‹ Approvisionnement en lait de la ville de ParisChapitre 17 sur 25 · ASS · texte numérisé non relu

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Pavons déjà dit, les vétérinaires nous enseignent que le régime des pâturages peut quelquefois être la cause de diarrhées chez les jeunes enfants au début de la

saison où les vaches sortent.

9' HYGIÈNE DES ÉTABLES. — Nous arrivons enfin à un des points les plus importants à imposer au producteur si nous voulons avoir du bon lait à Paris.

La propreté de l’étable est indispensable quel quesoit le genre de vacherie ; elle a surtout de l'importance à Paris et dans la banlieue où le prix des terrains et le taux considérable des loyers’ incitent les exploitants de vacheries à loger les animaux dans des étables exiguës. Elle n’est pas négligeable dans les campagnes où l'hygiène n’a guère pénétré.

D'une enquête gé nérale faite par les soins du service vétérinaire sanitaire, en 1904, il résulte qus les vacheries exploitées à Paris et en banlieue ne présentent pas toutes les garanties au point de vue de la propreté de l’étable, qu'est-ce à dire alors de la production de province qui n’est pas soumise, comme les vacheries loca-

les, à un avis favorable du conseil d'hygiène.

Le sol des vacheries doit être imperméable, suffisamment en pente pour permettre l'écoulement du purin. Le nettoyage doit en être fait régulièrement. Car le fumier est dangereux,le colibacille est l'hôte de lintestin des vaches, et c’est à lui que l’on doit toutes ces entérites aiguës, la terrible diarrhée verte qui enlève tant d’enfants: aussi pas dé fumier dans l’étable et, chaque jour,

deux fois par jour même, lorsque la litière est renou-

velée, la paille souillée doit être transportée au dehors et loin de la vacherie.

Il est de tradition, dans les campagnes, que l’on doit intercepter les rayons du soleil et ne laisser pénétrer l'air dans les étables qu’en petite quantité, les paysans ont remarqué que ces conditions permettent d'obtenir le maximum de rendement avec le minimum de nourrilure, en effet la combustion se trouve réduite au strict nécessaire,puisque l’oxygène est raréfié en même temps que l’air du local. Les recherches du D° Backaus ont prouvé que c'était préparer l’appauvrissement de l’organisme et l’anémie du sujet. Un éclairage rationnel et une aération convenable sont nécessaires pour permettre la nutrition normale du corps de l’animal et cela plus à Paris qu'ailleurs car les vaches y sont soumises à la stabulation.

Nous n'avons qu’à nous inspirer de l'exemple du Danemark et de la Suède à ce sujet. En Suède par exemple, dans les étables le volume d'air exigé pour chaque bête n’est pas moins de 25 mètres cubes en moyenne.

Touchant encore les locaux: les murs devraient être en ciment et polis de façon à pouvoir être lavés facilement, par un antiseptique au besoin. Quant aux mangeoires en bois il serait absolument indispensable de les supprimer et de les remplacer par des mangeoires en ciment, susceptibles d’être lavées et nettoyées après chaque repas, il ne faudrait plus se contenter à ce sujet du traditionnel coup de balai récoltant les pous-

sières pour les amonceler à une extrémité, ce serait un

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mode de contagion tuberculeuse de vache à vache supprimé.

6° La TRaïTE. — Les milliers d’infiniment petits, que l’on peut découvrir dans le lait après la traite, y parviennent accidentellement. Les uns sortent avec les premières gouttes de lait, ils étaient accumulés dans la partie inférieure des canaux excréteurs dutrayon, d’autres sont apportés par les mains et les vêtements du vacher, par les ustensiles de laiterie incomplètement nettoyés, par l’atmosphère de l’étable, par tout le travail mécanique. Il à été trouvé dans le lait en plus des microorganismes une quantité variable de substances organiques en décomposition: Excréments, débris d’aliments, de poils, etc. Il suffirait cependant de suivre les prescriptions suivantes :

