‹ Après moi; pièce en trois actesChapitre 62 sur 116 · ACTE II, SCÈNE FI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE FI

nécessaires. Mais, évidemment, des rumeurs circulent, les maisons sont informées : il m'a été impossible de rien obtenir. Alors, c'est fini... Mercredi prochain, les bateaux toucheront le port, et jeudi, par un télégramme, la Bourse du Commerce apprendra que Guillaume Bourgade n'a pu prendre livraison, que l'accapareur est vidé. Aussitôt se produira une ellrayante dégringolade des cours. 11 y aura panique et scandale. Notre Conseil d'Administration se réunira d'urgence, examinera ma gestion et sera contraint de prévenir le Parquet. Et puis, c'est l'instruction ouverte, l'arrestation... et caetera... Enfin, c'est Uni, lini...

(Il tombe dana une rêverie. — Un silence.)

MADAME ALOV, d'une voix r/lacée.

Et quel est, pour mon fils et pour ma fille, le moyen...

GUILLAUME

Oui, oui, pardon!... La violence de ces souvenirs m'a entraîné. Et aussi, je tenais à vous

montrer renchaînement de mes actes... Je vous demande pardon!. Maintenant, il ne sera plus question de moi. Moi, j'appartiens aux faits divers, aux Tribunaux, je n'existe plus. La Société' Aloy-Bourgade ne vaut pas mieux... Et pourtant, Germaine, vous ne devez pas vous désintéresser de cette autre épave. Ecoutez ! D'ici quelques mois, les Raffineries seront vendues aux enchères, et l'industrie venant de recevoir un coup de massue, elles se vendront très mal. Deux millions et demi tout au plus. Eh bien, je déclare qu'à ce prix, l'acquéreur de nos établissements et de leur outillage fera un coup de fortune. Germaine, voici votre salut : les Raffineries reprises par la famille Aloy.

MADAMi: ALOY.

Je ne comprends pas... Avec quel argent? Tout ce que nous possédons va disparaître.

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