans cette science; elle sera donc h, comme celle des objets dont nous venons de dresser le répertoire.
Ces deux lettres eh (prononcez éch) sont ainsi les manières d'être relatives aux faits militaires ; celles-ci entrent dans l'unité du langage à l'aide de la voyelle e, et dans Tunité scientifique qu'elles composent par la consonne h.