POIDS £T MESURES. U
des monnaies actuelles par des mots qui les distinguent nettement entre elles. La définition à laquelle conduira notre travail n'aura pas la simplicité du procédé que nous venons d'indiquer ; mais cette nomenclature, comme toutes celles que nous proposons, ramènera au moins à Tunité du langage en déterminant les liens qui unissent les objets entre eux.
Notre point de départ est encore le radical 8g, qui signifie mon^ naie ; ces deux lettres sont la première synthèse qui rattache l'analyse dans laquelle nous allons entrer à l'ensemble de notre théorie.
Puisque les peuples adoptent des monnaies de valeur différente quant à l'unité qui sert de terme de comparaison et quant à ses multiples et à ses diviseurs, il semblerait naturel d'adopter une uuité de valeur artificielle d'or, d'argent ou de cuivre; de réduire chaque monnaie connue en une autre appréciable par notre unité factice et qui en serait ou un* multiple ou une fraction. Ce procédé coustituerait, en réalité, la science des monnaies ; nous le considérons comme la véritable transformation arithmétique à laquelle on doit tendre ; cependant nous n'allons pas nous y arrêter, parce que nous cherchons toujours et avant tout le côté pratique des questions qne nous soulevons. Or souvent, dans le langage, le nom des monnaies n'intervient pas pour une évaluation exacte et comparative des échanges internationaux; c'est dans chaque pays que le cours de ces pièces est régulier et permanent : aussi, quand on voyage h l'étranger, a-t-on recours aux maisons de change pour convertir ses espèces en monnaies usuellement reçues dans ces régions. Outre cela, on pourrait reprocher à la transformation arithmétique de n'envisager qu'un des points de vue de l'objet, le plus important il est vrai, et de lui retirer ce qu'il a peut-être de plus caractéristique : la désignation des lieux d'où il émane et où il a cours. Ces dernières considérations semblent de quelque gravité : car dans le récit des faits et lorsque nous n'avons pas en jeu quelque intérêt personnel dans l'évaluation elle-même, nous sommes suffisamment édifiés quand nous connaissons et l'espèce de monnaie qui a été donnée et reçue, et la valeur approximative de cette monnaie.
Nous sommes donc amené h transformer la nomenclature moné-
taire de manière que sa définition nous fasse connaître dans quel pays l'objet a un cours régulier, et, approximativement au moins, la valeur qui lui est attribuée.
La nolion de pays nous est fournie par la nomenclature géogra* phique. Si donc nous nous transportons à cette partie de la géographie où nous formons la nomenclature de la surface artificielle da globe terrestre (i), nous y puiserons les éléments de la définition que nous cherchons. Dans cette application, la syllabe yv avait la même vertu que pour les monnaies la syllabe 8g ; elle annonçait le partage artificiel de la terre, et les lettres suivantes analysaient cette division. Or, si Tidée de monnaie éveille dans Tespril celle du pays où elle a cours, l'analyse à laquelle nous nous sommes livré pour déterminer le nom de pays conviendra également à Tobjet de notre recherche.
De même que la première lettre a laissait à l'idée toute sa généralité et ouvrait une case où se trouvaient renfermées les idées les plus larges relatives à celles de pays ; de même 8ga définira tons les objets issus de l'idée de monnaie et qui ne représentent pas telle 00 telle pièce spécialement désignée.
D'après cette donnée, et en poursuivant ce système sur l'analyse des autres parties, on arrive d'abord an tableau suivant :
8ga
monnaie
proprement dite.
«ge
monnaie
d'Europe.
»gi
des Iles de l'Europe.
8go
d'Asie.
8gu
des Iles de l'Asie.
«ga
d'Afrique.
des Iles de l'Afrique.
»gy
de l'Amérique.
des Iles de l'Àmériq!
de l'Océanie.
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