‹ Apres l'amourChapitre 14 sur 67 · A M. CH. D£ SAINT JUL1£N · texte numérisé non relu

A M. CH. D£ SAINT JUL1£N

C'est une mùrc ravie A SCS enfants dispersés, Qui leur tend de l'autre vie Ses l>rts qui les ont bercés.

(Lamaktini^

Le jeune oiseau s'enfuit des ailes maternelles Quand sa voix peut chanter, quand sa plume grandit. Hélas I moi, pour toujours, je quitte avant leurs ailes, Je quitte pour mourir mes oiseaux dans leur nid.

Qui donc viendra veiller sur ces êtres si frêles ?

Oh! ne me pleurez pas, entendez-vous, enfants! Non, ne me pleurez pas, car je vous le défends I

Mon fils, pour l'amour de ta mère,

Chéris et protège ta sœur.

Et toi, songe, ma iille, en regardant ton frère, Que vous fûtes tous deux confondus dans mon cœur. Venez à mon tombeau, quand fleuriront les roses, Je sentirai la vie en écoutant vos pas ; Approchez, effeuillez les fleurs les plus écloses, Et, pour vous embrasser, moi, je tendrai les bras!

Donnez au marbre de ma tombe,

Et vos baisers et vos souris; Songez que de vos yeux une larme qui tombe Brûle comme du feu mes ossements flétris. ^ Si près de vos berceaux faut-il que je succombe 1 Oh! ne me pleurez pas, entendez-vous, enfants! Ne me pleurez jamais, car je vous le défends. Ne pensez pas trop même à votre pauvre mère.

Ne vous rappelez pas comme elle vous aimait, Car votre jeune cœur, trouvant la vie amère, Perdrait comme un parfum le feu qui l'animait.

Je suis le chêne vert que le vent déracine,

A mes rameaux brisés pendent deux tendres fleurs.

Mourons sans qu'une plainte échappe à ma poitrine, Plutôt qu'un seul instant voir pâlir leurs couleurs. Ohl la mort dans mon sein plonge une ardente épine, Je vous embrasse encore, adieu, mes chers enâmts! Adieu, ne pleurez pas, non, je vous le défends!

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