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CHAPITRE IV

Tubercules quadrijumeaux.

Les tubercules quadrijumeaux sont constitués chez l’homme par quatre petites éminences, deux supérieures, deux inférieures, séparées par un sillon transversal et un sillon longitudinal; ils sont situés derrière les couches optiques et le troisième ventricule, au-des.sus des pédoncules cérébraux et de l’aqueduc de Sylvius , au-dessous de la glande pinéale de la toile choroïdienne et du bourrelet postérieur du corps calleux. Très-peu volumineux chez l’homme où ils sont à leur minimum de développement, ils prennent quelquefois dans certaines espèces animales un développement qui va même jusqu’à dépasser le volume des lobes cérébraux. Chez les poissons, reptiles et oiseaux il n’existe que deux tubercules au lieu de quatre.

Les tubercules quadrijumeaux sont indispensables à l’exercice de la s 4

visioa. Déjà la naissance des nerfs optiques démontrée par ScEMMERmG, Gall, Tiedemann et d’autres anatomistes, fait pressentir le rôle que les tubercules jouent dans l’exercice de la vue; les vivisections prouvent manifestement le fait. En elfet, qu’on enlève les tubercules quadrijumeaux à un animal mammifère ou oiseau, la cécité est produite à l’insi nt. On peut s’assurer chez les oiseaux et les mammifères que l’action est croisée: en détruisant les tubercules de gauche, par exemple, la cécité se manifeste à droite; en crevant l’œil d’un coté chez un pigeon, on peut produire l’atrophie du nerf et du lobe optique du côté opposé. Les observations de Desmoülins’ tendraient à démontrer que chez les grenouillés l’effet est direct. Jusqu’à présent nous n’avons prouvé qu’une chose, c’est que les tubercules quadrijumeaux sont indispensables à la vision; il nous importe de savoir s’ils sont simplement conducteurs, comme les nerfs optiques, ou s’ils sont une action propre. Il est évident que, si, après l’ablation des hémisphères cérébraux, la rétine continue à être impressionnée par la lumière, il y aura démonstration complète que les tubercules ne sont pas de simples conducteurs, et que la cécité qui résulte de leur soustraction ne dépend pas seulement du défaut de communication des nerfs visuels avec les hémisphères cérébraux. Or, M. Longet a montré que chez un pigeon privé de lobes cérébraux, l’iris se contracte sous l’influence d’une vive lumière et qu’il y a souvent même clignotement. Il est probable que ces mouvements ont lieu sans conscience, car ils ont la plus grande analogie avec les mouvements réflexes , de sorte, qu’on peut admettre que les tubercules quadrijumeaux sont des centres de réflexion de l’effet centripète des nerfs optiques sur les nerfs moteurs de l’iris des paupières et de l’œil; aussi la destruction des tubercules paralyse-t-elle l’iris, comme la destruction de la moelle fait cesser tout mouvement réflexe. Mais les tubercules quadrijumeaux n’onl-ils que celte fonction? Ils ne semblent être ni sensibles ni excitables, quand on ne dépasse pas

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leur sphère^ et l’opinion de M. Serres^, qui considère les tubercules quadrijumeaux coname des excitateurs de l’association des mouvements volontaires ou de l’équilibration et du sens de la vue, paraît due à ce que ce physiologiste a rapporté aux tubercules quadrijumeaux les effets produits sur les pédoncules cérébraux. M. Flodrens a observé des pigeons chez lesquels il avait enlevé un tubercule bigéminé, tourner sur eux-mêmes et principalement sur le côté du tubercule enlevé. Ce tournoiement paraît tenir à la perte de la vision, car il a lieu quand on vide uu œil sur d’autres pigeons.

L’anatomie pathologique confirme ce que nous avons dit des fonctions des tubercules quadrijumeaux. Les observations de Gall®, Magendie^, Léldt®, etc., sont des plus concluantes à cet égard. Cependant nous ne voulons pas quitter ce sujet sans admettre la possibilité de nouvelles découvertes sur les fonctions des tubercules quadrijumeaux, et ce qui nous fait porter ce jugement, c’est l’existence de tubercules volumineux chez des animaux qui n’ont qu’un nerf optique si grêle, qu’il a échappé à plusieurs anatomistes, comme la taupe, la musaraigne, le protée, la cécilie, ou une pupille sans mouvement comme les poissons.

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