‹ Après l'EmpireChapitre 5 sur 17 · M. LE DUC DE LAHOGHEFOUCAULD · texte numérisé non relu

M. LE DUC DE LAHOGHEFOUCAULD

vice-président, encore, des Chevau-légers comme l'un des chefs de cette Droite qui, alors déjà, cherchait à rassembler ses forces, devant les quotidiennes et incessantes attaques des républicains très unis; devant, aussi, Tastuce d'un président du pouvoir exécutif — M. Thiers — épris d'autorité et prêt h donner l'assaut à toute tentative de restauration monarchique.

M. Thiers, qui avait dépouillé le vieil homme, était loin, on le sait, de vouloir aider au retour du roi, en permçUant aux membres de la fraction royaliste du Parlement de se produire publiquement» de montrer au pays leurs qualités d'administrateurs ou de politiques..

Cependant, le fln bonhomme — dont on a, avec raison, beaucoup médit, mais dont il serait souverainement injuste de ne. pas reconnaître l'intelligente activité — soit malice ou, très simplement et par hasard, sincérité, démêla vite à l'heure oîi la France, pareille à une ménagère économe qui raccorde les morceaux d'un drap déchiré, s'occupait à recoudre ses relations, l'appui que M. de La Rochefoucauld, par le prestige de son nom, par l'Importance de sa fortune, par sa situation mondaine, était en mesure de lui apporter.

Il offrit au duc de Doudeauville une ambassade,

114 APRÈS L*EMPIRB

espérant peut-être ainsi, et sûrement même» endormir la vigilance de cet adversaire politique, dans l'intimité apparente d'une collaboration officielle. Mais ce fut l'histoire renouvelée des présents d'Artaxercès. M. de La Rochefoucauld refusa l'offre de M. Thiers.

— Il m'est impossible, lui dit-il, d'accepter le poste que vous me réservez. En effet, vos adversaires s'éloignant, qui restera, ici, pour vous* résister ? Or, ne l'oubliez pas, dès l'heure où vous tenterez d'établir définitivement la République, nous voulons être là pour vous renverser.

Il est quelque part Taventure d'un voleur... volé. Il me paraît que la déconvenue de M. Thiers fut, alors, cette aventure.

M. le duc de Doudeauville n'avait, d'ailleurs, qu'une confiance très relative dans les assurances de sympathie qu'à cette époque M. Thiers semblait prodiguer aux conservateurs de l'Assemblée Nationale.

Le chef du pouvoir exécutif, en effet, en présence de plusieurs personnes, s'était formellement engagé, vis-à-vis de M. de La Rochefoucauld, à restaurer la Monarchie.

— Je veux, lui avait-il déclaré, la Monarchie unie.

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