‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 70 sur 90 · NOMENCLATURE DES RCHS ET DES ROUTES. U · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE DES RCHS ET DES ROUTES. U

a leur situation même, soft à leur destination ; ici encore se révèle « cet esprit français aussi vif et sagace que plaisant et rieur: la rue a des Poissons mène à la rue de la Grande Ritière ; la rue des a Tourneurs au couvent des Derviches; la rue Farine, la rue a Distribution, la rue Légumes, au Magasin central; la rue a Salpêtre au Magasin a poudre ; la ruu Biscuit au Magasin des « viYRES ; la rue du Sapeur à la direction du Génie ; la rue du <K Chat qui se jette dans la rue du Rat ; la rue de Y Ambulance et « la rue Quinine entourent le Petit Hôpital ; enfin la plus grande c place s'appelle Place du Maréchal, et la plus large rue, Impéc riale, •

Après le départ de Tarmée française, que restera-t-il de toutes ces dénominations aqx habitants? Une excellente idée d'ordre, car c'est un bienfait de la guerre de civiliser les masses par les masses ; mais si, comme il est probable, ils traduisent dans leur langage la signification de l'expression française, ils se trouveront aussi avancés que nous le sommes en Occident ; c'est-à-dire qu'il leur faudra un précis historique pour justifier chacun de ces noms bizarres, et qu'après cette connaissance ils n'offriront aucune donnée précise aux étrangers pour les diriger dans les détours multipliés de leurs rues.

Quelques efibrts ont été tentés^ nous le savons, pour faciliter la circulation dans certaines grandes villes ; mais ils sont restés infructueux, parce que ces essais reposaient, comme ceux de l'armée française, sur des considérations transitoires qui ne peuvent rien fonder de durable. On a été plus heureux dans la désignation des maisons d'une même rue : pour atteindre cet objet, les chiffres ont été surtout mis à contribution, parce que c'était sur eux seuls et sur la numération qu'on pouvait asseoir une classification uniforme. Or avec la langue universelle nous retrouverons tous les avantages de la numération décimale ; mais nous nous procurerons en outre un secours merveilleux pour l'intelligence, pour la mémoire et pour la parole.

Ârrètons-nous d'abord à la question relative aux rues d'une ville, et |K>80n8*nous le problème suivant :

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Désigner les rues d'une ville par des noms composés de telle façon qvCun habitant ou un étranger puisse, à la simple inspection de ces noms, se transporter sur tous les points de la ville par la ligne fa plus directe, et sans avoir recours à aucun autre intermédiaire^

Avant d'attaquer la solution de ce problème^ nous ferons remarquer que pour celte nomenclature, comme pour toutes celles qu'embrasse notre (béorie générale, nous ne détruisons en aucune sorte ce qui existe pour y substituer un système entièrement nouveau ; nous laisserions au contraire subsister ici provisoirement le nom des rues, et nous voudrions seulement ajouter au-dessus ou audessous de leur désignation des mots de trois à sept lettres qui seraient pour ainsi dire les noms de famille de ces moyens de communication. Que ceux qui attachent un prix exagéré à leurs habitudes, ou qui revendiqueraient pour eux et leurs parents des dénominations qui ont été souvent la récompense du mérite et de services rendus au public , se tramquillisent donc t Nous avons rencontré dans la solution de cette question ce que nous offrons dans toutes les parties auxquelles touche la langue universelle : uq moyen de perfectionner ce qui existe, plutôt qu'un moyen de le remplacer; une transformation qui permet à chacun, ou de conserver à son gré la nomenclature reçue, ou d'en accepter une nouvelle et plus raisonnée; enfln, une théorie qui reste parallèle à la pratique et tend surtout à conduire à celle-ci par le secours d'un mécanisme aussi simple que commode.

