L*INDE
Les Védas sont monothéistes ; les allégories qu'on y rencontre à chaque page dissimulent à peine Timage de la grande cause première, dont le nom, entouré d'un saint respect, ne pouvait être prononcé sous peine de mort. Quant aux divinités secondaires ou dé vas , elles personnifiaient les auxiliaires inférieurs de l'Être divin, les forces de la nature et les qualités morales.
De l'enseignement des Védas découlait toute l'organisation de la société primitive, le respect de la femme, le culte des ancêtres, le pouvoir électif et patriarcal . Les hommes vivaient heureux et libres, dans la paix.
Dès l'époque védique, dans la vaste solitude des bois, au bord des fleuves et des lacs, des anachorètes ou rishis passaient leurs jours dans la retraite. Interprètes de la science occulte, de la doctrine secrète des Védas, ils possédaient déjà ces mystérieux pouvoirs, transmis de siècle en siècle, et dont jouissent encore les fakirs et les yoguis. De cette confrérie de solitaires est sortie la pensée créatrice, l'impulsion première qui a fait du Brahmanisme la plus colossale des théocraties,
Krishna, élevé par les ascètes au sein des forêts de cèdres que couronnent les dômes neigeux de l'Himalaya, fut l'inspirateur des croyances indoues. Cette grande figure apparaît dans l'histoire comme celle du premier des réformateurs
i APBKS LA MORT
lieux, des missionnaires divins. Il renoules doctrines védiques, en les appuyant l'idée de la Trinité, sur celle de l'âme imelle et de ses renaissances successives, (S avoir scellé son œuvre de son sang, il ;a la terre, laissant à l'Inde cette concepde l'univers et de la vie, cet idéal supé- • dont elle a vécu pendant des milliers d'an-
)us des noms divers , cette doctrine s'est ndue sur le monde avec toutes les migrations mmes dont la région de l'Inde a été la source. ! terre sacrée n'est pas seulement la mère des les et des civilisations ; elle est aussi le foyer )lu8 grandes inspirations religieuses, 'ishna, entouré d'un groupe de disciples, t de ville en ville répaudre son enseigne-
jC corps, disait-il (1), enveloppe de l'âine, qui , sa demeure, est une chose finie, mais l'âme habite est invisible, impondérable et éternelle, .e sort de l'âme après la mort constitue le mysies renaissances. Comme les profondeurs du 'ouvrent aux rayons des étoiles, ainsi les prours de la vie s'éclairent & la lumière de cette
[uand le corps est dissous, lorsque la sagesse
l'inde 29 .
a le dessus, l'âme s'envole dans les régions de ces êtres purs qui ont la connaissance du Très-Haut. Lorsque c'est la passion qui domine, l'àme vient de nouveau habiter parmi ceux qui se sont attaches aux choses de la (erre. De môme, l'àme obscurcie par la matière et l'ignorance est de nouveau attirée par le corps d'Êtres irraisonoables.
« Toute renaissance, heureuse ou malheureuse, est la conséquence des œuvres pratiquées dans les vies antérieures. C'est aux mêmes causes qu'il faut attribuer les distinctions qu'on observe parmi les hommes ; les uns sont riches, les autres pauvres ; les uns sont malades, les autres en bonne santé ; les uns de basse condition, les autres d'un rang élevé; les uns heureux, les autres malheureux. Rien de tout cela n'est l'effet du hasard, mais le résultat des vertus et des vices qui ont [
«Mais il est un mystère plus grand encore. Pour parvenir à la perfection, il faut conquérir la science de l'Unité, qui e^-t au-dessus de la sagesse ; il faut s'élever à l'Etre divin qui est au-dessus de l'àme et de l'intelligence. Cet être divin est aussi en chacun de nous :
& Tu portes en loi-mè'tie tin ami sublime que tu ne connais pas, car Dieu réside dans l'inlérieur de tout homme, mais peu savent te trouver. L'homme qui fait le sacrifice de ses désirs et de ses œuvres à l'Êtrt d'où procèdent les principes de toutes choses et pat qui l'Univers a été formé, obtient par ce sacrifice la derfection , car celui qui trouve en lui-même son
bonheuVf sa joie, et en lui-même aussi sa lumière, est un avec Dieu. Or, s:œhe-le, Vàmequia trouvé Dieu est délivrée de la renaissance et de la mort, de la vieillesse et de la douleur ^ et boit Veau de V immortalité, »
Khrislina parlait de sa propre nature et de sa mission en des termes qu'il est bon de méditer. S 'adressant à ses disciples :
« Moi et vous, disait-il, nous avons eu plusieurs naissances. Les miennes ne sont connues que de moi, mais vous ne connaissez même pas les vôtres. Quoique je ne sois plus, par ma nature, sujet à naître ou à mourir, toutes les fois que la vertu décline dans le monde et que le vice et Tinjustice l'emportent, alors je me rends visible, et ainsi je me montre d'âge en âge, pour le salut du juste, le châtiment du méchant et le rétablissement de la vertu .
« Je vous ai révélé les grands secrets. Ne les dites qu'à ceux qui peuvent les comprendre. Vous êtes mes élus, vous voyez le but, la foule ne voit qu'un bout du chemin (1). »
Par ces paroles, la doctrine secrète était fondée. Malgré les altérations successives qu'elle aura à subir, elle restera la source de vie où, dans l'ombre et le silence, s'abreuveront tous les grands penseurs de l'antiquité.
La morale de Krishna n'était pas moins pure :
(1) Baghavadgita passim.