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IV«meiielatnre des r«M d'ane ¥ille pereée trr^SBU^r«M&«>^
L'irrégularité des voies de communication dans l'intérieur d'ooe ville doit assurément nous priver de quelques-uns des avantages que nous venons de signaler ; mais la nomenclature ~des rues peut encore nous procurer des ressources précieuses pour nous donner la clef de cette ville et nous conduire sûrement, par des chemios directs, et presque toujours les plus courts, dans les détours des rues qui se croisent, naissent ou s'arrêtent, et forment un labyrinthe dont on ne saisit le 61, en dehors de notre procédé, qu'après bien des mécomptes. Quelle que soit l'irrégularité de ces rues, il sera toujours possible de former artificiellement des carrés oo quartiers, et de déterminer les premières lettres du nom des rues qui divisent la ville en parties plus ou moins considérables.
 cet effet on choisira, comme précédemment, les quais pour points de départ de la bande pi.rallèle a; au lieu décompter dix rues parallèles et de compter à la onzième une seconde bande e, on
DES RUES ET DES ROUTES. UUi
s'arrêtera à une série de rues parallèles, à une dislance du fleuve aussi régulière que l'on pourra la trouver, et dont la ligne, droite ou brisée, continue ou quelque peu interceptée, puisse néanmoins être racilement reconnue sur le plan de cette ville. Entre le fleuve et la ligne qui sert de limite à la bande e, il y aura tantôt plus, tantôt moins de dix rues parallèles; des rues obliques ou parallèles, des carrefours irréguliers, etc. Nous verrons tout à l'heure comment on résout ces difiicultés de détail. On obtiendra ainsi la bande parallèle dont le nom sera désigné par a. £n procédant de la même manière pour les bandes e> i, o, etc., on aura, comme dans i'hy* polbèse précédente, le partage d'un côté de la rivière par zones à peu près parallèles.
On suivra encore ie même procédé pour les bandes perpendiculaires, et toujours avec des approximations qui sont loin d'équivaloir à la régularité dont la première partie de cette question nous ofTraitle modèle. •
L'irrégularité de la ville peut èlre telle que, dans certaines circonstances, deux bandes parallèles ou deux bandes perpendiculaires viennent à se rencontrer en se terminant par une pointe : car les lignes principales, dirigées au hasard dans une ville, peuvent être de telle importance qu'elles nous imposent l'obligation de suivre leurs directions ; d'autre part, des quartiers plus ou moins populeux, et, par suite, plus ou moins percés de rues, peuvent nous déterminer à foriner des carrés plus ou moins grands. Enfin la courbure du fleuve, les formes bizarres des lignes qui limitent la ville doivent produire bon nombre de figures capricieuses.
Ce que nous avons cherché et ce que nous obtenons par notre intersection, ce sont des quadrilatères, ou même par exception des triangles qui se suivent dans Tordre déterminé par nos lettres, comme faisaient plus haut nos carrés.
A ce moyen nous pourrons encore passer d'un quartier dans un autre, par suite des indications que nous fourniront les deux lettres qui désignent ce quartier. Pour passer, par exemple, du quartier eg au quartier ot, il faudra remonter la bande parallèle e, puis traverser la bande t toute entière ; arrivé à la bande o, devant le
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quartier og, il faudra ensuite descendre (suivant le cours de la rivière) le long de cette bande en traversant les bandes perpendiculaires od, ov, oj, op et oc, et Ton arrivera à Tangle du quartier ot. Nous aurons pris pour atteindre k notre but le cbemin le plus sûr et souvent le plus direct et le plus court; mais l'irrégularité des rues pourra quelquefois nous entraîner dans une voie un peu plus longue. Au reste cette différence, quand elle aura lieu, sera si peu importante qu'on peut affirmer que les marcheurs les plus expérimentés dans les rues de Paris font encore journellement des erreurs plus considérables.
Nous pouvons donner une idée des bandes parallèles dans une ville irrégulière, par la bande a que Ton peut former sur la rive droite de Paris. Elle parait dessinée par les quais d'une part, et de l'autre par la rue St-Honoré, qui peut être considérée depuis l'extrémité du faubourg St-Hoooré jusqu'à celle du faubourg St-Antoine ; dans cette longueur, il faut abandonner une partie de la rue St- Antoine, qui descend vers la rue Beaudoyer, et suivre celle du Roi de Sicile, de la Verrerie, des Lombards, pour reprendre la rue St'Honoré par celle de la Ferronnerie. Dans la bande ainsi composée, les deux extrémités forment deux quartiers bien plus considérables que les autres, el surtout que celui qui est entre la rue de la Verrerie el le quai de VRâteUde-Ville ; mais les indications des quartiers par les deux lettres qui représentent l'une la bande parallèle et l'autre la bande perpendiculaire, «sont toujours aussi sûres pour conduire dans toute la longueur de la Seine, quelle que soit l'irrégularité de son cours.
