UTÉRUS (DÉPLACEMENTS DE L'). — VAGINALE (HERNIE
Utérus (déplacements de Y).
Pessaire à réservoir d'air.
Docteur Gariel (Mémoire cité). — Tous les accidents résultant d'un déplacement quelconque de l'utérus proviennent de la même cause, le tiraillement, l'excès de tension des ligaments de cet organe ; lorsqu'on place l'utérus dans une position telle que ce tiraillement cesse, tous les accidents cessent aussi, quelle que soit la position de son col par rapport à l'axe du corps ; en d'autres termes, le simple soulèvement, l'élévation de l'utérus, en rapprochant cet organe des points d'attache de ses ligaments, produisent un résultat aussi favorable dans les inversions que dans le prolapsus, direct, sans qu'il soit nécessaire d'employer aucun moyen auxiliaire pour redresser cet organe. Il me serait, du resté, facile de prouver par des faits que l'utérus, ramené à sa hauteur physiologique, ne tarde pas à perdre de son poids et de son volume pathologiques, et que le résultat qu'on voulait obtenir de prime abord, le redressement de l'organe (résultat auquel on n'est jamais arrivé), s'obtient seul au bout d'un temps très-court.
Vagin (chute du).
Pessaire à réservoir d'air.
La chute du vagin s'accompagne Je plus souvent de l'abaissement ou de la précipitation de l'utérus. Dans le premier cas, le pessaire à réservoir d'air seul (voir ce mot); dans le second cas, le pessaire à réservoir d'air joint à la ceinture périnéale (voir le mot Ceinture périnèale), réduit et maintient parfaitement les organes prolabés. — Docteur Gariel. — Mémoire cité.
Vaginale (hernie).
Contention par le pessaire à réservoir d'air.
M. Testelin a observé dernièrement une hernie intestinale (entérocèle) dans le vagin, chez une femme de trente ans ayant déjà eu plusieurs enfants.
La portion de la tumeur qui sortait de la vulve était plus volumineuse que le poing, outre la portion incluse dans le vagin; le point de communication avec l'abdomen ou collet du sac était, à la partie supérieure droite et postérieure du vagin, dans le cul-de-sac utérorectal. Cette hernie, malgré son volume, se réduisait très-facile-
VAGINITE. — VARICES. 309
ment avec le gargouillement caractéristique, même la femme étant debout.
La hernie ne sortait pas dans la position debout; aussi la femme, qui habite un faubourg de Lille, a-t-elle pu venir à pied consulter notre confrère. — Après un examen où l'on peut constater que la hernie n'était pas sortie, la femme s'étendit dans un fauteuil, sur le dos, et dans une position presque couchée, fit un effort, et la hernie sortit tout d'un coup : c'est alors que M. Testelin put en apprécier les caractères et la réduire.
On appliqua le pessaire à réservoir d'air, qui jusqu'à présent paraît maintenir la hernie.
Ce pessaire employé pendant le jour, est remplacé la nuit par une éponge fine légèrement humectée d'une solution de tannin.
On ne connaît dans la science que deux observations de hernie vaginale, l'une de Garengeot, l'autre d'Arnaud.
(Compte rendu de la Soc. de méd. du Nord.)
Vaginite.
Poire à injection. — Projecteur à main. — Pyxide. (Voir ces mots.)
Ces instruments sont destinés, le premier au lavage de la membrane muqueuse vaginale, le second et le troisième, à la projection des poudres médicamenteuses.
Varices.
Bas élastiques.
Le traitement palliatif des varices est le seul auquel on doive avoir recours. (Professeur Nélaton.)
Docteur Verne uil. — La curabilité des varices (abstraction faite des moyens chirurgicaux) n'est guère admise, parce qu'on ne reconnaît et ne traite la maladie que lorsque les lésions anatomiques son4 irrémédiables (insuffisance des valvules, dilatation serpentine des rameaux avec hypertrophie et altération spéciale de la paroi, etc.)
Cependant les varices qui surviennent pendant la gestation ou à la suite de certains obstacles temporaires à la circulation veineuse sont certainement susceptibles de guérir. Il est commun, en effet, de voir des femmes qui présentent à chaque gestation des varices très-manifestes et très-incommodes. L'accouchement venu, tout disparaît. — N'était-il pas logique de penser que les mêmes résul tats pourraient être obtenus dans les cas de varices spontanées, lorsqu'on les traiterait à leur début. C'est l'idée qui nous a guidé
M 0 VARICES. — VARICOCÈLE.
dans les recherches que nous avons faites sur les varices profondes de la jambe.
L'observation suivante fera voir à la fois les symptômes auxquels donnent lieu le plus habituellement les varices profondes, les moyens d'en établir le diagnostic, et enfin l'efficacité des moyens de traitement mis en usage, et en particulier de la compression.
