‹ Après l'EmpireChapitre 16 sur 17 · UN DRAME APRÈS LE VINGT-QUATRE -MAI · texte numérisé non relu

UN DRAME APRÈS LE VINGT-QUATRE -MAI

effronté de leur honneur, contre quelques billets de mille francs.

Il y a, évidemment, là, une grande part d'humanité à étudier, si Ton considère, qu'en notre temps, l'argent est la force suprême, est le générateur puissant des idées et des actes.

Dans le drame dont je parle, la question d'argent n'existe pas et je pense, néanmoins, qu'il apparaît plus profondément humain, plus intéressant à analyser que s'il avait eu, pour cause, quelque âpre désir de richesse, que si l'attitude de ceux qui en furent les acteurs, avait eu pour mobile le vol de quelques liasses de billets de banque.

Dans ce drame, tout est simple, mais tout est poignant. Deux hommes le traversent — l'un, M. le duc de Broglie, dans la toute puissance d'un pouvoir qui lui assure la possession d'une femme convoitée et aimée; — l'autre, M. X..., dans la résignation douce d'un sacrifié, dans la désolante supplication d'un pauvre être, d'un faible à qui l'on impose des volontés et des efforts qu'il ne peut porter. Une femme est entre ces deux hommes, et passe dans l'action, avec toute l'ardeur d'une nature de conquérante, avec toute l'ivresse d'une triomphatrice, avec toute la folie froide d'une ambitieuse, avec toute la fièvre lamentable, enfla, d'une déçue

et toute la scélératesse déguisée d'une mondaine.

Je ne vois point, dans le roman et dans le drame contemporains, de sujet plus merveilleux que celui que renferme cette intrigue, et comme je suis le premier écrivain qui le livre au public, je préviens, incidemment, que je la considère comme une propriété littéraire et que je me réserve le droit absolu de la porter, un jour, à la scène ou dans le livre.

Il y aurait, en cette fin de siècle — pour employer une expression à la mode — une belle œuvre à écrire sous ce titre : Les Femmes fatales. Si Ton jette, en effet, un regard sur le rôle que certaines femmes ont joué en France, politiquement, depuis une cinquantaine d'années, on reste stupéfait et épouvanté à la fois, par l'influence, tantôt néfaste> tantôt bienfaisante, mais plutôt néfaste, qu'elles ont exercé sur les hommes ayant charge de peuples, sur les choses môme les plus infimes, en apparence, mais nécessaires aux destinées de ces peuples.

Sans remonter dans l'au-delà de l'Histoire et nous en tenant aux seuls faits qui nous touchent encore, nous voyons l'impératrice Eugénie se dresser comme une figure tragique devant l'empereur Napoléon III, et le mener, fantôme insaisissable et implacable, vers un abîme. Nous voyons, également, dans une a**' tude spectrale, l'impératrice Charlotte, du Mexîq

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