Nous n'avons pas à nous étendre sur l'utilité qu'on devrait retirer de la recherche à la quelle nous nous livrons : il n'est pas une seule personne qui n'ait éprouvé, dans quelque ville, l'embarras auquel nous apportons un remède; non seulement les étrangers s'égarent dans le labyrinthe des rues de Paris, et n'osent s'aventurer au-delà des limites rapprochées du lieu où ils sont descendus, mais les habitants eux-mêmes, éloignés des quartiers où ils ont leur domicile, font de longues routes et perdent un temps prédenx avant d'avoir atteint le but vers lequel ils se dirigent péniblem^t.

Deux cas se présentent à notre examen : ou la ville dont il Ceiat nommer les rues est percée régulièrement, ou elle est percée trré-

yuliiremenu La solution du problème, dans la première supposition, s'appliquera si aisément à la seconde hypothèse que nous invitons le lecteur à s'attacher attentivement au § I*' qui donnera la def du second.

SI*'

IVomeiielatvre des r«M d'one ville pereée ré^llèrement*

Des circonstances variées président à la création des villes : ce sont tantôt des besoins naturels, tantôt des besoins artificiels, quel* quefois une attraction causée ou par les ressources des lieux, ou par les hommes puissants, tels que les souverains qui fixent leur résidence sur tel ou tel point du sol, et déterminent les familles à s^établir dans les lieux oii les appellent leurs intérêts. La présence des sources et surtout des rivières et des fleuves a le plus souvent engagé les populations à fonder des agglomérations de maisons qui sont plus tard devenues de «grandes cités. Le hasard présidant d'abord à ces établissements, et souvent le même hasard concourant aux progrès ultérieurs, il en a dû résulter que toutes les viiles sont plus ou moins irrégulières dans leurs constructions; que les rues sont percées sans méthode et sans discernement, et que les ouvertures pratiquées plus tard pour corriger ces premiers vices laissent toujours subsister de grands défauts, tant pour la salubrité que pour la satisfaction des yeux et du goût. Les types ou modèles que l'on pourrait présenter seraient donc, dans le plus grand nombre de cas, d'une difficile application. Il n'en est pas moins vrai qu'ils doivent être présents à l'esprit de ceux qui entreprennent plus tard les rectifications des cilés construites, dans leur début, sans principe et sans prévoyance.

Le cas le plus commun étant celui où les habitants ont recherché les fleuves ou les rivières, nous devons nous demander quelle est la forme la plus régulière des villes construites ainsi en vue d'un élément qui est d'un si grand prix dans l'existence môme de la so-

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ciété. Or le cours du fleuve, redressé au besoin ou livré à son irrégularité, ne peut manquer d'avoir une grande influence sur celte forme. Pour profiter des avantages qu'il procure, les constructions se dresseront sur les deux rives, et elles s'étendront à droite et h gauche, en amont et en aval, aussi loin que les obstacles ne viendront pas entraver leurs progrès. Le fleuve lui-même étant, à l'origine, le point de départ de la coordination des maisons et des rues, doit conserver le rôle principal dans la disposition qui y maintiendra l'ordre et la régularité. C'est, en eflet, ce que l'on voit presque partout : h Paris, par exemple, les numéros des maisons sont disposés de manière que, suivant la disposition des rues par rapport à la Seine, ils aillent en croissant ou en décroissant. La règle adoptée à cet égard nous a semblé fort convenable et facile à retenir : pour les rues qui sont parallèles au fleuves, les chiffres vont en croissant en suivant le cours de la rivière, ou en décroissant eo la remonlant^t^et, dans les rues perpendiculaires au fleuve, les chiffres vont en montant ou en descendant, suivant qu'ils s'éloignent ou se rapprochent des quais. Cette convention fort simple, et celle qui consiste h considérer la droite oula^gauche d'une rue par la progression ascendante des numéros, et à placer les chiffres impairs sur les maisons de gauche et les chiffres pairs sur celles de droite, constituent jusqu'à présent tout le système arrêté dans celte capitale pour en donner la clef. Il est facile de reconnattre combien ces mesures sont insuffisantes, et pourtant, par les services qu'elles rendent journellement, on doit comprendre combien il serait utile de pousser plus loin une semblable méthode, c'est-à-dire de procéder à la classiGcation des rues.

