‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 71 sur 75 · LUI. — L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

LUI. — L'ÉTUDE

L'étude est la source de douces et pures jouissances ; elle nous délivre des préoccupations vulgaires ; elle nous fait oublier les meurtrissures de la vie. Le livre est un ami sincère qui nous fait bon visage, dans les jours heureux comme dans la mauvaise fortune. Nous parlons du livre sérieux, utile, qui instruit, console, relève, et non du livre frivole qui amuse et, trop souvent, démoralise. On ne se pénètre pas assez du véritable caractère du bon livre. C'est comme une voix qui nous parle à travers les temps et nous raconte les travaux, les luttes, les découvertes de ceux qui nous ont précédés dans le chemin de la vie et qui, à notre profit, en ont aplani les aspérités.

N'est-ce pas une des rares félicités de ce monde que de pouvoir communier par la pensée avec les grands esprits de tous les siècles et de tous les pays ? Ils ont mis dans le livre le meilleur de leur intelligence et de leur cœur. Ils nous conduisent par la main à travers les dédales de l'histoire ; ils nous guident vers les hautes régions de la science, de l'art, de la littérature. Au contact de ces œuvres, qui constituent le plus précieux des

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biens de Thumanité, en compulsant ces archives sacrées, nous nous sentons grandir, nous sommes fiers d'appartenir à des races qui ont enfanté de tels génies. Le rayonnement de leur pensée s'étend sur nos âmes, les réchauffe et les exalte.

Sachons choisir de bons livres et habituonsnous à vivre au milieu d'eux, en rapport constant avec les esprits d'élite. Rejetons avec horreur les livres immondes, écrits pour flatter les passions basses. Gardons-nous de cette littérature relâchée, fruit du sensualisme, qui répand après elle la corruption et l'immoralité.

La plupart des hommes prétendent aimer Pétude et objectent que le temps leur manque pour s'y livrer . Mais combien d'entre eux consacrent des soirées entières au jeu, aux conversations oiseuses ? On répond aussi que les livres coûtent cher, alors qu'on dépense, en plaisirs futiles et de mauvais goût, plus d'argent qu'il n'en faudrait pour se composer une riche collection d'ouvrages. Et d'ailleurs, l'étude de la nature, la plus efficace, la plus réconfortante de toutes, ne coûte rien.

La science humaine est faillible et variable. La nature ne l'est pas. Elle ne se dément jamais. Aux heures d'incertitude et de découragement, tournons-nous vers elle. Comme une mère, elle nous accueillera, nous sourira, nous bercera sur son sein. Elle nous parlera un simple et doux

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langag^e, dans lequel la vérité apparaîtra sans fard, sans apprêts ; mais ce langage paisible, bien peu savent Pécouter, le comprendre, L'homme porte avec lui, jusqu'au fond des solitudes, ces passions, ces agitations intérieures, dont les bruits couvrent l'enseignement intime de la nature. Pour discerner la révélation immanente au sein des choses, il faut imposer silence aux chimères du monde, à ces opinions turbulentes qui troublent nos sociétés ; il faut se recueillir, faire la paix en soi et autour de soi. Alors, tous les échos de la vie politique et sociale se taisant, l'âme rentre en elle-même, reprend le sentiment de la nature, des lois éternelles et communique avec la Raison Suprême.

L'étude de la nature terrestre élève et fortifie la pensée, mais que dire de la vision des cieux.

Lorsque la nuit paisible déroule son dôme étoile, que le défilé des astres commence, que des amas stellaires et des nébuleuses perdues au fond des espaces, la clarté tremblante, diffuse, descend sur nous, une mystérieuse influence nous enveloppe, un sentiment profondément religieux nous envahit. Comme les vaines préoccupations se taisent à cette heure ! Comme la sensation de Pincommusurable nous pénètre, nous écrase, fait ployer nos genoux I quelle muette adoration monte de notre cœur !

La terre vogue, faible esquif, dans les champs

de Pimmensité. Entraînée par le puissant soleil, elle fuit. Partout le vide autour d'elle ; partout des profondeurs béantes que nul ne peut sonder sans vertige. Partout aussi, à des distances énormes, des mondes, puis encore des mondes', îles flottantes, bercées dans les flots de l'éther. Le regard se refuse à les compter, mais notre esprit les considère avec respect, avec amour. Leur subtils rayonnements l'attirent.

Énorme Jupiter, et toi, Saturne, qu'entoure une écharpe lumineuse et que couronnent huit lunes d'or ; soleils géants, aux feux multicolores, sphères innombrables, nous vous saluons du fond de l'abîme ! Mondes qui étincelez sur nos têtes, quelles merveilles recelez -vous ? Nous voudrions vous connaître, savoir quels peuples, quelles cités étranges, quelles humanités, quelles civilisations s'épanouissent sur vos vastes flancs ! Un instinct secret nous dit qu'en vous réside le bonheur cherché en vain ici-bas.

Mais pourquoi douter et craindre? Ces mondes sont notre héritage. Nous sommes destinés à les parcourir, à les habiter. Nous visiterons ces archipels stellaires, nous pénétrerons leurs mystères. Jamais nul terme n'arrêtera notre course, nos élans, nos progrès, si nous savons conformer notre volonté aux lois divines et conquérir par nos actions la plénitude de la vie avec les célestes jouissances qui y sont attachées.

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