LA QUESTION DU LAIT A L'ÉTRANGER
A l'étranger, et plus particulièrement en Allemagne, en Suède, au Danemark, en Hollande, en Suisse, en Norvège, au Canada, aux États-Unis, en Russie, en Italie, l’autorité a été préoccupée d'assurer l’alimentation des grandes villes en lait sain. L'industrie laitière, obéissant aux progrès de la science a pris une extension considérable et a réalisé de très grands progrès. Sous la direction de savants instruits en la matière, des instituts et des écoles de laiterie se sont créés, disposant de laboratoires permettant toutes les recherches chimiques et bactériologiques. Toutes les causes de l’altération du lait et les moyens de les supprimer ou de les combattre y ont été étudiés, tout cela, avec l’aide des Pouvoirs publics qui ont donné la mesure de ce qu'ils pouvaient faire dans une question aussi complexe.
En Allemagne « l'ordonnance de Breslau » (décembre 1901) a servi de base aux différents règlements.
Cette ordonnance distingue plusieurs sortes de lait :
le vollmilch (lait complet) le magermilch (lait pauvre) le kindermilch (lait d'enfants) le dickmilch (lait aigre) le buttermilch (lait de beurre).
Cette division est une indication nouvelle en faveur de plusieurs variétés de lait, elle nous semble excellente en ce qui touche le « kindermilch » ou lait pour nourrisson; mais elle va un peutrop loin. Aussi Dunbar (Congrès de Dresde, 1903) a eu grandement raison de s'élever contre cette distinction entre laits supérieurs et laits inférieurs. Il est bien évident que la classe pauvre, en raison de la différence de prix, n’hésitera pas sur le choix de son lait. Cette réglementation conduirait à ceci : Du bon lait à l’usage de la classe riche et du mauvais à l’usage des pauvres. C’est antisocial au premier chef.
A Berlin la question de l’alimentation du bétail producteur de lait est l’objet de préoccupations de l’autorité locale (Circulaires prussiennes, du 27 mai 1899, 29 juin 1900. Règlement berlinois du 15 mars 1902). A Berlin, à Dresde, Leipzig, Wurtzbourg, Hambourg etc. les laits destinés à l’enfance doivent provenir d'animaux sains et bien alimentés. L'épreuve de la tuberculine peut être imposée par les municipalités.
* Dans les grandes villes d'Allemagne, Charlottembourg
spécialement, existent des compagnies laitières ayant un service de contrôle rigoureux de la production à la vente ; elles ont en outre une installation moderne.
Au Danemark la ville de Copenhague est assurément la ville du monde la mieux approvisionnée en lait. Elle
est desservie en partie par des sociétés laitières sem-
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blables quant à leur organisation et à leur fonctionnement : La « Kjobenhavus Molkeforsyning », la « Dansk Molkekompagni », le « Trifolium », etc. La première livre à la consommation du lait frais conservé à l’aide de glace, tandis que la seconde vend du lait pasteurisé.
Le contrôle du lait à Copenhague est confié à un « Conseilde santé» ; celui-ci est assisté de la police sanitaire de la ville (19 agents, 1 inspecteur, 3 commissaires, 7? médecins) et dispose d’un budget fixe énorme (190.555 couronnes en 1901). Un laboratoire municipal avec un budgetde 8.000 couronnes est affecté aux recherches.
En 1900 sur 1.682 échantillons analysés, 23 fraudes seulement ont été reconnues.
Les pénalités sont de fortes amendes allant jusqu’à 200 couronnes ou la prison.
Le Conseil sanitaire reconnaît plusieurs qualités de lait, avec étiquettes correspondantes.
Le lait contrôlé ne peut être fourni par une laiterie que moyennant l’accomplissement de conditions qui sont : Examen des vaches par un vétérinaire autorisé au moins une fois par an, abandon des vaches dont le vétérinaire déclare le lait insalubre, avis au vétérinaire des cas de maladie, obéissance absolue aux ordonnances hygiéniques du vétérinaire quant à l’aérage, l’écoulement et le nettoyage de l’étable et quant au pansement du bétail.
Quand il s’agit du lait pour enfants le fermier est,
en outre,tenu de ne pas employer de fourrage nuisible
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à cet objet. Le vétérinaire dresse un certificat mensuel en se soumettant aux prescriptions qui précèdent, le laitier acquiert le droit de vendre son lait sous une désignation qui lui assureune valeur commerciale plus grande. Les sociétés achètent le lait 10 œre (14 centimes) et le vendent 0 fr. 225. Les sociétés françaises l’achètent àun prix moins élevé et le vendent plus cher qu'au Danemark, beaucoup plus cher même si l’on compte qu'il est de qualité bien inférieure.
L'Italie a réglementé lindustrie laitière par la loi du 2 août 1890 (senatorio Napoli, 1894) ; cette loi, quoique un peu hâtive et incomplète, renferme de très bonnes réformes. Elle a été complétée par un règlement en 1901. En principe elle établit une surveillance rigoureuse tant sur les producteurs que sur les revendeurs. La vente des laits mouillés altérés ou falsifiés est interdite. La fraude est sévèrement réprimée. Certaines villes (Milan, Gènes) par des règlements municipaux récents ont complété cette loi surtout en ce qui concerne l’hygiène des vaches laitières.
L’Angleterre est régie à ce sujet par la loi du 9 août 1899 complétée par un règlement additionnel en 1901 : Des efforts sérieux ont été tentés par la Commission royale de la Tuberculose surtout en vue de l’amélioration de l'hygiène de l’étable.
En Morvèse Christiania impose à ses vacheries un contrôle sanitaire sévère.
En Suisse l’organisation sanitaire varie avec chaque canton. À Genève, un contrôle sérieux est exercé par
le vétérinaire cantonal,