La raison et l'usage sont donc d'accord pour faire considérer le fleuve qni traverse une grande ville comme la ligue médiane, on dirait presque la colonne vertébrale d'où partent et se ramifient les parties symétriques qui en font deux moitiés bien distinctes. Nous supposerons naturellement que, de chaque côté du fleuve, la ville régulière dont nous nous occupons s'étende d'une manière semblable ; il en résultera que la distribution des rues, dans une de ces moitiés, conviendra également à l'autre.

Nous voici donc conduits à considérer les rues qui s'étendenl d'un seul côlé de la rivière. Ces rues, si elles sont disposées régulièrement, seront perpendiculaires ou parallèles au fleuve : on ne voit pas, en eflfet, pourquoi on en admettrait d'obliques ; pourquoi elles auraient plutôt telle inclinaison que telle autre, etc.^ Au reste, nous n'envisageons pas ici les nécessités locales, le besoin d'échapper à un vent fâcheux, à une exposition défavorable, etc. Dans notre thèse générale, nous n'entrerons d'abord dans aucune exception, parce que nous donnons ensuite le moyen de faire face à toutes celles qui se présenteraient.

Le problème est ainsi ramené à cette forme :

Déterminer dans une ville les noms des rues qui s'étendent d'un côté d'une rivière (à droite, par exemple) , et qui sont toutes situées parallèment ou perpendiculairement à la rive,

La figure première offre l'image d'une ville dont les rues seraient disposées régulièrement, suivant des directions perpendiculaires ou parallèles. {Voir figure i.)

Les lignes noires indiquent les rues; les carrés blancs représentent les maisons situées entre quatre rues ; et les raies plus fortement marquées ne sont différentes des autres qu'en ce que nous leur faisons remplir une fonction particulière, comme on va le voir tout à l'heure; enfin, la flèche indique la direction du courant delà rivière.

Les personnes qui ont lu notre Cours complet de Langue universelle, savent comment nous formons nos radicaux, et, pour elles, l'application que nous allons faire ne sera qu'un jeu ; mais comme nous écrivons ici pour eux et pour les lecteurs qui n'ont pas pénétré dans la théorie du langage, nous allons rappeler en quelques mots le mécanisme à l'aide duquel nous composons tous les mots.

Nous acceptons pour former tous les radicaux possibles dix voyelles el dix consonnes, disposées dans Tordre suivant ;

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douces.

fortes.

En commençant un radical par une voyelle, et en Taisant suivre celle-ci par une consonne, nous fermons des mots de deux lettres ainsi composés : ab, ej, ip, od, yv, etc. Si nous plaçons en outre une des dix voyelles après la consonne, nous formerons mille radicaux de trois lettres, aba, evy, oci, upi, «!«, etc. Le retour des dix consonnes à la suite de cette dernière voyelle fournit dix mille radicaux de quatre lettres ojiv, ngib, adyd, ipeog, etc. Ce système de formation, pouvant se prolonger indéfiniment, comme les nombres quet;es radicaux représentent, est plus que suffisant pour reproduire toutes les idées exprimées pa^ les mots; à plus forte raison il pourra satisfaire à tous les besoins de la nomenclature des rues (5).

Maintenant que nous tenons à notre disposition les éléments des mots que nous voulons former, convenons que le^ consonnes b, g» d, V, etc., expriment les lignes perpendiculaires, et que les voyelles a, e, i, 0, etc. représentent les lignes parallèles; nous allons faire voir que cette simple convention, jointe à l'ordre dans lequel nous offrons nos consonnes et nos voyelles, va résoudre notre problème avec la plus grande facilité.

En effet, nous remarquons la grande ligne des quais, et à partir de la rivière et parallèlement nous comptons dix rues ; arrivé à la onzième, nous la désignons d'une manière toute particulière comme nous l'avons fait sur le tableau, et nous comptons à partir de cette rue comme nous avons fait en partant des quais, en marquant de

(1) Prononcez en français â^ é ot'ft, ôy ou.

(2) Prononcez les consonnes comme si eUes dtaient suivies d'an e muet ; 9 etc toujours comme ^711 et ky et enfin h comme le ch français.

