‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 52 sur 90 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

Cnlie.

Le culte, comme toutes les branches des sciences que nous avons étudiées, doit subir la division propre à noire système : on peut considérer en effet, dans les idées auxquelles il donne naissance, celles qui figurent les objets et celles qui résultent des manières d'être des objets ou des faits,

1* Les objets consacrés au culte sont en partie répandus dans nos diverses divisions d'objets, puisque, dans certaines religions, on offre à la divinil^ : des animaux (a) ; les prémices de la terre , les plantes, etc. (c); des objets naturels, soit des membres d'animaux, soit des minéraux, soit même des portions de terre, devenues des bois sacrés, etc. (y) ; des objets artificiels de nécessité première, tels que demeure, nourriture, vêtement ou mobilier (o)). Lors donc que le culte empruntera quelques-uns de ces objets, il restera dans la catégorie que nous lui assignons, et le radical conservera la forme dont ces divisions l'ont revêtu. Mais lorsque l'objet artificiel sera spécialement affecté au culte, il appartiendra d'abord à la division des objets artificiels de nécessité secondaire, 8, et ensuite, dans cette division, à la classe qui définit les objets de culte, f ; 8f sera donc l'indice de ces objets, au commencement d'un radical.

S'il est nécessaire de justifier le rang que nous donnobs au culte dans notre classification , nous dirons : le langage étant avant tout une œuvre pratique, ses parties usuelles doivent précéder celles qui , malgré leur importance , ne s'offrent pas aussi fréquemment dans le cours de la vie. Ce raisonnement nous a fait placer la guerre après le culte, parce que celle-là est une malheureuse exception dans Texistence sociale; sans cette considération, qui est d'accord avec l'économie générale de notre système, nous eussions rangé le culte à la dernière classe de la série décimale, comme le couronnement des classes précédentes. Un autre motif nous engageait encore à réserver la dernière place à la guerre : on ne peut alBrmer que l'humanité soit toujours disposée à l'admettre parmi les éléments sociaux ; or, s'il arrivait qu'un jour les idées morales et religieuses

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eussent assez d'empire sur la terre pour faire disparaître complètemeut ce fléau, rien ne serait dérangé dans la disposition des classes qui précèdent, et les radicaux eh et bli représenteraient, comme cela a eu lieu si souvent dans notre classiGcation, par le mot spécialité, les manières d'èlre ou les objets qui ne sont pas renfermés dans les classes dont celle-ci est le complément.

Les objets relatifs au culte sont donc reliés par la voyelle 8 aux autres parties du langage, et spécialisés par la consonne/*; les lettres qui vont suivre, tout en pénétrant plus intimement dans le sanctuaire même du culte, peuvent être ménagées de manière à figurer des rapports qui nous soient déjù familiers : de sorte que Tanalyse s'effectuera facilement et se gravera profondément dans la mémoire.

Or, parmi les cultes, celui des chrétiens doit avoir la prééminence; nous disposons pour lui seul de nos cinq voyelles douces a, e, i, o, u, et nous laissons à tous les autres nos voyelles fortes a, c, y^ 6>, 8. Cette différence dans les sons en établit une pour la nature des cultes, mais non pas pour les idées figurées par les lettres correspondantes. En effet :

a et a renferment les objets du cuite dans leur plus grande généralité ; ce sont les objets consacrés ; chez les chrétiens, 8fa est la partie initiale des radicaux qui désignent : Tautel, Thostie, les saintes huiles, Feau bénite, Fostensoir, le calice, etc. . 8fa, 8ra.

^ et f les parties extérieures des constructions religieuses : portail, parvis, clocher, flèche, etc 8fe, 8fc.

t et y les parties intérieures : nef, chapelle, cloître, sacristie, tribune, etc 8fi, 8fy.

<> et o les objets qui , sans être consacrés, sont utiles à la célébration du culte : baldaquin, lutrin, encensoir, cierge, ciliée, etc 8fo, 8f«.

ti et 8 les vêlements des personnes qui célèbrent le culte chrétien : tiare, mttre, barrette, camail, chape, etc. ... 8fu, 80s.

Celte division n'est pas seulement la même pour le culte chrétien et pour les autres cultes; elle est analogue à celle que nous adoptons pour la médecine, pour la navigation, pour l'agriculture et pour 1 industrie. Voici le tableau qui présentera la quatrième lettre de ces radicaux :

A0TRE8 COLTIÛS.

CULTES CBBfiTlENS.

RB

Ht

Isi

Pli

Ss.'S

rt c Dr» <t

CA

fi

pi

fi

3 cr.

Sg-

350 APPLICATION AUX S;:iEiNCES.

Non seulement tons les objets jelalifs à tous les cultes sont renfermés dans les cases de ce tableau ; mais les nombreuses lacunes qu'on y remarque, et le dernier genre de chaque ordre « sous le nom de spécialités, sont aulant de réserves qui permettraient d'enregistrer tout ce que Tavenir produirait pour des cultes nouveaux.

