‹ Approvisionnement en lait de la ville de ParisChapitre 16 sur 25 · QUE · texte numérisé non relu

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que des animaux en bonne santé et pour ce faire l’/nspection uniforme des exploitations s’impose. Ce que l'on fait pour les autres denrées alimentaires, la viande notamment, pourquoi ne le ferait on pas pour le lait? L'acharnement que l’on met à dépister le bacille d’Eberth dans l’eau destinée aux grandes villes, pourquoi ne le mettrait-on pas au service du lait pour rechercher le bacille de Koch ? Puisque tout le monde est d’accord pour déclarer l’infaillibilité de la tuberculine, pourquoi ne pas en user largement? Les savants ont fait leur dû à ce sujet, c’est aux pouvoirs publics d'agir. A ce sujet . nous nous rangeons absolument aux conclusions des D‘ Moussu et Delmer au Congrès de laiterie de 1905 : 1° Toute bête laitière tuberculeuse peut, à un moment donné, sécréter un lait chargé de germes spécifiques capables de transmettre la tuberculose par inoculation ou même simplement par ingestion.

2 Les femelles bovines appartenant aux établissements de laiterie et destinées à la production du lait, devraient être pourvues d’un certificat de santé délivré par un vétérinaire sanitaire après examen complet et et tuberculinisation.

3° Toute femelle laitière tuberculeuse, même sans aucun signe clinique appréciable donnant simplement une réaction nette et positive à la tuberculine, devrait être éliminée de l’industrie laitière, ou le lait provenant de cette femelle ne devrait être livré à la consommation qu'après avoir été préalablement stérilisé.

&° Tous les sous-produits commerciaux de laiterie

provenant d'animaux tuberculeux, tel que le lait éérémé

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le petit lait, devraient être stérilisés avant d’être livrés au commerce.

9 Tout établissement de laiterie devrait être l’objet de visites sanitaires fréquentes faites dans Le but d’éliminer les sujets malades.

Nous voudrions mème en ce qui touche les vacheries de la Seine et de la Banlieue l'élimination absolue de tout sujet ayant réagi à la tuberculine. Ce désir concernant les vacheries locales ne peut ètre exprimé fermement que le jour où leur lait sera définitivement considéré comme lait spécial. Nous reviendrons sur ce sujet en traitant du lait pour nourrissons.

Les, pouvoirs publies devraient encore intervenir auprès des grandes administrations (Assistance publique) et les inciter, les obliger au besoin, à provoquer l'insertion aux cahiers des charges de fourniture de lait cette clause: toutes les vaches destinées à leur fournir le lait seront tuberculinisées et n'auront pas réagi à la tuberculine.

Il est certain que l’application de telles mesures soulève des difficultés : si l’on veut tuberculiniser tout le ch eptel bovin, certainement le service sanitaire actuel n’y suffira pas, qu'il accepte le concours des vétérinaires traitan ts ou qu’au besoin ce service sanitaire soil adapté aux exigeances de l'hygiène actuelle et réorga-

nisé selon les besoins de la cause.

2° QUALITÉ DES ANIMAUX. — «La plupart des racesbovi. nes qui fournissent des animaux aptes au travail ont des vaches mauvaises laitières. Les deux adaptations, : lait et travail, sont opposées l’une à l’autre. Les « voca-

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tions » entre lesquelles Baron répartit les aptitudes individuelles font ressortir cette antithèse d’une façon encore plus frappante: laproductionlaitière correspond à une vocation essentiellement féminine évidemment, éloignée de la vocation masculine des bêtes travailleuses. L’uneetl’autre sont également distantes de la vocation neutre des bêtesspécialisées pour la production de la viande. C’est nonobstant vers cette neutralisation finale que se dirigent les deux fonctions opposées, puisque tôt ou tard les bovins sont appelés à tomber à l’abattoir. En dépit de cette convergence fatale, la spécialisation de la race reste un des facteurs importants de la productionlaitière.»(Dechambre. La Vache, 1900.)

Quelques races seulement figurent dans le cheptel bovin de Paris et des environs, par ordre d'importance on peut citer : les Normande, Flamande, Ardennaise ou vache de l'Est, Hollandaise, et quelques rares représentants de diverses autres races.

Quoi qu'il en soit, d’une manière générale, dans les races bovines alimentant Paris, la sélection en vue d'une production plus forte de lait a été l’objet de tous les éleveurs. C’est ainsi qu'on est arrivé, aidé en cela par une nourriture propice, à avoir la vache à grand rendement, la «vache industrielle >» pour employer un néologisme bien expressif. Il nous semble qu’il y aurait intérêt à compléter cette sélection en vue de l’obtention d'un lait meilleur.

En résumé, les éleveurs devraient choisir des vaches jeunes et saines, dont la race est surtout adaptée à la production du lait,

3 ÉTAT SANITAIRE. — L'état sanitaite a été envisagé au point de vue de la tuberculose qui est certainement le point important en la matière. Que les services sanitaires assurent la tuberculinisation des vaches c’est certainement très bien, car ce système permet d’éliminer les causes de contagion dans les étables.

Mais il y a plus que cela, il importe que lesdits services s'occupent de l’état sanitaire des bêtes à tous points de vue. Si bien qu'il serait à souhaiter que chaque sujet ait son casier sanitaire qui devrait être visé à chaque inspection-vétérinaire.