(3) Il importe de bien connaître les lettres qui forment les radicaux, et de se rendre compte du rang occupé par chaque consonne ou par chaque voyelle faire aisément les applications qui suivront.

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nouveau la onzième rue ; enfin nous poursuivons celte opération autant qu'il sera nécessaire.

Or, si nous désignons para la première bande parallèle au fleuve, composée de dix rues ; par e la seconde, par t la troisième, etc. , nous aurons déjà donné un nom à des ensembles de rues, et ce nom, qui déagnera des quarliers, indiquera la distance à laquelle ceux-ci se trouvent de la rivière. Car, que les fondateurs de la ville aient ou non calculé la largeur des rues et les distances qui les séparent, dans une sage proportion, avec les hauteurs des maisons^ puisque il y a uniformité dans ces largeurs et dans ces distances, les lettres a, e. i, etc., représentent une fois, deux fois, trois fois, etc. une longueur facile à déterminer.

Opérons maintenant sur les rues perpendiculaires comme nous l'avons fait sur les parallèles; c'est-à-dire désignons par b les dix premières rues en partant du haut de la rivière et en descendant avec elle; nous formerons une bande perpendiculaire au fleuve comme nous en avons formé tout à l'heure yne parallèle. En poursuivant l'opération nous obtiendrons une dixaine de bandes, 6, g, d. V, etc., qui indiqueront également la distance qui les sépare de l'entrée de la ville, en amont du fleuve.

On a déjà compris que les intersections des lignes parallèles et perpendiculaires produisent des carrés dont nous avons désormais les noms ; et ces noms indiquent, comme le feraient des degrés de longitude et de latitude, la dislance qui sépare telle portion de la ville de la limite des quais et de l'entrée de la ville en parlant du haut du fleuve.

Si l'on veut, par exemple, se diriger du quai vers le carré ip : en s'éloignant du bord de I eau jusqu'à ce qu'on soit devant la rue qui commence la bande I, on traversera dans celte rue les bandes parallèles B, G, D, V, J, et on arrivera devant la pointe du carré cherché. Or, il a été facile de trouver la bande I quelle qu'ait été la position des voyageurs : car nous supposons qu'on ait écrit sur les angles des carrés les caractères qui établissent leur dénomination. Si donc on se trouve au moment de partir devant la bande ^, ce qu'on reconnaîtra sur le quai par les deux lettres ag, placées au

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coin de cette bande, on est prévenu qu'on a deux bandes parallèles à parcourir avant de trouver celle que l'on cherche. On saura donc exactement le chemin que l'on doit faire pour arriver au lieu qu'on doit atteindre.

On pouvait, dans l'exemple ci^dessus, suivre la ligne des quais ; on aurait pénétré par une des rues perpendiculaires du carré AP , et en remontant on aurait rencontré le carré ip.

On voit de même que dans tout autre parcours on pourrait traverser les lignes intermédiaires en tournant à gauche et h droite sans courir jamais le risque de s'égarer : car la suite et l'ordre des caractères sont sans cesse présents à Tesprit et conduisent au but sans difficulté.

Que si le voyageur se trouvait dans l'intérieur d'un des carrés, en descendant ou en remontant la ligne dans laquelle est son domicile, il devra rencontrer les lignes principales, qui limitent les carrés ; il lui sera donc très aisé de se rendre dans celui des carrés ou quartiers où rappellent ses affaires. Nous avons supposé jusqu'ici que l'angle des carrés seuls portail le nom de ce carré ; mais si, comme il convient de le faire, les angles de toutes les rues renfermées dans ce quartier portent également les mêmes caractères, alors on saura à chaque instant dans quel carré ou quartier on se trouve et on pourra établir cette règle générale.

Etant donné le nom d'un des carrés artificiels construits sur les rues d'une ville, pour se rendre au lieu indiqué par ce nom, on remonte ou on descend (suivant le lieu du départ) la rue dans laquelle on se trouve, jusqu'à ce qu'on atrive à l'une des rues dont le nom renferme un des caractères du carré cherché ; puis, en remontant ou en descendant parallèlement ou perpendiculairement, on rencontrera la bande perpendiculaire et* la bande parallèle qui renferment à la fois la consonne et la voyelle du nom donné.

