TRAVAIL, SOBRIÉTÉ, CONTINENCE
cadre naturel d'une existence honnête et régulière. L'amour de réponse, Tafifection des enfants, la saine atmosphère du foyer sont des préservatifs souverains contre les passions. Au milieu de ces êtres qui nous sont chers et voient en nous leur seul appui, le sentiment de notre responsabilité grandit 5 notre dignité, notre gravité s'augmentent ; nous comprenons mieux nos devoirs et, dans les joies que cette vie nous procure, nous puisons des forces qui nous en rendent l'accomplissement facile. Comment oser commettre des actes dont nous aurions à rougir, sous le regard de notre femme et de nos enfants ? Apprendre à diriger les autres, c'est apprendre à se diriger soi-même, à devenir prudent et sage, à écarter tout ce qui peut souiller notre existence.
Vivre seul est coupable. Mais donner sa vie aux autres, se voir revivre en des enfants dont on a su faire des hommes utiles, des serviteurs zélés de la cause du bien et de la vérité, mourir après leur avoir inculqué un sentiment profond du devoir, une connaissance étendue de leurs destinées, c'est une noble tâche.
S'il est une exeption à cette règle, elle sera en faveur de ceux qui, au dessus de la famille, ont placé l'humanité et, pour la mieux servir, pour remplir à son profit quelque mission plus haute encore, ont voulu affronter seuls les périls de la vie, gravir solitaires le sentier ardu, consacrer
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tous leurs instants, toutes leurs facultés, toute leur âme à une cause que beaucoup ignorent, mais qu'ils ne perdent jamais de vue.
La sobriété, la continence, la lutte contre les séductions des sens ne sont pas, comme le prétendent les viveurs, un manquement aux lois naturelles, un amoindrissement do la vie ; au contraire, elles révèlent en celui qui les observe et les poursuit, une entente profonde des lois supérieures, une intuition éclairée de l'avenir. Le voluptueux, séparé par la mort de tout ce qu'il aimait, se consume en vains désirs. 11 hante les maisons de débauche, recherche les milieux terrestres qui lui rappellent sa manière de vivre. Ainsi, il se rive de plus en plus aux chaînes matérielles ; il s'éloigne de la source des jouissances pures et se voue à la bestialité, à la nuit.
Mettre ses joies dans les voluptés charnelles, c'est se priver pour longtemps de la paix dont jouissent les Esprits élevés. Cette paix, la pureté peut seule nous la procurer. Ne le voyons-nous pas dès cette vie ? Nos passions, nos désirs enfantent des images, des fantômes qui nous poursuivent jusque dans le sommeil et troublent nos réflexions. Mais loin des plaisirs menteurs, l'esprit se recueille, se retrempe, s'ouvre aux sensations délicates. Ses pensées s'élèvent vers l'infini. Détaché par avance des concupiscences infimes, il abandonne sans regret ses organes usés.
l'étude 383
Méditons souvent et mettons en pratique le proverbe oriental: Sois pur y pour être heureux, pour être fort !