1° Éviter tout mouvement susceptible de soulever des poussières une heure avant la traite ;

2° Nettoyer les trayons, après toutefois le nettoyage des mains du vacher ;

3° Exiger du vacher des vêtements propres ;

ke Recevoir le lait dans des bidons propres fermés dès qu’ils sont pleins ;

5° Dès Ja traite finie transporter ces récipients dans un endroit frais où le lait sera filtré, refroidi et recouvert d’une mousseline légère.Nous irons même plus loin -en ce qui concerne le lait des nourrissons, les vaches devraient être entretenues comme les chevaux de luxe, l’arrière-train lavé à l’eau chaude soigneusement; quant au personnel il devrait revêtir un vêtement spécial pour

la traite.

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Il est une chose facile à faire qui,cependant, ne semble pas présenter grand intérêt pour le producteur c'est d’avoir des ustensiles propres. Il serait si simple cependant de faire comme au Danemark, de nettoyer à la lessive de soude les bidons, de les rincer à grande eau et de les munir de leur couvercle; de la sorte, la fermentation due à des restes de matières grasses accumulées aux parois serait sûrement supprimée. Avec un personnel instruit de ce qu'il doit faire, toutes ces manipulations seraient strictement hygiéniques.

7°LE TRANSPORT DU LAIT. — Les règles précédemment établies et observées permettraient à la production locale de fournir un lait vivant et possédant toutes les qualités requises par l’hygiène.

Pour ce qui est des laits de ramassage, qui ne sont pas consommés immédiatement après la traite, qui doivent être transportés après passage entre les mains de plusieurs intermédiaires, il y a lieu d'étudier les moyens de conservation employés pour en assurer le transport. |

La première manipulation que subit le lait de ramassage est la filtration. Elle a pour but de le débarrasser des matériaux solides, débris d’aliments, poils, fumier, ete., etc. Le lait peut être simplement passé à travers un tamis-filtre ou dans un filtre sous pression. Il ne faut attendre de cette opération qu’un grossier nettoyage, car les germes pathogènes passent naturellement à travers la mousseline ; il a été expérimenté des filtres à sable. Backaus a montré le succès de ce

système pour débarrasser le lait de ses matières solides

LEE) mais son inutilité au point de vue bactériologique. Il est inutile d'insister.

Le lait conduit au dépôt doit être conservé, là est le point difficile. Non que les procédés manquent certes, ils sont légion, bien trop nombreux, puisque leur nombre n’est qu’une preuve de plus de leur inefficacité. Le dépositaire a le choix : Les antiseptiques, la réfrigération, la fixation, la pasteurisation, la stérilisation, etc.

Les antiseptiques sont condamnés d’avance,tous sans exception sont plus ou moins dangereux. Il suffirait d’ailleurs, à ce sujet, d'appliquer les lois existantes et la question serait tranchée. :

Parmi les antiseptiques, il en est un,le dernier venu, qui à joui d'une certaine renommée. Son succès est sans doute dû au célèbre Behring qui l’a préconisé. L'adjonction d’eau oxygénée à 3 0/0 prolonge la conservation du lait d'autant plus longtemps que ce lait est maintenu à une température plus basse. L'agent de conservation est l’oxygène qui se dégage d’H ‘0°; le pouvoir bactéricide existe pendant un laps de temps variant de huit à dix heures(Nicolle et Ducloux. « Conservation du lait par l’eau oxygénée». Revue d'hygiène, 1902, t. XXVI). Ce procédé est certainement le moins mauvais puisqu'il ne change pas la composition du lait mais il n’est pas dépourvu de danger, surtout pour l’alimentation des enfants.

Il est à peine besoin de citer dans le mème ordre d'idées l’emploi du carbonate de soude, du bicarbonate, de l’acide borique,de l'acide salicylique, du formol, etc., tous procédés modifiant profondément la composition

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