‹ Appréciation des travaux les plus récents sur les fonctions du système nerveuxChapitre 7 sur 22 · I CHAPITRE V · texte numérisé non relu

I CHAPITRE V

Couches optiques.

On appelle ainsi très-improprement deux renflements volumineux situés au-desssuset un peu au devant des tubercules quadrijumeaux, en arrière et en dedans des corps striés; ces couches constituent une portion des parois des ventricules latéraux et du ventricule moyen.

' Sauf l'excitation du système moteur de l’œil, de l’iris , par exemple . qui se contracte quand on les irrite.

- Anal. camp, dn cerv., I. il, p. 717.

3 Anal, et phys., 1810, p. 82, t. I.

•* Leçons sur les fonct. du syst. nerv., t. Il, p. 141.

5 Journal hebdom., t. Xlll, n» 168.

Les couches optiques ont-elles sur les viscères l’influence que leur nom pourrait faire supposer? Si ou en juge par ce qui arrive chez les mammifères ou chez les oiseaux auxquels on enlève ces organes, la vision n’éprouve aueune altération par leur désorganisation ; mais on observe qu’aussitôt qu’on a supprimé une des couches chez un animal, ce qui a lieu sans développer la plus petite douleur, cet animal tombe sur le côté opposé à la lésion. On peut conclure de cette expérience trois choses: C’est que les couches optiques sont insensibles par elles-mêmes, qu’elles sont des foyers d’innervation locomotrice et qu’il y a croisement dans leur action; mais cette force motrice, qui prend son foyer dans la couche optique, se transmet-elle d’une manière croisée à toute une moitié du corps ou seulement à une partie de celte moitié? Plusieurs médecins et physiologistes recommandables, MM. Serres et Foville, entre autres, placent dans les couches optiques et à leurs expansions dans les lobes postérieurs du cerveau le siège des mouvements des membres supérieurs, et ils appuient leur assertion non-seulement par des vivisections dans lesquelles ils ont vu la paralysie des extrémités antérieures survenir chez des animaux dont les couches optiques avaient été lésées, mais encore par des observations pathologiques recueillies sur l’homme. M. Foville ^ cite cinq observations et M. Serres ^ trois. Or, si l’on répète les expériences de ceS expérimentateurs , on voit qu’il est impossible de reconnaître si la paralysie est plus prononcée en avant qu’en arrière, les animaux fléchissant sur leurs quatre pattes; que l’on opère sur les couches optiques ou sur les lobes postérieurs, le résultat est le même : il est donc impossible de s’étayer des vivisections. Quant aux observations alléguées en faveur de la localisation du mouvement des membres antérieurs dans les couches optiques, il est facile de leur opposer des observations contradictoires ; M. Â.NDRAL®, sur 75 cas de lésions cérébrales, en a compté

I Recherches sur le siège spécial, etc., inéin. publié en mars 1820.

- Annuaire des hôpitaux. 1819.

3 maladies de l'encéphale, p. 357. 2' éd.

40 dans lesquels les deux membres d’uu côté étaient à la fois paralysés; sur ces 40, 20 dans lesquels il n’y avait de lésé que le corps strié, et 19 la couche optique. Sur ces mêmes 75 cas il en a trouvé 23 avec paralysie du membre thoracique, dont 11 avec lésion du corps strié, 10 avec lésion de la couche optique, 2 avec lésion du lobule moyen. Enân, sur ce même nombre, 12 autres avec paralysie bornée au seul membre pelvien, dont 10 avec lésion du corps strié et 2 de la couche optique. Cette statistique parle assez d’elle-même, pour que nous n’ayons pas besoin de faire de commentaire.

Une dernière remarque, qui a rapport aux couches optiques, c’est que le mouvement de manège s’observe à la suite de lésion de l’une d’elles et du côté opposé à la lésion, excepté chez les grenouilles, où le mouvement de manège a lieu du même côté ’.

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