‹ Après l'EmpireChapitre 7 sur 17 · M. LE DUC DB LAROCHEFOUCAULD · texte numérisé non relu

M. LE DUC DB LAROCHEFOUCAULD

parmi ses amis du Pariement, et déposa sur la tri- • bune de l'Assemblée la proposition fameuse. relative au rétablissement de la Monarchie en France.

L'un des incidents graves de cette époque à laquelle, encore, nous touchons, et qui nous paraît, cependant,. si loin, a sa place ici. Il s'agit des luttes intimes qui s'élevèrent autour du projet qui consistait à rappeler M, le comte de Chambord, des hési»tations et des résolutions qui en. accompagnèrent la çresque réalisation.

M. de La Rochefoucauld qui est un royaliste très sincère, qui n'admet point qu'on ergote sur la nature ou sur la valeur de ses convictions, est, toutefois, un esprit sage et' modéré. De même qu'à Londres, étant ambassadeur, il avait compris qu'il eût été malhabile de montrer à nos voiéins, curieux et peut-être réjouis, un visage morose, de même, dans un sens très fin et très assuré des choses, il devina que le retour du roi deviendrait impossible si de trop zélés conseillers continuaient de faire prévaloir, auprès âe lui, leurs avis.

Dans la légeûde — ce mot, vraiment, me semble juste — des deux drapeaux : le Blanc, celui d'un passé curieusement épique; le Tricolore, celui d'une modernité auréolée de multiples et jeunes gloires — il fit tout ce qu'il put faire, d'une part, auprès du»

comte de Chambord et des Princes — d'autre part, auprès de ses amis de F Assemblée Nationale, pour provoquer des concessions susceptibles de rendre aisée la tâche de reconstitution monarchique qu'il avait entreprise, pour que ses amis acceptassent, en un mot, le maintien du drapeau tricolore.

Mais son avis ne fut pas écouté et je n'affirmerai pas que les ardents du parti royaliste, furent éloignés de le considérer, à cette époque, comme un déserteur de la cause qui leur était chère.

Depuis lors, M. de Doudeauville continua de représenter le département de la Sarthe dans les diverses Assemblées qui se sont succédé, soit à Versailles, soit au Palais-Bourbon; mais il demeura dans une expectative seule compatible avec ses opinions. Il n'abandonna cette attitude que le jour où, le comte de Chambord étant mort, il se tourna, franchement, résolument, vers le comte de Paris.

A partir de cette heure, la Droite purement royaliste dont il était le chef, s'inspira de ses conseils.

Cette charge, cependant, ne devait pas tarder à paraître lourde, un peu, à M. le duc de Doudeauville. Pourquoi ne point être net et ne point évoquer, ici, le souvenir d'élections non encore trop lointaines?

M. de La Rochefoucauld, pris entre les inquié-

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tudes, les scrupules de sa propre conscience et les aspirations de ses amis, ne voulut point accepter la responsabilité personnelle d*un plan de campagne qu'il est, d'ailleurs, aujourd'hui, plus aisé de critiquer qu'il n'était, hier, facile d'élaborer.

Contrairement au meunier célèbre, il ne fit rien à sa tête, il reçut des ordres venus d'Angleterre, du cabinet de M. le comte de Paris, et ne marcha au combat que muni d'un motdepassefortregulier.il s'agit, ici, on le comprend, de l'aventure boulangiste.

M. le duc de Doudeauville, qui n'avait pas été consulté, en effet, sur la politique à suivre, et qui, par conséquent, ne saurait supporter la responsabilité de cette politique, a montré simplement, dans cette circonstance, un grand esprit de discipline et un grand tact. Dans une heure difficile, il a cherché à maintenir l'union parmi ses coreligionnaires politiques, et ceux qui, plus passionnés qu'adroits^ se sont oubliés, vis-à-vis de lui, en des attaques, reconnaîtront leur injustice.

A quelque parti qu'on appartienne, il n'est qu'honorable de rendre hommage à ceux qui n'ont pas faibli dans la bataille. M. de La Rochefoucauld est de ceux-là. Et le devoir de l'écrivain est de proclamer la netteté de son attitude — de cette attitude qu'il a si bien définie lui-même, au moment le plus

ardent de la mêlée électorale, en cette phrase typique : — «Le Roi n'a pas abdiqué, n'abdiquera pas ; royalistes nous sommes, royalistes nous resterons. »

C'est là, d'ailleurs, une très délicate discussion que j'abandonne, ne voulant éveiller, en l'&me du galant homme dont je trace l'esquisse et dont je ne partage pas les sentiments politiques, ni amertume ni regret.

J'ai dit, en commençant cette étude, que M. de Doudeauville est un gentilhomme. Je répète le mot et, à dessein, sans la banalité d'un adjectif.

Ses qualités individuelles, sa bonté, sa générosité que sert une grande fortune, l'ont fait aimer des paysans — ces conservateurs — et le font aimer, également, des Parisiens — ces révolutionnaires — parmi lesquels son nom est populaire et ses aumônes largement distribuées.

L'humble, le miséreux, le travailleur se rappellent, en effet, en même temps que la somptuosité des fêtes qu'il offrit — une fois, comme dans les contes de fées — en son château d'Esclimont, au prince de Galles; — une autre fois, en son hôtel de la rue de Varenne, à tout le Paris mondain et intelligent, sans distinction d'opinions — sa discrète et profonde charité. Et, le travailleur, le miséreux, l'humble qui, dans la morsure d'une souffrance^ a

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