Cette première règle laisse encore dans l'esprit quelque indécision, et elle ne pourra être vraiment élucidée que quand noas aurons donné la fin de notre solution ; en effet, nous ne pouvons encore rencontrer que des rues qui se ressemblent pour les désignaitons,

dans chacun des carrés ou quartiers que nous parcourons; ces rues, il est vrai, nous conduisent par le passage d'une lettre à la suivante de quartier en quartier ; mais elles ne nous font pas reconnaître la rue même du carré dans laquelle nous sommes et elles laissent encore dans notre esprit une incertitude qui va disparaître dans un instant.

Puisque nous savons nous diriger, d'après les deux lettres qui composent les noms des quartiers d'une ville, vers toutes les bandes perpendiculaires et parallèles, et même vers les carrés ou quartiers qui naissent de leurs intersections, il s'agit maintenant d'avoir une connaissance exacte des parties qui composent ces carrés et de ter* miner le nom des rues dont nous avons désormais les deux premières lettres. Or, ces carrés étant complètement réguliers et déjà distincts par les deux lettres qui les dénomment, tout ce qui se passera dans l'un d'eux pourra également avoir lieu dans les autres ; il suffit donc que nous étudiions la composition d'un seul et que nous achevions les noms de celui-ci pour que nous ayons et la composition de tous les autres et tous les noms que nous voulons former.

Représentons un carré dans lequel seraient dix rues parallèles et dix rues perpendiculaires , .et cherchons à désigner les nouveaux carrés qui figurent des maisons réunies sans interruption, par des caractères aussi précis que nous l'avons fait précé* demment. (Voir figure 2.)

De même que la direction des rues parallèles et des rues perpendiculaires était déterminée par le cours du fleuve, de même, dans ce carré, les lignes seront déterminées par les deux côtés du carré en montant, pour les perpendiculaires (c'est-à-dire en s' éloignant du fleuve), et en allant de droite à gauche (c'est-à-dire en suivant le cours du fleuve) pour les parallèles. Cette simple convention suffira pour donner naissance aux dénominations cherchées.

Le carré ou le quartier étant lui-même désigné par od, le nom de toutes les rues qu'il renferme commencera par ces deux lettres qui rappellent la bande parallèle el la bande perpendiculaire où elles sont situées.

Les lignes parallèles, désignées précédemment par les Toydies, conserveront ces caractères dans rintérieor da carré, et il en sera de même des lignes perpendiculaires qui, comme les premières, conserveront la consonne pour figurative.

De sorte que la voyelle ou la consonne qui termine le nom d*one rue indique que celle-d est parallèle ou perpendiculaire au fleuve.

Le fleuve lui-même étant désormais représenté par la base du carré, c'est de cette rue que partira la nouvelle classification. Noos mettrons donc à l'angle de la première maison du premier petit carré les lettres oda, à l'angle du second carré ode, et jusqu'à la fin du quartier dont le dernier carré sera désigné par odt5.

Les lignes perpendiculaires emprunteront la voyelle du point de départ avant la consonne qui les caractérisera : de oda s'élèvera donc la perpendiculaire odab qui deviendra odag au second carré, odad au troisième, etc.; de ode nous formerons odeb, odeg, oded, etc. ; de odi : odib, odig, etc., et ainsi de suite.

Il reste à désigner les parallèles à la base ; celles-ci emprunteront la désignation perpendiculaire initiale de cette manière : la première parallèle après odab sera nommée, dans ses dix parties, par odaba, odabe, odabi, etc., et ainsi de suite.

Ces diverses désignations suflBsent pour nommer toutes les mes d'un quartier : car en les inscrivant aux angles de la base et de la hauteur du côté qui regarde la source du fleuve, le côté droit des rues perpendiculaires et le côté gauche des rues parallèles porteront, comme cela est usité aujourd'hui, le même nom que l'autre côté de la même rue.

