Montholon à la comtesse, 3 août
270 APRÈS LA MORT DE l'rMPEREUR
menues difficultés, s'ils en eurent, avec les autres domestiques de Longwood, pendant les deux dernières années de leur exil.
En 1821, tandis que l'Empereur se mourait, la robuste constitution de Noverraz commença de se débiliter sous l'action déprimante du climat. Cependant, de son bras vigoureux toujours, il continue de soulever son maître qu'il faut presque porter, lorsqu'il tente quelques pas oii qu'il veut aller de son lit à son fauteuil. Mais bientôt Noverraz doit s'aliter lui-même. Le 20 avril, quinze jours avant la mort de Napoléon, Montholon écrit à la comtesse : « Mes journées et mes nuits se passent comme celles d'un garde-malade ; je n'en suis pas fatigué. Je me couche à cinq heures du matin. Marchand mène la même vie. Noverraz est toujours malade assez sérieusement du foie. Il est au mercure et aux frictions pour toute nourriture. On lui a mis hier le troisième vésicatoire sur le foie ou le ventre depuis quinze jours*. » Le 3 mai, Noverraz toujours accablé par son mal, se lève hagard. 11 « sent » la mort prochaine du Maître. On le voit se traîner, livide, défaillant, dans la chambre de l'Empereur qui lui dit :