D'après cette disposition, le radical »rad se définit : un objet artificiel (8), relatif au culte (f), faisant partie des objets consacrés chez les chrétiens (a), et spécialement de certaine nourriture d'un caractère religieux (d) ; la voyelle suivante définira Tespèce de nourriture, soit rhoslie, soit le pain bénit, soit, chez les chrétiens non catholiques, la nourriture ofierte en commémoration de la Cène. Les roots i$fsg, 8ffd se définiront : l'objet artificiel (8) faisant partie du culte (f) non chrétien, et en particulier d'un temple (s) ou juif (g) ou musulman (d), c'est-à-dire une synagogue ou une mosquée.

Si des objets nous passons aux manières d'être des objets et des faits, nous les trouvons contenues dans trois de nos grandes divisions : celle des rapports mutuels des individus entre eux, celle du monde moral et celle des idées relatives au langage. Chacune de ces trois grandes divisions renferme une partie essentielle des idées et des mots que le culte tient à sa disposition.

Or, nous avons annoncé, en commençant cet article, que noos nous attachions dans cette application aux idées qui concernent plus spécialement le culte, c'est-à-dire que nous ne touchons pas à la théorie religieuse ou à la théologie. Les idées du monde moral , que nous caractérisons par la lettre t^ ne seront donc pas traitées ici ; elles sont, comme la philosophie, la source d'études scientifiques dont la nomenclature sera facile h faire, à l'aide de notre procédé, quand la classification ne sera plus débattue , comme elle l'est aujourd'hui, par les opinions les plus opposées. En attendant « chaque religion ou chaque secte religieuse trouvera dans la division t^ et dans les deux autres que nous allons traiter, tous les éléments nécessaires pour former théoriquement toutes les dénominations dont elles ont besoin de faire usage.

Les manières d'être des objets ou des faits relatives : i*" aux rapports mutuels des individus entre eux; 2* au langage; voilà les

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deux points sur lesquels il nous reste à ordonner des dénominations.

1« La voyelles, caractéristique des rapports mutuels des individus entre eux, sera dobc Tiuitiale des faits qui constituent le culte public.

L'analogie entre les objets et les manières d'être du culte s'établira à l'aide de la consonne f; ef annoncera donc les manières d'être du culte comme 8f énonçait les objets qui lui sont propres. Ces deux lettres rattachent les parties d'une même branche entre elles par l'articulation f, et la science elle-même & celle du langage par la voyelle b.

Comme pour les objets, nous affectons les voyelles douces qui suivent la lettre /"à la figuration des manières d'être du culte chré^ tien, et les voyelles fortes & celles des autres objets. Nous n'avons plus, dans la désignation des ordres, que des analogies plus éloignées ; cependant ils conservent un certain parallélisme avec ceux des objets : en effet, dans la partie la plus générale (a), ce sont le» religions elleS'^mêmes prises dans leur ensemble ; le second ordre, e, représente, sous le titre de dogmes, les faits extérieurs, qui manifestent les croyances ; le troisième ordre, t^ figure les faits qui se passent dans l'intérieur des temples, sous le titre de solennités chrétiennes; le quatrième ordre, o, consacré à Y administration ecclésiastique, rappelle encore en quelque sorte les objets d'utilité qui formaient notre quatrième ordre, 8fo, puisque cette administration est de la plus grande utilité pour maintenir régulièrement, et dans l'ordre respectif de leur importance, les faits que l'on rapporte au culte. Enfin, le cinquième ordre, u, est réservé aux emplois qui doivent résulter de l'exercice du culte ; il n'y a d'autre analogie pour ce dernier ordre que dans les individus qui, occupant les emplois, reçoivent les vêtements distinctifs de leurs fonctions.

La seconde fraction de cette série décimale est aussi, comme précédemment, entièrement conforme à la première ; le tableau des^ ordres de la classe ef peut donc se formuler ainsi :

efa culle proprement dit des cbrétieos.

efe faits des dogmes chrétiens.

eO solennités chrétiennes,

efo administration du cuite chrétien.

e(\x emplois du culte chrétien.

^ I ^. ^ efa cultes proprement dits autres que le culte chrétien.

cfi faits des dogmes non chrétiens.

efy solennités non chrétiennes.

eL> administration non chrétiennes.

ef8 emplois des cultes non chrétiens, flette similitude dans les ordres des voyelles douces et fortes, et l'analogie entre les radicaux efn, efe, efi, etc., et ceux bfa, »fe, 8fî, etc., abrègent singulièrement Tétude de ces dénominations en favorisant Tintelligence et la mémoire.

La quatrième lettre, qui définit les genres d'idées, fera encore reconnaître diverses analogies; elles vont être rendues sensibles par le tableau suivant, qu'on peut comparer avec le tablean EP :

ACTBIS CULTES.

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