Les boulevards de Paris qui se rapprochent brusquement du fleuve peuvent aussi donner lieu à l'irrégularité des bandes. Ainsi la bande i ne produit pas le quartier if que les deux autres parallèles formaient; la bande o est privée des deux quartiers ot et of ; et la bande u, qui ne forme pas non plus ces deux quartiers, est en outre, en amont, privée des deux quartiers qui commencent les quatre autres bandes.
Ces suppressions occasionnées par la courbure des limites et par la mauvaise disposition des voies de communication, n'off^riront
DES RUES ET DES ROUTES. kUl
d'autre inconvénient que celui de ne pas faire prévoir le commencement ou la fin des quartiers ; mais elles ne pourront faire dévier le voyageur de la route la plus sûre et même la plus directe. A cet égard donc on retirera des bandes la même utilité qu*on a retirée de celles qui sont tracées dans le plan d*une ville régulière telle que nous Tavons supposée plus haut.
Appliquons maintenant notre méthode à la nomenclature des rues qui sont renfermées dans ces quartiers formés par l'intersection des bandes parallèles et perpendiculaires.
Ici nous n'avons plus le même choix que pour les limites de nos bandes ; il nous faut accepter toutes les rues, quelle que soit leur irrégularité ; or il se présentera différents cas. Les rues seront :
4* Parallèles ou perpendiculaires au fleuve dans toute la largeur ou dans toute la hauteur de la bande.
2<» Parallèles ou perpendiculaires au fleuve dans une portion seulement de la largeur ou de la hauteur.
Z"" Obliques, ne se dirigeant ni perpendiculairement, ni parallèlement au fleuve; ou régulières, mais sans être rencontrées par des lignes dont elles puissent emprunter le nom.
k^ Enfin, le nombre des rues qui prennent leur source à l'origine des bandes, ou des rues intermédiaires, pourra être plus ou moins élevé que notre base iO.
Une première observation nous fera reconnaître que le troisième et le quatrième cas sont très rares même dans les villes les plus irrégulières, et que le premier et le second cas se rencontrent très fréquemment.
Une réflexion qui surgit aussi à l'examen du plan d'une ville, c'est que l'on peut regarder comme perpendiculaire ou parallèle toute rue qui s'éloigne de ces directions ou partiellement ou d'une manière médiocrement sensible. Passons en revue les quatre circonstances que nous avons énumérées, et dans chacune d'elles déterminons le nom des rues.
I« Lorsque les rues seront parallèles ou perpendiculaires au fleuve dans toute la largeur o^x dans toute la hauteur de la bande, nous retombons dans le cas prévu par la solution du § I*'. Les rues
tlUfl NOMEUCLATIRE
qui forment les limites de nos carrés seront toujours choisies de manière à remplir ces conditions; elles seront donc nommées d^une manière entièrement conforme à celle qui a été adoptée dans nos quartiers réguliers; il en sera de même des autres lignes qui auront la même régularité ; exemple (fig. S).
Dans cet exemple, une rue parallèle et deux perpendiculaires traversent les bandes et doivent être traitées comme nous Tavons vu précédemment. Il en résultera que lorsque le voyageur apercevra une rue marquée ivoc, il saura qu'il peut retrouver la bande parallèle e en redescendant cette rue, et qu*il n'est pas loin de la bande o, où il peut^également arriver en remontant la rue ; il saura de plus qu'en redescendant cette rue ou en la remontant, il touchera la bande e ou la bande o vers la quatrième rue environ de cette bande : car en retournant depuis ivoc jusqu'à ivob, il parvient à l'origine de cette rue perpendiculaire que la lettre o de ivob loi désigne comme la quatrième. De même, s'il est dans la rue ivago, il saura qu'en remontant il trouvera à la sixième rue a la deuxième g au-dessus de iva ou de iv, ou qu'en continuant de descendre parallèment, il rencontrera la grande rue ij , non loin de ija oa de la sixième rue.
2*' Lorsque les rues seront parallèles ou perpendiculaires au fleuve dans une portion seulement de la largeur ou de la hauteur, il arrivera deux cas : ou celte portion aura son origine dans le carré sur la limite de la bande d'on partent les dénominations, ou elle ouvrira sur toute autre rue que sur ces deux limites. Dans le premier cas, elle suit la règle que nous venons d'établir, comme si elle devait traverser toute la bande, sauf h s'arrêter à telle ou telle antre rue dans laquelle elle débouche et reste interrompue. Dans le second cas, elle tire son nom de la rue dans laquelle elle a son origine, toujours en suivant le cours du fleuve ou en s'éloignaot dt quai sur la perpendiculaire; un nouvel exemple va faire comprendre ce qui resterait obscur dans notre désignation. {Fig. 6.)
