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III. — Le souci de la vérité

Soit, (iira peut-être noire contradicteur, l'intention de l'Union a toujours été d'être fidèle au droit ; niais que devient en tout cela le souci delà vérité? Le droit a-t-il toujours été où l'Union l'a vu? En d'autres termes, ces mots de vérité et de droit, considérés par l'Union comme indissociables, et auxquels elle tient à rester également fidèle, sontils, en fait, aussi étroitement associés dans la cause qu'elle soutient qu'elle le donne à entendre ? L'Union a vu le droit du côté des alliés : que ferait-elle s'il était, d'aventure, du côté des ennemis ? Bref, quelle serait son attitude s'il était démontré, objectivement démontré, que la vérité et le droit sont en faveur des thèses allemandes, et s'il lui fallait choisir entre l'amour de la patrie et l'amour de la vérité?

Il est toujours un peu ridicule de dire, après coup, ce que l'on eût fait, et il ne faut pas dissimuler que s'il avait fallu prendre une telle décision notre trouble de conscience eût été grand. Il a dû être grand, en Allemagne, chez les hommes qui n'avaient pas entièrement renoncé à toute probité de pensée, et dont plusieurs ont quitté leur pays afin de s'exprimer librement. Ce n'est jamais sans déchirement qu'un combat se livre, dans les esprits bien nés, entre le cœur et la raison. Pourtant on croit pouvoir dire, sans forfanterie rétrospective, que ce choix n'eût pas été douteux. Ce n'est pas ici, à l'Union pour la vérité, qu'on rencontrera

jamais la justification de la formule nationaliste* qu'il ait tort ou raison, c'est mon pays (right or ivrong, is my conntry). Dans la pratique bien des précautions s'imposent, qu'il n'est pas toujours facile de voir avec netteté; mais sur la règle même de la pensée il ne saurait y avoir aucune hésitation. On entend rester très simplement fidèles, même en temps de guerre, à l'enseignement de Gaston Paris, et les obus perfectionnés de mars 1918 ne troublent pas plus notre jugement que ceux de décembre

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