Que la même nomenclature soit adoptée pcmr les autres carrés ou quartiers formés par l'intersection des bandes parallèles et perpen* diculaires, et le problème sera résolu pour un des côtés du fleuve, dans le cas où la ville aurait la régularité sur laquelle nous fondons notre classification.

En efl*et, non seulement nous avons, pour le cas que nous choisissons, déterminé les noms des rues d'une manière distincte; mais, ainsi que nous nous le proposions, nous trouvons dans les noms adoptés un guide infaillible pour nous transporter par le chemin fe

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plus court, et sans le secours d'aucun auxiliaire, sur tous les points de la ville oii dos affaires nous appelleront.

Quelques exemples vont nous en rendre plus certain :

Supposons qu'un voyageur sorti d'une maison de la rue odadi 86 propose d'aller dans la rue odwt.

Gomme il y a beaucoup de manières aussi simples et aussi faciles d'effectuer cette course, grftce à la régularité supposée à notre ville, nous nous contenterons des procédés qui exigeront le moins de détours.

D'abord la consonne finale t du nom nous apprend que nous avons affaire dans une rue perpendiculaire au fleuve, et nous savons qu'il s'agit de la huitième section (t) de la rue qui commence à la neuvième section (u) de la base du carré (od) : 1* en partant de la rue odadi, nous devons descendre cett^ rue (4) jusqu'à ce que nous rencontrions la neuvième section, représentée par odad»; à ce moment, nous tournerons à droite et nous remonterons cette nouvelle rue depuis oduv jusqu'à odcat.

2<> Nous aurions pu prendre telle autre parallèle intermédiaire que nous aurions voulu, et avec deux détours de plus nous serions arrivé au même but : tournons à droite, par exemple, après odadi dans la rue odov ; remontons jusqu'à odoc et tournons à gauche en marchant depuis odaco jusqu'à odacy, et nous trouverons odwt sur notre droite. Les habitués des carrefours de Paris, qui stationnent sur la voie publique et qui rendent de véritables services aux~^ piétons mal renseignés, auraient traduit ainsi : la p-emière à droite, la quatrième à gauche et la cinquième à droite.

Nous aurions pu faire beaucoup de détours sans allonger notre route, et nous aurions été conduits aussi sûrement à notre but; les noms inscrits sur chacun des carrés seraient autant de cicérones officieux qui nous empêcheraient de nous égarer.

D'un voyage dans un quartier à un voyage plus éloigné, il n'y a plus de différence que pour les premières lettres des rues.

(1) Qe qui veut dire : suivre une ligne paraUète au cours du fleuve en itefcendanf.

Qu'il soit question pour no habitaol de la rue egaby de se transporter dans la rue obavi ?

. L'inspection du nom indique tout d'abord que la rue cherchée est dans la quatrième bande parallèle (o) , dans la première bande perpendiculaire (b); qu'à la première rue (a) parallèle de ce quartier, il faut tourner à droite ; puis qu'à la quatrième perpendiculaire (v), il faudra tourner à gauche ; enfin, que la troisième parallèle (i) sera la rue demandée. Or, de e à o , il y a une bande parallèle à traverser pour être sur la ligne du quartier cherché; quant à la bande perpendiculaire, il faut remonter la rue (t) parallèle où l'oa habite pour la rencontrer ; on pourra donc suivre cet itinéraire :

Remonter la rue egaby jusqu'à ce qu'on arrive devant egaba, entrer dans le quartier eb par la rue ebab8 et s'avancer jusqu'à ebabo ; en tournant à gauche , on entre dans la rue eboj ; dans celle-ci, on remontera les bandes parallèles e, i, o ; quand on sera parvenu au bout de la rue obov, on apercevra à Tangle de la rue parallèle le nom obavo ; donc la rue obavi sera sur la droite.

On pourrait également remonter la rue egaby seulement jusqu'fla principale perpendiculaire eg ; on l'aurait rencontrée en tournan à l'angle egaba ; en la remontant depuis egag jusqu'à ogaj , on lin sur l'angle de gauche ogava ; donc la parallèle à droite n'est autre que obav8, et ce sera dans celle-ci, en remontant sept rues (10-3 on bien h lettre b, moins la lettre t), qu'on trouvera obavi.