La rue Ipada, qui change de nom jusqu'à ipadn, suit, ainsi que la rue Ipava, la règle que nous avons établie ci-dessus ; les perpen-
diculaires ipib et ipab o'ofTrent non plus rien de nouveau dans la nomenclature. ]l n*eu est pas ainsi des autres parallèles et des autres perpendiculaires : les premières tirent leur nom de la perpendiculaire dans laquelle elles ouvrent en suivant le cours du fleuve; et les secondes, des parallèles où commencent leur origine en s'éloignant du fleuve. Par exemple : ipiba, qui est la première rue (b) après ipi ouvrant dans cette perpendiculaire, ipib, a dd emprunter la première partie de son nom et la conserver pendant tout le temps qu'elle parcourt le quartier : ipiba, ipibe, ipibi. Il en est de même de la rue (ipadiba, ipadibe) ; elle part, il est vrai, de ipa, mais après avoir pris la troisième rue à gauche ipad, puis la troisième à droite ipadi, on monte la première perpendiculaire ipadib et on entre dans la rue ipadiba. Des raisonnements semblables s'appliquent aux dénominations des rues ipadeb, ipadib, ipadub, ipadibeb et ipibeb ; elles puisent leurs noms dans les parallèles où elles naissent ; et, comme celles-ci, ainsi qu'on vient de le voir, l'empruntent aux perpendiculaires, il en résulte que, dans le même quartier, toutes les rues ramènent aux grandes ligues qui sont comme la base et la hauteur de ces quadrilatères.
De ces dispositions et de ces noms il résulte aussi que le voyageur ne peut jamais être embarrassé : d'abord il retrouvera à son gré les grandes lignes qui touchent aux quartiers ep, ij, op, ic. Tous ces quartiers sont désignés par la nomenclature même, et ont entre eux des contacts évidents. Nous venons de voir comment de ipa on entrerait dans la rue ipadiba ; un raisonnement analogue conduirait réciproquement de ipadiba à ipa; mais s'il m faut arriver qu'à la limite ij, on sait déjà qu'en suivant l'itinéraire marqué par les noms on la touchera auprès de ipad ; pour cela il faudra remonter la section ipadiba, descendre la première section à droite ipadib, et remonter les trois sections ipadi, ipade, ipada ; c'est-à-dire en remontant ipadiba prendre la première à droite (a) , la première à gauche (h), puis la troisième à droite (i). De la rue ipadu on arriverait plus directement à la même ligne ipad, puisqu'elle serait la cinquième à droite (u). Que si de ipadub on veut se trans«> porter vers le quartier ep et arriver à sa limite supérieure, il faudra
redescendre cette rue, remonter jusqu'à ipado, devant ipld, et redescendre celle-ci jusqu'à ipi ; autrement dit : en redescendant ipadub prendre la première à gauche et la deuxième à droite.
Si l'on voulait atteindre les deux bandes ic et op, on pourrait encore reprendre les bandes ep et ij , mais ce chemin serait souvent plus long. Quoiqu'il n'y ait pas d'indication précisée, il n'est pas diflSciie de se diriger sur l'une de ces bandes en s'avançant toujours de plus en plus dans le quartier, soit le long de la bande parallèle, soit le long de la bande perpendiculaire, suivant qu'on veuille toucher ic ou op. On peut même, eu égard à la hauteur à laquelle on veut parvenir, se diriger sur telle ou telle partie. Soit ipadub le point de départ, et supposons que nous veuiljons toucher àicat, ce qui indique le haut du quartier; nous remonterons ipadub; en face de cette rue nous trouverons ipadibe que nous descendrons et qui nous conduira au haut de la perpendiculaire ic. Si nous avions voulu arriver au bas de cette même ligne, nous aurions descendu ipadub, tourné à droite devant ipadu, descendu devant ipag et retrouvé la ligne ipa, ou même tourné devant ipibi qui nous aurait conduit devant la première rue de ic. Un raisonnement absolument semblable nous amènerait dans la bande op par la rue ipadibeb ou par la rue ipadig.
On renarquera d'ailleurs que dans les noms on retrouve toujours le lieu où les rues prennent leur naissance dans le quartier. Ainsi, ipadu est la cinquième section (u) de la trosiènie section'(d) de la grande perpendiculaire ip, qui commence elle-même à ipa. Ipag prend son origine dans la parallèle ip, à la sixième rue (u). Ipibi prend naissance dans la rue ipib et forme la troisième section (i), etc.
Les deux cas que nous venons de développer (l"" et 2^) sont les plus importants et ceux qui doivent surtout être parfaitement compris; ceux qui suivent sont comme des exceptions auxquelles nous avons recours, non pas pour empêcher de s'égarer, car il est désormais impossible de perdre de vue son véritable chemin, mais afin que dans certains cas on ne prenne pas des routes obliques qui éloigneraient momentanément du but.
