LA JEUNE FILLE
Lorsqu'un sourire involontaire* Ëûieurait ma lèvre à son nom, Lorsqu'en apercevant sa mère, J'éprouvais comme un doux frisson,
Qui m'eût dit, ohl mon Dieu, que le cours d'une année Emporterait bien loin ce rêve de bonheur,
Comme la marguerite, à peine couronnée, Effeuille au vent du soir sa languissante Heur !
Se peut-il qu'au jour où nous sommes, Mon œil distrait, s'ouvrant sur toi.
Croit voir encore un de ces hommes- Qui vont et passent devant moi!
Il me semble sortir d'une caverne obscure ; Tout est autour de moi changé, vif, imprévu, Le grand jour sur mes yeux produit une blessure, Je te regarde, et crois ne t'avoir jamais vul
Est-ce une ombre de la soufifrance, Produite par le souvenir?
Est-ce le charme qui commence, Ou le rêve qui va finir ?
Hélas! mon Dieu, si c'est un réve, Il est pâle et bien effacé.
Est-ce un fantôme qui se lève, Dans le grand linceul du passé?
As- tu changé mon cœur? noni toujours le cœur aime, Il tressaille et ressent des transports inconnus 1 Ah I }e comprends, lui seul a dû rester le même,
11 cherche le même être et ne le trouve plus!