Ce derniier procédé sera le plus facile dans la pratique, parce qu'il demandera moins de réflexion. Quant à celui qui consisterait à suivre rigoureusement dans leur ordre les lettres du nom de la rue cherchée, s'il est plus commode, il serait quelquefois plus long : eu effet, remontons la première perpendiculaire jusqu'à ce que nous rencontrions la première lettre o; nous arriverons devant ogy, en tournant à droite sur la parallèle, nous remonterons la bande perpendiculaire og, et celle qui suit nous conduira devant obaba ; tournant à gauche, nous remonterons la perpendiculaire obag jus-

(1) Ce qui veut dire : suivre une ligne parallèle au court du fleuve en re» montant*

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qu'à obav ; et en tournaot à gauche devant obava, nous nous trouverons bientôt à la rue obavi.

Âu reste, c'est parce que la bande perpendiculaire se prenait en remontant la parallèle que nous avons trouvé ce dernier voyage moins direct : car si celte bande se trouvait en descendant la parallèle, la marche ne serait pas plus longue, et la recherche du chemin, en suivant dans leur ordre les lettres du nom de la rue, se ferait sans aucun travail de l'esprit.

Partons en effet, comme précédemment, d'egaby et rendons-nous à otavi. Cette rue est dans la quatrième bande parallèle (o) et dans la huitième bande perpendiculaire (t) ; devant la première parallèle (a), il faut tourner à droite, puis à la quatrième perpendiculaire (v) tourner à gauche, et la rue cherchée est la troisième section parallèle (i).

Nous descendons la rue egaby jusqu'à la première à droite, c'està-dire jusqu'à l'angle où on voit écrit egab» sur la parallèle et egft>g sur la perpendiculaire ; nous remontons celle-ci jusqu'à ce que nous rencontrions la première lettre de la rue cherchée, o, ce qui nous conduit devant (ogu, ogotb) ; nous suivons ogcj jusqu'à l'angle (ota, otab) ; nous remontons otab jusqu'à l'angle (otaj, olava), et, en suivant otava, nous arrivons de suite à otavi.

Ce dernier parcours, qui est assez long, s'est donc effectué avec une facilité merveilleuse, grâce à la prévoyance de notre nomenclature. Un grand avantage qui résulte encore de la régularité de la ville, c'est de nous donner la longueur du chemin à parcourir.

Ce chemin est la distance qui sépare l'angle « eg^ba, egcjg • de l'angle « ota, otab. »

Si nous sommes édifié sur la longueur de nos carrés et la largeur des rues, nous n'aurons qu'un calcul bien simple à faire en prenant deux longueurs réunies comme unité.

lo Sur les perpendiculaires, nous avons à parcourir la bande parallèle qui nous sépare de o, c'est-à-dire t ; et, de plus, les neuf divisions de e qui précèdent i, jointes aux quatre divisions de o qui suivent t. Ainsi, nous avons la largeur de deux bandes et trois dixièmes à traverser;

tikO NOMENCLATURE

2*" Sur les parallèles, nous avons traversé depuis eg«« jusqu'à ola : c'est-à-dire cinq bandes perpendiculaires d, v. j, p, c, deux divisions qui nous séparaient de d et deux autres qui suivent ^ c'est-à-dire cinq bandes et quatre divisions ou dixièmes.

Le total, six bandes et sept dixièmes,, multiplié par la longueur en mètres de notre unité, sera la longueur exacte du chemin.

Il reste donc démontré que dans une ville construite régulièremeot on peut former une nomenclature de rues telle que l'on puisse, à l'inspection des noms inscrits sur les angles des carrefours :

do Distinguer les rues qui sont parallèles au perpendiculaires au fleuve;

2* Se diriger dans toutes les parties de la ville pat^ le chemin le plus direct et sans avoir besoin d'aucune autre indication.

3® Apprécier exactement la longueur de tout le chemin à par' courir.

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