UTÉRUS (RENVERSEMENT DE L
M. Tyler Smith combat l'opinion généralement admise de l'irréductibilité de l'inversion utérine ancienne, basant sa manière de voir sur la facilité avec laquelle le volume de l'utérus se modifie sous l'influence de certains stimuli ; il pense que par l'action continue d'une pression exercée au moyen de l'air, le fond et le corps de l'utérus peuvent agir à la longue sur l'orifice et la cavité du col, à la façon dun coin, et les dilater graduellement de manière qu'ils puissent se laisser traverser par les parties déplacées, qui reprendront ainsi peu à peu leur situation normale.
Sans doute, ces vues ne sauraient être applicables à tous les cas> car dans les renversements anciens il peut coexister des lésions diverses qui s'opposent absolument à la réduction ; néanmoins elles sont rationnelles, et le succès obtenu dans l'exemple qui précède montre les résultats qu'on peut espérer dans des circonstances semblables. (M éd. Times and. Gaz. Avril 1858.)
2e Observation. — Renversement de l'utérus. — Réduction après six années (docteur Bockendahl.)
A. L , âgée de vingt ans, primipare en 4852.
A la suite de la couche, paralysie de la vessie, œdôntoe des membres inférieurs; suintement sanguinolent continuel par la vulve.
Six ans après la couche, M. Bockendahl reconnaît l'existence d'une inversion utérine. L'utérus formait dans le vagin une tumeur pyriforme d'environ sept centimètres de longueur, résistante, et sur laquelle la pression ne produisait d'autre effet que d'augmenter l'écoulement sanguin. Au moyen du spéculum, on voyait la membrane muqueuse utérine d'un rouge foncé et laissant filtrer du sang. Le vagin était décoloré, ainsi que toutes les autres muqueuses accessibles à la vue,, expression et preuve de l'anémie dans laquelle était tombée la malade.
Après l'administration de bains chauds, M. Bockendahl essaie d'introduire la main entière dans le vagin ; mais il n'y peut parvenir, l'orifice vulvaire se trouvant rétréci par une cicatrice, suite cîe déchirure du périnée.
En octobre 4 858, après avoir inutilement essayé de diminuer le volume de la tumeur par la malaxation, afin de pouvoir la refouler en haut, M". Bockendahl se décida à exercer sur l'utérus renversé une pression continue, d'après les indications de M. Tyler Smith ; en conséquence, le 27 novembre, il introduisit dans le vagin un ballon en caoutchouc. Il le retirait chaque jour pour se rendre compte de l'effet produit, puis le réintroduisait rempli d'eau, et l'insufflait ensuite pour en accélérer encore le volume autant que possible. — L'instrument ne causait qu'un léger* malaise pendant environ deux heures; cinq jours après, le 2 décembre, la malade se plaignit de quekpa.es djcrateura dans le ventre : le ballon fut retiré , et en procédant à son examen ordinaire, le médecin fias bien surpris de ne plus retrouver la tumeur. L'utérus s'était réduit; son col entrouvert permettait l'introduction de trois doigts, et offrait deux lèvres parfaitement distinctes.
Mesuré avec. la. sonde, l'organe excédait de six lignes sa longueur normale ; l'usage de la douche froide le ramena bientôt à son volume naturel, et ITiémorrhagie ne sTest plus reproduite.
(Deutsche KHnick, et Med. Times and Gazette. Juin \86ù.)