La tuberculose est la plus grave et la plus fréquente des maladies des bovins, mais elle n’est pas la seule dangereuse au point de vue du lait. Le charbon est également transmissible par le lait qui peut servir de véhicule à la bactéridie charbonneuse ; remarquons cependant que l’allure rapide de l'affection se compliquant de la suspension de la sécrétion lactée au début de la maladie rendent peu nombreuses les chances d'infection. La transmission de la péripneumonie, de la rage par lé lait ont été constatées ; le microbe de la peste bovine passe également dans le lait, mais la

‘transmission à l’homme est difficile.

Les mammites doivent faire l’objet d'examens plus rigoureux et d'interdiction de vente, de la part du service sanitaire. Elles sont occasionnées par un grand nombre de microbes, notamment du streptocoque, du colibacille et d’autres bacilles non définis. Dans les cas de mammites le lait est en général altéré, il n’est

même pas rare d’y trouver une bonne quantité de pus,

Les dangers qui résultent de la consommation de ce lait infecté sont considérables surtout pour les enfants chez qui il est susceptible de produire des gastro-entérites mortelles.

Une maladie du bétail, plutôt fréquente, offre quelques dangers pour l'homme, nous voulons parler de la fièvre aphteuse. La transmission de la stomatite aph- . teuse a été démontrée par Chauveau et Siégel, heureusement l'organisme humain parait être un terrain peu favorable à l’évolution du virus aphteux, car les cas d'infection sont rares.

En somme, y compris la tuberculose, maladie à marche insidieuse et lente, que la tuberculine nous permet de déceler, toutes les autres maladies sont d’un diagnostic facile, même pour les esprits les moins éclairés.

C'est affaire au service sanitaire, réorganisé et augmenté si c’est utile, d'agir dans ce sens ; mais il est indispensable que chaque bête ait sa fiche,relatant son état sanitaire. Le propriétaire y perdra un peu puisque une partie de son lait peut être frappée d'interdiction, mais en réalité il y aura son bénéfice, car de cettefaçon il ne négligera jamais de donner à ses bêtes les soins auxquels elles ont droit.

4° ALIMENTATION HYGIÉNIQUE DES VACHES. — L’alimentation raisonnée des bêtes laitières est le complément obligé des règles d'hygiène déjà posées.

Malgré l’avis de Kellner dans son dernier ouvrage sur l'alimentation : « En ce qui concerne tout spécialement la vache laitière, on doit en effet se préoccuper |

Lis tout d’abord de l’individualité, de la race et des variations de la sécrétion lactée. Quant à l’apport alimentaire, son effet est plutôt secondaire », il serait bon que l’hygiène surveille d’assezprès l'alimentation du bétail producteur de lait. Il n’est pas de notre ressort d’étudier la quantité et la qualité des aliments au point de vue du meilleur rendement en lait ; ce que nous demandons c'est un lait bon, chimiquement parlant.

Mais il appartient à l’hygiène de s’élever contre l’emploi de certains aliments, dont l’avantage est de donner une grande quantité de lait, cela aux dépens de la qualité bien entendu. Il est nécessaire d’écarter de l’alimentation tout ce qui est susceptible de communiquer au lait une odeur,une saveur ou une couleur anormales ; ainsi l’ail donne au lait une odeur repoussante ; les crucifères et les choux fourragers, un goût et une odeur d’œufs pourris ; la garance, la rhubarbe et le souci le colorent.

Le lait peut encore contenir les principes toxiques du colchique, de la ciguë, du pavot, du coquelicot, de la jusquiame, des renonculacées, des euphorbes, des ellébores, etc., et ceux de certains médicaments administrés aux vaches : camphre, iodure de potassium, etc.

Il faut éviter aux vaches laitières l’ingestion de plantes toxiques ou de médicaments, dont les principes quelquefois sans danger pour les bètes peuvent s’exercer sur les personnes qui consomment le lait, les nourrissons en particulier.

Certains tourteaux, le tourteau de sésame par exem-

ple, sont susceptibles de nuire à la qualité du lait, ils

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forcent la teneur en matières grasses, si bien que ces dernières ne sont plus en équilibre relativement aux matières azotées et aux sels.

Les drèches sèches de brasseries sont favorables à la production du lait, mais celui-ci est pauvre en matières grasses, alors que le rendement qualitatif est sensiblement augmenté. Quant aux drèches liquides elles produisent un lait de qualité inférieure qui peut être très bien toléré par les adultes, mais qui occasionne chez les nourrissons, dont les voies digestives sont sensibles, des indigestions et des troubles parfois mortels. Dans ces cas le lait toujours abondant possède en général un goût spécial fort désagréable.

Même inconvénient en ce qui touche les pulpes, la vache augmente son rendement mais il est indispensable d'employer des pulpes fraiches, car fermentées elles peuvent donner un mauvais goût au lait ou le prédisposer aux fermentations acides. Or nous savons qu'il est rare que ces produits soient donnés frais, d’où il serait plus sage de s’en abstenir chez les vaches laitières.

La stabulation permanente imposée aux vacheries parisiennes a eu ses détracteurs, il est certain que ce régime continué pendant des années peut finir par être nuisible à la santé des animaux, mais à Paris il dure tout au plus huit à dix mois, puisque ce temps passé les bêtes sont abattues, il n'offre donc pas de danger. C’est en tous cas le régime idéal en ce qui touche la qualité chimique du lait. Ce régime permet d’avoir du lait pour

nourrisson sans danger, c’est le seul car, ainsi que nous

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