SECONDE PARTIE
Telle guerre, telle paix, dit-on. Examinons donc ce qu'a été la guerre, et nous serons en mesure de savoir ce que doit être la paix.
Et par ce mot j'entends moins les conditions qui ont été ou qui seront signées, que l'esprit que nous apporterons dans la phase pacifique, si elle achève réellement de s'ouvrir. On peut y entrer en connaissant le ' sens de ce qui a été accompli, en comprenant la nécessité de poursuivre fermement l'œuvre commencée, en persévérant plus que jamais dans ses alliances et dans sa politique ; mais on peut y entrer aussi avec le sentiment qu'on a quand on sort d'un mau-
vais pas , quand on liquide une fâcheuse affaire.
Rien d'ingrat comme l'ignorance. Les principes dont on ne s'est pas rendu compte, les vertus nées du seul hasard , se répudient aisément. Ce que les circonstances ont fait , d'autres circonstances le défont , et les amitiés d'occasion ne sauraient être solides. Les amitiés solides, ce sont celles qu'on sait fondées sur une communauté véritable de pensées, de sympathies et de convictions.
J'en conclus que puisque la paix devient probable, il est devenu nécessaire de rechercher sérieusement quelle a été la signification de la guerre.