Observation. — Garçon de recette, 'quarante-cinq ans, très-forte constitution. — Obligé de faire chaque jour des courses très-longues, il était harassé dès le milieu du jour. Sa démarche était chancelante, et il traînait péniblement la jambe droite, qui lui paraissait extrêmement lourde. Le- mollet droit était très-volumineux, rénitent, un peu gonflé; le bas de la jambe avait également augmenté de volume; il était devenu cylindrique.; le tégument était rouge et turgescent; la veine saphène se dessinait sous la peau; dans la région des malléoles, on devinait, à la tension élastique de la peau, une ampliation assez marquée des veines sous-cutanées. — Mêmes symptômes, du côté gauche, quoiqu'à un moindre degré. C'était vers le soir surtout que le gonflement, l'engourdissement et la faiblesse musculaire atteignaient à leur plus haut degré. — Cet état durait depuis plusieurs années; il s'aggravait toujours.
Diagnostic : Phlébectasie profonde.
M. Verneuil, en faisant asseoir cet homme, en élevant fortement la jambe et pratiquant pendant un quart d'heure un massage méthodique dirigé des orteils vers le genou, obtint, séance tenante, un soulagement très-manifeste. Il prescrivit les bas élastiques et les lotions froides astringentes, et préalablement trois jours de repos absolu, les membres inférieurs étant tenus dans l'élévation, précaution dont tout le monde comprendra la valeur.
Au bout de trois semaines, tous les accidents avaient disparu. — Pendant dix-huit mois environ, l'usage des 'bas élastiques ne fut pas interrompu; mais plus tard, les bas, étant usés, ne furent pas remplacés, et malgré cette négligence la guérison se maintint très-bien. (Gazette hebdomadaire. Juillet '1 86H .)
Varicocèle.
Hors les -cas de douleur et d'empêchement grave qui constituent l'urgence, H. Nélatonest d'avis de ne pas opérer lie varicocèle. Sa réserve est justifiée chaque jour par l'observation de faits qui démontrent que le varicocèle est une maladie de la jeunesse, ayant une tendance à passer spontanément, et ne diminuant en rien les fonctions de la reproduction, et par cette considération que l'intervention chirurgicale ipeut s'accompagner de graves .accidents.
En effet, la (méthode de l'enroulement à laquelle on a en général recours, quoique imoins grave que .la cautérisation, n'est pas exempte de dangers. 11 est impossible de aie pas eonsiclérer comme sérieuse cette opération, quand on réfléchit qu'elle exerce une action violente contre des reines nombreuses, qu'elle divise les
VARICOCÈLE. — VENTOUSES. 31 1
vaisseaux, les broie même et les mortifie dans une certaine étendue ; il peut aussi y avoir hémorrhagie assez abondante pour nécessiter le tamponnement de la plaie et la compression.
Lorsqu'on pratique la cautérisation, les souffrances sont trèsvives pendant les deux ou trois premiers jours, et elles ne cessent entièrement qu'à la chute de l'eschare : le testicule et les bourses éprouvent un gonflement inflammatoire.
En présence de pareils résultats, il est évident que le praticien doit se ranger à l'avis de l'éminent professeur et se borner à l'emploi des palliatifs.
Dans les cas de varicocèle, M. Nélaton se contente de prescrire et d'appliquer l'anneau en caoutchouc de M. le docteur Richard (du Cantal) .
Le testicule et le cordon veineux étant refoulés vers l'anneau, on saisit la portion pendante du scrotum et on la tient suffisamment serrée dans un tube élastique de deux centimètres de hauteur environ.
Ce moyen ingénieux permet de se tenir longtemps debout, de marcher, de se livrer à des exercices même très-pénibles; son application est des plus faciles. [Jour, de méd. et de chir., mai 1858.)
M. Nélaton a essayé ce procédé chez un ouvrier qui portait un varicocèle déterminant des douleurs si vives et si persistantes dans la bourse correspondante et dans les reins, qu'il demandait à être soulagé par n'importe quelle opération. L'application de l'appareil a immédiatement fait cesser toute douleur.
Nous avons modifié le petit appareil de M. Richard, dans l'intention de rendre la pression plus douce, quoique aussi efficace. La modification consiste dans le remplacement de l'anneau simple en caoutchouc par un anneau à doubles parois, formant une cavité où on peut introduire indifféremment de l'eau ou de l'air.
Ventouses.
Un simple verre à boire, dans lequel on raréfie l'air au moyen d'un morceau de papier, d'ouate, d'un morceau d'étoupe enflammés, peut à la rigueur constituer une ventouse, mais on comprend ce qu'il y a d'imparfait dans ce procédé, car on laisse dans la cloche des débris charbonneux, on échauffe le bord du verre et on peut brûler le patient.
En outre, le récipient en verre ne peut être appliqué que sur une surface à peu près égale ou pour le moins assez dépressible pour que les bords de la cloche soient parfaitement en contact avec les tissus; aussi ces ventouses sont- elles impossibles sur des régions