‹ Appréciation des travaux les plus récents sur les fonctions du système nerveuxChapitre 9 sur 22 · CHAPITRE Vit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit

Corps calleux, corne d’Ammon, etc.

Nous réunissons dans un même chapitre toutes les portions de l’encéphale autres que celles dont nous avons déjà étudié les fonctions, et que les hémisphères et le cervelet, non pas que nous considérions ces éléments nerveux comme peu importants, mais parce que leurs fonctions ne sont pas dévoilées.

A. Corps calleux. C’est la principale commissure du cerveau; cependant elle peut manquer sans qu’il en résulte de trouble dans les fonctions de la vie. Reil^ en cite un exemple; le docteur Fcerg en cite un autre. Quoique Lapeyronte se soit appliqué à démontrer que le corps calleux est la partie du cerveau où l’âme exerce ses fonctions, il n’a pu offrir aucune preuve certaine de cette assertion. Si on coupe le corps calleux en tous sens chez des mammifères, il n’y a ni douleur ni dérangements appréciables dans la transmission de la sensibilité et dans la production des mouvements.

' Arek. fürdie Physiol., I. XI, p. 341.-

B. Corne d’Amman. M. Foville* a été conduit à soupçonner que la corne d’Amnaon est, avec les plans fibreux du lobe temporal, le siège spécial des mouvements de la langue. Ce qui renverse d’un coup cette hypothèse gratuite, c’est qu’on trouve la paralysie de la langue comme symptôme d’une foule d’observations dans lesquelles les lésions siégeaient bien loin de ces cornes. Les usages de la corne d’Ammon sont, il faut en convenir, tout à fait inconnus.

C. Voûte à trois piliers. Les vivisections produisent le même résultat négatif que pour le corps calleux. Les observations pathologiques, trèspeu nombreuses, il est vrai, quatre ou cinq environ, semblent indiquer que les usages de la voûte se rapportent à l’exercice de l’intelligence; car on observa principalement de la céphalalgie, du délire, de l’incohérence dans les idées, mais il n’y a pas possibilité d’affimer. Les usages de la cloison transparente ne sont pas plus connus. J’en dirai autant de ceux de la lame cornée, de la bandelette demi-circulaire, du tuber cinerium, des tubercules mamillaires, etc.

D. Glande pinéale. Il n’y a sur ses fonctions que des hypothèses ingénieuses sans fondements; ainsi Gauen et Magendie lui font faire l’office de tampon, WiLUS^ celui d’éponge; Descartes la considère comme la source des esprits.

E. Glande ou corps pituitaire et infundibulum. Sans entrer dans l’examen des théories plus ou moins absurdes qui ont été inventées à propos de ce corps, je ne puis passer sous silence une opinion adoptée par Ledmann et reproduite dans ces derniers temps par M. Bourgery*; cette opinion consiste à considérer l’hypophyse comme un ganglion du grand sympathique. M. Bourgery trouve dans cette disposition anatomique d’anastomose sur la ligne médiane l’analogue des ganglions cardiaques et semilunaires; il décrit sept branches qui se terminent dans la substance grise des nerfs cérébraux,

■ Art. Encêph., Vie. de méd. et chir., t. VII, p. 218.

-Anatomie eereb., cap. XIV, p. 103.

^ÂTchioes générales de méd. 1843.

F. Ventricules du cerveau. Sauf les usages dont nous parlerons plus tard, ces cavités ne paraissent avoir aucune influence par elles-mêmes sur les fonctions nerveuses; les parois des ventricules latéraux sont insensibles aux irritations directes.

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