DES RUES ET bES ROUTES. kkl
Avant de nous arrêter aux exceptions, il sera utile de faire une application de la nomenclature dont nous venons de poser les bases, et de nous assurer qu'il est facile, sans une grande dose d'intelligence, de suivre, d'après le nom des rues, tous les détours les plus compliqués des quartiers de Paris. Il suffit pour cela de bien fixer dans la mémoire Tordre des vingt caractères dont nous avons donné le tableau : or, il ne faut pas oublier que cet ordre et cette méthode sont généralement adoptés pour la formation de nos radicaux, et qu'ainsi une connaissance une fois faite avec ces lettres sera profitable pour toutes les parties des lettres, des sciences, de l'industrie, auxquelles notre système apporte un complément. (Voir fig. 5.)
Nous choisissons ici à dessein le quartier autrefois le plus mal percé de Paris, et nous le figurons tel qu'il est présenté sur un plan dressé en 1836 ; les améliorations que l'on introduit depuis quelque temps dans les voies de communication de la capitale simplifient de plus eo plus le système que nous présentons ; mais nous avons voulu nous placer dans le cas le plus défavorable.
Les bornes de ce quartier sont pour la bande parallèle : d'une part, le quai de Gèvres et celui de la Mégisserie, et, de l'autre part, les rues St-Hanoré, de la Ferronnerie et des Lombards ; la bande perpendiculaire a pour limite : d'un c6té, la rue St-Martin, et, de l'autre, la rue de la Monnaie et celle du Houle.
Les noms des rues sont inscrits à l'angle de droite des petits carrés, c'est-à-dire à celui qui est le plus rapproché des limites perpendiculaires et parallèles ; ils indiquent donc, comme le font aujourd'hui les numéros, la direction des rues, et, de plus, ils indiquent celles qui sont perpendiculaires et parallèles au fleuve. Une indication qui complète ces renseignements, et que nous ne marquons pas sur notre plan pour ne pas y mettre de la confusion, c'est l'inscription du nom des rues à l'angle qui, dans le quadrilatère, est formé par le prolongement du côté parallèle ou perpendiculaire où ce nom est figuré déjà; enfin, sur ce même côté en regard des rues qui y aboutissent.
Avec ces simples données, on se dirigera dans l'intérieur d'un
quartier sans aucun embarras. Or, comme on peut aussi aisément se rendre dans tel quartier qu'on voudra, notre nomenclature répood à toutes les conditions du problème que nous nous sommes posé.
Proposons-nous d*abord d'aller de la rue des Bourdonnais au quai de la Mégisserie ; nous partons de la rue ajigob, par conséquent nous trouverons le quai (aji), en tournant après la première rue (b) des Deux-Boules^ en laissant quatre rues sur notre gauche (o) jusqu'à la rue Si-Denis, puis deux rues sur notre droite (g) jusqu'au quai. Rien n'est donc plus simple que cette direction. Que si nous voulions arriver plus tôt sur le quai : après avoir tourné sur le côté ajigi (rue des Deux-Boules)^ nous apercevrions ajyg sur notre droite (rue Thibault-aux-Dés) ; nous saurions donc que dans cette rue, après la seconde de droite (g), nous trouverons le quai au point ajjr, c'est-à-dire à la huitième rue. Dirigeons-nous maintenant de la me des Ecrivains, ajava, à la rue des Déchargeurs, ajibedeb ; la comparaison de aja à aji nous apprend qu'il faut descendre le cours du fleuve ou la rue parallèle jusqu'à ce que nous rencontrions aji ; or, au lieu de chercher la limite parallèle itja, aje, aji, etc., ce qui allongerait notre route, descendons notre parallèle ajava et les autres parallèles ; nous arrivons d'abord dans la rue de la Savonnerie devant ajadeg ; la parallèle la plus voisine est la rue de la Heaumerie, ajadega; elle nous conduit dans la rue St-Martin devant ajig; la parallèle la plus voisine est la rue des Deux-Boules, ajiga, que nous descendons jusqu'à l'angle ajigi, qui offre la perpendiculaire ajibed, dans la rue des Lavandières ; il est évident maintenant que la première à gauche sera ajibeda, et que la première à droite ensuite sera ajibedeb où nous avons affaire. Nous pouvions comprendre d'ailleurs que la rue ajibedeb devait être avancée dans notre bande a : car 6 et (f nous indiquaient une et trois ou quatre secltoos sur la perpendiculaire, comme t et e représentent trois et deux ou cinq sections sur la parallèle ; voilà pourquoi en partant de la section ajav, qui est la quatrième (v) de aja, nous pouvions chercher la perpendiculaire en nous éloignant du quai.
Ces applications offriraient encore moins de difficultés si nous les pratiquions en réalité, parce que sur le papier on a toujours quelque
peine à suivre des réflexions interrompues par rexamen du plan que I*on consulte.
