RAYON
Il est des jours heureux où la nature entière S'identifie à nous ; sa chaleur, sa lumière Nous agite, nous trouble; il semble que le cœur
S*échappe et va baiser la colombe et la fleur.
Il s'éprend des ruisseaux, des pervenches mi-closes,
Des pudiques couleurs des champs de trèfles roses,
De la brûlante euphorbe au reflet vert doré,
Des échos amoureux, du lointain azuré.
L'acre senteur des pins et ces parfums sauvages,
Amers et pénétrants qui s'élèvent des plages,
Ainsi que des oiseaux d'autres climats venus,
Nous donnent en ces jours des vertiges étranges.
Où nous voyons briller ces bonheurs inconnus
Qu'on n'ose pas rêver, mais qu un demande aux anges!