‹ Après la Mort de l'EmpereurChapitre 16 sur 30 · Le comte Auguste de ïalli'yrand · texte numérisé non relu

Le comte Auguste de ïalli'yrand

Cette même lettre informe le duc de Richelieu de la scrupuleuse constance avec laquelle un nommé Mansour suit les traces de Santini. Les correspondances de police auxquelles donnent lieu les pérégrinations de l'ancien huissier de Longwood sont loin de s'accorder sur le caractère de ce Saïd-Goud-Jacob Mansour, ex-oiïîcier de mameluks, qui parfois porte la Légion d'honneur. Certains fonctionnaires^, policiers ou diplomates, s'inquiètent de voir ainsi voyager de compagnie Santini et Mansour. D'autres, au contraire, nous présentent Mansour comme un simple espion au service de la police, chargé de la surveillance de Santini. Et telle devait être très probablement la vraie qualité de ce louche levantin. L'auteur du rapport précédemment cité pense que Mansour est un indicateur qui a ofTert ses services au comte de Lagarde, à Munich, et que l'on a mis, sans tarder, sur les traces de Santini. C'est également l'avis du comte Decazes, bien placé pour être renseigné, et qui écrit le 6 juin 1817 au duc de Richelieu que, s'il en est ainsi, « l'intérêt de la surveillance générale n'aura rien perdu au voj^age

1. Arch. nal.. F', 6926 (9153) : Rapport de Munich du 8 mai 1817: Lettre du comte Auguste de Talleyrand au comte Decazes, de Berne, 23 mai 1817 ,

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de Santini en Italie ». Le rùlo, sinon cxceplionnel, du moins curieux, de ce « petit Egyptien, aux yeux noirs et pénétrants », dans la fdature organisée pour l'ancien liuissier de TEmpereur ne semble d'ailleurs avoir eu une certaine importance que lors du passage de Santini en Suisse ^

Santini provoque décidément trop d'inquiétude de tous côtés pour qu'on le laisse librement aller accomplir sa mission auprès de Marie-Louise et des Bonaparte à travers une Italie qu'agite un mauvais esprit libéral, et, le 26 mai, après divers avatars, dont une fuite en mince appareil devant la police de Bâle -, Santini est arrêté sur la frontière lombarde à Côme et conduit à Milan d'après des ordres envoyés à l'avance. Aux policiers qui le fouillent, il déclare n'avoir sur lui aucun papier car, assure-l-il, il a été dévalisé en route.

1. Le Ministère des Affaires étrangères, quelques années plus lard, se préoccupera encore de ce Mansour et le comte de Montlezun, dans une dépèche en date du 3 novembre 1821, de Carlsruhe, complétera par quelques détails ce qu'avaient déjà dit au sujet de cet aventurier, les correspondances de 1817. En 1 821, ce Mansour se plaignait d'avoir été privé de son traitement d'ancien officier supérieur de mameluks, parce que, disait-il, il avait été compromis lors du retour de Santini en Europe. Il se disait parent du Métropolitain grec du Caire et paraissait très versé dans les langues orientales. On assurait qu'à Munich M. de Lavalctte s'était employé à lui faire obtenir une chaire d'arabe.

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