3<* Le troisiènoe cas que nous avons prévu, celui des rues obliques, sera résolu par deux conventions faciles à retenir : i* la lettre l intercalée dans le nom d'une rue, annonce le côté opposé à celui qui est indiqué par la lettre qui la précède : ainsi idul indique une rue qui est située de l'autre côté de id^, par conséquent sur la bande parallèle ed; ivogl indique une rue.<^e l'autre côté de ivog, et par conséquent sur la bande perpendiculaire ivi; 2* quand deux consonnes ou deux voyelles se suivent dans le même mot, la seconde indique le point de départ d'une nouvelle perpendiculaire ou d'une nouvelle parallèle, qui serait comme greffée sur la première.
Soient donc des rues obliques et d'autres qui ne prennent pas naissance du côté où nous formons notre nomenclature ; les rapprochements des voyelles ou des consonnes et l'intercalation de l préviendront toutes les diflBcultés et rendront compte en même temps de la hauteur où se trouvent ces rues et de leur direction ; c'est ce qu'un exemple va faire saisir. (Voir fig. 6.)
La ligne presque parallèle qui prend naissance dans la rue odiga, conserve la trace de son origine dans toute sa longueur ; la première section est odigaa et la deuxième odigae ; il en est de même de la ligne presque perpendiculaire qui prend naissance après odid, elle sera désignée par odidba pour la première section et odidbe pour la seconde.
Quand le voyageur rencontrera ces rues, il saura leur direction, il connaîtra les lignes où elles se rattachent ; il pourra donc en user pour abréger sa route.
La rue Ododla indique qu'il s'agit d'une parallèle opposée àodod et qui ne rencontre aucune des rues dont la nomenclature est foroôée en s'éloignant perpendiculairement du fleuve ou en suivant parallèlement son cours; l'autre, odivelb, donne une indication semblable pour une perpendiculaire. Leurs noms, inscrits aussi à l'angle de leur jonction, fera connaître où elles débouchent et serviront encore à guider la marche du voya^^eur.
Nous D'avons considéré ici que les obliques qai descendent vers le fleuve, parce que celles qui s'élèvent suivent la direction dans laquelle notre nomenclature est engagée ; pour celles-ci, nous les considérons tantôt comme parallèles, tantôt comme perpendiculaires, suivant les points où elles semblent converger par rapport aux autres rues ; leur irrégularité est de peu d'importance, parce qu'elles ont toujours une direction qui nous conduit dans le sens même que suivent nos dénominations.
U^ Il nous reste à considérer le cas où le nombre des rues parallèles oa perpendiculaires, rapportées à une même origine, exige* rait un nombre plus grand que celui qui est renfermé dans notre base 10 ; en d'autres termes, lorsque nous aurons épuisé nos voyelles a, e,....8, pour les sections d'une même rue parallèle, ou nos consonnes h, g, d,...,h pour les sections d'une rue perpendiculaire, comment pourrons-nous continuer nos dénominations ? Ces cas seront d'autant plus rares que nous aurons mieux choisi les limites de nos bandes ; ainsi, dans le plan de Paris dont nous proposons la division d'après notre système, uous n'avons rencontré qu'une fois l'obligation de dépasser notre base sur une ligne parallèle.
La solution de cette difficulté est simple : il suffira, quand on sera parvenu à la voyelle 8, ou à la consonne A, de reprendre le cours des voyelles a, e.... ou celui des consonnes t, g, d... ;en sorte qu'utie rue ab8i serait la troisième après 10 ou la treizième section à partir de l'angle du quartier, comme obahv (faites sonner Ve muet à la fin pour bien préciser la consonne v) est une quatorzième section perpendiculaire à partir du même angle du quartier.
Jusqu'ici nous nous sommes étendu sur la rive droite d'un fleuve, et nous avons annoncé que le travail fait de ce côté serait symétrique à celui qui aurait lieu sur la rive gauche. Nous n'avons, en efiet, qu'un mot à dire pour cette seconde partie : les dispositions prises d'un côté s'appliquent également à l'autre, c'est-à-dire que pour les bandes parallèles et perpendiculaires les premières suivent le cours du fleuve, les secondes s'en éloignent régulièrem'ent; les quartiers sont formés de la même manière, ainsi que les
DES RUES rr DES ROUTES. /iSi
dénominations des rues ; il n*y a, à cet égard, que deux différences : 1* L*angle sur lequel sont inscrits les noms des rues au lieu d*élre à la gauche du voyageur qui monte une perpendiculaire, ou à sa droite quand il descend nne parallèle, sont à la droite de la perpendiculaire et à la gauche de la parallèle. Cette différence existe aujourd'hui pour la suite des numéros pairs et impairs sur les deux rives de la Seine ; elle résulte de ce que la convention étant la même pour les points de départ, ceux-ci sont situés sur les côtés opposés du fleuve ; 2* les dénominations des rues, de ce côté de la rivière, sont précédées de la lettre l qui nous a déjà servi à désigner une rue opposée à une autre : les bandes parallèles de la rive gauche seront donc la, le, li, etc. ; les bandes perpendiculaires formeront les quartiers lab, lag..., leb, leg, etc. ; et les rues seront désignées par les mots labidu, labave, iajadyg, etc. La manière de se diriger dans ces quartiers et dans toute cette portion de la ville sera exactement .la même que celle dont nous avons exposé les avantages pour la rive droite.
