‹ Après la Mort de l'EmpereurChapitre 24 sur 30 · Avch. nat. F · texte numérisé non relu

Avch. nat. F

— Vos nom, prénoms, âge, demeure, profession et lieu de naissance ?

— Je me nomme Marie Pasdeloup, âgée de trente ans, demeurant depuis treize ans environ chez M. Judelle, comme domestique ; native de Louvilet, près Dreux (Eure-et-Loir).

— Connaissez-vous quelqu'un qui ait servi Bonaparte ?

— Je ne connais que Noverraz qui a été élève cocher aux Ecuries, et ensuite valet de pied chez le Grand Ecuyer; actuellement je le crois second valet de chambre de Bonaparte.

— Où est-il présentement ?

— Je ne puis vous le dire, je désirerais le savoir, m'ayant toujours donné des marques d'amitié.

— Avez- vous reçu des lettres de lui ?

— J'en ai reçu six dans le courant de 1812- 1813. La dernière est du 8 mai 1815.

— Avez-vous reçu une lettre depuis peu datée de Gibraltar ?

— Non, Monsieur. Venez dans ma chambre, et je vais vous montrer celles que j'ai ; je vous invite même à prendre la dernière, n'y mettant aucune importance ; j'ignore qui a pu me desservir, je ne sais ni lire, ni écrire, je suis obligée de faire lire mes lettres et on a mal interprété ce qui était de-

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dans ; je ne parle point du gouvernement à qui que ce soit.

— Qui vous a remis cette dernière lettre ?

— C'est le portier de FElysée-Bourbon dont je ne sais point le nom.

Et Marie de présenter au commissaire un billet daté du 8 mai 1815 fort peu compromettant où, dans une rhétorique d'office, et avec une orthographe personnelle, Noverraz, qui ne prévoyait point Waterloo, annonçait à la servante du médecin sa prochaine amicale visite. Dans cette même lettre où se manifeste ce dévouement enthousiaste et absolu qui ne devait jamais se démentir pour le Maître^, il disait aussi : « Je suis très sensible de l'interoit que vous prenez à mon égard, mais je

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