‹ Apres l'amourChapitre 7 sur 67 · A M. LE MARQUIS DE LAINCEL · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS DE LAINCEL

Le mois de mars sur la colline Sourit de son premier soleil, Tout le rivage s'illumine :

Vivons, c'est l'heure du réveil !

Les diansons de chaque nacelle Répondent aux coups d'aviron, ■ Le flux monte et le flot ruisselle, Plus de balise et de jalon!

Déjà les brillantes aloses Chargent le filet des pêcheurs, Les prés sont verts, les buissons roses, Tous les tamarins sont en fleurs t

C'est le printemps, disait Yvonne. Les yeux tixés à l'horizon, C'est lui qui chante et qui rayonne.

Lui qui parfume le gazon.

Le voilà portant sur ses ailes Des rieurs au sommet Je la tour.

Pourquoi, vers nos plages si belles, Ne ramène-t-il pas l'amour ?

Et dans ses paupières mi-closes, Pendant qu*elle retient des pleurs, Les prés sont verts, les buissons roses.

Tous les tamarins sont en fleurs.

Le soleil, perdu dans le tlcuvc, Y laisse longtemps ses clartés.

Mais n'en Élites jamais l'épreuve !

Dès que l'amour nous a quittés, Comme un sépulcre qui se ferme, Et de nos bras trompe l'elTort, L'heure fatale arrive au terme, L'ombre est complète, c'est la mort!

Femme, rappelle, si tul'oses, Cet astre aux brûlantes ardeurs; Les prés sont verts, les buissons roses, Tous les tamarins sont en (leurs.

Loin des rameurs la triste Yvonne,

Sur la barque appuyant son front, Voit un nénuphar qui rayonne, Parmi les roseaux et le jonc.

Chaste fleur, promets-moi, dit-elle, De me couvrir dans mon cercueil, Sois ma couronne d'immortelle!

Elle est tombée en un clin d'œii 1 Aux vagues muettes et closes.

En vain la cherchent les pêcheurs :

Les prés sont verts, les buissons roses, Tous les tamarins sont en tleurs 1

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