Enfin, le fleuve peut être disposé de telle façon qu'une ou plusieurs tles viennent y former de nouveaux quartiers qui doivent aussi être désignés par un caractère distinctif. Les personnes qui ont pris connaissance du Cours complet de la Langue universelle^ savent combien peu nous sommes embarrassé ponr ce surcroît de caractères. Nous avons, en effet, une réserve qui, au besoin, vient se réunir aux vingt lettres dont nous avons formé notre nomenclature : parmi celles-ci se trouvent les cinq consonnes l, m, n, r, s ; la première nousa été déjà d'un grand secours, et les quatre autres restent à notre disposition. Nous pouvons donc, pour procéder méthodiquement, placer la consonne m devant ces nouveaux quartiers, et convenir, par exemple, que les noms précédés de cette consonne indiqueront les rues qui appartiennent au quartier renfermé entre les deux rives du fleuve. Il restera à déterminer l'origine de la nomenclature sur telle ou telle rive, en suivant la disposition toute particulière du quartier.
Ce qu'il faut observer avec soin pour les dénominations des quartiers de la rive gauche et même pour les parties assises sur des
ties, c'est qa'il y ait correspondance à peu près complète entre les divisions adoptées sur les deux rives et même dans Tintérieur des lies. Il sera, en effet, d'autant plus facile de circuler dans la ville entière, que ces noms auront une analogie telle, que d*ua côté du fleuve on sera certain de se rapprocher ou de s'éloigner de telle ou telle partie située de l'autre côté. La rue St-Martin, à Paris, par exemple, étant la limite delà bande perpendiculaire j, il est utile que la rue St -Jacques^ qui en est le prolongement, soit également l'origine de la bande j sur la rive gauche, de telle façon que les deux quartiers aj et laj soient en présence des deux côtés de la Seine. De même dans YUe du Palais, le quartier maj devra être situé entre les deux premiers. Il importe peu que quelques quartiers n'existent pas sur l'un des points que nous envisageons, pourvu que tous ceux qui subsistent indiquent par leur désignation comment ils se font suite entre eux.
Après avoir ainsi établi l'unité entre les points situés des deux côtés du fleuve, nous pouvons résumer d'une manière générale la règle à suivre pour se diriger dans une ville dont les rues porteront les indications dont npus venons de présenter la théorie :
Pour se diriger dam une ville dont les rues sont percées irrégu" lièrement, mais portent des noms disposés ^suivant la nomenclature de la Langue universelle, on. examinera d'abord de quel côté on doit marcher pour se rapprocher du but auquel on tend : pour cela on comparera (1) la première lettre de la rue où on est avec la première lettre de celle que Von cherche ; et^ suivant que cette der» nière sera plus ou moins avancée dans la série décimale des voyelles, on s'éloignera ou on se rapprochera du fleuve en suivant une ligne perpendiculaire ; on remontera en outre ou on descendra la Ufme parallèle au fleuve, si la deuxième lettre (ou la première consonne) de la rue cherchée est moins ou plus avancée dans l'ordre de la série décimale ; en suivant exactement cette double indication on arrivera
(1) Noos laissons de côté les deux auxiliaires / et m qui ne font pas en réalhé partis du nom de la rue, mais qui séparent la (grande ville suivant ses deas on trois grandes divisions.
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au quartier où est située cette rue, La troisième lettre, ou indi~ quera la me*, ou annoncera à quel point de la limite parallèle on doit remonter la rue perpendiculaire ; la quatrième lettre, ou indiquera la rue, ou annoncera à quel point de la perpendiculaire on doit redescendre une rue parallèle pour arriver au but ; en opérant à Vaide de celle-ci comme on a fait avec la troisième, et ainsi de suite, on sera conduit par le chemin le plus direct et le plus sûr à celui des points de la ville qui aura été désigné.
Pour arriver à un résultat aussi simple, nous avons dû développer le procédé qui nous Ta fourni ; mais le public n'a nul besoin d'étudier cette théorie. Aussitôt que les moins expérimentés auront aperçu au-dessous des noms des rues les quatre ou cinq lettres qui figurent des noms nouveaux, et auront pris connaissance de noire règle générale, ils en feront usage avec une facilité merveilleuse.
Or, pour procurer un pareil bienfait aux habitants d'une grande ville et aux étrangers qui la fréquentent, quel sacrifice notre système impose-t-il 7 rien autre chose que la peinture de quelques caractères auprès du nom des rues. Les frais, qu'on peut à peine évaluer à quatre ou cinq centimes par lettre, ne s'élèveraient pas à mille francs dans une grande ville comme Paris.
