ACTE II, SCÈNE II
GUILLAUME
Hélas! je vous ai ruinés tous trois. Nous sommes tous ruinés.
MADAME ALOY
Non, ce n'est pas vrai! Je ne vous crois pas... Ces choses-là n'arrivent pas... Oh! mais, ditesmoi que ce n'est pas tout à fait vrai!... Non, non, vous, mon ami, vous, qui tout à l'heure encore... Ça ne se peut pas! Vous n'êtes pas un misérable...
GUILLAUMK.
Si fait, un misérable ! Je n'avais pas le droit de ne pas réussir. Celui-là qui échoue dans une entreprise illicite est un misérable.
(Un temps.)
MADAME ALOY
Par pitié, par charité, ne vous taisez pas!... Dites quelque chose... n'importe quoi!... Donnezmoi des détails... Epargnez-moi le silence!
13i APRÈS MOI
GUILLAUME
Germaine, il importe que je vous parle encore, et, Dieu merci, la suite sera moins atroce... Je me suis imposé la confession de ma forfaiture, parce que... parce que c'était bien le moins. Et, surtout,; j'entendais vous préparer moi-même à l'horreur de cette nouvelle. Mais j'avais une autre raison de désirer notre entretien. A côté de l'affreuse certitude, je veux vous signaler une possibilité un peu consolante... Oui!... Disons deux mots de l'avenir... De votre avenir.
MADAME ALOY
Il y aurait un espoir de... d'échapper... de...
GUILLAUME
D'échapper à la débâcle des titres? Non. Le krach est inéluctable. C'est une question d'heures. Et puis, viendra la faillite. Les Raffineries seront vendues judiciairement. Impossible d'éviter cela.
MADAME ALOY. tragiquement.
Ha!.,.