Quant à la diflSculté d'apprendre notre régie générale elle n'est pas sérieuse^ et nous ne craignons pas d'avancer que les gens les moins instruits du peuple n'auront même pas besoin qu*on leur donne la première leçon. Il suffira qu'ils connaissent les dix voyelles et les dix consonnes dont nous nous servons et l'ordre dans lequel nous les présentons, pour qu'ils aient à cet égard toute l'instruction nécessaire (i).
On sera tenté, nous pouvons le prévoir, de substituer aux carac^ tères universels que nous offrons des lettres équivalentes prises dans les symboles habituels de prononciation de ceux qui appliqueront notre théorie ; nous croyons que ce moyen terme est regrettable dans toutes les applications que nous venons de parcourir, mais
(1) La correspondance des lettres avec chacan des doigts, leur séparation en douces et en fortes, qui fixe les Idées sur une main pour leurs lettres douces et sur Vautre main pour les fortes, seront de puissants auxiliaires pour les gens peu éclairés.
surtout dans celle qui nous occupe ici : car les voyageurs de tous les pays, grftce aux chemins de fer, visitent aujourd'Jiui fréquemment les peuples dont ils ne parlent pas la langue. Les changements apportés aux signes de la prononciation obligeraient donc d'étudier différents système de lettres et retarderaient même de ce côté cette unité de langage dont le commerce international éprouve un si grand besoin. Si cependant c'était une loi à laquelle l'humanité dût nécessairement obéir, que cette marche lente et toujours indécise à travers les améliorations sociales ; si Tintroduction d'une idée nouvelle ne peut gagner du terrain qu'en ménageant les susceptibilités de la routine, nous renvoyons le \ecieuvkV avertissement qui précède toutes nos applications.
Nous nous sommes longuement étendu sur la solution de notre problème dans le cas le plus ordinaire où la ville serait située sur les deux bords d'une rivière ; mais les fosmes et les directions des nies peuvent varier de beaucoup de manières. Dans chacun des cas qui se présentent, un des besoins principaux de la ville oblige à quelque disposition symétrique dont on doit tirer parti pour former le réseau des rues et leur nomenclature. Une fois ce premier point étudié, l'application de notre système ne rencontre aucune difficulté. Au reste, dans presque toutes les villes, la disposition des numéros des maisons a déjà donné lieu à celte première étude, et il n'y a guère qu'à suivre l'indication qu'elle fournit.
1"* Une ville située sur le bord d'une rivière, mais qui ne s'étend que sur une de ses rives, n'offre pas de différence pour la nomenclature avec celle dont nous avons décrit la disposition sur les deux bords ; elle ne présente qu'un plus grand degré de simplicité et par conséquent de facilité pour l'application de notre procédé.
2^ Une ville peut avoir ses habitations groupées autour d'un point central qui l'a dominée dans l'origine, soit parce que sur un piton culminant quelque chftteau-fort servait à protéger, dans les temps féodaux, les hommes laborieux contre les aggressions des voisins puissants, soit parce que quelque riche abbaye ou de somptueux seigneurs entraînaient vers leur centre l'agriculture et l'industrie. Ce centre a naturellement été choisi comme point de
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départ des numéros des maisons ; il doit servir également d'origine aux rues dans notre nomenclature.
La disposition la plus régulière des rues dans une ville ainsi construite, serait assurément celle dont l'araignée donne avec sa toile un modèle parfait dans nos jardins. Les fils qui aboutissent au centre sont rattachés à des fils concentriques qui forment un réseau en espaces égaux et parallèles. Pour désigner ces rues suivant notre procédé, on distinguerait parmi les rayons qui traversent le cercle total dix rues également distinctes, et qui porteraient dans toute leur longueur les noms respectifs a, e, i, etc. Les rues transversales ou concentriques seraient définies par les consonnes, et les rues intermédiaires, suivant les directions, prendraient à leur tour les voyelles et les consonnes, qui achèveraient la dénomination.
D*une disposition régulière à une autre moins régulière, le passage a été indiqué précédemment, et la nomenclature qui en résulte n'offre ni incertitude, ni difficulté.
Z"" Les villes fortifiées présentent en général une enceinte circulaire plus ou moins régulière ; elles ont presque toutes pour centre soit une tour dite beffroi, soit un hôteUde-ville, soit même une cathédrale ; dans ces divers cas, elles suivent, pour la nomenclature des rues, le procédé que nous indiquons au numéro deux. Quand elles sont traversées par un fleuve, celui-ci peut servir de point de départ aux dénominations des rues ; enfin, une place importante, une rue très large peuvent rendre le même service.
U^ Certaines villes dominées par quelque ch&teau-fort ou, comme Versailles, par un cb&teau royal, affectent une disposition analogue à celle du numéro deux; seulement, comme le chàteau-fori est appuyé par des rocs escarpés ou des tranchées qui le rendent inexpugnable d*un côté, et, dans le cas du cb&teau royal, comme les parcs et les dépendances s'étendent sur certains points qui repoussent les autres constructions, il arrive que les circonférences concentriques sont interceptées et n'offrent plus que la moitié ou les deux tiers de leur longueur. La nomenclature se prête à ces irrégularités^ : une fois le centre reconnu, elle s'empare des dispositions lo-
cales qui se plient le plus facilement à son système, et remploi de nos caractères, au besoin l'emprunt qu'elle peut faire des lettres que nous avons appelées grammaticales l, m, n, r,s, lui fournissent tous les matériaux d'une classificalion et d'une nomenclature bien coordonnées.
5* EnGn, certaines villes, après avoir été formées dans Tune des conditions que nous venons d'énumérer, se détournent insensiblement de leur première configuration pour en prendre une autre plus conforme à de nouveaux besoins ; c'est ainsi que la ville de (laen, subordonnée primitivement au cbâteau-fort qui la domine, ce qu'indiquent les deux rues principales qui aboutissent à ce point, s'en est écartée à mesure que l'industrie s'est développée et s'est rapprochée des cours d'eau, qu'elle aurait même envahis complètement s'ils n'étaient protégés par les boulevards publics. Cette nouvelle disposition peut être prise en considération, et entraîner la nomenclature dans telle ou telle direction que notre théorie n'a pas besoin de prévoir. Une rue principale, un cours d'eau, un b&timent public, une place, etc., sont des caractères suffisants pour déterminer l'origine et la clef de la classification des rues. D'ailleurs chaque ville, comme nous l'avons dit, a déjà dessiné le cadre qui lui convient, par la suite des chiffres qui énumèrent les maisons de chaque rue ; il est donc probable que partout où l'on adopterait notre système on n'aurait qu'à suivre cette précieuse indication.
Quelle que soit la configuration des voies de communication dans l'intérieur d'une ville, aussitôt que notre procédé y aura été adopté, elle s'offrira aux yeux de l'étranger, non plus seulement dans les détails où il est si facile de s'égarer, mais dans son ensemble. Pea importe pour lui que l'origine des rues ait été rationnellement choisie, il tient entre ses mains le fil qui doit le conduire dans leur dédale le plus compliqué. Non seulement il n'aura jamais besoin de consulter sur la route qui doit le ramener à un endroit déterminé, mais il peut, sans avoir recours à aucune interrogation, se rendre compte du système de coordination des rues. En sortant de l'hôtel où il sera descendu, il lui suffira de jeter un coup d'œil aa coin de la première rue pour s'orienter et remonter à fa source
DES RUES ET DES ROUTES. U^l
même de la nomenclature. Il suivra à cet effet Tindication fournie par le nom de celte rue, et analysant dans sa marche le nom qui lui est d'abord apparu, il remontera à l'initiale de ce mot, et par conséquent à l'origine de toutes les rues.
Supposons, par exemple, que, placé au hasard dans une ville dont il n'a aucune idée, un voyageur aperçoive au coin de la première rue qu'il rencontre le mot ajoda : la finale « (ou 6) lui apprend qu'il a six sections à parcourir pour trouver la rue ajod. Quant à la direction dans laquelle il doit marcher, elle lui est même dénoncée par le mot placé sur l'autre côté du même angle de la rue : puisque la comparaison des deux noms marque comment a lieu la progrès* sion. Il arrive donc à la sixième rue et voit s'il faut tourner à droite ou à gauche diaprés les mots ajod ou ajov ; la lettre d (ou 3) le fait arriver par la troisième rue à cette autre, ajo; la quatrième o (ou ix) le conduit devant aj ; et enfin j (ou 5) le conduit à l'un des points de départ a (ou 1). S'il a été dirigé sur le bord d'un fleuve ou d'une rivière, il comprend sans peine la coordination des riies ; au besoin, en descendant depuis a jusqu'à 8, il se rendra un compte exact de la forme et de l'étendue dans un sens de la ville qu'il ne connaissait pas. Il en serait de même s'il parvenait devant quelque ch&teau, quelque monument public ou quelque grande place ; il peut maintenant s'engager dans tous les détours des rues : non seule* ment il ne sera pas égaré, mais il appréciera toujours approximativement la dislance à laquelle il se trouve des bords du fleuve : car il a fait, à l'aide de notre nomenclature, le travail qui conduit à la connaissance d'un objet : l'analyse et la synthèse.
Tout ce qui vient d'être dit sur les rues d'une ville s'applique également aux routes d'un pays. Rien n'empêche, en effet, de considérer la circonscription d*un pays comme celle d'une ville, et de choisir pour origine des routes soit la ville la plus importante du pays, soit un grand fleuve qui le partage, soit, etc. ; que l'on place aux angles des routes et des plus simples chemins des poteaux avec les indications analogues à celles qui ont été déterminées plus haut, et on aura, sur une plus grande échelle, une classification et une nomenclature semblables à celles qu'offrent les rues d'une ville.